thumb| Super Pit gold mine, Australie. thumb|Effondrement minier survenu sur la mine d'Elura située à à l'ouest-nord-ouest de Sydney, qui exploitait un gisement découvert dans les années 1970. Les mineurs y extrayaient de l'or, de l'argent, de l'ilménite, du leucoxène (altération de l'ilménite.), du zircon, du cuivre, du zinc et du plomb. L'effondrement s'est produit peu après le retrait des mineurs (et du matériel de chantier).
Une mine d'or est un site d'extraction ou gisement d'or. Cet or peut être natif ou inclus dans du minerai d'où l'on peut l'extraire. Différentes techniques existent pour extraire l'or soit du sous-sol (rocheux ou alluvial) soit de sédiments de cours d'eau.
Les mines d'or existent depuis plusieurs milliers d'années. Cette activité est devenue une industrie au avec ce qu'on a appelé la fièvre de l'or et les ruées vers l'or. Des estimations officielles évoquent une production humaine mondiale totale de d'or depuis le début de l’extraction. La demande en or reste élevée de la part de trois principaux secteurs : l'électronique, la bijouterie, et la finance comme objet de placement.
Certaines des techniques modernes d'exploitation ont des effets négatifs sur l'environnement et potentiellement sur la santé des personnels et des populations proches des sites : un certain nombre de sociétés minières sont régulièrement condamnées et suscitent la colère des autochtones. Une part de l'exploitation aurifère actuelle est en partie considérée comme illégale et donc mal mesurée. Elle alimente des systèmes mafieux de contrebande d'or, une exploitation des personnels et de nombreux désastres écologiques.
Histoire
thumb|Séquelles minières : les collines de Las Médulas (Espagne) ont été érodées et dévastées durant l'Antiquité romaine via l'exploitation hydraulique de l’or à vaste échelle pour fournir de l'or et d'autres métaux à l'empire. thumb|Technique d’extraction datant des . Illustration de De re metallica (1556). Chemical Heritage Foundation thumb|Matériel industriel du (vers 1885-1890).
Préhistoire Les historiens ignorent la date précise et le lieu où l’extraction d’or a commencé, mais certains des plus anciens objets en or connus ont été trouvés dans la nécropole de Varna en Bulgarie, tombes datées de 4700 av. J.-C. et 4200 av. J.-C. Ceci suggère que l'extraction de l'or pourrait dater en Europe d’au moins 6000 ans. De nombreux objets en or datant de l'âge du bronze ont été trouvés par les archéologues, dont en Irlande et en Espagne, et il existe plusieurs sources possibles bien connues à cet or. L'une des plus anciennes mines retrouvées est située en Géorgie, à Sakdrisi (Bolnisi), identifiée en 2007 par une équipe d'archéologues allemands, cette exploitation serait liée à la culture Kouro-Araxe Rayhan Demytrie, « Georgia's gold mine dilemma », 29 mai 2014 — lire sur BBC News..
Les Romains Pendant l'Antiquité, les Romains utilisaient déjà des méthodes d'« abattage hydraulique » et de lessivage du sol, à grande échelle, par exemple en détournant des torrents pour mettre au jour les veines d’or pour extraire le minerai de vastes dépôts alluviaux, comme ceux de Las Medulas et du district de la Valduerna (Léon) en Espagne. Les mines étaient alors sous le contrôle de l'État, mais ont aussi pu être louées à des entrepreneurs privés, comme le Marianus Mons en BétiqueDomergue, C., & Herail, G. (1978). Mines d'or romaines d'Espagne. Le district de la Valduerna (Léon). Étude géomorphologique et archéologique (ref Inist-CNRS).
L'or a constamment été un moyen d'échange, le plus courant au sein de l'Empire romain, justifiant plusieurs des conquêtes ou projets d'invasions dont celle de la Grande-Bretagne par Claudius au (bien qu'il n'y ait ensuite eu qu'une seule mine d'or romaine connue, celle de Dolaucothi dans l'Ouest du Pays de Galles). L'or aurait été l'une des premières motivations de la campagne romaine en Dacie quand les Romains ont envahi la Transylvanie (actuelle Roumanie) au de notre ère. Les légions y ont été conduites par l'empereur Trajan dont les exploits sont relatés par la colonne Trajan à RomeDan Oancea, A Tale of Gold. En vertu des lois établies dans l’est de l’Empire romain par l’empereur Justinien, de grandes quantités d'or ont été extraites par des ouvriers et des esclaves sous le joug des Romains dans les Balkans, en Anatolie, en Arménie, mais aussi plus au sud en Égypte et en NubieDan Oancea, Justinian's Gold Mines.
L'Inde L'Inde pratique également depuis longtemps la métallurgie de l’orBhardwaj, H. C. (2000). Metallurgy in Indian archaeology. Tara Book Agency. En Inde, dans la zone des champs aurifères de Kolar, dans le district de Kolar, de l’État de Karnataka, en Inde, l'or a été extrait depuis le jusqu’à nos jours, d’abord en creusant des petits trous dans le sol et plus récemment via une exploitation industrielle. Des objets façonnés en or ont été trouvés dans les fouilles archéologiques d’HarappaLahibi, Р. (1968). Mineralogy in ancient India. dans l’actuel État du Penjab au nord du Pakistan, ainsi qu’à Mohenjo-daro (l'une des plus grandes cités de l'âge du bronze indien, construite par la civilisation de la vallée de l'Indus). De l'argent était également extrait comme sous-produit du minerai d'orMukherjee, A. B., & Mukherjee, A. P. (1997). An overview of silver in India. International Journal of Surface Mining, Reclamation and Environment, 11(4), 195-201.. L’analyse chimique des impuretés présentes dans l'or de Harappa permit de tracer son origine : il aurait été extrait à Kolar (11 % d’argent, taux qu’on ne trouve que dans le minerai de Kolar ). Au de notre ère, de l’or était extrait à Kolar jusqu’à une profondeur de par l’Empire Gupta. Puis la dynastie des Chola () a fait prendre à l’exploitation aurifère une ampleur supplémentaire. Le métal précieux a ensuite continué à y être exploité par les rois de l'Inde du Sud du , par le royaume de Vijayanagara (1336-1560) et plus tard par le sultan Tippu, le roi de l’État de Mysore et enfin par les Britanniques puis à nouveau par l’Inde. Il a été estimé que ce gisement a fourni plus de tonnes d’or.
En Europe La plus grande production médiévale européenne d'or aurait été celle du champ aurifère slovaque de KremnicaM M Postan, E Miller (1987), The Cambridge Economic History of Europe: Trade and industry in the Middle Ages ; Cambridge University Press, 28 August 1987, . Des mines d'or existaient dans toute l'Europe aux XII et siècles, mais beaucoup ont rapidement été surexploitées, causant une chute de la production européenneKovacevic, D. (1960). Dans la Serbie et la Bosnie médiévales: Les mines d'or et d'argent. In Annales. Histoire, Sciences Sociales ; EHESS ; Vol. 15, No. 2, , mars 1960 (extrait ).. La production remontera au grâce aux progrès techniques, par exemple en Basse SilésieD'après .
Ruées vers l'or et gisements récents
Au L’appât du gain combiné aux progrès des transports et des communications précipite des centaines de milliers de personnes dans plusieurs « ruées vers l'or », au Brésil, puis en Amérique du Nord, et enfin dans des régions de plus en plus hostiles (Alaska, Nord-Ouest Canadien, désert australien). De grandes migrations de mineurs et de leurs familles font naître des villes champignons, dans des conditions souvent anarchiques, sources de violences et de dégâts environnementaux parfois encore visibles. La ruée vers l'or en Californie démarre en 1849, suivie de la ruée vers l'or au Victoria (en Australie de 1851 à la fin des années 1860), alors que la ruée vers l'or du Klondike est caractérisée par l'afflux brutal d’environ prospecteurs dans les régions difficiles du Yukon et de l’Alaska de 1896 à 1899. En Afrique, la découverte d'or dans le Witwatersrand est à l’origine de la seconde guerre des Boers et, finalement, de la fondation de l'Afrique du Sud. Au L’un des derniers grands gisements est le « Carlin Unconformity » (ou « Carlin Trend »), une formation géologique découverte au Nevada (États-Unis) en 1961. Plus récemment, la Guyane et le Surinam ont aussi connu des afflux d'orpailleurs et l'arrivée de quelques grands groupes industriels d'extraction minière.
En dehors de l'Afrique du Sud, le continent africain est depuis le début des années 2000 redevenu un terrain d'extraction. Au Ghana, où les orpailleurs sont nommés « galamseys » (galamsayers en anglais), leur nombre était inconnu en 2009, mais estimé à ou selon les sources). Au Sahel (Mali, Niger, Sénégal), en Côte d'Ivoire, en république du Congo, l'extraction d'or est pratiquée par une partie de la population, concurrencée par les sociétés minières occidentales, dans un climat d'incertitude politique.
Au Brésil, ces travailleurs sont appelés garimpeiros. Ils peuvent (souvent illégalement) passer les frontières pour aller orpailler en Guyane ou au Surinam par exemple.
Méthodes d'extraction La méthode des « placers »
Elle exploite des gisements alluviaux (les « placers ») où l’on récupère des paillettes d’or. Elle implique de mobiliser et laver de grandes quantités de sable et de graviers, et de disposer d’importantes ressource en eau.
Méthode de la batée thumb|« Paillettes » et « pépites » d'or dans une batée (Alaska).
L’extraction à la batée (outil et récipient en forme de cuvette arrondie ou de « chapeau chinois ») est une méthode essentiellement manuelle de tri de sable, vase, graviers et particules selon leurs poids, en conservant les plus lourdes (où l’on retrouvera l’or ou des métaux lourds s’ils sont présents).
La batée est souvent directement utilisée dans le lit de cours d’eau, en lui donnant un mouvement tournant qui grâce à la force centrifuge permet de séparer les paillettes du sédiment ou d’autres matériaux. C’est la méthode la moins coûteuse, la plus légère et la moins dégradante pour l’environnement (aucun produit chimique), mais elle est fastidieuse et très rarement rentable pour les prospecteurs. Elle est souvent présentée aux touristes et parfois pratiquée comme loisir par des amateurs.
Lavage (Sluicing) thumb|Extraction hydraulique, Dilban Town, Nouvelle-Zélande dans les années 1880. thumb|Récupération des particules plus lourdes dans le canal décanteur (Ouest de l'Amérique du Nord, années 1900). thumb|Mineurs lavant de la terre pour y chercher de l'or près de Beriozovski en 1910.
thumb|Les petits points (à gauche) sont des paillettes d'or.
La prospection minière à petite échelle utilisait couramment des rampes de lavage (dites boites d’écluse ou pour les anglophones sluice box ou sluice ou longtom) constituées d’un canal artificiel de bois dans lequel on fait couler un mélange de sédiment à traiter et d’eau pour en extraire l’or.
Le fond de la boîte était constitué d’une série de radiers disposés de manière à créer des zones de moindre courant où se déposaient les particules d’or plus lourdes que le reste des matériaux.
La boite devait être disposée près d’un cours d’eau ou il fallait dévier un cours d’eau pour l’alimenter. Cette technique permet aussi de récupérer de petites particules encore présentes dans des stériles minières. Plus tard les radiers ont été complétés de moquettes synthétiques dont les fibres retiennent les très petites particules.
Les entreprises de plus grande importance utilisaient sur les « placers » des installations industrielles de criblage (trommels) pour séparer les roches et graviers des particules fines et concentrer le travail d’extraction de l’or sur ces dernières, dans une boîte d'écluse ou des systèmes plus « industriels ».
Les opérations étaient initialement manuelles, puis des moteurs diesel, des engins de terrassement, des pompes et de gros engins (grues, bulldozers, tapis roulant et autres camions spéciaux) ont été utilisés.
Méthode du dragage