Le gouverneur général des Tuvalu () est le chef de l'État de facto des Tuvalu. Il représente le chef de l'État de jure, le monarque des Tuvalu (depuis le , Charles III).

Le gouverneur général exerce les fonctions et responsabilités du roi en son nom Constitution des Tuvalu, art.51, lorsqu'il n'est pas présent lui-même aux Tuvalu. Ces fonctions sont essentiellement symboliques.

Le gouverneur général est officiellement nommé par le monarque, qui est toutefois tenu d'agir en accord avec les recommandations du Premier ministre, et c'est donc ce dernier qui choisit véritablement le gouverneur général. Le premier ministre consulte le Fale i Fono (Parlement) afin d'effectuer son choixibid, art.55.

L'actuel gouverneur général est Sir Tofiga Vaevalu Falani, nommé à cette fonction en 2021 "Tuvalu country brief", ministère australien des Affaires étrangères.

Historique La fonction de gouverneur général est instituée à l'indépendance des Tuvalu le .

Crise constitutionnelle de 2013

Ordinairement, les fonctions du gouverneur général sont cérémonielles et symboliques. En 2013, toutefois, le gouverneur général Iakoba Italeli exerce ses pouvoirs de réserve dans le cadre d'une crise politique. vignette|redresse|gauche|Sir Iakoba Italeli, gouverneur général de 2010 à 2019. Le , le décès du ministre des Finances Lotoala Metia prive le gouvernement du Premier ministre Willy Telavi d'une majorité claire au Parlement : il ne dispose plus que de sept sièges, soit autant que l'opposition dirigée par Enele Sopoaga. Dès lors, le gouvernement ne convoque plus le Parlement. Une élection partielle doit se tenir pour le siège laissé vacant par Metia, à Nukufetau ; Telavi parvient à retarder sa tenue jusqu'à ce qu'une décision de justice le contraigne à permettre cette élection, le . Le siège est remporté par le candidat de l'opposition, Elisala Pita. L'opposition demande alors que le Parlement soit convoqué, afin que le gouvernement puisse être destitué par une motion de censure déposée par la nouvelle majorité "Tuvalu’s Opposition waiting to hear from GG", Islands Business, 1 juillet 2013. Telavi répond que la Constitution prévoit que le Parlement siège au minimum une fois par an : il considère donc ne pas avoir à convoquer l'assemblée avant "Parliament needs one yearly meeting only says defiant Tuvalu PM", Radio New Zealand International, 2 July 2013. Le , face à ce refus, le gouverneur général, Iakoba Italeli, fait usage de ses prérogatives constitutionnelles pour convoquer le Parlement pour le "Tuvalu’s parliament convenes July 30", Islands Business, 3 juillet 2013.

Ce jour-là, alors que l'opposition s'apprête à déposer une motion de censure, le ministre de la Santé Taom Tanukale démissionne de son poste de député, et donc également de son ministère. À la suite de la mort de Metia, et le ministre de l'Éducation Falesa Pitoi étant à l'étranger pour cause de maladie depuis , la démission de Tanukale ne laisse que quatre ministres en poste et actifs : le Premier ministre, le vice-Premier ministre, Kausea Natano, le ministre des Affaires étrangères, Apisai Ielemia, et la ministre de l'Intérieur Pelenike Isaia. Le gouvernement, désormais nettement minoritaire, dispose par ailleurs du soutien du président du Parlement, mais n'a aucun simple député dans son camp "Tuvalu govt bombshells", Islands Business, 30 juillet 2013. Le lendemain, la raison de la démission de Tanukale est révélée. Le président du Parlement, Kamuta Latasi, rejette la demande de l'opposition qu'une motion de censure soit votée ; il évoque l'existence d'un siège vacant. Latasi ajourne le Parlement, statuant que celui-ci ne se réunira à nouveau qu'après la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Tanukale. Il prolonge ainsi la survie politique du gouvernement Telavi "Tuvalu in constitutional crisis, says opposition", Radio New Zealand International, 31 juillet 2013.

L'opposition se tourne vers le gouverneur général. Le , Telavi annonce son intention de limoger Iakoba. Celui-ci prend les devants, et limoge le Premier ministre ; il nomme le chef de l'opposition officielle, Enele Sopoaga, Premier ministre par intérim "GG appoints Sopoaga as Tuvalu’s caretaker PM", Islands Business, 1 août 2013. Refusant d'être limogé, Telavi réitère alors son intention de demander à la reine de limoger Italeli "Tuvalu government faces constitutional crisis", Radio Australia, 1 août 2013. L'article 55 de la Constitution dispose que le gouverneur général peut être démis de ses fonctions par le monarque, uniquement sur demande du Premier ministre, ce dernier devant nécessairement avoir au préalable consulté en privé les députés. Le , le Parlement retire officiellement sa confiance dans le gouvernement Telavi, et l'opposition, majoritaire, prend le pouvoir "Tuvalu opposition votes out government", Radio New Zealand International, 2 août 2013. Sopoaga, ayant reçu la confiance du Parlement, écrit au Palais de Buckingham et demande à la reine de ne tenir aucun compte de la demande formulée par Telavi "PM Sopoaga: ‘My govt is ready to lead", Islands Business, 6 août 2013.

Intérim 2019-2021 Gouverneur général depuis et approchant la fin de son second mandat, Iakoba Italeli quitte sa fonction en pour se présenter, sans succès, aux élections législatives de septembre 2019. Teniku Talesi Honolulu assure alors l'intérim et préside notamment à l'élection par le Parlement du nouveau Premier ministre, Kausea Natano, à l'issue de ces élections "Tuvalu's new PM is Kausea Natano", Islands Business, 4 décembre 2019 "The Embassy Held a Reception to Celebrate the 108th National Day of the R.O.C. (Taiwan) and the 40th Anniverary of Diplomatic Relationship between the R.O.C. (Taiwan) and Tuvalu", ambassade de la République de Chine (Taïwan) aux Tuvalu, 5 octobre 2019. En , elle est remplacée dans la fonction de gouverneur général par intérim par Samuelu Teo..

Liste des gouverneurs généraux

Notes et références

Voir aussi Monarchie des Tuvalu

Catégorie:Politique aux Tuvalu *