La démographie des États-Unis est l'ensemble des données et études concernant la population des États-Unis à toutes les époques. Ces données sont notamment calculées par le Bureau du recensement des États-Unis (en ), qui rapporte une population de au recensement officiel de 2020 et (+3,1 %) selon la dernière estimation officielle de 2025. Ces chiffres excluent la population de cinq territoires non incorporés (Porto Rico, Guam, les Îles Vierges américaines, les Samoa américaines et les Îles Mariannes du Nord) ainsi que plusieurs autres petits territoires sans habitants permanents. Les États-Unis sont le troisième pays le plus peuplé, derrière l'Inde et la Chine.

Le pays compte aussi un nombre important de grandes aires urbaines : il en existe une cinquantaine de plus d'un million d'habitants.. Les États-Unis sont le premier pays d'immigration du monde.

Histoire démographique

Peuplement précolombien

Selon la théorie dominante, l'arrivée des premières populations en Amérique remonte au Paléolithique supérieur. La présence humaine est attestée en Alaska vers Sur les sites de Old Crow et Bluefish ; Philippe Jacquin, Daniel Royot, Go West! Histoire de l'Ouest américain d’hier à aujourd’hui, Paris, Flammarion, 2002, ., vers sur la côte est (Pennsylvanie, Virginie, Caroline du Sud), vers sur le site Clovis (Nouveau-Mexique) et vers en Floride.... Venant de Sibérie, des chasseurs nomades auraient traversé le détroit de Béring, alors gelé, puis auraient peuplé le continent américain. D'autres théories ont évoqué l'hypothèse d'un peuplement qui serait également océanien et européen« Solutré au Far West », dans Marianne, , ... Ces hypothèses ne sont cependant pas confirmées par les études génétiques les plus récentes.

Colonisation européenne (du à 1790) À l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique, le territoire actuel des États-Unis devait abriter environ 1,5 million d'Amérindiens. Dans la première moitié du , les Espagnols explorent et s'installent dans les régions du sud comme la Floride.

En Virginie, les colons anglais fondent Jamestown.. Les peuplements de Ranaoke et de Popham sont abandonnés. Au début du , un comptoir est installé sur l'île de Manhattan, futur site de New York. La Nouvelle-Angleterre est peuplée dans les années qui suivent par les Pères Pèlerins du Mayflower. Treize colonies se forment aux s le long de la côte atlantique. Elles accueillent en grande majorité des Anglais protestants, pour la plupart puritains, les ancêtres des WASPs actuels. D'autres groupes originaires des îles britanniques (Irlande, Écosse, Pays de Galles) et de l'Europe de l'Ouest (Hollande, Allemagne, Scandinavie) ont également émigré dans ces premières colonies d'Amérique. On peut distinguer plusieurs vagues d'immigration : à partir de 1648-1649, à la fin de la guerre de Trente Ans en Allemagne et de la Première révolution anglaise, dans les années 1720 avec la période des Highland Clearances en Écosse, pendant laquelle les chefs de clan enclosent des terres pour y installer des moutons, au détriment de leurs paysans. Le droit de la nationalité, qui varie d'une colonie et d'une époque à l'autre, permet leur intégration plus ou moins rapide en une ou plusieurs générations.

Quelques milliers de Français occupent la Louisiane françaiseGilles Havard, Cécile Vidal, Histoire de l'Amérique française, Flammarion, coll. « Champs », Paris, 2006, . alors que la révocation de l'édit de Nantes pousse les Huguenots à s'installer sur la côte est. L'immigration européenne aux États-Unis est provisoirement interrompue par la Révolution américaine et les guerres napoléoniennes, entre 1775 et 1815. À cette colonisation volontaire se rajoute une immigration forcée, celle des esclaves en provenance de l'Ouest africain. Les premiers esclaves arrivent à Jamestown en 1619. La traite est abolie au début du .

La plupart des colons vivent à la campagne même si, . La natalité est très forte mais elle est freinée par le trop faible nombre de femmes, et la démographie ne reçoit un vrai renfort de l'immigration que vers 1685 : la population augmente alors de 120 % en une génération. La population des colonies au sud de la Nouvelle-Angleterre bondit un peu avant 1700, année où elle atteint , dopée par la création en 1682 de la Pennsylvanie, où affluent les Amish allemands et alsaciens, les huguenots français et autres presbytériens écossais ou non-conformistes anglais. . Vers 1750, la population de Philadelphie dépasse celle de Boston.

La répartition de la population de en 1700 se répartit ainsi :

Esclavage dans les trois colonies du Sud et au Maryland

Lors de l'indépendance de 1776, des nord-américains, soit 92 %, vivent dans les colonies esclavagistes du Sud, la Virginie (), la Caroline du Nord (), la Caroline du Sud ( à ) et dans le Maryland (Nord-Est, à ). Ailleurs, ils sont cochers ou gardes du corps, selon Fernand Braudel, dans Civilisation matérielle, économie et capitalisme, qui cite deux plantations importante, celle des Fairfax en Virginie, et celle de Lord Granville (un tiers de la Caroline du Nord).

L'esclavage s'est développé avant 1790 dans ces quatre colonies créées et défendues par la dynastie catholique Stuart : Maryland et Virginie dès les années 1670 et Carolines de façon plus progressive.

Les plantations de tabac sont nées de la spéculation immobilière sur les terres à sucre : à la Barbade à la faveur de la restauration catholique monarchiste anglaise de 1660, les colons s'implantent en Caroline en amenant leurs esclaves ; à Saint-Domingue, lorsque la création de la ferme du tabac vise à évincer les petits planteurs de tabac, les grandes plantations à esclaves de la Virginie et du Maryland prennent leur essor, en vendant un tabac moins cher.

La Géorgie a peu d'esclaves, seulement dans le riz, venus de Caroline, jusqu'en 1775. L'esclavage n'y prend son essor qu'après les progrès dans le coton en 1793. Mais dès 1790, des réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique s'y installent.

Population des États-Unis en 1790 : ruralité et concentration vignette|Évolution de la population américaine (1790-2010).

À partir de 1790 ont lieu les premiers recensements par ville et par états, qui viennent d'une polémique nationale de grande ampleur sur l'esclavage et l'opportunité d'étendre la colonisation à l'ouest, alors qu'émerge une spéculation sur la culture de rente via les grandes plantations, qui commencent tout juste à faire leur apparition en Caroline du Sud.

Il est alors décidé que le seuil de doit être atteint avant de créer un nouvel État. D'où la nécessité de recensements, qui servent aussi pour élire les députés. Le Kentucky est le premier à atteindre ce seuil, en 1792, en raison d'un vaste mouvement de spéculation immobilière, qui va marquer la vie politique et sera dénoncé par Davy Crockett. C'est le premier État à l'ouest des Appalaches, suivi par le Tennessee en 1805.

Mais en 1790, sur les trois millions d'Américains, . C'est une Amérique très rurale, où les cinq premières agglomérations ne représentent que , soit seulement 5,5 % de la population.

La conquête de l'Ouest commence dès les spéculations de 1793 sur le comté de Bourbon et les Yazoo Lands, et s'amplifie en 1806 avec l'arrivée de de Saint-Domingue à La Nouvelle-Orléans, qui font plus que doubler la population de la ville, à , ouvrant la voie à une vraie navigation sur le Mississippi après la vente de la Louisiane aux États-Unis en 1803.

En 1790, la première ville du pays est Philadelphie, portail des minorités religieuses vers l'État libre de Pennsylvanie et la Great Wagon Road, la route d'accès aux piémonts des Appalaches. .

Les huit premières villes lors du premier recensement de 1790 sont Heads of families at the first census 1790 . : Philadelphie : , selon le recensement New York : Boston : Charleston : Baltimore : Salem : La Nouvelle-Orléans (sous le régime espagnol) : (estimation des historiens) Albany :

La ville de Providence, sur le Rhode Island n'a été recensée qu'en 1800 avec .

Croissance urbaine des États-Unis de 1790 à 1840

Sur ce demi-siècle, la population a progressé fortement pour atteindre d'habitants, soit sept fois plus qu'en 1790. Les cinq premières villes rassemblent , soit exactement la même proportion du total qu'en 1790 : 5,5 % de la population.

Les grandes gagnantes sont New York, qui devient la première ville du pays avec , dix fois plus que plus tôt, devant Philadelphie, qui ne multiplie sa population que par 6,5, et La Nouvelle-Orléans, devenue troisième ville du pays avec , soit quinze fois plus que deux générations plus tôt.

Une immigration massive d'origine européenne

vignette|Ellis Island À partir des années 1840, l'immigration en provenance d'Europe de l'Ouest et du Nord s'intensifie. Pendant la guerre de Sécession, le gouvernement américain fait venir des étrangers pour augmenter les effectifs armés. Les Allemands émigrent pour des raisons sociales, économiques mais aussi politique, les attentes des libéraux ayant été déçues durant la révolution de Mars et l'échec de la Confédération. Les Irlandais quittent leur île frappée par une famine qui fait plusieurs centaines de milliers de mortsSean Duffy (dir), Atlas historique de l'Irlande, éditions Autrement, 2002, ... Avec New York, San Francisco devient l'une des portes d'entrée aux États-Unis à l'époque de la ruée vers l'or. Entre 1870 et 1920, d'Européens émigrent vers les États-Unis. En raison des persécutions et des pogroms qu'ils subissent dans les années 1880, le nombre de Juifs traversant l'Atlantique augmente. Entre 1900 et 1920, l'Europe du Sud et de l'Est sont les nouveaux foyers d'émigration : Italiens, Austro-Hongrois, Russes et Polonais s'installent aux États-Unis.. Ils sont attirés par le rêve américain symbolisé par la statue de la Liberté. La plupart transite par Ellis Island dans l'agglomération new-yorkaise et se regroupe par quartier dans les grandes villes américaines.

En 1882, la loi d'exclusion des Chinois interdit l'immigration chinoise sur le sol américain pour une période de soixante ans. En , le Congrès vote une politique de quotas par nationalité. La loi d'immigration Johnson-Reed de 1924 instaure des quotas d'immigrés : c'est la fin de l'immigration de masse et le début de l'immigration choisie sur des bases ethniques, un système qui dure jusque dans les années 1960. Cette législation intervient dans un contexte de xénophobie, de peur des communistes et de la concurrence des travailleurs étrangers.. Elle privilégie les migrants originaires de l'Europe du Nord-Ouest alors qu'elle restreint très fortement le nombre de migrants asiatiques.

Nouvelles migrations (depuis les années 1960) vignette|Population des principaux États des États-Unis, en millions d'habitants en 1980 et 2007.

Durant la première moitié du , en particulier de 1910 à 1965, la population noire des États du Sud avait tendance à migrer vers les grands centres industriels du Nord, afin d'échapper à la ségrégation raciale importante dans les États anciennement esclavagistes. Cette tendance s'est cependant inversée à partir de 1965, non seulement grâce aux victoires du mouvement des droits civiques, mais aussi avec la désindustrialisation progressive de certaines régions du Nord, qui forment ainsi la Rust Belt (« ceinture de rouille »).