Adriano Sofri (né à Trieste, le ) est un journaliste et intellectuel italien, ancien dirigeant du groupe révolutionnaire opéraïste italien Lotta Continua dans les années 1960 et 1970, condamné pour l'assassinat en 1972 du commissaire Luigi Calabresi.

Biographie Adriano Sofri est né à Trieste. Son père, originaire du sud de l'Italie, était dans la Marine militaire, tandis que sa mère, originaire de Trieste, était enseignante. Il a un frère aîné, Gianni, historien et essayiste, et une sœur, Stella. Il passe son enfance à Tarente, puis à Milan, Palerme et Rome, où il étudie au lycée Virgilio..

En 1960, il entre à l'École normale supérieure en tant qu'étudiant en histoire de la philosophie.. À cette époque, il fait la connaissance de Carlo Ginzburg, et , eux aussi étudiants, et compte parmi ses professeurs .

Il est renvoyé de la Normale en 1963 pour « infraction disciplinaire », après avoir été préalablement suspendu : le règlement de l’école n’autorise pas les étudiants à accueillir des femmes dans les dortoirs, mais Sofri y est surpris en compagnie de celle qui allait devenir son épouse. Il obtient son diplôme en 1964 à l’université de Pise avec une thèse sur Antonio Gramsci.

Il est actif au sein de la gauche operaiste italienne dès le début des années 1960 : il collabora à la revue et est l’un des fondateurs du mouvement .

En 1970, il est brièvement arrêté à la suite d’une manifestation à Turin.

Marié dans les années 1960 à Alessandra Peretti, il est père de deux enfants : Luca, journaliste, et Nicola. Depuis 1972, Sofri était en couple avec Randi Krokaa (1944-2007). Adriano Sofri est athée, il a nénmoins déclaré .

Militantisme Lotta continua est créé en par « des militants du groupe Potere Operaio pisano, des militants étudiants de Turin et de Venise, et des groupes de Porto Marghera, Bologne, Naples sur une base idéologique composite : anti-stalinisme, spontanéisme, opéraïsme et maoïsme »Steve Wright, À l'assaut du ciel, Éditions Senonevero, 2007, lire en ligne..

C'est en 1972 que Adriano Sofri évoque lors d'une réunion à Rimini la possibilité de passer à la « lutte armée » pour contrer la violence des néo-fascistes et celle du pouvoir d'État suspecté de manipulation avec les attentats de la Piazza Fontana à Milan. Cette proposition est rejetée par la majorité des présents, mais ce discours servira d'élément à charge lors de son procès plus tard. . En 1975, lors du premier congrès national de Lotta Continua à Rome du 7 au , l'organisation éclate en plusieurs tendances : certains appellent à voter pour le Parti communiste italien (PCI), d'autres rejoignent le mouvement « autonome » italien et finiront par créer des groupes pratiquant la « lutte armée » : (NAP) ou Prima Linea, d'autres maintiennent une structure « parti » classique. Ils finiront par rejoindre d'autres militants issus des groupes d'extrême gauche dans Democrazia Proletaria en 1978. ( DP existait depuis 1975 mais en tant que regroupement électoral et non organisation commune ).

Après la dissolution de Lotta Continua, Sofri mène une carrière de journaliste, écrivant des dépêches depuis Sarajevo pendant la guerre de Bosnie pour le quotidien communiste L'UnitaProfessor wins retrial for killing of police chief, theguardian.com, 25 août 1999..

En 1988, Leonardo Marino, un ex-militant de Lotta Continua, avoue avoir servi de chauffeur lors de l'assassinat du commissaire Luigi Calabresi en 1972. Il désigne, comme commanditaires de l'attentat, Adriano Sofri et , et, comme tireur, Ovidio Bompressi http://www.repubblica.it/online/cronaca/calabresi/delitto/delitto.html . Tous étaient membres de l'organisation Lotta Continua. Arrêté la même année, pour avoir commandité cet assassinat, Adriano Sofri est finalement condamné le , à l'issue de sept procès, à vingt-deux ans de prison.

Après deux ans de prison, en 1999, Sofri et Pietrostefani ont demandé et obtenu de la Cour de cassation une suspension provisoire de leur peine et un nouveau procès. Entre-temps, ils avaient été libérés de prison et attendaient les audiences ; celles-ci se sont tenues devant la Cour d’appel de Venise. En 2000, la Cour a tenu un nouveau procès et a confirmé les condamnations, qui ont été ratifiées par la Cour de cassation. Alors que Sofri a accepté la peine et est retourné en prison, Pietrostefani s’est enfui en France et n’est jamais revenu purger sa peine, car les autorités françaises ont refusé de l’extrader en vertu de la doctrine Mitterrand.

En 2003, la Cour européenne des droits de l’homme a rejeté un nouveau recours formé par Sofri et Pietrostefani en vue d’un nouveau procès, le qualifiant d’« irrecevable » et estimant que leur procès avait été équitable : « le procès examiné [par nous] n’a pas porté atteinte aux droits de la défense » et « n’a pas porté atteinte à l’équité de la procédure » .

Adriano Sofri a été libéré de prison en . Bien qu'il ait clamé son innocence, il a reconnu sa responsabilité morale de l'assassinat dans une interview au Corriere della Sera.

Bibliographie Publications d’Adriano Sofri De l’optimisme : écrit de la prison de Pise, trad. franç. de Jacqueline Risset, Le Manuscrit, 2002, 66 pages . La notte che Pinelli, Sellerio, 2009 ; trad. franç. de Philippe Audegean et Jean-Claude Zancarini, Les Ailes de plomb : Milan, , Lagrasse, Éditions Verdier, 2010, 256 pages .

Publications sur Adriano Sofri Carlo Ginzburg, Il giudice e lo storico, Feltrinelli, 1991 ; trad. franç. de Myriem Bouzaher, Adelin Fiorato, Jean-Louis Fournel et al., Le Juge et l'Historien : considérations en marge du procès Sofri, Lagrasse, Éditions Verdier, Paris, 1997, 224 pages .

Notes et références

Articles connexes Lotta Continua Luigi Calabresi Giuseppe Pinelli

Liens externes

Compte rendu de lecture de : "La notte che Pinelli" (Site La Clé des langues) Intervista - Jean-Claude Zancarini traduttore de "La notte che Pinelli"(Site La Clé des langues) Jean-Claude Zancarini, « Quand les juges écrivent l'histoire : le cas italien » (retour sur les affaires Sofri et Andreotti) Rencontre avec Adriano Sofri par Daniel Mermet (Là-bas si j'y suis, )

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