Pierre Gamarra est un écrivain français né à Toulouse le et mort à Argenteuil le . Il est romancier et poète. En tant que critique, son nom se trouve largement associé à la revue Europe, de 1949 à 2009. Ses œuvres, qui abordent pratiquement tous les genres, comprennent également des essais et des pièces de théâtre.
Pierre Gamarra est particulièrement connu à travers son œuvre pour la jeunesse, fréquemment enseignée dans les écoles, ainsi que pour les liens que sa poésie et ses romans entretiennent avec Toulouse, le Languedoc et la France du Sud-Ouest.
Biographie Né à Toulouse en 1919, Pierre Gamarra a des origines basques et languedociennes.. Il est d'abord instituteur, puis journaliste..
Pendant la libération de Toulouse, en août 1944, Pierre Gamarra fait paraître Vaincre, journal des FTPF-FFIBulletin de la maison de la Poésie du 11 octobre 1988 [] (Lecture-rencontre 119)., dans les locaux de la Dépêche du Midi, rue BayardL'installation de force du journal Vaincre dans ces locaux a été menée par Pierre Gamarra et Dominique Carassic, sur l'ordre de Casimir Lucibello, lieutenant-colonel des FFI connu sous le nom de colonel Laborde..thumb|droite|Pierre Gamarra dans les locaux du Patriote du Sud-Ouest, à Toulouse en 1945.|alt=Pierre Gamarra vu en plan moyen dans les locaux du quotidien Le Patriote du Sud-Ouest, à Toulouse, 1945. Au lendemain de la Libération, dans cette même ville, il participe, avec un groupe d'anciens résistants, à la création de la Librairie de la Renaissance ; bref historique sur le site de la librairie La Renaissance ; .. Il poursuit son engagement résistant en militant au Parti communiste, auquel il adhère en 1944. De 1944 à 1949, il est journaliste au quotidien Le Patriote du Sud-OuestArticle « Pierre Gamarra » du Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, tome V (2009), Bernard Épin., dont il est le premier rédacteur en chefLe Patriote du Sud-Ouest est un quotidien issu de la Résistance, organe du Front national de la Résistance ; il a plusieurs éditions locales. Il est publié de 1944 à 1956 : ; ..
Il est, à Lausanne en 1948, le lauréat du premier Prix international Charles Veillon, pour son premier roman La Maison de feuSur ce roman de 1948, l'auteur déclare en 1961 : « J'aime beaucoup ce livre qui n'est pas exactement ce qu'on appelle une autobiographie mais qui raconte beaucoup de moi, de mon enfance, de ma génération. ». — Pierre Gamarra, Avant-propos à l'édition japonaise de La Hache, nouvelle annotée par Akisada Yamada et Masaya Yokoyama, Librairie Kempakusha, Tokyo, 1961, p. IV.L'année qui suit la parution de La Maison de feu, R. Jouanny compare le roman de Pierre Gamarra au Grand Meaulnes, « Un nouveau romancier : Pierre Gamarra » in Vent, Revue de l'Association des Écrivains et Artistes de l'Enseignement, , 1949, , mars-avril, .. Le jury, présidé par André Chamson, rassemble notamment les écrivains Vercors, Franz Hellens et Louis GuillouxSimone Hauert, revue Annabelle, , 85, mars 1948 (Lausanne), .Également sur le jury du Prix Veillon 1948 : Le Confédéré (Martigny) 59, , (). Le roman de Pierre Gamarra y est mentionné sous le titre La Tour de feu (sic).Le jury, réuni à La Tour-de-Peilz, comprenait également Léon Bopp, Maurice Zermatten, Charles Guyot, Louis Martin-Chauffier et Robert Vivier.. Le roman est publié la même année, en Suisse par les Éditions de la Baconnière et en France par les Éditions de Minuit. Il évoque le Toulouse des années trenteLa Maison de feu devait s'intituler La Maison rouge et évoque particulièrement la rue de la Colombette à Toulouse, comme l’indique Pierre Gamarra dans des propos rapportés dans ..
En 1949, Pierre Gamarra est sollicité par Jean Cassou, André Chamson et Aragon pour prendre, à Paris, la responsabilité de la rédaction de la revue littéraire EuropeLa première contribution de Pierre Gamarra à la revue Europe avait été un poème publié dans le numéro de mai 1948, : « Ode à l'Amérique »., sous la direction de Pierre Abraham, auquel il succédera à la tête de la revue. De 1949 à sa mort, en 2009, il tient dans Europe une chronique littéraire, « La Machine à écrire »La rubrique a d'abord été baptisée simplement « Les Livres nouveaux ». « La Machine à écrire » existe toujours dans la revue Europe, reprise depuis juin 2009 par Jacques Lèbre. : il y rend compte de parutions françaises et étrangères, tables annuelles à partir de 2001, sur le site d’Europe : ., et notamment de la littérature des « petits pays », que la revue s’efforce de faire découvrir. Il sera également en tant que critique littéraire un collaborateur régulier de l'hebdomadaire de la CGT, La Vie ouvrière..
Il a été vice-président du PEN club français sous la présidence de Jean Blot (1999-2005) et membre honoraire de l'Académie de MontaubanRecueil de l'Académie de Montauban : sciences, belles-lettres, arts, encouragement au bien (Montauban), 1998 (série III, tome 82) ..
Pierre Gamarra a été pendant douze ans conseiller municipal d'Argenteuil, plus particulièrement chargé des affaires culturelles. Il a vécu dans cette ville à partir de 1951., après avoir habité deux ans dans le de Paris, au 42, rue d'Amsterdam.
Son urne funéraire a été déposée le au cimetière de Bessens, village du Tarn-et-Garonne où il a longtemps vécu..
Aperçu de l'œuvre Pierre Gamarra est souvent présenté comme « un écrivain occitan de langue française ».« L’Occitan de langue française », L’Argenteuillais, Hors-série, été 2011.. Son œuvre, traduite en plus de vingt langues, compte près de quatre-vingts ouvrages.
Pierre Gamarra est considéré comme l'un des plus intéressants auteurs français pour la jeunesse., que ce soit en proseBernard Épin, Découvrir la littérature d'aujourd'hui pour les jeunes, Anthologie Jeunesse Seghers, 1971, notice . ou en poésie..Ses fables — La Mouche et la Crème, par exemple. — et ses poèmes, dont le célèbre Mon cartable, sont particulièrement connus des écoliers « Un enfant, un poème » : lecture présentée et commentée par Édouard Baer (durée : environ 5 minutes).. En effet, les enseignants et les manuels de littérature et de français puisent souvent dans son œuvre poétiqueGuide pédagogique à Histoire des arts Explorer, Cycle 2, Éditions Nathan (2011) par Jacky Biville, Christian Demougin et Hervé Thibon, . ; ils y trouvent par exemple des fables, que l'Encyclopedia Britannica place dans la lignée de La Fontaine., ou bien des assonances mnémotechniques aux airs de comptine« Quoi, quoi, quoi ? c'est moi l’oie / Je voudrais que l'on me croie » (L'Oie, dans Chansons de ma façon, 1963), par exemple.. Cette partie de son travail correspond notamment au désir de communiquer aux jeunes lecteurs le goût de la lecture et des motsOn peut en voir un témoignage dans un article paru dans La Dépêche en 2000 : .Sur l’utilisation ludique et pédagogique des textes de Pierre Gamarra, voir les recensions, notamment dans Télérama et Le Républicain lorrain, de l'album mettant en musique le recueil de comptines Les Aventuriers de l’Alphabet, sur le site Mots-et-merveilles (2008)..Son travail pour la jeunesse se compose également de contes et de romans. Pierre Gamarra est ainsi l'un des auteurs « fétiches » des Éditions la farandole, dont il ouvre presque le catalogue avec La Rose des Karpathes (1955). Ses romans pour la jeunesse parus dans la collection « Mille épisodes », tels le cycle des « Équipiers de la Berlurette » (1957-1961)Marc Soriano évoque à propos de L'Énigme du Capitole (1968), « le ton inimitable, rire léger et tendresse, de l'auteur de la déjà classique « saga » de la Berlurette », revue Enfance, Année 1968, Volume 21, , . ou Le Capitaine Printemps (1963), gagnent rapidement un public fidèle qui apprécie ses histoires ancrées dans un réel mâtiné d'aventures..Son roman L'Aventure du Serpent à Plumes reçoit le Prix Jeunesse en 1961.
Plus généralement, dans l'ensemble de son œuvre romanesque, Pierre Gamarra est reconnu pour son art de restituer les couleurs et les atmosphères... En outre, plusieurs de ses romans reposent en partie sur la volonté de créer le suspense : par exemple, ses romans policiers., Six colonnes à la une (1966), situé à Toulouse, et L’assassin a le Prix Goncourt (1950)., dont l'action se déroule autour de Moissac ; ou encore Le Capitaine Printemps (1963), qui est, selon Marc Soriano, un des « rares mais très beaux livres (de la littérature pour la jeunesse) sur la guerre et la Résistance»Marc Soriano « Les thèmes de la littérature de jeunesse en France depuis la guerre mondiale», Bulletin des bibliothèques de France, , 1965, consulté le 27 août 2015. . ISSN 1292-8399..En 1955 paraît Le Maître d’école, qui sera l’un de ses romans les plus connus«Le Maître d’école reste un chef-d'œuvre qui traverse les époques avec sensibilité et l'harmonie apaisante de son écriture. ».En 1972, Le Maître d'école est repris aux Éditeurs français réunis ( « L'Humanité en marche »), dans le même volume qu'un ouvrage historique sur la période des années 1930, Le Front populaire : Juin 36 de Roger Quillot et Jacques Chambaz, avec une préface de Jean Cassou et des illustrations de Léon Gambier. Le cadre du roman de Pierre Gamarra est cependant bien plus large que la période du Front populaire puisqu'il s'ouvre en 1905 et se termine durant la Seconde guerre mondiale. ; c'est l’histoire de Simon Sermet, instituteur laïque dans le Midi languedocienLe roman Le Maître d'école a pour suite La Femme de Simon.Claude Pujade-Renaud évoque l'histoire de Simon Sermet dans son étude L’École dans la littérature (Éditions L'Harmattan, 1986, rééd. 2006) : « Quelles traces l’école laisse-t-elle dans les mémoires ? Et comment ces traces sont-elles recréées et restituées par les écrivains ? Peut-être dans une première approche une mémoire très sensorielle nous livre-t-elle des odeurs : un octobre écolier sortant du passé avec une odeur de cuir et de vin. (La Femme de Simon) ».Le Maître d’école et La Femme de Simon sont également cités comme références dans la liste de cent trente-huit romans sur l'école —de 1945 à 1986 —, établie par Jacky Beillerot dans « L’éducation et l’école dans les romans français » in Perspectives documentaires en sciences de l’éducation, , 1986..Pierre Gamarra est aussi l'auteur d'une trilogie romanesque sur Toulouse : Les Mystères de Toulouse (1967), L’Or et le Sang (1970) et 72 soleils (1975).En 1973, son roman Les Coqs de minuit (1950), situé dans le Quercy aveyronnais durant la Révolution, est adapté pour la télévision par Édouard Logereau. Le film, en trois épisodes diffusés par FR3, a été tourné aux environs de Najac, avec Claude Brosset dans le rôle principal.Pierre Gamarra a obtenu en 1985 le Grand Prix de la Société des gens de lettres pour le roman Le Fleuve palimpseste.. vignette|Pierre Gamarra en 1994 à Saint-Dié Son œuvre poétique est également saluée comme étant « un véritable chant d'amour » et a pu être décrite comme suit : Albert Ayguesparse, sur le recueil Le Sorbier des oiseaux, Marginales (Bruxelles), , , mars-avril 1977, .En 2000, le comédien Michael Lonsdale crée un spectacle autour de poèmes de Pierre Gamarra sur l'EspagneLe spectacle de Michael Lonsdale, Passion de l'Espagne, contient des poèmes de Pierre Gamarra lus par le comédien, avec des interludes musicaux de Stéphane Leach, interprétés par le Trio Polycordes..
Prix et distinctions 1943 : Prix de poésie Hélène Vacaresco pour Essais pour une malédiction. ; 1944 : Prix du Conseil national de la Résistance ; 1948 : Prix Charles Veillon pour La Maison de feu ; 1961 : Prix Jeunesse pour L'Aventure du Serpent à plumes ; 1972 : (international) « Honor List »., de l' IBBY, pour La Mandarine et le Mandarin ; 1985 : Grand Prix SGDL du Roman.
Hommages et postérité thumb|Plaque de la rue Pierre-Gamarra, à Argenteuil.