Le musée Carnavalet - Histoire de Paris est le musée municipal parisien consacré à l'histoire de Paris des origines de la ville à nos jours. Situé dans le quartier du Marais au rue Madame-de-Sévigné à Paris, dans le , il présente des collections sur des thématiques variées : souvenirs de la Révolution française, peintures historiques, sculptures, mobilier et décors des , objets d'art, estampes, etc.

Le musée est constitué de l'hôtel Carnavalet et de l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau, reliés par une galerie située au premier étage. Ses espaces visitables représentent une superficie de soit un parcours de . À cela s'ajoutent des espaces d'exposition temporaire (). et objets sont exposés dans le parcours permanent. Parmi la centaine de salles qui composent ce parcours, 34 sont des salles de décors, principalement des . Ces salles, parfois nommées period rooms, constituent l'une des particularités du musée.

Le musée conserve plus de , objets et documents, variés dans leur nature : mobiliers et objets d'art décoratif, peintures, sculptures, collections archéologiques, mais aussi photographies, manuscrits et autographes, affiches, estampes, dessins, monnaies et médailles, petits objets d'histoire et de mémoire.

Le musée conserve et expose également des collections en rapport avec l'histoire de l'art et l'histoire de France.

C'est un des quatorze musées de la ville de Paris gérés depuis le par l'établissement public administratif Paris Musées. Le , le musée ferme pour rénovation complète. Après cinq ans de travaux, il a rouvert ses portes au public le .

Durant les travaux, la muséographie a été entièrement repensée. Tout en maintenant les salles et les œuvres les plus célèbres (chambre de Marcel Proust, chambre de la famille royale dans la tour du Temple…), la rénovation a amené à présenter le parcours de manière chronologique, depuis la Préhistoire. Certaines collections sont ainsi particulièrement mises en valeur, comme les collections archéologiques, numismatiques, photographiques et graphiques. Près de 60 % des œuvres ont été renouvelées et près de ont été restaurées.

Enfin, l'accent a été mis sur l'ouverture vers la période contemporaine (présentation d'œuvres des ), la modernisation des supports (avec près de multimédia et transmédia) et l'accessibilité à tous les publics (10 % des œuvres sont ainsi présentées à hauteur d'enfant).

Historique 1548-1560 : construction de l'hôtel particulier de Jacques de Ligneris, président au parlement de Paris. 1578 : acquisition de l'hôtel de Ligneris par la veuve de François de Kernevenoy, qui l'achète au fils héritier de Jacques de Ligneris. Le nom breton de Kernevenoy s’est trouvé transformé par la prononciation au en « Carnavalet ».. 1660 : travaux de l'architecte François Mansart. 1677-1696 : la marquise de Sévigné et sa famille résident dans l'hôtel. 1688 : construction, par l'architecte Pierre Bullet, de l'hôtel Le Peletier. En 1866, le baron Haussmann, préfet de la Seine à l'origine du projet d'un musée de l'histoire de Paris et la ville, achète l'hôtel de Carnavalet. Le , les premières collections rassemblées disparaissent dans l'incendie de l'Hôtel de Ville de Paris, où elles étaient entreposées. En 1880, ouverture du musée au public. En 1898, la Bibliothèque historique de la ville de Paris quitte l'hôtel Carnavalet pour l'hôtel Le Peletier. En 1921, les objets archéologiques quittent les salles ouvertes au public pour être mis en réserve. En 1956, les costumes et leurs accessoires quittent Carnavalet pour former le nouveau musée de la Mode et du Costume dans le palais de la duchesse de Galliera. En 1968, la Bibliothèque historique de la ville de Paris s'installe dans l'hôtel de Lamoignon, de l'autre côté de la rue des Francs-Bourgeois. En 1989, après sa restauration et son aménagement, l'hôtel Le Peletier, est relié à l'hôtel Carnavalet par une galerie traversant le lycée Victor-Hugo et est ouvert au public. La crypte archéologique du parvis Notre-Dame est rattachée au musée en . En , les catacombes de Paris sont rattachées au musée Carnavalet - Histoire de Paris. Le , le musée est fermé pour rénovation complète, confiée à François Chatillon architecte en chef des monuments historiques, Snøhetta et la scénographe Nathalie Crinière, en incluant la création d'espaces de service et de restauration (L'Olympe) et une extension en sous-sol (les anciennes réserves), pour un montant de d'euros. Deux escaliers serpentins de style contemporains sont par ailleurs installés et une nouvelle galerie vers l'extension de l'hôtel Le Peletier est aménagée. Durant cette période, un chantier des collections des du musée est prévu, de même que leur numérisation. Pendant sa fermeture, le musée met par ailleurs en place des visites « hors les murs » régulières, sur les traces du Paris historique et de personnalités françaises emblématiquesLe musée Carnavalet, cher aux amateurs de l'histoire de Paris, ferme pour travaux, Le Parisien, octobre 2016.. En a lieu la réouverture du musée dans son nouveau parcours (après plusieurs reports dus aux restrictions sanitaires décidées par le gouvernement durant la pandémie de Covid-19). sont désormais présentées sur . Les collections permanentes, qui s'arrêtaient autrefois aux années 1910, sont prolongées jusqu'à l'époque contemporaine.

Bâtiments L'hôtel Carnavalet vignette|Hôtel Carnavalet, l'entrée. vignette|Façades sur jardin. vignette|Jardin de l'hôtel Carnavalet.

Construit entre 1548 et 1560, il est attribué à Pierre Lescot, comme la Cour carrée du Louvre. Il a été édifié pour Jacques de Ligneris, président au Parlement de Paris..

Situé alors dans une zone de vergers et de cultures appartenant au couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, l'hôtel était une des rares constructions du quartier au nord de la rue du roi de Sicile. Son plan en forme de quadrilatère « entre cour et jardin » constituait une nouveauté architecturale, et allait être un exemple pour de nombreux autres hôtels. Les statues qui l'ornent sont des chefs-d'œuvre dus à Jean Goujon et à son atelier.

En 1578, il devient la propriété de Françoise de La Baume, veuve d'un gentilhomme breton nommé François de Kernevenoy dit de Carnavalet. C'est à elle que le musée doit son nom.

Née vers 1537 dans une famille de la grande noblesse du Dauphiné (les Baume-Montrevel), elle fut d'abord mariée, encore enfant, à son cousin François de La Baume, gouverneur de Savoie. À sa mort, elle épousa François de Kernevenoy, âgé d'une quinzaine d'années de plus qu'elle. Familier de la cour, gouverneur du futur Henri III, c'était un des cavaliers les plus élégants de France, qui avait été écuyer d'Henri II. C'était par déformation de son patronyme breton qu'il était aussi appelé "Carnevalet" ou "Carnavalet". Ronsard lui dédia deux poèmes (une ode et un sonnet), et Montaigne l'évoque dans ses Essais.

Dame d'honneur de plusieurs reines de France, Françoise de Kernevenoy fut à nouveau veuve en 1571. Elle ne se remaria pas. En revanche, elle réalisa le souhait de son mari d'acquérir, en 1578, l'hôtel particulier qui prit son nom, et où elle passa de longues années. Elle mourut en 1608.

À sa mort, l'hôtel est vendu à la famille d'Argouges, qui le conserve jusqu'en 1654. L'hôtel est alors acheté par Claude de Boislève, conseiller du Roi en ses conseils, intendant des Finances, qui confia la tâche de l'agrandir à l'architecte François Mansart. Ce derniei ajouta un étage aux trois ailes basses. Les ailes latérales étaient ornées de sculptures de Gérard van Opstal répondant aux quatre reliefs des saisons du . François Mansart créa probablement une toiture (combles à la Mansart) formant un carré continu autour de la courAucun relevé précis de la toiture n'a été effectué avant la restauration de 1866. Seuls sont disponibles, pour imaginer la toiture, la gravure (vue idéalisée) de Marot vers 1650 et le projet de Hénard de 1847 (M. Chatenet, F. Meunier, A. Prévet, Le château de faïence de François , Paris, CTHS, 2012, )..

Statues et bas-reliefs de la cour d'entrée

Compromis lors de la chute de Fouquet, Claude Boislève fut dépossédé en 1662 de l'hôtel, qui, de 1664 à 1694, fut habité par la marquise de Sévigné jusqu'en 1696, puis par Brunet de Rancy, secrétaire du Roi, et par la famille de Labriffe, jusqu'en 1777.

Il appartient ensuite à Antoine Louis Bellanger, conseiller d'État et conseiller d'honneur de la Cour des Aides de Paris. En 1785, celui-ci en fait don à Antoine Pierre du Pré de Saint-Maur, conseiller honoraire au Parlement de Paris, sous réserve de la conservation de l'usufruit jusqu'au jour de son décès. Le décès d'Antoine Louis Bellanger le , permet à la famille du Pré de Saint-Maur d'entrer en pleine propriété de l'hôtel à compter de cette dateArchives nationales, Z1j1155, dossier 8, « Visite de réparations à faire à l'hôtel Carnavalet, rue Culture Sainte-Catherine, à la requête de M. Dupré de Saint Maur », 14 septembre 1786 et jours suivants..

Après la Révolution, il fut occupé par l'École des ponts et chaussées puis par les institutions Liévyns et Verdot, avant son achat par la ville de Paris en 1866 sur les conseils du baron Haussmann.

Il fut restauré à partir de 1866 par l'architecte Victor Parmentier, qui venait de se faire remarquer au Salon par son travail d'étude du château de Madrid au bois de BoulogneMonique Chatenet, Florian Meunier et Alain Prévet, « Le château de faïence de François , Les terres cuites émaillées de Girolamo della Robbia au château de Madrid (bois de Boulogne) », Bulletin archéologique, , Paris, CTHS, 2012, ..

À l'origine de grands travaux qui font en grande partie disparaître le « vieux Paris », l'administration d'Haussmann souhaitait y loger les collections historiques de la Ville de Paris, alors conservées à l'hôtel-de-Ville : celles-ci furent presque entièrement détruites dans l'incendie de ce dernier sous la Commune mais le projet fut repris, sur des bases entièrement nouvelles, après 1871 (d'où une vente aux enchères d'une partie des collections du musée en 1881, décidée par le conseil municipal pour les objets ne répondant plus au nouveau musée, voir plus bas). Il lui fut incorporé des éléments architecturaux exceptionnels provenant du vieux Paris en pleine mutation : l'arc de la rue de Nazareth dans l'île de la Cité (milieu du ) ; la façade du bureau des marchands drapiers des Halles anciennement situe au 11 rue des DéchargeursHistoire de la Cremerie de Paris - Pavillon des Drapiers () ; un avant-corps de l'hôtel de Choiseul (début ), Les peintures murales du grand escalier de l'ancien hôtel de Luynes par Brunetti ; l'ancien café militaire. L'accroissement des collections imposa un nouvel agrandissement qui s'acheva en 1914.

L'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau vignette|Façade sur rue.

alt=portrait de Juliette Récamier par François Gérard, 1805, huile sur toile, musée Carnavalet - Histoire de Paris.|Portrait de Juliette Récamier par Gérard (1805).|gauche|vignette Cet hôtel est d'un style plus sobre et fut édifié par l'architecte Pierre Bullet dans les années 1690. Il comporte un élément architectural exceptionnel avec son grand escalier dont la somptueuse rampe d'appui en fonte de fer, moulée et ciselée - et non en fer forgé -, est une prouesse technique jamais renouvelée avant le .

L'hôtel est classé monument historique dans sa totalité par la liste de 1846 et inscrit partiellement en 1984.

Rattaché au musée Carnavalet - Histoire de Paris depuis les années 1960, sa rénovation fut mise en œuvre de 1982 à 1989. Ses vastes cheminées, son carrelage et ses poutres apparentes ont été conservés, pour une mise en scène des intérieurs parisiens tout au long de l'Histoire.