La cathédrale Saint-Pierre de Vannes est une cathédrale catholique située à Vannes, dans le département du Morbihan, en France. Siège du diocèse de Vannes, elle porte aussi le titre de basilique mineure. Elle est une des sept cathédrales étapes du Tro Breiz.
De style gothique, elle est élevée sur le site de l'ancienne cathédrale romane. Sa construction s'étend sur cinq siècles, du , et si l'on inclut la durée d'existence de la tour-clocher romane conservée de l'ancien édifice, on arrive à une durée de construction de sept siècles. Dans son ensemble, l'édifice reste, malgré tout, fidèle à l'ancienne romane et comprend une nef accompagnée de dix chapelles latérales, un transept à bras inégaux, un chœur enveloppé d'un déambulatoire et en enfilade une chapelle axiale.
Histoire vignette|190px|gauche|Le portail de la façade ouest.
En dépit de l'évocation dans le concile provincial de 465 de l'église de Vannes, les historiens ne savent pas si la modeste cathédrale de l'évêque Patern de Vannes existait alors sur son emplacement actuel. La première cathédrale de Vannes est détruite en 919 lors des invasions normandes en Bretagne, ces derniers massacrant son évêque Bilip. 26.. Un groupe épiscopal de l'époque carolingienne se trouve probablement à son extrémité..
Une nouvelle cathédrale est construite vers 1020 par l'évêque de Vannes Judicaël de Vannes et son frère Geoffroi de Bretagne, duc de Bretagne, dans un style roman mais on ignore si c'est au même emplacement. Faite de granit et s'apparentant probablement à l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys, elle est continuellement modifiée par l'addition de nouvelles structures. Cette cathédrale est ainsi un édifice extrêmement compositeLe coffret de bois, recouvert de parchemin, et les bâtons épiscopaux en ivoire, exposés dans la salle du trésor de la cathédrale, datent de cette époque., comportant notamment une nef flanquée de deux étroits bas-côtés et couverte de charpente. Les nombreux conflits féodaux bretons se chargent de la ruiner..
Selon la tradition à l'historicité inaccessible (en l'absence de sources), les évêques Rouaud de Vannes et Guéthénoc de Vannes réédifient à la fin du une nouvelle cathédrale dont subsistent la base du clocher de style roman et quelques pans du chœurp. 33.. Du reste de cette cathédrale romane, il n'est fait que de brèves allusions dans les archives du chapitre ou dans les comptes de la fabrique..
Le pèlerinage crée des pugilats homériques dans la ville à la fin du . Le clergé de l'église Saint-Patern de Vannes et les chanoines de la cathédrale se disputent le droit de présenter les reliques de saint Patern de Vannes (considéré comme un des sept saints fondateurs de la Bretagne), de recevoir les vénérations, et donc les offrandes des paroissiens et des pèlerinsp. 34.. Au , si la seigneurie ducale exerce sa juridiction sur la moitié de la ville, le pouvoir épiscopal reste fort : les chanoines exercent leur juridiction sur le quart de la ville, l'évêque sur 20 %p. 41.. Les conflits sont nombreux entre l'ordre franciscain présent à Vannes et le chapitre de la cathédrale autour des droits et des offrandes perçus à l'occasion des enterrements des habitants de la cité et des faubourgs qui privilégient comme dernière demeure le couvent des Frères mineurs..
La reconstruction en style gothique décidée par l'évêque Yves de Pontsal se fait aux , entre 1454 et 1520. Elle est rendue nécessaire du fait que l'ancien sanctuaire est devenu trop petit pour faire face à l'affluence des pèlerins qui se pressent autour du tombeau de saint Vincent Ferrier, mort à Vannes en 1419, enterré dans le chœur de la cathédrale et canonisé en 1455 par le pape Calixte III. Le saint est proclamé patron de la ville et les offrandes des pèlerins venus se recueillir sur son tombeau permettent de reconstruire la nef de 1456 à 1475, le porche de 1484 à 1494 et les transepts dans les années 1500-1520p. 40.. De cette époque datent la nef consacrée en 1499, le croisillon sud entrepris en 1504, le carré du transept en 1516, et le porche du croisillon nord achevé en 1520.. Ce porche comprend, suivant la coutume bretonne, douze niches destinées à recevoir les statues des 12 apôtres. En 1537, est construite une chapelle ronde à deux étages, la chapelle du Saint-Sacrement, joyau de style Renaissance, accolée à la façade nord du transept, au niveau de la cinquième travée.
La tour nord est la principale structure héritée de l'ancienne construction romane. Les voûtes et le chœur ne sont construits qu'au entre 1771 et 1774. Enfin la tour sud et la façade occidentale avec son porche datent du milieu du .
Dans la seconde moitié du , l'évêque de Vannes Jean-Marie Bécel procède à la « recharge sacraleConcept manié par Alphonse Dupront dans son anthropologie du pèlerinage (Alphonse Dupront, Du sacré - Croisades et pèlerinages - Images et langages, Gallimard, 1987, p. 447) ». Au lendemain de la rupture révolutionnaire et d'une époque ébranlée par la contestation interne du siècle des Lumières, l'enjeu pour les autorités ecclésiastiques est de relancer la foi par un immense élan de restauration institutionnelle, matérielle, religieuse, intellectuelle mais aussi sacrale. Ce projet ambitieux passe par la réconciliation des églises transformées en temples de la Raison ou lieux d'assemblée des sociétés populaires ; par la réappropriation ou la reconstruction des sanctuaires vendus, détruits ou détournés de leur ancien usage ; par le renouveau du culte et de la liturgie ; par la création de nouveaux lieux ou monuments sacrés : croix monumentale et calvaire, sanctuaire de pèlerinage, Scala Sancta ; par la restauration des reliques enfin, l'Église organise, multiplie et encourage deux manifestations spécifiques, la procession religieuse et le pèlerinage, afin de manifester la puissance de ces restes de corps saint à la face du monde. Cf. . » de la cathédrale en l'affilant à la basilique majeure Saint-Pierre de Rome en 1870Le décret d'affiliation de la cathédrale à la basilique patriarcale Saint Pierre du Vatican est publié le 5 juin 1870, le jour de la fête de Pentecôte. Le pape Pie IX proclame ainsi l'érection de la cathédrale en basilique mineure. le Liste des 171 basiliques mineures en France.. Le fait que cette église porte le titre de basilique est peu connu car en tant qu'église-mère du diocèse, celui de cathédrale le supplante d'emblée.
L'ensemble de la cathédrale est classé monument historique en 1906.
Aux , la cathédrale fait l'objet de nombreuses restaurations : restauration des grandes orgues en 1985, de la façade occidentale de 2002 à 2004, du chœur en 2003, de l'extérieur de la chapelle axiale de 2006 à 2007, installation d'un chauffage par le solUne grosse canalisation d'eau chaude (30 °C) est posée dans la longueur de la nef centrale, sur laquelle sont raccordés des serpentins de sections moindre qui forment un plancher chauffant sous les chaises des fidèles. en 2008, restauration de la tour Renaissance de 2009 à 2010, du déambulatoire de 2009 à 2010, de l'intérieur de la chapelle axiale de 2010 à 2012, rénovation de la charpentePose de filins d'acier pour soutenir la charpente sud. en , réfection de la toiture en 2011., clocher de style roman à gauche, restauré en 2014...
Au début des années 2020, l’État a entrepris de grands travaux de restauration dans la cathédrale de Vannes. Elle était la dernière cathédrale des évêchés de la région Bretagne à ne pas avoir été restaurée. Le plan de restauration est piloté par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC).
Au cours des années 2022 à 2024, les transepts nord et sud ainsi que l’arrière-chœur ont été entièrement restaurés : reprise minutieuse de la maçonnerie avec re-jointoiement ou remplacement des pierres abîmées, puis badigeonnage à la chaux. Boiseries, statues et autels ont également fait l'objet d'une rénovation délicate pour redonner une beauté inédite à ces trois espacesVoir les travaux réalisés sur ..
Une tranche de travaux supplémentaires a commencé en . Elle concerne la nef et les chapelles latérales et durera jusqu’en 2027.
Durant cette dernière phase, la cathédrale est fermée au culte liturgique. Tous les offices sont transférés à la chapelle Saint-Yves (près de la Mairie de Vannes), à l'exception des deux messes du dimanche matin dans la grande chapelle gothique du Lycée Saint-François-Xavier.
Architecture vignette|La cathédrale de Vannes, avec son clocher de style roman à gauche. vignette|La statue de saint Vincent Ferrier, à l'extérieur de la cathédrale. vignette|La chapelle Saint-Gwenaël. vignette|La chapelle Saint-Mériadec-et-Saint-Patern. vignette|Le maître-autel.
Dimensions La nef fait une longueur de et une largeur de . La longueur totale de l'édifice est de , ce qui fait de lui le plus long parmi les cathédrales de Bretagne. La voûte de la nef et du transept mesure presque de haut.
L'extérieur La façade occidentale, restaurée entre 1868 et 1876, est de style néo-gothique. Elle se divise en trois étages délimités par des galeries. Au bas, le portail remplaçant le porche flamboyant, est en arc brisé, à multiples voussures. Il enveloppe un tympan sculpté (représentations de scènes de la vie de saint Pierre et de saint Vincent Ferrier) et deux portes séparées par un trumeau auquel s'adosse la statue presque en ronde-bosse du dominicain saint Vincent Ferrier. Au-dessus, la grande fenêtre à rosace est accostée de deux arcades aveugles et, au sommet, le pignon percé d'une rose rose centrale et orné d'une corniche à balustrade. Cette façade est flanquée au nord d'une tour-clocher dont la base, de style roman, est nue depuis la disparition des maisons en appentis. La tour est surmontée d'un étage orné de hautes arcatures brisées sur colonnettes à chapiteaux à palmettes simples, d'un intermède aveugle, de la chambre des cloches aux arcatures munies d'abat-sons et enfin de la courte flèche octogonale (rebâtie en 1825 car abattue par la foudre le Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Vannes, cote F/19/7916.) cantonnée de quatre clochetons.. Au sud, elle est flanquée d'une tourelle réalisée au . Sa base est formée de robustes contreforts, d'un étage orné d'un réseau de gables, d'une balustrade et d'une haute flèche à pans..
La façade nord s'ouvre sur le jardin du cloître (avec des ruines de ce dernier du ), ainsi que sur la rue des chanoines, grâce au beau porche dit des chanoines qui termine le croisillon nord du transept en style gothique tardif (1514), et décoré des 12 niches correspondant aux statues des douze apôtres. Des contreforts à pinacles renforcent les murs des chapelles et de la nef et sont reliés par des arcs-boutants.
L'intérieur Le plan retenu est celui des basiliques romaines primitives, sans vaisseaux collatéraux nord et sud. Ceux-ci sont remplacés par deux séries de cinq chapelles donnant sur le vaisseau central. Les chapelles de la première travée sont inexistantes car occupées par les deux tours.
La nef s'étend sur six travées dont la première constitue le narthex. Achevée en 1475, elle est couverte d'une charpente de bois construite vers 1479–1480. Cette charpente a une architecture en chevron formant ferme (chevrons en chêne de quatorze mètres). Devant recevoir une voûte de pierre, elle est, sans doute faute de financement, remplacée par une charpente d'un lambris de lattes de bois en 1626–1627Sur ces voliges sont gravées le nom du compagnon qui a réalisé cet ouvrage : G. Le. Lou. Blanc. labr. toute. l'égli. l'an. 1626. ET 1627 . Cf . (lattes constituées de bois de tonneaux démontés, des bois de merrain)..
L'évêque de Vannes, Charles-Jean de Bertin, fait réaliser la voûte d'arêtes actuelle en pierre de tuffeau et en brique, en 1769 pour la nef, et en 1770 pour le transept, ce qui cache la charpente ancienne lambrissée..