Le pont des Belles Fontaines est un pont datant du (travaux commencés en 1724 et achevés en 1728), construit à Juvisy-sur-Orge afin de prolonger la route royale devenue aujourd'hui la Nationale 7 (avenue de la Cour de France à Juvisy-sur-Orge). Il permet à la Nationale 7 de passer au-dessus de l'Orge. Le remblai de la chaussée a été percé à 75 m du pont pour laisser passer la ligne du Paris- Orléans en 1843, puis celle de la grande couronne. Le passage a été élargie ensuite avec l'augmentation du nombre de voies. Il laisse passer également le RER C.
Le pont des Belles Fontaines est classé monument historique en 1914.
Position
L'ancienne voie romaine, la via romana des plateaux, quitte à Juvisy le plateau surplombant la Seine et l'Orge : devenue aujourd'hui la Nationale 7, elle accuse une pente en courbe avant de traverser l'Orge grâce au Pont des Belles Fontaines, puis elle s'engage dans la plaine de la Seine en traversant Viry-Châtillon.
Structure
Histoire La route royale de Paris à Fontainebleau passait à l'origine par le bourg de Juvisy et sa pente à 18% occasionnait de nombreux accidents (actuelle rue Camille Flammarion) sur la chaussée rendue dangereuse par temps de pluie et en hiver. Dans le cadre de la construction de la nouvelle route « Pavé Royal de Lyon » au début du , il est décidé de contourner le bourg et de mettre en place une nouvelle route de déviation longue de disposant d'une pente douce et régulière n'excédant pas 4,16%. Le service royal des Ponts et chaussées entreprend de surélever la chaussée dans la plaine de l'Orge, de construire un nouveau pont sur la rivière de l'Orge et de creuser une tranchée dans le coteau pour déboucher sur le plateau au niveau d'Athis-Mons. Ce chantier d'envergure nécessite de grand travaux de sappe, employant deux régiments d'infanterie appuyés par des spécialistes du Génie experts en explosifs.
Appelé à l'origine le Pont du roy, l'ouvrage est terminé en 1728. Quatre personnes sont intervenues dans la conception et la réalisation de cet ouvrage. Le frère dominicain, architecte et ingénieur, doyen du Corps des ponts et chaussées, François Romain, est intervenu pendant les études préliminaires dans les années 1714-1715. Le financement de la construction est assuré par Jean-François Mignot, trésorier général des finances, grand voyer, commissaire de Sa Majesté pour les ponts et chaussées de la généralité de Paris depuis le . Le contrôle de l'exécution est effectué par Jacques de La Guépière, nommé inspecteur des ponts et chaussées le . La construction du pont est réalisée par l'entrepreneur Claude Bonneau, architecte des bâtiments du roi, qui a emporté les marchés de l'ouvrage en 1724 et 1728. De 1724 à 1726, la voûte du pont et deux murs convergents de chaque côté raidis par sept contreforts sont érigés. Après l'effondrement de l'un de ces murs en avril 1727, l'écartement des murs convergents est assuré par une série de sept arcs doubleaux.
Ayant découvert plusieurs sources à cet endroit, deux fontaines monumentales. sont commandées, avec l'approbation de Louis XV qui les considère comme des trophées en son honneur. La nature est en effet, depuis Louis XIV, un élément fondamental de l'ornementation royale : il symbolise le pouvoir du roi sur la nature longtemps ressentie comme élément indomptable par l'homme.
La découverte des sources aurait contribué à l'arrêt des travaux. Sculptées par des artistes de l’Académie, les deux fontaines donnèrent leur nom au pont : le pont des Belles Fontaines.
Les fontaines permettaient aussi de faire boire les chevaux des cochers et cavaliers.
Le pont et les fontaines ont été restaurés en 1813 sous le Premier Empire à la demande de Napoléon Bonaparte, qui a l'habitude de s'y arrêter en se rendant à FontainebleauL’Empereur Napoléon a habité le château de Fontainebleau à de nombreuses reprises entre 1804 et 1814..
Depuis cette période, l'arrivée à Juvisy-sur-Orge de la ligne de chemin de fer Paris-Orléans, mise en service en 1843, a nécessité de percer le remblai à 75 m du pont de façon à ne pas modifier la pente de la chaussée. Le trafic ferroviaire ne cessant de croître, la percée doit être élargie d'abord pour le passage en 1902 de 4 voies ferrées puis en 1974 de 6 voies ferrées.
En 1970, la section de la Nationale 7 portant le pont est élargie de à (passage de deux à cinq voies de circulation) : les deux fontaines doivent être déplacées. Elles sont réinstallées en 1977 dans le parc Ducastel de la mairie de Juvisy : il s'agit d'une reconstitution du même écart de voie, avec simulation du pavage et du muret comme sur le pont d’origine.
Description des fontaines La base Palissy donne la description suivante pour les fontaines de 7,5 m de hauteur :
Le pont dans les arts
Le peintre Raymond Desvarreux-Larpenteur a peint en 1905 une scène historique intitulée La Halte de l'Empereur qui représente Napoléon Bonaparte, descendu de sa voiture à cheval, au pied d'une des fontaines du pont le soir du ; il se rend ensuite au relais de poste de la Cour-de-FranceLe relais de poste de la Cour-de-France deviendra après diverses successions l'observatoire Camille Flammarion. Voir à Fromenteau-Juvisy où il apprend du général Augustin-Daniel Belliard que Paris a capitulé.. Il se rend ensuite à Fontainebleau et abdique le .
Galerie
Notes et références Notes
Références
Annexes
Liens externes
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