L'église Saint-Georges est une église catholique paroissiale située à Belloy-en-France dans le département français du Val-d'Oise. Son portail occidental au riche décor sculpté est considéré comme un chef-d'œuvre des débuts de la Renaissance au nord de Paris.

Aperçu Une basilique dédiée à saint Georges est attestée à Belloy dès 840.

Les parties les plus anciennes de l'édifice actuel sont le clocher roman, largement remanié, et le croisillon nord avec la chapelle de la Vierge. Ils sont de style gothique primitif et datent de la fin du .

Le reste de l'église date du , mais seuls le chœur et la chapelle Sainte-Geneviève, à l'emplacement du croisillon sud, ont été entièrement achevés à cette époque et se présentent dans un style rayonnant tardif.

La nef et les collatéraux n'ont été voûtés qu'au premier tiers du , et en grande partie refaits, si bien que le style gothique flamboyant y domine. Ce sont les parties les plus intéressantes à l'intérieur de l'église, notamment pour les chapiteaux du et le dessin particulier des voûtes.

L'édifice fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1846., et a été restauré au milieu du .

L'église est aujourd'hui le siège d'un groupement paroissial et conserve une vie spirituelle et liturgique intense, avec comme particularité, la célébration de la messe et des autres sacrements du catholicisme selon le rite tridentin.

Localisation

L'église est située en Île-de-France, dans le département du Val-d'Oise, en pays de France, sur la commune de Belloy-en-France, à l'ouest du vieux village, place Sainte-Beuve. C'est la place centrale du village, où sont regroupés église, mairie, écoles, médiathèque, salle de fêtes et presbytère. On y accède par la rue Faubert. La place entoure entièrement l'église, mais la partie située derrière l'église (au nord) est souvent fermée par des grilles. Dans ce cas, seule la façade occidentale, l'élévation méridionale, la chapelle Sainte-Geneviève et le chœur sont visibles, ainsi que partiellement, la chapelle de la Vierge.

Histoire Histoire de la paroisse

En 829, un seigneur nommé Lantfrid procède à un échange avec l'abbé Hilduin de Saint-Denis : Il donne à l'abbaye de Saint-Denis des terres qu'il possède à Houdancourt, dans le diocèse de Beauvais, et l'abbaye lui cède des terres qu'elle possède à Belloy, alors nommé Bidolidum. C'est la première mention connue de Belloy. En 832, le village est cité dans le partage des terres entre l'abbé de Saint-Denis et les moines, qui reçoivent les terres de Belloy pour payer leurs vêtements et chaussures. L'abbaye n'avait donc pas tout donné à Lantfrid. Une autre charte, datée de 840, fait ressortir que Belloy était initialement une terre du Fisc. Les possessions locales de l'abbaye de Saint-Denis provenaient donc probablement de donations royales. Le plus intéressant est la mention finale, qui indique que la charte a été donnée en la basilique du saint martyr Georges à Belloy. L'ancienneté de la paroisse de Belloy est ainsi prouvée. Possédant des reliques de son saint patron, l'église devient très tôt un lieu de pèlerinage. Au , l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés possède une autre église à Belloy, mais l'abbé Lebeuf suppose qu'il s'agit plutôt de l'église voisine de Villaines-sous-Bois.. thumb|left|Vue de l'église depuis le sud.

Pendant tout l'Ancien Régime, la paroisse de Belloy appartient au doyenné de Montmorency du diocèse, puis archidiocèse de Paris. La cure de la paroisse Saint-Georges est à la pleine collation de l'évêque de Paris. L'abbaye de Saint-Denis n'est donc que le principal seigneur temporel de Belloy, et ne possède pas de droits sur l'église. On peut maintenant faire le rapprochement entre les différents abbés de Saint-Denis et les autres seigneurs de Belloy, d'une part, et les différentes parties de l'église construites au fil du temps, d'autre part, mais la datation n'est pas assez précise pour obtenir des indications fiables, sauf pour les travaux des années 1540 jusqu'à la fin du . L'église est vraisemblablement endommagée sous la guerre de Cent Ans, ainsi que sous les guerres de religion du dernier tiers du . L'abbé Lebeuf mentionne l'existence ancienne d'un orgue, qui est déjà détruit au moment qu'il écrit (milieu du ). L'ancien presbytère est la maison entre la façade occidentale et l'école, qui accueille aujourd'hui la médiathèque.

Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse de Belloy est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Belloy-en-France en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. À cette époque, la réforme liturgique décidée par le concile Vatican II est successivement mise en œuvre. Elle apporte notamment l'installation du maître-autel en avant du chœur, et la célébration de la messe en langue française. À Belloy, l'on n'a pas souhaité appliquer cette réforme. La messe est dite en latin selon le missel de Jean XXIII de 1962 et la forme extraordinaire du rite romain. La communion se reçoit à genoux devant la grille du chœur. Le maître-autel est toujours au fond du sanctuaire. — La paroisse est devenue un groupement paroissial, qui inclut les anciennes paroisses indépendantes de Villaines-sous-Bois et Villiers-le-Sec. Elle est rattachée au doyenné de Luzarches. Des messes dominicales sont célébrées dans l'église Saint-Georges tous les dimanches à 11 h 00, ainsi que plusieurs messes en semaine. Les messes anticipées du samedi soir ont en principe lieu à Villaines-sous-Bois.. Le curé réside au presbytère face à l'église, rue Faubert.

Liste des curés de Belloy

Le plus ancien curé de Belloy connu est Messire Nicolas Bourdon vers 1406Archives de la paroisse..

+ Liste des curés de Belloy Début Fin Identité1406?Messire Nicolas Bourdon1528?Messire René Belloge1615 1630Messire Monchin 16301650Messire R.Lefèvre16501661Messire G. Drieux16611666Messire Landrieux16661693Messire Coignard16931695Messire Duboscq16951708Messire Laurence17081713Messire Jean Baptiste17131740Messire Landrin17401747Messire Le Roy17471760Messire Firmin Rémy Mimevel (puis chanoine de Saint-Étienne-des-Prés).17601772Messire Noël François Le Comte, inhumé sous la première marche du chœur de l'église.17921804 De la Terreur au Premier Empire, pas de curé.1804 1806 Monsieur l'abbé Jean Pierre Lévêque18061807 Monsieur l'abbé Nauvath18071813 Monsieur l'abbé Ledoux18131914 Monsieur l'abbé Rémy Simon18141818 Monsieur l'abbé Dermand18181818 Monsieur l'abbé Chantral18181826 Monsieur l'abbé Gueneman18261832 Monsieur l'abbé Lebreton18321839 Monsieur l'abbé Lévêque18391841 Monsieur l'abbé Prosper Duboscq18411842 Monsieur l'abbé Belliard18421844 Monsieur l'abbé D. Guinnertin18441867 Monsieur l'abbé Molliet18671879 Monsieur l'abbé L. Roger18791880 Monsieur l'abbé Nouet18801882 Monsieur l'abbé Petit18821888 Monsieur l'abbé Auguste Prévost18881898 Monsieur l'abbé Goudet18981901 Monsieur l'abbé Paul Beaugrand19011906 Monsieur l'abbé Normand19061924 Monsieur l'abbé Ernest Delarbre19241926 Monsieur l'abbé Fernand Lacruche19261934 Monsieur l'abbé Georges Ghys19341935 Monsieur l'abbé Léon Musnier19351938 Monsieur l'abbé André Denai19381955 Monsieur l'abbé Antoine Van Schaik19551960 Monsieur l'abbé Maurice Lepennetier19601965 Monsieur l'abbé Louis Le Melnaidre19652004 Monsieur l'abbé Pierre Lourdelet2004actuel Monsieur l'abbé François Scrive

Les campagnes de construction

L'église Saint-Georges date en plus grande partie du , mais a été largement modifiée et mise au goût du jour au . Elle comporte néanmoins des parties nettement plus anciennes, que Dominique Foussard date de la fin du , et Charles Terrasse du début du . Il s'agit du croisillon nord du transept, de la chapelle de la Vierge qui lui succède à l'est, et du clocher jusqu'au premier étage de baies au moins. Le croisillon nord et la chapelle sont de style gothique primitif. Le clocher repose sur quatre massives piles carrées, dont celles du nord présentent des frises du même style de part et d'autre de l'arcade vers le croisillon. Les baies du premier étage sont en plein cintre et évoquent encore le style roman, ce qui parle plutôt en faveur d'une date assez ancienne, pendant la seconde moitié du . Faute d'avoir entrepris des fouilles archéologiques, l'on ignore si le croisillon sud a jamais été construit. Mais puisque l'église a été presque entièrement bâtie à neuf au , l'on peut supposer que le chœur et la nef étaient plus anciens que le croisillon et la chapelle, que l'on conservait parce que ce furent les parties les plus récentes. Elles ont sans doute été bâtis après le clocher, car le croisillon est plus large que ce dernier, et la date du clocher devrait correspondre à celle de l'ancien chœur, que l'on jeta bas au ... thumb|Date de 1312 sur un phylactère.

Au , l'on édifia un nouveau chœur, une chapelle latérale sud dont la première travée occupe l'emplacement du croisillon sud, deux collatéraux et une nouvelle nef, dans le style gothique rayonnant tardif. Les auteurs ne se prononcent pas sur la période de construction précise, mais le premier tiers du siècle, avant la guerre de Cent Ans, est sans doute l'hypothèse la plus probable. À gauche de l'arcade ouvrant sur la base du clocher depuis la nef, la date de 1312 (seuls les deux premiers chiffres sont clairement lisibles) apparaît sous un phylactère. Si les piles du clocher ont été remaniées à cette époque, c'est sans doute en lien avec la construction de la nef. — Les voûtes de la nef et des collatéraux datent toutes du . Dominique Foussard croit qu'elles s'appuient sur la structure du , mais il parle sans doute des supports. La guerre a vraisemblablement interrompu le chantier, et un plafond lambrissé a dû suffire pendant deux siècles. Seul un effondrement des voûtes primitives aurait justifié un revoûtement au ; or, les piliers du sont tous intacts jusqu'aux chapiteaux, même si l'on constate que le premier pilier isolé du nord et du sud ont des corbeilles non sculptées. Ce peut être la marque d'un inachèvement, ou d'une réparation antérieure au classement aux monuments historiques. Il est à signaler que Dominique Foussard pense que la nef n'aurait peut-être été achevée qu'au , sans que l'on sache sur quelles observations l'hypothèse se base.