vignette|Munkar et Nakîr.

Mounkar et Nakîr () sont, dans l'eschatologie musulmane, les anges qui viennent voir le défunt et l'interroger sur sa croyance et ses actions. Ils sont mentionnés par la tradition islamique, mais leur nom ne se trouvent pas dans le Coran. À partir de versets peu explicites du Coran et de certains hadiths, les théologiens musulmans ont théorisé les « tourments du tombeau » et associé à celle-ci ces deux angesKh.A., "Eschatologie", dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (Dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont, 2007, p. 268..

Ces « tourments » (, romanisé en ) font référence, dans la tradition musulmane, au châtiment subi par certains défunts dans leur tombe avant le Jour du Jugement, en particulier les incroyants.

Étymologie Les noms Mounkar et Nakîr dérivent de la racine trilittère arabe n-k-r, liée à l'idée de ce qui est « inconnu », « nié » ou « effrayant ».

Munkar () signifie « le réprouvé » ou « celui qui est désavoué ». Nakīr () peut signifier « le terrible », « l'inquiétant » ou « celui qui provoque la réprobation ».

Leurs noms évoquent ainsi le caractère redoutable de l'interrogatoire de la tombe dans l'eschatologie islamique.

Récits En attendant le jour de la Résurrection, deux anges interrogent le défunt. Pour les croyants, cet interrogatoire dure sept jours tandis qu'il en dure quarante pour les non-croyants. Ces anges, Munkar et Nakir, châtient ou récompensent en fonction des mérites du défunt.

Selon la tradition musulmane, les anges Mounkar et Nakîr interrogent le défunt avec trois questions :

« Qui est ton Seigneur ? » (Man rabbuka ? — ),

« Quelle est ta religion ? » (Mā dīnuka ? — ),

et « Qui est ton prophète ? » (Man nabiyyuka ? — ).

Le croyant répond correctement et connaît paix et réconfort dans sa tombe, tandis que l'incroyant ou le pécheur échoue à répondre et subit les « tourments du tombeau ».

Selon At-Tirmidhi, ils interrogent le défunt sur Mahomet et une bonne réponse permet un élargissement de la tombe. Ensuite, sa connaissance des rudiments de la foi musulmane est interrogée.

Mise en place Pour Wensinck, cette croyance a été mise en place au cours d'un processus en plusieurs phases , et la dernière avec l'apparition des noms. Quelques versets coraniques peuvent être des allusionsWensinck A. J., « Munkar wa-Nakîr », Encyclopédie de l’Islam, t. VII, p. 577-578. . Les noms sont absents du Coran et proviennent de la tradition islamique post-coranique. Ils ne semblent pas venir de traditions anciennes. Ces anges sont les .

La littérature musulmane donne une description de Munkar et Nakîr. Ceux-ci possèdent des yeux bleus ou verts. Pour Macdonald, cette description .

Remarquant que cette croyance n'est pas celle d'une simple survie de l'âme, Gardet la compare à la notion de « sommeil des âmes » dans le christianisme nestorien. Néanmoins, elle pourrait aussi provenir d'une influence du judaïsme. .

Mounkar et Nakîr dans la littérature

Plusieurs œuvres de la littérature européenne font référence aux deux Anges exterminateurs. Lord Byron y fait référence dans son poème The Giaour : But thou, false Infidel! shalt writhe; Beneath avenging Monkir's scythe; And from its torment 'scape alone To wander round lost Eblis' throne;

Gérard de Nerval, dans le Voyage en Orient, parle de Mounkar et Nakîr lorsqu'il relate la naissance de la religion druze : « Le boulanger était à genoux et tendait le cou en recommandant son âme aux anges Mounkar et Nakîr. ». Les notes du roman indiquent que la source de Nerval serait Byron dans The Giaour.

Chateaubriand fait dire à Bonaparte dans ses Mémoires d'outre-tombe : en parlant du bey mamelouk battu (Liv. XIX, ch. 14).

Notes et références

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