L'Amphiaréion d'Oropós (en ), est un sanctuaire consacré au héros Amphiaraos, situé dans les collines, à au sud du port fortifié d'Oropós (actuellement en Attique), où les pèlerins venaient trouver des réponses oraculaires et de guérison.
Le héros Amphiaraos
Amphiaraos était un descendant du devin Mélampous. Il avait dès le début refusé de participer à l'expédition contre Thèbes, car il pouvait prévoir qu'elle mènerait à la catastropheLe poète romain Stace a écrit, au , un poème sur ce mythe.. Dans certaines versions du mythe, la terre s'ouvre et avale le char d'Amphiaraos, le transformant en une divinité chthonienne, I, 34, 2..
Le sanctuaire d'Amphiaraos
Le sanctuaire est situé à NNE d'Athènes et comprend un temple d'Amphiaraos, avec une statue cultuelle acrolithe, ainsi qu'une source sacrée, un théâtre, une stoa et des structures associées. Le sanctuaire s'étendait environ au nord du temple d'Amphiaraos, le long du lit d'un ruisseau. Le culte remonte à l'époque de l'épidémie de peste qui frappa Athènes à la fin du , qui vit une reprise de la réputation du sanctuaire à guérir les maladies. Hérodote rapporte que Crésus Hérodote, Histoires, I, XLVI.. La réponse de l'oracle fut l'une des deux seules correctes à la question posée :
Il y eut de nombreuses dédicaces et offrandes de Grecs, de notables Romains, et d'autres, attestées par un grand nombre d'inscriptions. La partie sud-est du lit du ruisseau recèle de nombreux vestiges de structures domestiques, ainsi qu'une clepsydre exceptionnellement bien préservée. Amphiaraos a également été vénéré à Rhamnonte, à au sud-ouest, ainsi qu'à Athènes, Argos, Sparte, et en d'autres lieux. Le culte, à l'Amphiaréion, s'est poursuivi jusqu'au de notre ère.
vignette|upright=1.3|Plan du sanctuaire d'Amphiaraos
Au niveau du temple, l'altitude est de , en pente douce vers le nord, car le sanctuaire s'étend sur la rive nord-ouest d'un petit ravin entre deux collines. Le sanctuaire est situé près de la frontière de l'Attique et de la Béotie, les domaines respectifs de contrôle d'Athènes et de Thèbes, le contrôle sur le sanctuaire allant donc de l'une à l'autre des deux villes concurrentes, jusqu'à ce qu'Alexandre le Grand détruisît Thèbes en -335.
Au de notre ère, l'écrivain grec Pausanias le Périégète déclare :
Une inscription sur le site, toutefois, indique que chaque homme peut sacrifier ce qu'il veut. On peut s'attendre à des variations dans les pratiques de culte au cours des neuf siècles d'activité du sanctuaire. Les bains du site étaient célèbres dans l'Antiquité. Un stade et un hippodrome n'ont pu être localisés.
vignette|Vue intérieure du temple d'Amphiaraos montrant la colonnade intérieure et le bras d'une statue acrolithe. Temple d'Amphiaraos vignette|Départ de la course sacrée en l'honneur du héros Amphiaraos. Marbre, Oropos, -, Pergamonmuseum, Berlin. Au début du , le temple d'Amphiaraos avait un plan dorique hexastyle in antis peu usuel : c'est-à-dire qu'il avait six colonnes en façade entre de petits murs en projection. Des demi-colonnes étaient engagées à l'extrémité des antes, donnant l'apparence d'une façade octostyle. Le temple mesurait 14 × . Derrière les colonnes était le pronaos, conduisant à une cella à deux rangées de cinq colonnes internes non cannelées. À côté de la seconde paire de colonnes en arrière du pronaos, on a retrouvé la base de la statue de culte acrolithe d'Amphiaraos, dont un bras était resté in situ. Dans la paroi arrière de la cella, se trouve un seuil, peut-être un ajout postérieur. vignette|Vue vers le sud-ouest : l'autel, l'aire théâtrale, la source sacrée et le temple.
Sur l'axe de la ligne centrale du temple, et environ au nord-est, sont les restes de l'autel divisé en sections avec des dédicaces à divers dieux et hérosPausanias (I, 34, 3) indique que l'autel était dédié à : Héraclès, Zeus et Apollon Guérisseur ; des héros et des épouses de héros ; Hestia, Hermès, Amphiaraos et les enfants d'Amphiloque ; Aphrodite, Panacée, Iaso, Hygie et Athéna Guérisseuse ; Les nymphes et Pan ; les fleuves Achéloos et Céphise..
Tout autour de l'autel du côté ouest s'étend une structure à degrés qui pourrait avoir servi d'aire théâtrale avant la construction du théâtre. Immédiatement à l'est se trouve la source sacrée, où, nous dit Pausanias, les adorateurs jetaient des pièces quand ils se sentaient guéris de leurs mauxPausanias, I, 34, 4.. Immédiatement au nord-est de la source est la structure traditionnellement appelée « bains des hommes ».
vignette|Ligne de bases de statues dédicacées, vers le nord-est.
Au nord du temple s'étendait une ligne de statues dédicacées, dont les bases ont en grande partie survécu, sur environ , le long de la voie qui mène au sanctuaire.
Parmi les plus notables dédicaces : une inscription de -42 honorant Marcus Junius Brutus comme un tyrannicide ; une inscription de -86 / -81 au dictateur romain Lucius Cornelius Sulla ; une inscription postérieure à -27 à Marcus Vipsanius Agrippa ; une inscription du - à Appius Claudius Pulcher ; une autre à Gnaeus Calpurnius Piso.
On trouve aussi les restes d'un petit temple, à l'extrémité sud-ouest de cette zone.
Théâtre vignette|Proscaenium du théâtre.
Le théâtre est daté par des inscriptions du , et la zone des sièges était probablement composée d'éléments en bois posés sur des supports de pierre. Cinq proedria de marbre (sièges d'honneur à l'avant de la zone des places assises) ont été placés autour de lorchestra, dont le rayon est de . Deux parodoi (entrées latérales) partent de lorchestra entre les zones de sièges de la cavea (koïlon)et les bâtiments de scène. Le proscaenium d'ordre dorique (env. de large) est bien préservé et donc important pour l'étude de la conception du théâtre. Le théâtre pouvait accueillir environ trois cents spectateurs.
Stoa vignette|Vue de la stoa et du théâtre, vers le nord-est.
Datant du milieu du -, la stoa mesure 11 × avec 39 colonnes doriques extérieures internes et 17 colonnes ioniquesLa stoa est datée par la forme des chapiteaux doriques.. Il y avait des bancs de pierre à l'arrière des murs de la structure, où peut-être les suppliants du dieu dormaient et attendaient leurs rêves. Les sexes peuvent avoir été isolés et c'était peut-être le cas pour les bains situés au nord de la stoa, traditionnellement appelé « bains des femmes ».
Clepsydre vignette|Vue sud-ouest de la clepsydre.
Sur la partie sud-est du lit du ruisseau, face à la source sacrée, sont les restes d'une clepsydre (horloge à eau) exceptionnellement bien préservée. Cet instrument est important dans l'étude des anciennes méthodes de mesure du temps, en tant qu'horloge à afflux d'eau.
Les horloges par afflux d'eau pour le remplissage d'un volume connu étaient beaucoup plus précises que celles à écoulement, exigeant la lecture de graduations entre le plein et le vide et dont le débit variait entre le début et la fin de l'écoulement.
La clepsydre était composée d'un réservoir central carré, avec un escalier sur le côté sud permettant l'accès à la bonde de bronze située au fond du réservoir.
Des structures domestiques pour le service du sanctuaire sont disposées, à l'étroit, le long de la partie sud-est du ravin, à la fois au nord et au sud de la clepsydre.
Images de l'Amphiaréion
Notes et références
Sources
Bibliographie
Pierre Sineux, Amphiaraos : guerrier, devin et guérisseur, Vérité des mythes, Belles Lettres, 2007, 276 p. ; Richard Wolf, Das Amphiaraion von Oropos. in: Steine sammeln Steine zerstreuen. Unterwegs ins Damals. Editio posthuma. Wolf & Fuchs, Murnau 1997, 23 p. Basil Ch. Petrakos, Das Amphiaraion von Oropos. Verlag Klio, Athen 1996, 61 p.
Liens externes
Images et articles sur l'Amphiaréion, Perseus Images du théâtre, Perseus Images de la stoa, Perseus Images de la clepsydre, Perseus Amphiaréion d'Oropos, Odysseus, site officiel
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