thumb|upright=1.3|Un chronographe Zenith El Primero de 1970. ZENITH est une manufacture d'horlogerie suisse de luxe fondée en 1865 au Locle par Georges Favre-Jacot.

La marque qui commercialise des montres fait partie du groupe de luxe LVMH depuis 1999.

Histoire de la manufacture En 1865, Georges Favre-Jacot, né Georges-Emile Favre-Bulle, fonde au Locle une manufacture horlogère nommée « Fabrique des Billodes » dans le quartier du même nom. Elle prend plus tard le nom de « Georges Favre-Jacot et ». Rapidement, l'entreprise rompt avec le système traditionnel de l'établissage. Georges Favre-Jacot sera le premier en territoire suisse à imaginer et à bâtir de vastes et lumineux bâtiments dédiés à l'horlogerie où le travail est contrôlé de bout en bout et industrialisé en s'inspirant du modèle de la Waltham Watch Company. La réunion de l’ensemble des métiers horlogers sous un seul et même toit est une innovation qui fait considérablement progresser la technique de production en réduisant les erreurs et les malfaçons.

Aux alentours de 1900, le catalogue se diversifie avec l'élaboration de pendules, chronographes et autres chronomètres de bord et de marine. La société participe régulièrement aux concours de chronométrie organisés par l'Observatoire de NeuchâtelZenith y participera chaque année jusqu’en 1968, date de l'arrêt du concours, elle y remporte une première place en 1903. Des succursales voient le jour en 1908 à Moscou, en 1909 à Paris, en 1910 à Vienne et en 1914 à Londres. La manufacture se trouve encore aujourd’hui à l’endroit où son fondateur a construit le premier atelier.

En 1911, Georges Favre-Jacot transmet l'entreprise à son neveu James Favre qui choisit de la rebaptiser « Zenith », du nom d'un modèle de montre de poche à succès et référence à l'astronomie. Entre 1917 et 1926, l'architecte lausannois Alphonse Laverrière collabore avec la firme et contribue activement à son image de marque. Les premières montres bracelet sont produites dans les années 1920 ; en 1923 une fabrique est construite à BesançonHistoire de l'horlogerie à Besançon. En 1925, la fabrique Zenith donne du travail à . En 1926, elle bat un record de précision à l'Observatoire de Kew avec un écart de marche de 7 centièmes de secondes en 45 jours, une succursale ouvre à New York en 1936.

Le calibre 135 est mis au point en 1948 et il remporte durant consécutives, de 1950 à 1954Voir résultats chronomètres bracelets: 1950 (premier 5,3), 1951 (premier 5,3), 1952 (premier 5,1), 1953 (premier 5,9), 1954 (premier 5,9), le concours de l'Observatoire de Neuchâtel. En 1960, Zenith procède à l’acquisition stratégique de la société Martel Watch qui est à l'origine du chronographe Zenith 146 et de la série des chronomètres 25xx. En 1967, une société holding regroupant les marques Movado, Zenith, puis Mondia est constituée. En , le chronographe 3019 El Primero est assemblé dans les ateliers Martel. Ce modèle s'inscrit dans l'histoire de l'horlogerie comme le premier chronographe automatique à avoir été présenté au publicVoir premier chronographe automatique Lemania, 1947, qui lui n'a pas été commercialisé ; il est doté d'un échappement nouveau dit « à haute fréquence », le Clinergic 21 développé par les Fabriques d'Assortiments Réunies et d'une roue à colonne.

L'entreprise souhaite à anticiper la crise du quartz et renforçer sa présence sur le marché nord-américain. Zenith se rapproche en 1971 du groupe d'électronique homonyme Zenith Radio Corporation. Une production de montres à quartz débute avec le calibre 47.0 alors que l'abandon des mouvements mécaniques est entériné aux alentours de 1975. À cette époque, l'effondrement des ventes est un coup dur qui mène vers une restructuration du groupe, les sociétés sœurs Mondia et Martel seront liquidées. Afin de sauvegarder un savoir faire, un responsable d'atelier, Charles Vermot, décide de dissimuler machines-outils et plans essentiels à la fabrication des calibres mécaniques 2572Zenith a réédité le calibre en 2011 et 3019 que d'autres étampes de calibres ont pu être sauvegardés par Ch. Vermot (source) mais la documentation précise sur les procédés de fabrication demeure manquante alors en production avant qu'ils ne soient mis au rebut. Trois ans plus tard, durant l'année 1978, la société est revendue exsangue au groupe de microtechnique loclois Dixi.

C'est grâce à l’intérêt porté par la maison Ebel pour la qualité du mouvement El Primero et la disponibilité de quelques stocks que ce dernier sera sélectionné par la firme Rolex pour équiper ses premiers modèles de montres Daytona automatiquesJournal suisse d'horlogerie, 2010, . En 1983, rachetée par la , Movado se retire de la holding. Le marché de l'horlogerie se redressant, Charles Vermot présente les éléments qu'il à soigneusement conservés et une fabrication en interne de montres mécaniques reprend pleinement sous le nom de marque Zenith.

L'année 1994 verra apparaître le mouvement 670 Elite qui fut le premier de la firme à être conçu par ordinateur.

En 1999, Zenith passe sous la coupe du groupe de luxe LVMH et le développement de montres à quartz est suspendu..

Dates clés 1865 : Fondation de la manufacture Zenith par Georges Favre-Jacot 1899 : Premier chronographe de poche 1900 : Grand prix à l’Exposition universelle de Paris 1910 – 1960 : Conception de compteurs de bord pour équiper avions, automobiles, camions, locomotives. 1911 : La manufacture prend le nom de Zenith en référence au point le plus haut de la course d’un astre 1925 : La maison compte 1948 : Lancement des calibres 133 automatique et 135 chronomètre 1960 : Création du calibre 5011 chronomètre 1960 : Zenith rachète Martel Watch 1966 : Zenith rachète Movado 1969 : Naissance du calibre 3019 El Primero chronographe automatique 1971 : Rapprochement de Zenith Radio Corp. 1975 : La manufacture Zenith décide d'arrêter la production de montres mécaniques au profit du quartz. 1976 : Martel Watch est détruite par un incendie 1983 : Zenith revend Movado 1984 : Retour du El Primero de par l’action de l'horloger Charles Vermot. Zenith livre son calibre à d’autres grandes marques 1994 : Lancement du mouvement 670 Elite automatique ultraplat 1999 : Rachat de Zenith par le groupe LVMH

Personnages célèbres ayant porté une montre Zenith Gandhi, guide politique et spirituel indienLa montre Zenith de Gandhi vendue aux enchères Roald Amundsen, marin et explorateur norvégienRoald Amundsen, découvreur des pôlesRevue des Montres juin 2010, page 37 Louis Blériot, aviateur français Alexandre de Yougoslavie portait une montre Zenith lors de son assassinat à Marseille Jean-Louis Étienne, médecin et explorateur françaisPôle Nord avec l'explorateur Jean-Louis ÉtienneRevue des Montres juin 2010, page 36 Alain Robert, grimpeur français surnommé "The French Spider-Man"Alain Robert, grimpeur français, ambassadeur de la marque Zenith Maurice Trintignant, pilote automobile français de Formule 1. Felix Baumgartner, parachutiste autrichienBaumgartner bat le record du monde du saut en chute libre et franchit le mur du son. Russell Westbrook, joueur nord-américain de basket-ball.

Développement architectural de la manufacture Le développement architectural du site des Billodes au Locle illustre de manière spectaculaire le passage précoce du comptoir à la manufacture, préfigurant la profonde mutation que traversera le monde horloger neuchâtelois au tournant des .

Un esprit pionnier Les débuts du petit comptoir horloger que Georges Favre-Jacot crée dans une ferme des environs du Locle en 1865 sont mal connus, au contraire de son installation, en 1872, dans l’ancienne maison d’un médecin à la rue des Billodes 38, qui est bien documentée. L’horloger s’empresse en effet de transformer et d’agrandir le bâtiment, des travaux qui lui permettent de disposer d’un logement, de bureaux et d’ateliers sous un même toit dès 1875. Rien ne distingue cette construction de l’architecture domestique jurassienne contemporaine et des autres comptoirs horlogers.

S’inspirant des méthodes de production industrielle pratiquées aux États-Unis, Georges Favre-Jacot abandonne rapidement le système artisanal de l’établissage pour une fabrication standardisée et mécanisée de ses produits. Il est l’un des premiers patrons horlogers qui cherchent à concentrer toutes les étapes de la production d’une montre en une seule manufacture. Entrepreneur dynamique, il s’occupera non seulement de la production, mais également de la conception des machines-outils, de la commercialisation des produits finis et de l’édification du parc immobilier. Il lui faudra toutefois une trentaine d’années pour atteindre son but.

En 1877, Georges Favre-Jacot convertit les anciennes dépendances de sa maison en ateliers et fait édifier un nouveau bâtiment qui peut être considéré comme la plus ancienne « fabrique » horlogère locloise, au sens moderne du terme (rue des Billodes 36). À l’image de cette première réalisation, les locaux et les bâtiments vont désormais tendre vers une spécialisation toujours plus grande de leurs fonctions et disposer sans attendre des nouveautés techniques du moment : le gaz en 1879, le téléphone en 1884. La première machine à vapeur n’est par contre installée qu’en 1882.

De 1881 à 1890, les nouvelles constructions se succèdent rapidement : un grand bâtiment abritant les bureaux et des ateliers en 1882 (rue des Billodes 34), une fabrique de boîtes en 1883 (rue des Billodes 32) et une halle aux machines en 1886 (rue des Billodes 30). Les bâtiments existants sont régulièrement adaptés aux besoins du moment : surélévation de la halle des Billodes 30 en 1890 et prolongation et nouvelle façade de la fabrique des Billodes 36 en 1891. Ce front de rue à l’architecture soignée dissimule par ailleurs une multitude d’annexes de plus ou moins d’importance.

Un essor sans précédent En 1896, l’entreprise abandonne son statut familial au profit de celui de société en commandite par actions. L’augmentation du capital coïncide avec la mise au point du « calibre Zénith », un modèle commercialisé avec succès à partir des années 1897-1898. Cet apport de fonds permet à Georges Favre-Jacot de poursuivre le développement et l’équipement de l’entreprise. La même année, il adopte l’électricité comme force motrice et comme moyen d’éclairage, avant de se lancer dans une phase d’extension spectaculaire. De 1903 à 1906, cinq nouvelles constructions industrielles se déploient sur la pente des Billodes (rue des Billodes 30a et 30b, 32a, 36a et 36b), la fabrique de mécanique et d’ébauches se détachant du lot par son implantation au sommet du site et par ses dimensions impressionnantes (70 m de longueur et 4 étages). Le changement d’échelle s’accompagne d’un large usage de briques de ciment produites par une briqueterie ouverte au Col-des-Roche par Georges Favre-Jacot. Durant ces trois décennies d’activité constructive, l’horloger fait appel à plusieurs architectes (Léo Châtelain, Joseph Mayer, Henri Favre, Alfred Rychner) et bureaux d’architecture (Werner Oesch et Constant Rossier, puis Jean et Eugène Crivelli).

L’élan bâtisseur de Georges Favre-Jacot ne s’arrête pas à ses usines, mais touche des domaines variés : logement, hôtel, établissement rural. De 1903 à 1908, l’industriel fait bâtir au lieu-dit La Molière un ensemble de logements familiaux. À mi-chemin entre la cité ouvrière et la colonie agricole, le hameau comprend neuf maisonnettes contiguës, une ferme et une villa, abritant une boulangerie.