thumb|Le Tournoi de Chauvency en 1285.

Le Tournoi de Chauvency est un poème du Moyen Âge, signé du nom du trouvère Jacques Bretel et dédicacé au comte Henri IV de Salm, qui raconte les festivités données par le comte, Louis V de Chiny, en octobre 1285, dans le petit village de Chauvency-le-Château, proche de Montmédy.

Pendant six jours, plus de cinq cents chevaliers vont se défier dans des joutes et au cours de la mêlée d'un tournoi.

Jacques Bretel brosse ici le tableau de la vie que mène la noblesse, à l'occasion d'un événement festif et social de première importance en cette fin de Jacques Bretel, le tournoi de ChauvencyLe tournoi de Chauvency, d'après le poème du trouvère Jacques Bretel ( - 5 octobre 1285).

Histoire

Description

Ce poème en vieux français est composé de 4500 lignes.

Lieu de conservation

Il existe plusieurs exemplaires connus de ce poème. Une version complète et illustrée de 15 miniatures datant du conservée à la Bibliothèque Bodléienne de l'université d'Oxford. Une version de 111 folios, au titre de Les Sept sages de Rome de Marques de Rome, conservée à la bibliothèque centrale de l'université de Monsidentifié sur l'IRHT consulté la fiche en ligne. Des fragments datant de la même période sont conservés à la Bibliothèque Municipale de Reims. Une copie effectuée par J.J. Chiffet réalisée en 1650 est conservée à la Bibliothèque Laurentienne de FlorenceCôté : MS. Palatinus 117; référencé sur l'IRHT accès à la fiche.

Contexte historique, politique, géographique et linguistique du Tournoi

Le tournoi se tient juste aux limites de la France et de l'Allemagne, à la frontière des langues romanes et des dialectes germaniques. Les territoires de Montmédy et Chauvency-le-Château sont terres d'Empire et relèvent alors de Rodolphe de Habsbourg... même si, après le Grand Interrègne, chaque petit prince se considère un peu, chez lui, comme le seul maître.

Une fois passé, plus à l'ouest, le pont qui enjambe la Meuse sous les remparts de Sathenay (aujourd'hui Stenay, à à vol d'oiseau), c'est le royaume de France, administré par un roi bien plus autoritaire et bien plus fort, qui règne sur l'état le plus puissant et le plus peuplé d'Europe.

Après Philippe Auguste, Louis IX de France, et bientôt Philippe le Bel, le prestige de la France est immense. Le style français (appelé plus tard gothique) rayonne partout. Et la seule langue qui se parle et s'écrive dans les sociétés cultivées (en dehors du latin), y compris pour raconter les merveilles du monde (Marco Polo), est le français.

Les comtes de Flandre, pas plus que les comtes de Luxembourg, n'étaient capables de comprendre et de parler les dialectes de leurs sujets. Aussi n'est-il pas étonnant que toute la chevalerie lorraine, allemande, flamande ou anglaise, réunie à Chauvency, ne parle qu'une seule et même langue : le français.

Armorial des Blasons du Tournoi de Chauvency

Les miniatures du manuscrit d'Oxford présentent des chevaliers aux prises lors des joutes ou de la mêlée du tournoi. Ils sont facilement identifiables grâce à leurs armes peintes sur leur écu ou bouclier. Cependant, de son côté, dans son reportage, Jacques Bretel décrit plusieurs fois des blasons. Il cite de nombreux seigneurs qu'on retrouve également dans les armoriaux contemporains de cette fin du : ainsi dans l'Armorial du Héraut Vermandois (réalisé un peu avant 1285) sont regroupés par régions de nombreux chevaliers présents à Chauvency. L'armorial Wijnbergen (des années 1265-1270) cite aussi ces mêmes noms, salués par Bretel lors de ces fêtes, et nous confirme les identités et les origines des personnalités que le héraut Bruiant avait présentées à notre trouvère lors de son arrivée dans le château de Gérard de Looz, frère du comte de Chiny.

Il y avait plus de 500 chevaliers réunis à Chauvency ! Bien sûr, Bretel ne cite pas tous les invités de la fête et ne présente pas tous les seigneurs en lice ou sur le champ de bataille. Dans cet armorial reconstitué à partir de documents d'époque, ne sont cités que les noms auxquels Bretel fait allusion dans son reportage poétique... ou que les chevaliers d'une même famille, susceptibles d'avoir été ensemble à Chauvency, car présentés en groupe dans d'autres armoriaux à l'occasion d'autres réunions lors d'évènements antérieurs. Ces chevaliers d'un même clan familial portent le même blason qu'ils différencient par des brisures, qui permettent de les reconnaître et de les distinguer.

REMARQUE : l'Armorial est pour l'instant incomplet et inachevé. Il connaîtra encore bien des modifications. Les blasons présentés font référence à des noms cités par Jacques Bretel dans son reportage (que les chevaliers soient présents ou non) : ainsi Bretel parle du roi d'Allemagne, du roi de Bohème ou du puissant duc Ferri qui ne sont pas à Chauvency (mais leurs blasons apparaîtront ici pour qu'on ait une idée de leurs armoiries)... ou ailleurs il fait allusion à Renaud de Dammartin qui tint Boulogne (et mort depuis longtemps) dont le blason sera également présenté ici (puisque Renaud de Trie en reprend les couleurs sur ses armes). On devine la présence d'autres chevaliers (ou de membres du même clan) uniquement par leur cri d'armes (exemple Passavant) ou par leur représentation sur les miniatures (exemple Gouhenans ?), mais il n'y a aucune certitude sur une personne précise dans ce cas. Il va de soi que les dames ou demoiselles seront représentées par leur blason familial d'origine : ainsi les deux sœurs Isabelle et Jeanne de Quiévrain, qui ont épousé les deux frères Geoffroi et Thomas d'Âpremont, seront représentées par les armoiries de Quiévrain.

Dans cet armorial se trouvent des personnages directement cités par Bretel, mais aussi d'autres appartenant à leur entourage et qui y ont donc probablement participé.

Rois et ducs Rodolphe de Habsbourg, roi d'Allemagne et empereur des Romains Ottakar II, roi de Bohême Ferri III, duc de Lorraine : d'or à la bande de gueules chargée de 3 alérions d'argent. Jean de Brabant 20px : de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules.

Chevalerie de Lorraine Thiébaut II, comte de Bar 20px : d'azur à 2 bars d'or adossés accompagnés de croisettes recroisettées au pied fiché de même. Henri de Bar, son fils 20px : mêmes armes, brisées d'un lambel de 4 pendants de gueules. Jean de Bar, autre fils 20px : mêmes armes, à la bordure de gueules endentée. Jeanne de Bar, sœur de Thiébaut II et de Marguerite, veuve de Ferry de Blâmont, mère d'Henri de Blâmont, épouse de Louis V de Looz, comte de Chiny. Louis V de Looz, comte de Chiny 20px : de gueules semé de croisettes d'or, à 2 bars d'or. Gérard de Looz, seigneur de Chauvency 20px : burelé d'or et de gueules de 10 pièces au lambel d'azur à 3 besants d'argent sur les pointes. Henri V, comte de Luxembourg 20px : burelé de 14 pièces d'argent et d'azur, au lion de gueules couronné d'or brochant. Margot (ou Marguerite) de Luxembourg, fille d'Henri le Blond, sœur d'Henri le Lion et de Waleran. Yolande de Luxembourg, . Henri le Lion de Luxembourg 20px : burelé de 14 pièces d'argent et d'azur, au lion de gueules brochant. Waleran de Luxembourg, seigneur de Ligny 20px : burelé de 10 pièces d'argent et d'azur, au chef d'or, au lion de gueules brochant. Waleran de Fauquemont 20px : d'argent au lion de gueules la queue fourchée passée en sautoir, couronné d'or et lampassé d'azur. Geoffroy d'Esch 20px : burelé de 10 pièces d'argent et de gueules. Perrine d'Esch, nièce de Geoffroi 20px : burelé de 10 pièces d'argent et de gueules. Conon d'Ouren 20px : de gueules à la croix ancrée d'or. Henri IV de Salm 20px : de gueules semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or à 2 saumons d'argent adossés. Ferry de Salm-en-Vosges, sire de Blâmont, porte, en 1248, les armes de Salm avec croisettes. Thomas de Blâmont, homme d'Église, vidame de Reims et princier de Verdun, puis évêque de Verdun (1303-1305). (blason non réalisé). Henri de Blâmont 20px : de gueules à 2 saumons d'argent adossés. Raoul de Baissy (Béchy ?) 20px : de gueules à la face d'argent. Robert de Baissy 20px : de gueules à la fasce d'argent, brisé d'un lambel de 5 pendants d'azur. Jean, fils de Geoffroi de Rosières 20px : d'or à 7 losanges de sable. Jean, fils de Brun de Rosières 20px : mêmes armes au lambel (4) de gueules. Jean de Bauffremont 20px : vairé d'or et de gueules. Huart de Bauffremont 20px : mêmes armes, brisées d'une cotice de sable. Perrat de Bauffremont 20px : mêmes armes, brisées d'une cotice d'azur. le seigneur de Florange 20px : d'or au lion de sable, à la bordure de gueules. Hèble de Florange, épouse de Jacques de Boinville, et mère de Jeannette de Boinville. Jeannette de Boinville (blason non réalisé). Jean l'Ardennais, seigneur de Florenville. Agnès de Florenville, née de Strépy, belle-fille d'Isabelle de Chiny, épouse de Jean l'Ardennais (blason non réalisé). Madame de Florenville, née Isabelle de Chiny, épouse d'Othon III de Trazegnies, sœur de Jeanne et d'Agnès, tante de Gérard de Looz et de Louis V comte de Chiny, mère de Jean l'Ardennais. Conflans 20px : d'azur semé de billettes d'or au lion du même. Eustache IV de Conflans 20px : mêmes armes brisées d'une cotice de gueules. Hugues III de Conflans 20px : mêmes armes, à une bande de gueules chargée de 5 coquilles d'argent. Agnès de Commercy, sœur de Jean de Commercy, belle-sœur de Mahaut d'Âpremont. Gobert VI d'Âpremont. Gobert VII d'Âpremont. Geoffroy III d'Âpremont 20px : de gueules à la croix d'argent. Jeanne d'Âpremont, sœur de Geoffroy, Thomas et Mahaut, épouse de Ferri de Linange. Mahaut d'Âpremont, sœur de Geoffroy, Thomas et Jeanne, épouse de Jean de Commercy. Hugues Beckars de Maizey 20px : de gueules au chevron d'or. Régnier de Creuë 20px : d'or à la croix de sable. Robin de Watronville 20px : d'or à la croix de gueules. Erard de Watronville 20px : d'or à la croix de gueules, brisé d'un lambel de sable. Aubert d'Ornes 20px : d'argent à 5 anneaux de gueules /en sautoir /ou : d'argent à la bande coticée de sable à 5 anneaux de gueules. Jacques d'Ornes 20px : mêmes armes, brisées d'un lambel d'azur à trois pendants chargés chacun de 3 besants d'or. Millet de Thyl 20px : de gueules à 3 anneaux d'argent. Jean de Muraut ou Murauvaux (blason en cours de réalisation). le seigneur de Gevigni ou Gviwini (Juvigny). Colart de Cumières : d'or à la fasce d'azur à 3 anneaux de gueules en chef. Guyart de Neuville (blason en cours de réalisation). Alice de la Neuveville (Neuville ?) (blason non réalisé). Lermite de Sathenay (Stenay). Henri de Briey 20px : d'or à 3 pals de gueules. Ouri de Briey, seigneur de Landres 20px : d'or à 3 pals de gueules, brisé d'un lambel de 4 pendants d'azur. le seigneur d'Avillers 20px : de sable à la croix d'or accompagnée au premier canton d'une fleur de lis du même. Jeanne d'Avillers. Geoffroy Roufous de Neuville 20px : d'argent à la croix de gueules, brisé d'un lambel de 4 pendants d'azur. Espaulars de Cais 20px : d'or à la croix de sable, sur le tout, de Geoffroy de Neuville, son frère. Raoul de Louppy 20px : de gueules à 5 anneaux d'or / en sautoir. Aëlis de Louppy : épouse de Waleran de Géroldseck. Ferri de Chardogne 20px : de gueules à 5 anneaux d'or /en sautoir, au lambel d'azur. André d'Amance 20px : d'argent à la fasce d'azur, accompagné d'un lion passant de gueules au canton dextre du chef. Wichart d'Amance 20px : d'argent à la fasce d'azur au lambel de 5 pendants de gueules. Adam d'Amance 20px : d'argent à la fasce d'azur à une burelle vivrée de gueules en chef. Ferry de Sierck 20px : d'or à la bande de gueules chargée de 3 coquilles d'argent.

Chevalerie de Rhénanie-Palatinat Linange (Leiningen en Rhénanie-Palatinat) : 20px d'azur à 3 aiglettes d'argent membrées et becquées d'or. Friedrich de Linange : 20px mêmes armes, le champ semé de croisettes d'or. Emich de Linange, comte de Dagsbourg (Dabo) : 20px d'argent au lion de sable à la bordure de gueules.