La techno hardcore, ou simplement et historiquement hardcore, désigne une variante de genres musicaux connexes, originellement issus des raves européennes, ayant émergé durant les années 1990. Ces genres musicaux se démarquent généralement des autres courants de musiques électroniques par une plus grande rapidité (160 à 200 BPM ou plus), l'intensité des kicks et des basses (dans certaines musiques dérivées), du rythme et de l'atmosphère, de leurs thèmes (parfois violents)., de l'usage de la distorsion ainsi que des expérimentations proches de celles conçues par le courant de la musique industrielle.

De la techno hardcore en découlent un nombre importants de festivals, en particulier sur le continent européen. Peuvent notamment être cités Thunderdome, Dominator, Masters of Hardcore et Resonate, du côté gabber néerlandais. Le côté espagnol recense notamment Xque, Pont Aeri, et Chasis. Aux États-Unis, c'est l'Electric Daisy Carnival qui organise des événements EDM et techno hardcore depuis 1997.

Histoire Précurseurs Pour comprendre l'émergence du hardcore, il faut remonter jusqu'à la fin des années 1970 pour trouver des traces d'une musique électronique dansante avec la musique industrielle. Apparue en marge du mouvement punk, elle n'a de commun avec ce dernier qu'un désir de faire table rase de la musique des années 1970, mais elle n'utilisera jamais les mêmes procédés. Des groupes comme Throbbing Gristle, Coil, Cabaret Voltaire, SPK, Foetus ou encore les Allemands Einstürzende Neubauten produiront de la musique bruitiste, violente utilisant en grande partie des instruments électroniques.. Le message véhiculé par l'industriel est alors très provocateur, subversif, et ces groupes n'hésitent pas à agrémenter leurs concerts de performances dérangeantes (masochisme, scatophilie, imagerie totalitaire). Certaines sonorités et expérimentations musicales de l'indus influenceront directement le hardcore et ce, dès le début du mouvement (l'artiste belge Liza 'N' Eliaz et le français Laurent Hô feront notamment les liens entre les deux styles dès les débuts des années 1990).

Au milieu des années 1980, sous l'impulsion du groupe belge Front 242, un nouveau genre plus accessible et plus dansant inspiré de l'industriel et de la new wave apparaît : l'electronic body music (EBM).. Ce style se caractérise par un certain minimalisme, des sonorités froides, débarrassées des influences afro-américaines (qui sont à la base du disco, funk ou de la musique house), des rythmiques puissantes, généralement accompagnées d'un chant agressif et d'une esthétique proche de l'industriel et du punk. C'est lorsque l'EBM rencontre le new beat (autre style d'origine belge) et l'acid house que la musique va alors évoluer vers un son plus dur, la techno hardcore.

Origines du terme vignette|Symbole du early hardcore.

Le terme n'est pas nouveau en musique. Il a d'abord été utilisé pour désigner une mouvance plus radicale de punk rock (notamment Black Flag, Minor Threat et Bad Brains) qui, en plus de durcir la musique, attachait également de l'importance à une attitude et un mode de vie à l'image de la rue dans laquelle il était né : violent, underground, mais engagé et sincère. Ce concept sera par la suite repris lors de l'apparition du hip-hop à la fin des années 1980, désignant la frange dure du mouvement, qui observe alors les mêmes caractéristiques : un son plus dur, des paroles engagées, un mode de vie tout entier dédié au respect des valeurs affichées par des rappeurs tels que KRS-One ou Public Enemy. Le terme de a d'abord été utilisé par les groupes d'EBM À;GRUMH... et Leather Strip.., à la fin des années 1980 bien que leur musique n'ait finalement jamais rien eu à voir avec le hardcore. En 1990, le producteur allemand Marc Acardipane est le premier à se réclamer de la techno hardcore avec son titre , souvent considéré comme le titre fondateur du style.

Cependant au début de la décennie, les termes et sont également utilisés pour désigner des formes primitives de breakbeat (voir breakbeat hardcore) et de drum and bass qui connaissent alors un très grand succès en Angleterre (et dont émergeront plusieurs producteurs célèbres, tels The Prodigy. ou encore Goldie).

Années 1990 vignette|gauche|Logo du label Planet Core Productions (PCP) qui a vu naître le supposé premier EP de techno hardcore intitulé de Mescalinum United.

Les prémices du genre sont retracées tout à la fin des années 1980 en Belgique, au sein de la scène new beat, avec des titres tels que de HNO3 sortie en 1988, de Export sortie en 1988, de Tribe 22 sortie en 1988, de Lords of Acid sortie en 1988, de Rhythm Device sortie en 1989, de Dirty Harry sortie en 1989, de ZAG sortie en 1989 ou encore de The Project sortie en 1990. L'acte de naissance du hardcore est supposément. reconnu comme étant la sortie du titre du producteur allemand Mescalinum United, originaire de Francfort, qui va devenir l'un des bastions du hardcore à ses débuts.. Marc Acardipane Trauner (Mescalinum United) fonde le label Planet Core Productions en 1989 et va produire plus de , dont 300 lui-même jusqu'en 1996. Une autre légende du hardcore fera ses débuts sur PCP : Miroslav Pajic, plus connu sous le nom de Miro.. Le PCP va notamment populariser une forme de hardcore lente, lourde, minimale et très sombre désormais désigné sous l'appellation darkcore.. Aux États-Unis, le pionnier new-yorkais de la techno Lenny Dee lance le label Industrial Strength Records dès 1991 qui va fédérer une bonne partie de la scène américaine, faisant de New York une des places fortes du hardcore américain. On y trouve notamment Delta 9, Laura Grabb, D.O.A. ou encore The Horrorist, mais va également produire des producteurs d'autres nationalités comme les Anglais Caustic Visions, les australiens Nasenbluten et même quelques titres de Marc Acardipane. Au même moment à Rotterdam, ce sont les DJ et producteurs Paul Elstak. et DJ Rob qui vont populariser un style plus rapide, aux lignes de basse saturées bientôt connu sous le nom de gabber, ainsi que sa forme plus commerciale et accessible, le happy hardcore..

vignette|Le hakken, danse popularisée dans les années 1990 au sein de la scène gabber (early hardcore).

Paul Elstak fonde Rotterdam Records en 1992, qui devient le premier label néerlandais de hardcore.. En 1992 à Utrecht, une gigantesque rave party nommée . va découler sur la création du label ID&T qui lance en 1993 le concept Thunderdome qui va très fortement populariser le hardcore à travers l'Europe, notamment à travers une série de compilations et d'événements attirant des milliers de jeunes, lançant ainsi le mouvement gabber. Rien que sur la seule année 1993, quatre compilations sortent avec un succès croissant..... Beaucoup d'artistes présents sur ces compilations deviennent alors de véritables stars, tels 3 Steps Ahead, DJ Buzz Fuzz, The Dreamteam, Neophyte, Omar Santana, et Charly Lownoise et Mental Theo dans un registre gabber et happy hardcore, mais également d'autres producteurs de genres connexes tels que Spiral Tribe et E-de Cologne. La même année, le label Mokum Records est créé par Freddy B qui connaîtra le succès grâce à des artistes et groupes comme Technohead..., Dano., Tellurian, The Speed Freak, Scott Brown., ainsi que la musicienne belge Liza 'N' Eliaz. pionnière du speedcore. En Angleterre, les membres du sound system Spiral Tribe., notamment Stormcore, 69db, Crystal Distortion et Curley vont durcir leur son acid/breakbeat, devenant ainsi précurseurs des genres tribe, acidcore et hardtechno. Dans le même temps en Angleterre, une autre scène se développe autour de The DJ Producer et Hellfish (Deathchant, 1994). Dans les clubs gabber en Belgique, DJ Bass était DJ residant de la salle hardcore du Temple of House La Bush. à Esquelmes (Pecq) et de La Florida. à La Glanerie (Rumes) qui se trouvait à côté du Complexe Cap'tain. Thunderdome en Belgique était organisé au Sportpaleis d'Anvers. et dans des clubs tels que le Planet Hardcore (Club) à Termonde (Dendermonde) le ., l'Extreme à Affligem le ., le Club X à Wuustwezel le . et le ., le Cherry Moon à Lokeren le ..

En France, les pionniers du hardcore incluent : Laurent Hô., DJ La Carotte., David Lagon, Christ of Noise., Atomic Compressor, King Smoke, The Killer Clowns, LKJ, PatCash, Hardsquad (avec leur label (Gangstar Toons Industry, 1994), DJ Olive., Manu le Malin. (ce dernier participe aussi à des émissions télévisées pour parler du style musical), Psy 4X, Tieum. et DJ Tof, puis Macabre.. Ils sont bientôt suivi par SpeedyQ's, Armaguet Nad, La Peste (Laurent Mialon fondateur de Hangars Liquides), Sarin Assault, XMF (dans lequel officie The Hacker), Mouse et No Name (signées sur le label Fischkopf à Hambourg) font partie des rares filles qui composent du Hardcore et se font déjà un nom à cette époque, elles sont aussi connues sous le nom des sœurs Michelson. Le hardcore français se caractérise alors dès le début par des sonorités acid et Industrielles très sombres et dures, qui tranchent avec le son hollandais à part G.T.I (Gangstar Toons Industry) plus proche des hollandais et des Anglais. Le groupe Micropoint, composé de Radium et Al Core, qui émerge au milieu des années 1990 connaît un franc succès avec leur album Neurophonie en 1998.. Cet album est souvent considéré par les teufeurs comme le point de départ du sous-genre frenchcore, entraînant un véritable engouement pour le hardcore en France, correspondant également à la forte médiatisation du phénomène des . Des événements comme la Techno Parade diffusent le genre à cette époque..

Émergence des sous-genres vignette|alt=Homme caucasien tenant un disque d'or dans sa main droite.|Paul Elstak, l'un des compositeurs reconnus du happy hardcore à la fin des années 1990, avant sa reconversion dans le mainstream hardcore.

La notoriété et la popularité du happy hardcore s'accroissent rapidement dans l'audience générale grâce à l'apparition de diverses chansons du genre dans les classements musicaux nationaux et internationaux, et à la multiplication des diffusions de vidéoclips sur les chaînes de télévision spécialisées. Dans un premier temps, la chanson (1995) du groupe anglo-néerlandais Technohead, qui peut être catégorisée d'un point de vue général comme du happy hardcore néerlandais, atteint de nombreux classements musicaux internationaux et est certifiée deux fois disque d'argent et une fois disque d'or..... La même année, le groupe néerlandais Nakatomi fait paraître un premier single happy gabber intitulé , mais se popularise grâce au single qui atteint la place des classements.. Les deux compères Charly Lownoise et Mental Theo, de leur côté, font paraître leur single et atteignent à plusieurs reprises les classements musicaux néerlandais et allemands...

En parallèle, Paul Elstak, à l'origine impliqué dans la musique gabber mais lassé de sa sonorité devenue extrême et bruitiste ., découvre une nouvelle direction musicale grâce à la chanson axée bouncy techno intitulée de Bass Reaction, et rééditée sur le marché néerlandais en 1994. ; son succès inspire Elstak et autres musiciens à composer ce même son frénétique connu aux Pays-Bas sous le nom de happy hardcore. ; il décide alors de s'y impliquer et se popularise grâce à des chansons à succès phénoménal telles que . et ., qui atteignent les classements musicaux néerlandais.. : . et certifiés disques d'argent et d'or. Du côté allemand, la chanteuse Blümchen contribue à la popularisation du happy hardcore avec des titres comme et est récompensé notamment du Bravo Otto Gold.. Le groupe Scooter fait de même avec des albums tels que le ..