La seigneurie de Pont-l'Abbé s'étendait entre la baie d'Audierne à l'ouest et l'Odet à l'est.

Elle comprenait cinq paroisses en 1480 (Combrit, Loctudy, Plonivel, Treffiagat et Tréoultré-Nabat) plus une partie de Plonéour, et avait réussi à étendre son autorité sur neuf autres à la fin de l'Ancien Régime.

Son seigneur détenait les châteaux de Pont-l'Abbé, Coëtmeur, en Plonéour-Cap-Caval, et de Kerobéran, en Tréméoc et fut teneur des fiefs de : Lessac, en qualité de châtelain Gouarlot, en qualité de vicomte, par mariage, dès le Plusquellec, en qualité de seigneur de Callac, en qualité de seigneur, de Trogoff (paroisse de Plouégat-Moysan), en qualité de châtelain, du Pontblanc (paroisse de Plouaret) en qualité de seigneur, du Vaugaillard (paroisse de Merléac) en qualité de seigneur, par mariage, au , de Jeanne de Plusquellec et de Charles du Pont, Rostrenen en qualité de baron, Coëtfao, paroisse de Pluguffan en qualité de seigneur, par mariage, en 1440, de Marguerite de Rostrenen et de Jean II du Pont,

Le suzerain de ce seigneur était :

le pagus du Cap-Caval puis, le comte de Cornouaille puis le duc de Bretagne.

Son vassal :

le seigneur de Lessac.

Au selon A. du Chatellier : La baronnie du Pont; ancien évêché de Cornouaille, Pont-L'Abbé, 1858., le seigneur de Pont-L'Abbé reçut du duc le château de l'île Chevalier, le Castel-ar-Roue-GuinvachJean Kerhervé, Noblesse de Bretagne du Moyen Âge à nos jours, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1999..

Seigneurs de Pont-l'Abbé

Famille du Pont-l'Abbé

Au , les premiers seigneurs du Pont établissent une motte féodale à la tête du pont traversant la rivière de Pont-l'Abbé, sur les terres de l'abbaye de Loctudy, abandonnées depuis le passage des Normands au .

Leur blason était d'or au lion de gueules, armé et lampassé d'azur accompagné de la devise « Heb Chang » (sans rémission).

Le premier seigneur dont l'histoire fait mention est Juhel du Pont-L'Abbé, fait prisonnier par le roi d'Angleterre au siège de Dol. Il n'est délivré qu'en 1174 après avoir donné caution pour sa rançon à l'occasion du traité fait par Henri II et ses enfants.

Eudon du Pont-L'Abbé, seigneur du Pont-L'Abbé,

Hervé du Pont-L'Abbé († après 1233), seigneur du Pont-L'Abbé, fils du précédent,

Hervé II du Pont-L'Abbé, seigneur du Pont-L'Abbé, fils du précédent,

En 1294, d'après le livre des Ostz (baillie de Cornouaille), le seigneur du Pont-L'Abbé doit deux chevaliers pour sa terre de Pont-l'Abbé et un chevalier pour celle de Gallot (Goarlot en Kernével).

Hervé III du Pont (né vers 1240), seigneur du Pont-L'Abbé et de Goarlot (paroisse de Kernével, fils du précédent,

Geoffroi du Pont-L'Abbé († avant 1328), seigneur du Pont-L'Abbé et de Goarlot, fils du précédent,

Hervé IV du Pont-L'Abbé († - bataille d'Auray), seigneur du Pont-L'Abbé, fils du précédent, marié avec Péronelle de Rochefort (décédée en 1383) ; c'est lui qui fit construire le couvent des Carmes le ,

Hervé V du Pont-L'Abbé (vers 1320 † après août 1383), seigneur du Pont-L'AbbéEn 1365, Guy du Fou, Hervé V de Pont-l'Abbé, Jehan du Juch, Riou de Rosmadec et Pierre Foucauld, sous la présidence de l'évêque de Quimper, Geffroy, approuvèrent les impositions ordonnées par le duc sur la Cornouaille (du CREST de VILLENEUVE, 1897), fils du précédent,

Hervé VI du Pont-L'Abbé, seigneur du Pont-L'Abbé, fils du précédent,

Hervé VII du Pont-L'Abbé († 1414), seigneur du Pont-L'Abbé, chevalier, fils du précédent,

Hervé VIII du Pont-L'Abbé († tué le - siège de Saint-James de Beuvron), seigneur du Pont-L'Abbé, fils du précédent,

Jean II du Pont-L'Abbé (1422 † ), seigneur du Pont-L'Abbé et de Rostrenen (du chef de sa femme), fils du précédent,

Pierre du Pont-L'Abbé, dit Pierre IX de Rostrenen, seigneur du Pont-L'Abbé, de Rostrenen et du Ponthou, fils du précédent,

Par lettres patentes données à Amboise en décembre 1483, le sire du Pont et de Rostrenen est nommé baron par le roi.

Barons de Pont-l'Abbé

Famille du Pont-l'Abbé

Pierre du Pont-L'Abbé, dit Pierre IX de RostrenenLors de la réfection du chœur de l'église Notre-Dame du Roncier de Rostrenen, le , les ouvriers découvrirent dans un enfeu de la seigneurie, une bière en plomb et un corps tout entier ayant ses cheveux, sa barbe et même ses ongles, enterré depuis 1488. Il s'agissait du corps de Pierre IX, baron de Rostrenen, fondateur de la collégiale. (né après 1443, † le lors de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier), baron du Pont-L'Abbé, de Rostrenen et du Ponthou, il demande en 1483 l'érection de l'église seigneuriale en collégiale, ce que lui accorde, par bulle pontificale du , le pape Sixte IV,

Jean III du Pont-L'AbbéEn décembre 1492, Hélène de Rohan demanda au roi le titre de baron de Pont et de Rostrenen pour son fils Jean et pour sa descendance. Charles VIII accorda la demande et dit que la nouvelle baronnie prendrait rang après celle de Quintin" B.Yeurc'h († mai 1508), baron du Pont-L'Abbé et de Rostrenen, fils du précédent,

Louise du Pont-L'Abbé († 1526), héritière du Pont-L'Abbé et de Rostrenen, fille du précédent,

À la mort de la dernière baronne, la baronnie fait retour à Gilette du Chastel, cousine de la précédente, fille de Marie de Pont-l'Abbé, mariée avec Tanguy V du Chastel.

Famille du Chastel

Gilette du Chastel, héritière du Pont-L'Abbé, de Rostrenen, de Crépon et de Langon, mariée le à , vicomte du Faou.

Maison du Quélennec

, vicomte du Faou, baron du Pont-L'Abbé et de Rostrenen du chef de sa femme, seigneur de La Roche-Helgomarc'h,

(né vers 1520), baron du Pont et de Rostrenen, vicomte du Faou et de Coëtmeur, fils du précédent,

Charles II du Quélennec, dit de Soubise (1548 † Assassiné le à Paris, pendant les massacres de la Saint-Barthélemy en tentant de défendre l'amiral de Coligny), vicomte du Faou, baron du Pont et de Rostrenen, fils du précédent, marié avec Catherine de Parthenay, Jeanne du Quélennec, une de leurs fillesCharles II du Quélennec et Catherine de Parthenay ont eu aussi un fils, Charles, né en 1548, et une autre fille Marie du Quélennec épouse Jacques de Beaumanoir du Besso († 1569), vicomte du Besso, échanson d'Henri II et gentilhomme ordinaire du dauphin.

Après avoir soutenu quatre sièges dirigés par le duc de Mercœur, le château de Rostrenen est pris par les Royaux en 1592, puis repris le par Don Juan d'Aguila pour le compte du duc de Mercœur (il soutient 4 sièges dirigés par le duc de Mercœur) et incendié avant d'être rasé en 1601 par ordre d'Henri IV.

Famille de Beaumanoir, branche du Besso

Toussaint de Beaumanoir (baptisé le à Jugon, † le ), vicomte du Besso, baron du Pont et de Rostrenen, petit-fils de Charles II du Quélennec et de Catherine de Parthenay,

Hélène de Beaumanoir, vicomtesse du Besso, baronne du Pont, et de Rostrenen, fille du précédent, dont le curateur fut Sébastien de RosmadecSébastien de Rosmadec, baron de Molac, de Tyvarlen, de Pont-Croix, colonel général de l'infanterie, gouverneur du château de Dinan, maréchal de France, considéré par le roi Henri IV " comme l'un des hommes les plus vaillants et les plus braves de son temps ". Brisé par l'affliction causée par la mort de son souverain, épuisé par les fatigues et les blessures de guerre, il mourut à Rennes le , En ligne., baron de Molac, mariée le à René de Tournemine († février 1607), seigneur de la Hunaudaye, lieutenant général en Bretagne, il sera blessé en 1606 lors d'un duel avec son cousin Toussaint de Guémadeuc qui y laissa la vie, sans postérité, mariée le à Charles de Cossé-Brissac, marquis d'Acigné, sans postérité,

Famille de Guémadeuc

Thomas II de Guémadeuc (né en 1586, † le en place de Grève, Paris), marquis de Guémadeuc, baron du Pont-l'Abbé et de Rostrenen, cousin de la précédente. Il fut gouverneur de Fougères, craint pour son despotisme. Il fit assassiner en 1615 le baron Jacques II de Névet en raison d'une querelle de préséance lors d'une réunion des États de Bretagne. Le duc de Brissac, lieutenant général du Roi en Bretagne, fit assiéger le château de Fougères afin de s'emparer de lui ; envoyé à Paris, il fut condamné à avoir la tête tranchée et « icelle portée en la ville de Fougères, plantée au bout d'une pique et fichée sur le principal portail du château »Paul du Breil de Pontbriand, "Histoire généalogique de la maison Du Breil…", 1889, consultable et Joseph Chardonnet, "Rennes et la Haute-Bretagne', éditions France-Empire, 1980..

Marie Françoise de Guémadeuc, baronne du Pont-l'Abbé et de Rostrenen, fille du précédent, mariée le à François de Vignerot de Pont-Courlay, marquis de Pont-Courlay, gouverneur du Havre et du Pays de Caux, général des galères, neveu du cardinal de Richelieu, mariée en 1647 à Charles de Grivel de Gamache († assassiné en - Paris), comte d'Orouër, baron consort du Pont-l'Abbé, gouverneur de Fougères.

Maison de Vignerot, dite du Plessis-Richelieu

François II de Vignerot du Plessis, marquis de Pontcourlay, Gouverneur du Havre et du Pays de Caux, général des galères, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, neveu du cardinal de Richelieu, baron du Pont-l'Abbé du chef de sa femme, marié le à Marie Françoise de Guémadeuc, baronne du Pont-l'Abbé Rostrenen, dont : Armand-Jean de Vignerot du Plessis (1629-1715), duc de Richelieu, duc de Fronsac, vicomte du Faou, baron du Pont-l'Abbé, Jean-Baptiste Amador (1632-1662), marquis de Richelieu et de Guémadeuc, lieutenant-général des armées du roi en Bretagne, gouverneur des ville et château de Saint-Malo, du Havre de Grâce, de la tour Solidor et du château de Ploërmel, marié le à Jeanne Baptiste de Beauvais (née en 1637, † le ), première femme de chambre et favorite de la reine d'Autriche, dont : Louis Armand Vignerot du Plessis-Richelieu (né le , † le à Paris), marquis de Richelieu et de Guémadeuc, baron du Pont-l'Abbé, Élisabeth de Vignerot du Plessis-Richelieu, mariée en à Nicolas Quelain, seigneur du Plessis, substitut du Procureur-général au Parlement de Paris, Marie Marthe de Vignerot (3 août 1658 -† le ), abbesse de Saint-Rémy-des-Landes, Marie-Thérèse de Vignerot de Pontcourlay (née le , † décembre 1705), demoiselle d'Agenois, puis duchesse d'Aiguillon, baronne de Saujon et pair de France, religieuse dans le monastère des filles du Saint Sacrement (Paris), Emmanuel Joseph (né le , † le )

Armand-Jean Vignerot du Plessis de Richelieu (né le au Havre de Grâce, † le en son hôtel parisien), duc de Richelieu, duc de Fronsac, vicomte du Faou, baron du Pont-l'Abbé, marié le à Anne Poussard de Fors (née en 1622, † le ), marié le à Anne Marguerite d'Acigné, comtesse de Grand-Bois et de la Roche-Jagu, dont : Marie Catherine Armande (née en 1685, † le à Paris), dame héritière de la Roche-Jagu, de Grand-Bois, de Botloy, de Lézardrieux et de Troguindy, mariée le en la Sainte-Chapelle du château de Vincennes à François Bernardin du Châtelet (né le au château de Vincennes, † en septembre 1754), marquis du Châtelet, maréchal de camp, gouverneur du château de Vincennes, Louis François Armand, de Richelieu, mariéD'après la Chenaye-Desbois et Badier. le à Marguerite de Meslay (née en 1660, † le à Paris), veuve de Jean-François de Noailles,

Louis Armand (né le , † le à Paris), marquis de Richelieu et de Guémadeuc, baron du Pont-l'Abbé, mestre de camp d'un régiment de cavalerie, gouverneur de La Fère en Picardie, héritier du duché d'Aiguillon (substitué au duché de Richelieu), légué par sa tante, décédée religieuse en 1705, il n'en fut jamais titulaire, il vendit la baronnie du Pont en 1685 à François Joseph I d'Ernothon, marié à Marie Charlotte (1662-1729), fille d'Armand-Charles, marquis de La Porte, puis de La Meilleraye, puis duc de Mayenne, puis duc de Mazarin (dit de Rethélois-Mazarini) et pair de France, duc de La Meilleraye et pair de France, prince de Château-Porcien, marquis de Montcornet, comte de Marle et de La Fère, grand maître de l'artillerie de France, et d'Hortense Mancini, dont :