Cassiciacum est la maison de campagne du grammairien romain Verecundus en 386 d'après le livre des Confessions d'Augustin , 3, 5Les Confessions, note et index, Pleiade. Elle est située dans un parc de Cassago Brianza, au sud du Lac de Côme situé à 33 kilomètres au nord de Milan en Italie. Ce lieu est fameux car Augustin d'Hiponne et ses amis firent une retraite philosophique et pré-baptismale de 386 à 387, et de nombreux ouvrages furent composés. vignette|Monument mémorial du Parc Saint Augustin lieu dit du Cassiciacum à Cassago Brianza

Lieu de retraite philosophique et pré-batismale d'Augustin Cassiciacum est un bourg, une villa appartenant à Verecundus, un ami d'Augustin d'Hippone Les sources sont tirées en partie des Confessions de saint Augustin. Voir la bibliographie.. Augustin en plein doute sur sa carrière de fonctionnaire romain (il a été soutenu par le préfet Symmaque pour devenir rhéteur à Milan), s'y retire à l'automne de l'année 386 avec des élèves (Licentius, Alypius …), des membres de sa famille (sa mère Monique, son frère Navigius, son fils Adéodat et ses cousins Lastidianus et Rusticus), probablement soutenu financièrement par Manlius Theodorus. Il y médita, rédigea quatre textes importants sous forme de dialogues. Ces quatre textes sont : Contra Academicos, De Beata Vita, De Ordine et les Soliloquia. Au milieu de cette période, il reçoit le baptême à Milan de l'évêque Ambroise de MilanComme Augustin est baptisé à Pâques de 387, il reste à Cassiciacum de septembre 386 au printemps 387 à Pâques de 387.

Cassiciacum apparaît comme le lieu spécifique de l'otium augustinien, c'est-à-dire de ce temps consacré à l'étude qui, au contraire du loisir patricien, qui consiste à s'entretenir des belles choses avec ses amis (du jardin, de la maison, des livres, voire de la politique, comme dans la République de Cicéron), joue un rôle important dans sa conversion au christianisme. Augustin a « toujours soupiré après la philosophie », dit-il lui-même dans ses Confessions. À Cassiciacum, il prend le temps de lire les libri platonicorum (les "livres des Platoniciens") que lui ont confiés certains amis de Milan. Parmi eux, on sait qu'il y a certains livres des Ennéades de Plotin, des traductions de Porphyre par Marius Victorinus, notamment le De regressu animae (Du retour de l'âme).

Un villa romaine à Cassago Brianza L'identification de Cassiciacum avec l'actuelle Cassago Brianza est admise par la majorité des historiens modernes, mais une hypothèse concurrente le situait sur le site à Casciago, près de Varèse.

L'identification avec Cassago Brianza repose principalement sur la continuité du toponyme entre Cassiciacum et Cassago, sur la présence de vestiges d'époque romaine dans la localité et sur la concordance entre le paysage décrit dans les Dialogues d'Augustin et celui de la Brianza. Des recherches archéologiques ont en outre mis au jour des structures et des artefacts attestant une occupation romaine du site. À l'inverse, les partisans de Casciago mettent surtout en avant la proximité phonétique entre les noms Cassiciacum et Casciago. Les sources anciennes ne fournissant pas d'indication géographique suffisamment précise pour trancher définitivement, l'identification repose sur un faisceau d'indices toponymiques, historiques et archéologiquesSerge Lancel, Saint Augustin, Paris, Fayard, Cassiciacum p. 146.

Le parc achéologique

Dans le parc archéologique de Saint Augustin de Cassago Brianza, site du Cassiciacum., est érigé un retable en bronze de 1986 représentant Augustin et sa mère Monique présente lors de sa retraite, œuvre du Maestro Enrico Manfrini. Le monument a été inauguré par le cardinal de Milan : l’archevêque Carlo Maria Martini le 28 août 1986.. L'incription contemporaine rend hommage en disant : .

Bibliographie Saint Augustin. Les Confessions, Paris, Institut d'études augustiniennes, 1998 (1962), 2 volumes latin/français. Nombreuses et substantielles notes. Hervé Savon, Ambroise de Milan (340-397), Paris, Desclée, 1997, 382 p. Serge Lancel, Saint Augustin, Paris, Fayard, 1999, 792 p. Bibliographie sur Augustin et le néoplatonisme Gaston Boissier, La Fin du Paganisme. Paris, Hachette, 1891. Pierre Courcelle, Les Lettres grecques en Occident, de Macrobe à Cassiodore. Paris, éditions de Boccard, 1948. Paul Henry, Plotin et l'Occident. Louvain, 1934. Pierre Hadot, Porphyre et Victorinus. Paris, Études augustiniennes, 1969 (2 volumes). Henri-Irénée Marrou, Augustin et la fin de la culture antique. Paris, éditions de Boccard, 1964.

Notes

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