La Loi est un essai de l'économiste et homme politique français Frédéric Bastiat, écrit en juin 1850 à Mugron, quelques mois avant sa mort à Rome. C'est l'un des textes de Bastiat les plus connus.
Genèse
Contenu
Fonction et définition de la loi
Dans ce pamphlet, il répond à la question : « Qu'est-ce que la loi ? Que doit-elle être ? Quel est son domaine ? Quelles sont ses limites ? Où s'arrêtent, par suite, les attributions du Législateur ? » Dans la tradition jusnaturaliste, il affirme que c'est le droit qui fait la loi, et non le contraire :
Le but de la loi est donc de défendre ces droits individuels :
Il définit ainsi la loi comme « la force commune organisée pour faire obstacle à l'Injustice », « l'organisation collective du Droit individuel de légitime défense ». Il en conclut que « la Loi, c'est la Justice », la « Justice organisée ».
Critique du constructivisme
Dans ce que l'on pourrait qualifier de manifeste libéral, voire libertarien, Bastiat dénonce la propension de nombreux philosophes et politiques à vouloir modeler l'humanité selon leurs vœux. Il fait une critique virulente de ce que Friedrich Hayek qualifiera plus tard de constructivisme, sous la forme du protectionnisme, du socialisme, du communisme et de toute forme d'étatisme en général en utilisant la loi à l'encontre de sa fonction. Animés généralement par de bonnes intentions (que Bastiat qualifie de "fausse philanthropie"), ils perçoivent l'humanité comme de la matière inerte à laquelle ils pourraient donner la forme de leur souhait, grâce à la loi. De plus, en considérant les hommes comme incapables de s'organiser eux-mêmes, ces "organisateurs" s'excluent eux-mêmes de l'humanité :
En affirmant l'autonomie de la société, Bastiat défend ainsi ce qu'on appelle aujourd'hui l'ordre spontané.
Comme personnalités que Bastiat accuse de prendre l'humanité comme matière, il donne en exemple (généralement en s'appuyant sur des citations) : Bossuet, Fénelon, Montesquieu, Rousseau, Raynal, Mably, Condillac, Saint-Just, Robespierre, Billaud-Varenne, Le Peletier, Morelly, Babeuf, Owen, Saint-Simon, Fourier, Blanc, Cabet, Proudhon, Thiers, Considerant
Bastiat conclut cette critique par ces mots :
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Harmonies économiques Sophisme de la vitre brisée Pétition des fabricants de chandelles Frédéric Bastiat Libéralisme
Catégorie:Livre paru en 1850 Catégorie:Texte du libéralisme