La cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne est une cocathédrale catholique romaine de style gothique.. Elle est située à Dol-de-Bretagne, dans le département français d'Ille-et-Vilaine, et est classée monument historique par la liste de 1840.. Elle est une des sept cathédrales étapes du Tro Breiz.

Elle a été le siège de l'évêché de Dol-de-Bretagne depuis l'année 555, l'un des neuf anciens évêchés de Bretagne. En 848, Nominoë fait ériger Dol en archevêché, statut qui durera jusqu'en 1199. Nominoë demande au pape le Pallium pour le représentant de l'Église bretonne siégeant à Dol : ceci permet aux évêques bretons d'échapper à la juridiction du métropolitain de Tours (archidiocèse de Tours). À la Révolution, la cathédrale devint successivement Temple de la Raison, écurie et entrepôt. Lors du rétablissement de la fonction religieuse, Dol ne récupéra pas son titre d'évêché. Il fut en effet supprimé par le concordat de 1801, et son territoire réparti entre les diocèses de Rennes, Saint-Brieuc, Quimper et Évreux.

C'est sous que la Bretagne retrouvera son statut d'archevêché, avec Rennes pour siège.

François Duine a écrit :

Histoire du sanctuaire Les édifices disparus C'est en 548 que saint Samson de Dol, moine évêque de Cardiff, au Pays de Galles, arrive à Dol et y fonde un monastère. Peu après, en 555, Judual, roi de Bretagne, transforme le monastère en évêché. Après le sacre de Nominoë, souverain des Bretons, en 848, la ville devient la capitale religieuse de la Bretagne. Bientôt, une cathédrale pré-romane remplace l'église primitive, mais celle-ci fut peut-être détruite par les Vikings en 1014 (il est possible que la crypte mentionnée en 990 fut condamnée à cette époque). Au milieu du , le pape consacre un archevêque à Dol-de-Bretagne, mais les rois de France s'y opposent, ainsi que l'archevêque de Tours, si bien qu'en 1199, le pape décide de supprimer l'archevêché de Dol et les évêchés bretons retournent sous la juridiction de l'archevêché de Tours. Un édifice précédant l’actuelle cathédrale fut inauguré en 1194 . Ce monument, de style roman, fut probablement construit sous l’épiscopat de Jean puis de , tous deux protégés du pape et sous influence du roi .

Les étapes de l'édification de la cathédrale actuelle En 1203, le roi d'Angleterre Jean sans Terre incendie la cathédrale romane. Craignant pour son âme, il contribuera au financement de sa reconstruction qui démarre en septembre de la même année sous l'impulsion de l'évêque de Lizaunet.

En 1231, à la mort de Jean de Lizaunet, la nef est achevée. Son successeur Clément de Vitré (encore appelé Clément de Coetquen ou de Coetquin) fait construire le transept et le chœur à chevet plat. Les reliques de saint Samson de Dol attirent de nombreux pèlerins, ce qui nécessite la construction d'un déambulatoire. L'évêque Clément de Vitré amène sur le chantier des ouvriers ayant travaillé à l'édification d'autres cathédrales et introduit les nouvelles techniques. La nouvelle construction se fait sur les bases romanes du sanctuaire précédent, mais dans le style gothique dit anglo-normand et continue tout au long du . Dernière étape, le chœur, avec son déambulatoire et ses dix chapelles latérales, est achevé entre 1265 et 1279. La cathédrale est alors opérationnelle, mais ne possède pas encore ses tours gothiques.

Le grand porche sud, situé à l'extrémité du croisillon sud, sera ajouté aux . En même temps, on construira de part et d'autre de ce dernier, à l'ouest, la salle capitulaire, à l'est le trésor. Lors de la même campagne, a eu lieu l'édification de la très grande chapelle axiale du chevet.

Les différentes restaurations, du à nos jours En 2021, l'auteur britannique Ken Follett offre, via la Fondation du patrimoine, la somme de , représentant ses droits d'auteur de son ouvrage Notre-Dame, pour la restauration de la cathédrale et y ajoute la somme de en 2023., le coût total du chantier s'élevant à .

L'écrivain gallois Ken Follett a dit sa fierté et son émotion le dimanche en visitant la cathédrale, dont il a aidé à financer les travaux de rénovation en faisant don des droits d'auteur de son récit Notre-Dame (2019). « Je suis très fier et très content de vous aider un peu pour les réparations de la cathédrale de Dol », a dit un Ken Follett ému, reçu par les élus de cette ville de qui l'a fait citoyen d'honneur..

Structure et dimensions Longueur extérieure : Longueur de la nef : Largeur totale de la nef : dont largeur du vaisseau central : dont largeur des collatéraux : environ Hauteur sous voûtes de la nef : Croisée du transept : sur Longueur des bras du transept : chacun Longueur du chœur : Largeur du chœur : Hauteur sous voûtes du chœur : Profondeur du chœur avec son déambulatoire : Largeur du chœur et des bas-côtés : Largeur totale du chœur avec les chapelles : .

Éléments architecturaux extérieurs La façade occidentale La façade occidentale de la cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne laisse peu augurer de l'édifice qu'elle précède tellement son austérité et son caractère hétéroclite contrastent avec l'ampleur et la relative homogénéité du vaisseau principal que l'on découvre une fois franchi le seuil du bâtiment. Complexe, cette partie de la cathédrale constitue assurément l'élément le plus faible de l'une des réalisations majeures du style gothique en Bretagne. Plusieurs raisons permettent d'expliquer la déconvenue que viendrait à connaître un visiteur, pressé, ou coutumier des façades harmoniques des grandes cathédrales gothiques classiques, apercevant cette réalisation somme toute assez commune, voire peu élégante.

Le massif occidental ne constitue en effet la façade principale de la cathédrale que depuis le , ce rôle ayant été dévolu précédemment au flanc sud de l'édifice pendant tout le Moyen Âge et l'ancien régime. La cathédrale occupait ainsi l'angle nord-ouest de la ville épiscopale, son flanc nord longeant les remparts entre la tour Saint-Samson et celle aux lutins, et sa façade occidentale butant contre la courtine reliant cette dernière tour au château épiscopal.. Le vaste parvis précédent l'édifice à l'ouest reste de création récente, le grand porche placé en avant du croisillon méridional ayant constitué de tout temps l'entrée majeure dévolue aux fidèles et paroissiens.

Par ailleurs, l'édification du massif occidental s'est étalée sur plus de cinq siècles, entre le et le , sans qu'aucun projet d'ensemble ait été suivi, la réalisation ayant été hypothéquée par la conservation tardive de la tour romane septentrionale jusqu'à la Renaissance.

Enfin, l'inachèvement de la tour nord, faute de disponibilités financières, et la disparition de la maîtresse vitre centrale, remplacée par un triplet classique mesquin et commun, ont nui sensiblement à l'équilibre de la composition.

La partie médiane

Le rez-de-chaussée de la partie médiane présente une arcature rythmée par quatre colonnes en délit sommées de trois arcs ogivaux, la travée centrale étant seule percée d'une porte rectangulaire au linteau appareillé de gros claveaux moulurés. Deux culots de statues datant du ornent les plates-faces latérales, tandis qu'une frise feuillagée relie les quatre chapiteaux portant trois tympans nus et animant faiblement la paroi occidentale qu'un porche de pierre ouvragé a pu précéder originellement, un édicule de pierre et bois, couvert en appentis, étant toutefois assurément attesté au et .. L'édification de la tour septentrionale a peut-être induit sa disparition, à moins qu'il n'ait été supprimé lors de l'installation des grandes orgues vers 1700Dossiers électroniques de l'Inventaire général - La cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne.. L'unique étage présente quant à lui les vestiges d'une grande baie gothique en arc brisé, autrefois ornée d'une rosace à l'instar des façades des croisillons et du chevet, remplacée depuis le par un triplet plein-cintre sommé d'un œil-de-bœuf, lequel alourdit sensiblement la composition. Une statue d'évêque couronne le pignon lui-même percé d'une ouverture rectangulaire.

Toute cette section, appareillée en pierres de taille de granite, est encadrée de contreforts dissymétriques, celui situé au nord ayant appartenu à la tour romane primitive. Pour autant, la variété de couleur et de grain des matériaux utilisés, de même que les modules de tailles différents employés aux rez-de-chaussée et premier étage, trahissent l'intervention de deux équipes de tailleurs distinctes et un étalement certain du chantier dans le temps.

La tour Nord La tour nord, quasi aveugle, ressemble plus à un donjon qu'à une tour de cathédrale, ayant d'ailleurs servi de prison pour les officiers du bas-chœur à l'époque moderne.. Datant pour l'essentiel du , elle conserve néanmoins des vestiges de la tour romane originelle, laquelle avait déjà été partiellement remaniée lors de l'édification de l'œuvre gothique, au (parement extérieur du mur oriental au rez-de-chaussée, second et troisième étages du mur sud).. Sa construction, entreprise sous l'épiscopat de Mathurin de Plédran (1504-1521) par suite de la ruine de la tour romane septentrionale, est demeurée inachevée, faute d'argent, bien que le prélat eût obtenu des indulgences du pape pour qui contribuerait à sa construction.. Elle se développe sur quatre étages, en plus du rez-de-chaussée, le dernier présentant l'amorce de deux fenêtres géminées. Puissamment épaulée sur sa face nord par deux contreforts plantés de biais, faiblement éclairée par de petites baies carrées ou en tiers-point, elle présente un exceptionnel décor d'accolades et branchages, sculpté à la manière d'un lambrequin.

La tour Sud Érigée entre le et le , la tour méridionale compte en tout quatre étages, rez-de-chaussée compris, pour une hauteur totale de .. Son analyse architecturale reste difficile, aucun des niveaux extérieurs de décoration ne coïncidant avec ceux des murs gouttereaux de la nef, et encore moins avec la distribution intérieure des étages. Les quatre faces de la tour présentent par ailleurs des degrés d'ornementation différents, et des travaux de consolidation menés à partir de 1676 ont sensiblement abâtardi l'ouvrage .. Les deux premiers niveaux sont cependant contemporains de la section centrale de la façade occidentale. Ils datent du .

Le rez-de-chaussée, nu, est seulement animé par un ensemble disparates de contreforts. Le premier étage ouest présente à sa base deux petites fenêtres ogivales logées dans deux grands arcs en tiers-point, tandis qu'au sud, on trouve à mi-hauteur deux arcades géminées séparées par un contrefort. L'étage supérieur, du , n'arbore de décor que sur sa face sud, deux baies fortement ébrasées trouvant à se loger dans un réseau de quatre arcs ogivaux. Le dernier étage, plus homogène, contient le beffroi où trouvent place les trois grosses cloches de la cathédrale, bénites en 1849 : Samson, Anne et Magloire.. Il est orné d'une haute arcature en anse de panier, les deux arcs centraux étant percés de baies coupées en leur milieu par une traverse. Orné de trois gargouilles très simples sur chaque face, cet étage est couronné par une balustrade flamboyante et coiffé d'un toit à quatre pans. Datant du , il a été agrémenté d'une lanterne sommant la tourelle d'escalier située à l'angle sud-est de la tour. Cet édicule, œuvre de l'architecte Pierre Corbineau, a été érigé en 1663. ; il renferme trois autres cloches égrenant les quarts d'heure.

La façade méridionale thumb| Le porche Sud, à la fin du . vignette|La nef de la cathédrale Saint-Samson à Dol-de-Bretagne. D'ouest en est s'offrent à nos yeux la tour méridionale, les six travées du collatéral sud en avant du mur gouttereau de la grand-nef (la seconde travée étant masquée par le petit porche et les deux dernières par la salle capitulaire), le croisillon sud précédé du grand porche, les six chapelles bordant le collatéral droit du chœur (la première étant l'ancienne trésorerie), la grande sacristie dissimulant partiellement la chapelle absidale.