d'Iméréthie (en géorgien : , ; né vers 1515 et mort en 1585) est un monarque géorgien du qui règne comme roi indépendant de l'Iméréthie, de son avènement qui aurait lieu en 1548 ou 1565 jusqu'à sa mort en 1585. Fils et successeur de , il est descendant de l'ancienne dynastie des Bagrations, qui gouverne sur la Géorgie depuis le , et membre de la branche des Bagrations d'Iméréthie, qui contrôle la Géorgie occidentale comme monarques indépendants depuis les années 1480.

Le règne de est marqué par une série de conflits entre le pouvoir central et les principautés de Mingrélie et de Gourie, deux vassaux dont la puissance cause de nombreuses querelles qui sont régulièrement encouragées par l'Empire ottoman voisin. soutient à différentes reprises l'une ou l'autre mais doit faire face à des conflits militaires, notamment lors de la Bataille d'Ianeti en 1568. L'alliance entre , et en 1578, qui reste connue comme l'« Accord des trois Georges », amène une paix temporaire à la Géorgie occidentale.

Sur le plan international, refuse tout d'abord la domination ottomane, pourtant reconnue par les puissances musulmanes depuis 1555, et impose deux défaites importantes aux Turcs durant la guerre ottomano-persane qui commence en 1578. Une négociation agile des Ottomans rallie néanmoins à la cause turque quand vers 1580 quand il participe à une invasion de la Karthli, avant d'être vaincu par Simon de Karthli en 1582.

Sa mort en 1585 inaugure le début d'une série de conflits de succession qui mène à la désintégration du pouvoir royal de l'Iméréthie après des décennies de guerres civiles.

Biographie Jeunesse et ascension Georges Bagration est le fils aîné du roi , qui règne sur le royaume d'Iméréthie depuis 1510, et de la reine Hélène. Il descend ainsi de l'ancienne dynastie des Bagrations, qui gouverne les terres géorgiennes depuis le . Sa date de naissance est inconnue, mais il est déjà cité dans une charte royale de son père datant de 1517, avec son jeune frère Teïmouraz, indiquant une naissance aux alentours de 1515. Georges a au moins un fils, Alexandre, qui meurt en 1558, prouvant un premier mariage avant 1563, quand il épouse la princesse Roussoudan Chevachidzé dans une tentative de former une alliance entre le pouvoir royal et la principauté d'Abkhazie.

gouverne durant une longue période qui solidifie l'indépendance de l'Iméréthie du reste de la Géorgie mais témoigne l'arrivée de l'Empire ottoman comme un pouvoir impérial en Transcaucasie. Georges succède à son père au trône et devient le troisième « Roi des rois des Abkhazes, des Raniens, des Kakhétiens et des Arméniens, Chirvanchah et Chahanchah, Maître absolu de l'Est, de l'Ouest, du Sud et du Nord et Souverain des royaumes d'Iméréthie et d'Amieréthie », une titulature illustrant la prétention des monarques imères à la domination de toute la Géorgie. Il hérite de son père un royaume solidement indépendant mais avec une influence croissante des Ottomans sur la grande noblesse et des tensions constantes entre la Couronne et ses vassaux, notamment avec la famille des Lipartiani.

Dans les années 1550, il est allié avec la croisade anti-persane du roi , qu'il accueille quand celui-ci se refuge temporairement en Géorgie occidentale en 1556, peu de temps avant sa mort tragique. En 1553, le chah séfévide fait une incursion obscure en Iméréthie et prend avec lui l'icône de Notre-Dame d'Atsqouri, qui avait été confisquée par lors de sa guerre contre le Samtskhé. récupère l'icône la même année, mais la rend à en 1562 lors d'un accord de paix entre les deux souverains.

Questions sur l'avènement de La question de la date d'ascension de Georges au trône imère reste le sujet de débat entre l'historiographie traditionnelle et moderne. Vakhoucht Bagration, l'historien qui combine les biographies royales au , fait mourir en 1548, une version suivie par l'historien français Marie-Félicité Brosset dans les années 1850. Une charte royale datant de 1564 parle de la « 19 année » du roi Georges, indiquant ainsi un règne qui aurait commencé en 1545.

Les historiens modernes, se basant sur d'autres récits contemporains, acceptent l'an 1565 comme l'année de décès de et de l'ascension de . Tandis que cette version n'explique pas les évènements décrits par Vakhoucht Bagration sur le règne de dans les années 1550, elle est toutefois confirmée par une charte royale de 1569 qui parle de la « 4 année de règne » du monarque. Encore un autre document royal de 1568 parle également de la quatrième année de son règne, ce qui est expliqué par Brosset comme une référence au mariage de Georges à Roussoudan en 1563.

Une explication moderne théorise que aurait régné jusqu'en 1565, mais aurait associé Georges au trône depuis les années 1540, une pratique courante dans la tradition monarchique géorgienne.

Guerre civile thumb| de Mingrélie Lors de l'arrivée au pouvoir de , une paix fragile existe entre le roi et ses vassaux et , qui sont de facto indépendants et sujets de l'Empire ottoman, après des décennies de conflits entre et ces princes. Cette paix est rapidement mise en question quand Georges Gourieli et Léon Dadiani entrent en guerre, un conflit qui est rapidement atténué à la suite du mariage de Gourieli à la fille de Dadiani en 1566.

Quand Gourieli divorce son épouse quelque temps plus tard, les princes de Géorgie occidentale se préparent pour une guerre civile : Georges de Gourie s'allie à d'Iméréthie, tandis que Léon Dadiani forme une coalition anti-royale avec les familles Tchiladzé et Lipartiani avec pour but le renversement du roi Georges et l'installation comme roi du prince royal Khosro Bagration, un cousin du monarque. Les forces de Dadiani envahissent la Gourie mais le roi Georges leur inflige une défaite décisive en 1568 lors de la Bataille d'Ianeti.

La victoire d'Ianeti est suivie par une invasion imèro-gourienne de la Mingrélie et quand le roi Georges capture Zougdidi, Léon Dadiani est obligé de prendre refuge à Constantinople. Georges d'Iméréthie doit continuer à faire face à une noblesse récalcitrante : le seigneur Bejan Nemsadzé organise une tentative d'assassinat en faveur du prince Khosro mais échoue et Georges confisque ses territoires. Le sultan encourage néanmoins Léon Dadiani à retourner en Géorgie et, toujours en 1568, Dadiani, armé de neuf navires ottomans et de soldats d'Erzurum et de Trabzon, débarque en Gourie, menaçant le prince Gourieli d'une invasion dévastatrice. Georges Gourieli est contraint de lui payer un tribut et l'aide à expulser les forces royales hors de Mingrélie.

Le roi Georges tente de solidifer toutefois son pouvoir et fait assassiner, lors d'un banquet en son honneur, le duc Djavakh Tchiladzé, dont les territoires forment un domaine puissant à cheval entre l'Iméréthie, la Gourie et la Mingrélie, et annexe ses terres aux domaines royaux en punition pour son support envers Dadiani lors de la bataille d'Ianeti. Georges de Gourie et Léon de Mingrélie, en réponse, déclarent la guerre contre la couronne, infligent une défaite au roi et se partagent les territoires de la famille Tchiladzé.

Les trois Georges left|thumb|Papouna Tchiladzé, dont les domaines sont au centre des conflits entre princes géorgiens. En 1572, Léon de Mingrélie meurt lors d'un accident de chasse et est remplacé par son fils , qui doit toutefois faire face aux prétentions de son frère Mamia. Georges d'Iméréthie l'oblige à lui rendre sa portion des terres des Tchiladzé et forme une alliance quand il marie son fils Bagrat à la sœur des Dadiani. Quant à Georges de Gourie, il craint une alliance entre la Mingrélie et l'Iméréthie et soutient les prétentions de Mamia. En 1573, Gourieli envahit la Mingrélie, capture Zougdidi, oblige Georges Dadiani à prendre refuge en Abkhazie, puis installe sur le trône mingrélien Mamia.

Le roi est contraint d'accepter le nouveau pouvoir et de rendre sa part des domaines des Tchiladzé à Zougdidi. Ce bouleversement force temporairement la paix entre les trois souverains, mais Georges d'Iméréthie, malgré avoir officiellement reconnu Mamia comme prince de Mingrélie, ne s'accorde jamais d'avoir été stratégiquement vaincu. En 1578, Georges Dadiani fait retour sur la scène politique de Géorgie occidentale quand le roi arrange son retour au pouvoir : Georges Dadiani épouse Tamar Chervachidzé, belle-sœur du roi, et offre le port d'Hopa en Adjarie (qui est sous contrôle joint des Ottomans et des Dadiani) au Gourieli, ce qui oblige Mamia de quitter son poste et de retourner la couronne mingrélienne à son frère.

Afin de sceller cette nouvelle alliance, Georges de Gourie épouse la sœur de Dadiani, elle-même veuve depuis la mort du prince Bagrat d'Iméréthie, héritier au trône, en mai 1578. d'Iméréthie, de Gourie et de Mingrélie sont ainsi liés dans une alliance tripartite qui apporte une certaine unité au sein de la Géorgie occidentale.

Aux alentours de 1580, Batoulia Dadiani, oncle de Georges Dadiani et comte de Sadjavakho, se révolte contre le prince de Mingrélie et le roi Georges lui vient en aide. Batoulia est rapidement vaincu et emprisonné auprès de Georges Gourieli à Ozourgueti, mais celui-ci refuse de l'exécuté, risquant ainsi la fragile alliance tripartite. Le roi envoie alors des agents pour assassiner Batoulia dans sa cellule de prison.

Ces nombreux conflits ont eu des conséquences dévastatrices pour la population locale. L'économie de Géorgie occidentale construite difficilement par s'effondre, tandis que les Ottomans profitent de la situation pour augmenter leur influence auprès de la noblesse, introduisant des milices turques pour se battre dans les combats internes. La vente des prisonniers de guerre comme esclaves chez les Turcs, une pratique interdite par , fait son apparition en Iméréthie et devient une réalité constante dans les nombreuses guerres civiles qui suivent le règne de .

et les Turcs Contre les Ottomans Sous le règne de , l'Empire ottoman profite de la Guerre ottomano-persane de 1578–1590 pour étendre son empire vers la Géorgie orientale, auparavant un territoire vassal de la Perse depuis la Paix d'Amasya. D'après ce même traité de 1555, la Géorgie occidentale est reconnue par les pouvoirs musulmans comme faisant partie de la sphère d'influence ottomane mais et restent férocement indépendants, malgré l'influence ottomane sur la Gourie, la Mingrélie et l'Abkhazie.

thumb|Chaîne de Likhi Le Certaines sources mentionnent cet épisode en 1573, ce qui est peu probable étant-donné le manque d'activité ottomane en Karthli jusqu'en 1578., le général Lala Mustafa Pacha, après avoir ravagé Tiflis et déposé le roi , place ses ambitions sur l'Iméréthie pour envahir le royaume et renverser le chrétien rebelle . Toutefois, Georges fortifie la dangereuse chaîne de Likhi, frontière naturelle entre l'Iméréthie et la Karthli, et impose une défaite sérieuse aux Ottomans. Durant cette bataille, le noble Héraclius Bagration, cousin pro-ottoman du prince , est gravement blessé et de nombreux nobles géorgiens dans sa suite sont tués par les Imères.

retourne à Koutaïssi victorieux, avec de nombreux trésors confisqués aux Turcs. Mais le , Lala Mustafa Pacha est de retour vers l'Iméréthie. le défait une seconde fois à la chaîne de Likhi, mettant fin aux tentatives turques de conquérir la Géorgie occidentale par la force.

Avec les Ottomans En 1581, le sultan remplace Lala Mustafa Pacha sur le front géorgien par son grand-vizir Koca Sinan Pacha. Celui-ci entre en négociations avec via l'atabeg et parvient à le faire rejoindre la cause ottomane en échange d'un certain pouvoir sur la Karthli, une offre attirante pour , qui prétend à la couronne des trois royaumes géorgiens. Le roi forme une coalition avec ses alliés de Mingrélie et de Gourie et l'armée unie envahit le nord de la Karthli, tandis que Koca Sinan Pacha affronte directement , dans une stratégie avec le but de diviser la défense karthlienne.