L est, pendant la Seconde Guerre mondiale, une mission Action en territoire français, qui fut organisée par la France libre, conjointement avec le Special Operations Executive et avec les moyens de la Royal Air Force (pour les parachutages). Elle réussit à mettre hors service en un poste de transformation électrique à Pessac, près de Bordeaux.
Protagonistes Responsables Commandant Passy, chef du (service de renseignements de la France libre), Major R. H. Barry, du Special Operations Executive. Eric Piquet-Wicks, chef de la toute récente section RF du SOE.
Équipe d’exécution SergentSergent ou Sous-lieutenant, selon les sources. Jean Forman, Sous-lieutenant Cabard, Sergent-chef André Varnier, Sergent Joël Le Tac.
Préparation de la mission Le poste de transformation de Pessac, près de Bordeaux, identifié depuis longtemps par le SOE comme une cible particulièrement intéressante mais difficile à atteindre par l'aviation, est visé selon le plan suivant : une équipe de saboteurs sera parachutée clandestinement près de l'objectif. Ils placeront sur les transformateurs des bombes aimantées déclenchées par des crayons allumeurs à retardement (time-pencils) et reliées à des grenades incendiaires qui parachèveront la destruction, après l'explosion, en mettant le feu à l'huile des transformateurs. L'équipe sera ensuite récupérée par sous-marin près de la plage de Mimizan.
Exécution de la mission Dans un premier temps, les Britanniques tentent de réaliser l'opération à la lune d', en se passant des Français. C'est un échec. Selon Henri Noguères :
H. R. Barry et Piquet-Wicks s'adressent au commandant Passy. Ensemble, ils montent à nouveau l'opération avec des parachutistes de la France libre.
Dans la nuit du 11 au , les sous-lieutenants Forman, Cabard et Varnier sont parachutés, avec leur équipement prévu pour le sabotage. L'équipe fait une première tentative. Les trois officiers se regroupent et atteignent l'objectif. Mais la présence d'un câble à haute tension passant au-dessus du mur d'enceinte et le bruit fait par une patrouille les dissuadent d'entreprendre le sabotage, qui leur paraît voué à l'échec. Ils renoncent. Ils manquent le rendez-vous avec le sous-marin qui doit les récupérer près de Mimizan et les ramener en Angleterre.
Forman, à qui avait été communiquée, avant son départ d'Angleterre, une adresse où joindre Joël Le Tac à Paris, avec qui il avait participé peu avant à l', utilise ce contact et retrouve Le Tac, qui s'empresse de rallier l'équipe Joséphine B dans la région de Bordeaux.
Début juin, une reconnaissance leur permet de constater qu'il n'y a qu'un gardien à Pessac et qu'il n'y a pas à redouter le passage d'une patrouille. Le sabotage peut être entrepris. Dans la nuit du , ils s'emparent d'un camion pour aller jusqu'à Pessac et pouvoir rapidement gagner le large. Mais le camion tombe en panne. Ils devront faire les trajets à bicyclette.
Dans la nuit du 7 au 8, ils réalisent enfin le sabotage. Selon le récit d'Henri Noguères :
L'équipe passe en zone sud. Le , l'opération de ramassage par Lysander demandée à leur intention échoue. Londres donne l'ordre de faire rentrer l'équipe en Angleterre via l'Espagne.
Bilan de la mission Six transformateurs (sur les huit sabotés) sont détruits. Conséquences : paralysie totale du poste de transformation pendant plusieurs mois. trafic ferroviaire et fonctionnement de la base sous-marine de Bordeaux : perturbés. Ville de Pessac : la ville doit payer une amende d'un million de francs ; le couvre-feu est avancé à 21 h 30. Selon la rumeur publique, douze soldats allemands sont fusillés pour n'avoir pas su protéger la station contre les saboteurs.
Notes
Articles connexes Liste des opérations lors de la Seconde Guerre mondiale Liste des opérations du SOE Histoire des Landes
Sources Henri Noguères en collaboration avec M. Degliame-Fouché et J.-L. Vigier, Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945, Famot, 1981. Colonel Passy, Souvenirs. Bureau Londres, Raoul Solar, 1947. Guy Perrier, Le Colonel Passy et les services secrets de la France libre, Hachette Littératures, 1999. Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, . Traduction en français par Rachel Bouyssou de SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004. Ce livre présente la version officielle britannique de l’histoire du SOE en France.
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