L'Association française pour l'information scientifique (AFIS) est une association loi de 1901, fondée en par Michel Rouzé.
Elle fait partie du Conseil européen des organisations sceptiques, une fédération d'associations qui défendent, similairement, le scepticisme scientifique.
Elle édite la revue Science et pseudo-sciences (SPS) qui traite de divers enjeux scientifiques et sociétaux, dont certains sont l'objet de polémiques.
Issue du courant rationaliste français, l'association, dont certaines prises de position sont contestées, se donne pour objectif selon ses statuts de et de .
Historique L'Agence française pour l'information scientifique est fondée en par Michel Rouzé, journaliste scientifique qui appartient au courant rationaliste, essentiellement représenté à l'époque en France par l'Union rationaliste. Son objectif premier consiste à se concentrer sur le grand public, considérant qu'il faut le détourner du charlatanisme.. L'association, qui adopte l'intitulé « Association » au lieu d'« Agence » en , rassemble des personnes aux positionnements politiques divers pour dépasser les clivages et se présenter comme un lieu neutre du rationalisme.
Dans une « déclaration de principe » annexée à ses statuts mis à jour en , l'AFIS affirme
À la suite du fondateur Michel Rouzé, la présidence de l'AFIS est assurée successivement par. :
Elle est parrainée par près d'une quarantaine de professeurs et directeurs de recherche, dont une dizaine d'académiciens et trois prix Nobel (Alain Aspect, Jean-Marie Lehn et Jean-Pierre Sauvage).
Revue et ligne éditoriale
En , Michel Rouzé dote l'AFIS d'une revue, les Cahiers de l'Agence française pour l'information scientifique, revue rédigée quasi exclusivement par lui pendant plusieurs décennies.. La revue paraît cinq fois par an, avec un contenu de seize pages. Deux types d'articles sont publiés dans les premiers numéros : les premiers s'emploient à la vulgarisation scientifique, tandis que les deuxièmes visent, selon le sociologue Sylvain Laurens,
Au fil des années, les Cahiers de l'AFIS manifestent une volonté de lutter contre les pseudo-sciences, permettant ainsi d'élargir le lectorat de la revue. Michel Rouzé traite alors des sujets variés, tel que l'homéopathie, les soucoupes volantes, ou encore l'astrologie.
La revue propose également dans les années 1970 et 1980 des textes critiques de certaines innovations techniques comme l'énergie nucléaire ou le DDT. Elle est rebaptisée en Science et pseudo-sciences.
La ligne éditoriale évolue au fil du temps et plus particulièrement après la mort de Michel Rouzé en . La rédaction des articles s'ouvre à de nombreux auteurs. D'après Sylvain Laurens, la revue s'intéresse initialement à des questions liées à la responsabilité sociale du savant ou à la laïcité, puis elle s'en éloigne pour défendre le développement technique et industriel, en les analysant sous l'angle de certaines disciplines comme la toxicologie industrielle au détriment d'autres comme la sociologie,
Selon Sylvain Laurens et les journalistes Stéphane Foucart et Stéphane Horel, la revue possède un pouvoir de prescription Pour Laurens, à la mort de Michel Rouzé, le comité de rédaction a défini un nouveau selon lequel
Critiques et polémiques Critiques L'AFIS aborde des thèmes variés tels que les soins homéopathiques, le traitement des cultures par des pesticides de synthèse, l'usage civil de l'énergie nucléaire, ou encore l'astrologie. Le traitement de certains sujets suscite parfois la polémique., y compris en interne. En 1997, la linguiste Marianne Doury considère que les , dont Michel Rouzé dans la revue de l'AFIS, s'opposent de manière parfois manichéenne, en usant d'une rhétorique de l'épouvantail, qui associe ces pseudo-sciences au champ lexical des catastrophes, qui critiquent le traitement médiatique qui laisserait trop de place aux pseudo-sciences et qui présentent parfois les adeptes des pseudo-sciences comme trop niais..
À la suite d'un reportage sur les OGM de Marie-Monique Robin contre Monsanto et des critiques émanant de l'AFIS, le site Arrêt sur images relève que les journalistes scientifiques sont partagés quant à leur appréciation de l'association, certains la considérant tandis que .
Il est parfois reproché à l'AFIS de présenter comme irrationnelles des positions défendues par des écologistes, d'avoir également publié des articles climatosceptiques en et , et de compter parmi ses membres des représentants de ce climatoscepticisme... Du fait de ses publications, de ses activités et de celles de certains de ses membres, certains considèrent que l'AFIS est « pro-OGM » ; Gallimard, (), , 409 , ... Elle a par exemple lancé en un mouvement d'opposition au moratoire anti-maïs OGM. et a organisé un colloque au Sénat au cours duquel les intervenants étaient majoritairement pro-OGM...
Accusations de conflits d'intérêts Le biologiste Pierre-Henri Gouyon critique et reproche des conflits d'intérêts, affirmant que les . L'association se défend toutefois de tout conflit d'intérêts à travers un droit de réponse de son président Michel Naud, qui estime ..
Dans Les Gardiens de la raison.., les journalistes Stéphane Foucart, Stéphane Horel et le sociologue Sylvain Laurens affirment que l'AFIS est un relais des de grands groupes industriels.. En réponse, l'AFIS évoque un ...
En , Le Monde révèle que l'antenne lyonnaise de l'AFIS, présidée par un toxicologue du groupe chimique BASF, a convié à la Fête de la science une intervenante également employée par BASF, sans que ce conflit d'intérêts concernant l'apiculture ne soit déclaré. Selon l'AFIS, cette non déclaration ne pose pas de problème, considérant que dans ces circonstances, les salariés d'une entreprise ne sont pas porte-paroles de leur entreprise..
Références
Voir aussi
Bibliographie
avec chapitre et postface inédits, Paris, La Découverte, , , 462 .
Articles connexes Scepticisme scientifique Union rationaliste
Liens externes
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