Arnaud Fraiteur est un résistant belge, né à Ixelles le et mort au fort de Breendonk le , pendu par l’occupant pour le meurtre du collaborateur Paul Colin.

Avant la guerre Né le dans une famille bourgeoiseJ. Gotovitch, Du rouge au tricolore : les communistes belges de 1939 à 1944 : un aspect de l'histoire de la Résistance en Belgique, Arnaud Fraiteur effectue ses études secondaires à l’Athénée royal d'Ixelles.

Il s’inscrit ensuite comme étudiant à l’Université de Liège où il réussit avec succès l'examen d'entrée aux études d'ingénieur civilH. Thiry-Van Buggenhoudt, Biographie nationale, vol. 44, . En , l'invasion de la Belgique par l'Allemagne nationale-socialiste met fin à son cursus universitaire : l’Université de Liège suspend les cours, tout comme l’Université libre de Bruxelles le C. Laporte, Il y a 50 ans, l’ULB rouvrait ses portes ; Une armée se vainc plus facilement qu’une idée, Le Soir, .

Pendant l'occupation

Après l'invasion, il suit des cours clandestins de candidature d’ingénieur civilPublication unique, Cercle du Libre Examen, ULB Résistance, organisés par l'Université libre de Bruxelles.

En 1941, il rejoint l'Armée belge des partisans, plus connue sous le nom de Partisans ArmésQuelques renseignements sont aussi disponibles sur le Front de l'indépendance, Front de l'Indépendance, en tant qu'agent de liaison sous le pseudonyme de Max. Il participe à plusieurs actions menées par une unité bruxelloise spécialisée dans la lutte contre la collaboration intellectuelleM. Fincoeur, Contribution à l’histoire de l’édition francophone belge sous l’occupation allemande (1940 – 1944) ; elle comprend un grand nombre de jeunes proches de l'Université libre de Bruxelles, organisés au sein du Groupe G(Ouvrage collectif) Guide de l'étudiant, mémento, .

En P. Struye, G. Jacquemyns, José Gotovitch, La Belgique sous l'occupation allemande, 1940-1944, , Fraiteur est chargé par Jacques Grippa de l'assassinat du journaliste et critique d'art Paul ColinL. Ploegaerts, P. Puttemans, L'œuvre architecturale de Henry van de Velde, Ref. 94 , collaborateur notoire dans la presse, directeur de l'hebdomadaire Cassandre et du quotidien Le Nouveau Journal, qu'il avait créé en 1940C. J. Zabus, Le secret: motif et moteur de la littérature, .

thumb|Le bunker, la salle des tortures, du fort de Breendonk où furent interrogés Fraiteur, Raskin et Bertulot ; mais aussi de nombreux autres prisonniers et détenus

Le , accompagné par deux autres résistants, André Bertulot et Maurice Raskin, Fraiteur abat de plusieurs ballesM. Pascal, Colin le collabo oublié, Le Soir, Paul Colin ainsi que son garde du corps dans une librairie située 87 rue de la Montagne à Bruxelles, au-dessus de laquelle se trouvent les bureaux du Nouveau Journal et de Cassandre. Fraiteur parvient à s'enfuir mais Bertulot et Raskin sont rapidement arrêtésSelon certaines sources, le premier le sera immédiatement, le second le lendemain, voir ULB Résistance, ; selon d'autres, ils sont arrêtés immédiatement sur les lieux de l'attentat, voir Jours de guerre sous le signe de l'héroïsme, de Bruxelles à Varsovie, en passant par Boortmerbeek Fraiteur, symbole de la révolte, Le Soir.

Quoique l'attentat ne concerne que des ressortissants belges, les autorités allemandes s'emparent immédiatement du dossier, montrant par là l'importance qu'elles accordent à la personne de Paul Colin. La Feldgendarmerie, la Geheime Feldpolizei et la Gestapo descendent sur les lieux de l'attentat. L'occupant garde à sa disposition André Bertulot et Maurice Raskin ; la police et la justice belges sont ainsi dessaisies du dossier.

Arnaud Fraiteur est rapidement identifié grâce à la plaque d'immatriculation du vélo qu'il a abandonné sur placeC. Laporte, Jours de guerre sous le signe de l'héroïsme, de Bruxelles à Varsovie, en passant par Boortmerbeek Fraiteur, symbole de la révolte, Le Soir, et la maison familiale est mise sous surveillance le soir même.

En fuite, il ne rentre pas chez lui et se cache à Uccle chez des amis de ses parents tandis que le Réseau Zéro, avec l'aide du réseau ALI-France (dirigé par Joseph Dubar), organise son évacuation vers l'AngleterreE. Verhoeyen, Un réseau belge du Nord : Ali-France , pt. 4 juillet 1942 – décembre 1943. Le Réseau Zéro fait appel à un chauffeur du ministère des Colonies pour conduire Arnaud Fraiteur vers la France. Mais le chauffeur (nommé Hoogeveen), aidé du directeur qui remplace Paul Colin à la tête du "Nouveau Journal" (de son nom Herten), le dénonce aux autorités allemandes, ce qui permet à la Gestapo de l'arrêter (ainsi que son guide et Raymonde Marc du réseau ALI-France dite CarmenD. Pommier, Raymonde Marc, elle a survécu à l'enfer des camps, Nord-Éclair et adjointe directe de DrubarA. Saint-Léger (Université de Lille), Revue du Nord, volume 76, numéro 306 - 307, p. 557 le à quelques kilomètres de Hal, sur la route qui le conduit vers la frontière française.

Interrogés, torturés, Fraiteur, Raskin et Bertulot sont par la suite condamnés devant le Conseil de guerre de l'Oberfeldkommandantur à Bruxelles après un simulacre de procès devant servir d'exemple à la population.

Ils sont exécutés par pendaison au Fort de BreendonkIl est possible qu'ils aient été les premiers exécutés sur la potence, voir D Day Overlord, Forum ; voir US Army 39-45, Forum. le . Ils sont inhumés à Schaerbeek dans l'Enclos des Fusillésle nom de l'endroit où Fraiteur est inhumé peut porter à confusion avec sa mort comme l'écrit C. Laporte dans Le Soir du 30 juillet 1994, , Fraiteur est fusillé.. Le , le corps d'Arnaud Fraiteur est exhumé pour être inhumé dans le caveau familial du cimetière de Saint-Gillesregistre des inhumations du cimetière de Saint-Gilles, vol 10 folio 22.

Le , les coauteurs de la dénonciation d'Arnaud Fraiteur, Joseph Herten et Paul Hoogeveen, sont condamnés à mort par le Conseil de Guerre du Brabant et fusillés dans le dosC. Bronne, Le temps des vendanges, , sort réservé aux traitres, à la prison de Saint-Gilles le .

Hommages dans la toponymie thumb|Télégramme de Charlie Chaplin aux membres de l'Association de Presse Cinématographique Belge, dans Le Soir, 16 mars 1948 thumb|L'enclos des fusillés à Bruxelles aujourd'hui

En 1947, la famille d’Arnaud Fraiteur autorise que l'on donne le nom du jeune résistant à la création d'un centre spécialisé dans l’aide de l’enfance handicapéevoir le site internet, Centre Arnaud Fraiteur : La fondation Arnaud Fraiteur – La Cité Joyeuse dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean, premier centre belge de ce type.

Par la suite, portent son nom à Ixelles, une avenue, un pont et un arrêt des transports en commun bruxellois, situé au croisement du Boulevard du Triomphe et de l’avenue Arnaud Fraiteur.

Une plaque en bronze par Dupagne est apposée au numéro 60 de la rue de la Concorde à Ixelles, la maison familiale de Fraiteur .

En , profitant d'une rénovation du pont portant son nom une plaque commémorative est inaugurée

Notes et références Références

Notes

Voir aussi Liens externes

Articles connexes La Résistance intérieure belge André Bertulot Maurice Raskin Collaboration en Belgique

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