Jolimont est un lieu-dit de la ville de La Louvière en province de Hainaut (Région wallonne de Belgique). Ce quartier est connu pour avoir été le lieu où a été fondée la première maison du peuple de Belgique, « Le Progrès », en 1872.
Géographie Jolimont est situé à l'est de La Louvière, ce quartier est particulièrement situé sur les deux territoires des anciennes communes d'Haine-Saint-Pierre et d'Haine-Saint-Paul. L'ancien hameau, qui est situé à 5 km de Binche et 17 km de Mons, est administrativement intégré à la ville de La Louvière. Il culmine à au-dessus du niveau de la mer.
Lieux-dits et cité Jolimont est divisé en lieux-dits comme ; le Bouly, la Bifurcation, Carrefour des Quatre Bonniers, la Machine à Feu et Carrefour du Pont Brogniez et par une cité ; Cité du Beau Site.
Histoire thumb|left|alt=Dans une rue montante, un cortège de femmes nu-tête, en corsage et jupe longue, est surmonté d'un panneau .|Manifestation de femmes pour le suffrage universel à Jolimont, 1902. Sous le règne de l’impératrice autrichienne Marie-Thérèse, le gouvernement fit construire une chaussée pavée à péage reliant Bray à Nivelles, afin de faciliter l’exportation du charbon vers Bruxelles et les Flandres. Comme toute la Région du centre, Jolimont a un long passé lié à l'exploitation des mines de charbon. gauche|vignette|Théophile Massart. L’histoire de Jolimont est étroitement liée à celle de Théophile Massart, natif de Fayt-lez-Manage mais citoyen de La Hestre et fondateur de l'association syndicale Union des Métiers, qui a été le premier directeur de la coopérative « Le Progrès » créée à Jolimont dans les locaux de la première Maison du peuple de Belgique, en 1886, tout juste un an après la création du Parti Ouvrier Belge. Dès le mois d'octobre 1886, la première boulangerie de la coopérative est opérationnelle et en 1896, une nouvelle unité de production s'ouvre et rassemble les techniques les plus modernes comme une diviseuse-lieuse, des rouleuses mécaniques. En une minute, 80 kilos de pâte peuvent être pesés et découpés. ont été cuits dans les fours du Progrès entre 1886 et 1910. Le Progrès ouvre en 1897, une des première brasseries coopératives du pays. Durant les huit premiers mois d'activité du site, plus de sont produits. Un second établissement brassicole du Progrès ouvre à Strépy-Bracquegnies le . En 1986, le Progrès fais faillite et le bâtiment est reconvertie en maison de repos. En 1891, la ligne de tramway qui va de Manage à la gare d'Haine-Saint-Pierre fut exploitée et en 1898, elle a été électrifiée. Le lieu-dit Bifurcation permettait la liaison entre cette ligne et celle de Morlanwelz à Manage ouvert en 1904.
Une manifestation de femmes demandant le suffrage universel se déroule dans la localité en 1902, dans le cadre d'une grève générale. La seconde personne importante de l'époque est l'abbé Félicien Bataille (1841-1911), fondateur de l'hôpital de Jolimont. En 1881, l'abbé Bataille achète l'ancien château du gérant des charbonnages de Haine-Saint-Pierre et de La Hestre appelé localement le Château du Bouly. Aidé par des religieuses, il développa des installations propices à l'accueille des malades. Peu après l'hôpital devint l'institut des sœurs de Notre-Dame-de-la-Compassion qui deviendra plus tard le CHU Helora.
Patrimoine architectural
L'église Notre-Dame-de-la-Compassion et Saint-Hubert vignette|L'église de l'institut Notre-Dame de la Compassion devenu l'église paroissiale Saint-Hubert (carte postale). La première église fut construite sur un terrain offert par gratuitement par la commune d'Haine-Saint-Paul sur le site du puits des charbonnages d'Houssus. La première pierre de l'église fut posée en 1866 et l'édifice fut terminé en 1868. Elle était de style néo-roman avec des influences néo-gothique, le portail d'entrée percé d'une rosace le tout surmontée d'un haut clocher à flèche. L'édifice était composée d'une nef de quatre travées accostée de collatéraux qui s'ouvrait sur un vaste transept qui donnait accès à un chœur de deux travées fermé par un abside à trois pans. Quelques décennies près, l'état de l'édifice suscita des inquiétudes à sa stabilité. Un rapport de 1906 indique que l’édifice était fortement fissuré à cause des activités minières. En 1967, la commune d’Haine-Saint-Paul décida de démolir l’église, décision confirmée par les différents organes de tutelle la même année et l’année suivante. La Commission royale des Monuments et Sites recommanda de conserver le mobilier, comme des statues de saints, quatre anges musiciens, un petit calvaire, ainsi que des fonds baptismaux en marbre et en pierre, accompagnés d’un confessionnal en chêne à pilastres corinthiens. En 1973, ce mobilier fut installé dans la chapelle Sainte-Thérèse, rue du Nouveau Quartier. L’année suivante, en 1974, l’église Saint-Hubert fut démolie’. Un projet de construction d’une nouvelle église, plus petite, au même endroit, fut finalement abandonné au profit du rachat de la chapelle située en face de l’hôpital de Jolimont. La chapelle Notre-Dame-de-la-Compassion à été construite en 1947 par les Sœurs de la Compassion. Elle est située rue Ferrer, cette petite église fut transformé en 1974 en église paroissiale en remplacement de l'église Saint-Hubert.
Le château De Quanter dit château du Bouly (actuellement l'hôpital Hélora) Jolimont abrite l’un des rares édifices de Belgique au style unique : le château De Quanter, aussi appelé château du Bouly, construit en 1848 par Victor De Quanter, directeur de la Société des Charbonnages d’Haine-Saint-Pierre et de La Hestre jusqu’en 1878. Par la suite, il devient la propriété du vicomte Emmanuele Obert de Thieusies, qui le cède à l’abbé Félicien Bataille pour y installer une communauté religieuse chargée de soigner les malades et personnes âgées de la région du Centre. Le château subit alors des modifications, notamment dans les annexes réaménagées à des fins médicales. Fondé en 1881, l’Institut des Sœurs de Notre-Dame de la Compassion est aujourd’hui l’hôpital de Jolimont. Ce bâtiment exceptionnel en Belgique s’inspire du style mudéjar, un courant architectural né dans la péninsule Ibérique entre le , marqué par l’influence de l’art musulman.
La maison du peuple du Progrès
vignette|L'ancienne maison du peuple du Progrès. Fondée en 1872 par Théophile Massart, la toute première maison du peuple de Belgique s’installe dans une maison ouvrière située chaussée de Jolimont. Huit ans plus tard, une réunion d’ouvriers aboutit à la création d’une coopérative de boulangerie baptisée « Au Progrès ». Pour assurer la fabrication et la vente du pain, un bâtiment est construit à l’arrière de la maison du peuple, comprenant également une salle des fêtes. L’achat de maisons voisines permet ensuite d’ouvrir une pharmacie, un café et une boucherie, ainsi que d’aménager des locaux administratifs et de réunion. En 1906, une nouvelle boulangerie voit le jour et l’ancienne est transformée en salle de musique. L’état vétuste des lieux conduit à la construction de nouveaux bâtiments en 1929, puis en 1986, la coopérative du Progrès fait faillite. Peu après, l’édifice est reconverti en maison de repos portant le nom de la coopérative, tandis qu’un café au rez-de-chaussée perpétue la mémoire de ce haut lieu du socialisme local.
Le temple protestant de Jolimont En 1879, une communauté protestante s’établit dans le quartier de Jolimont, sans lieu de culte fixe. En 1889, à son arrivée, le pasteur Jean Schyns inaugura le premier temple, situé juste à côté de la coopérative du Progrès dont il était actionnaire. Dès la deuxième année, le bâtiment subit des dégâts miniers. En 1913, le pasteur Schyns lança une souscription auprès des communautés protestantes du pays pour réunir les fonds nécessaires à un nouveau lieu de culte. Celui-ci fut inauguré le et conçu par l’architecte Ch. Huiban, originaire de Versailles, comme l’indique une plaque sur l’édifice. Le temple protestant de Jolimont compte cinq travées se terminant par une abside semi-circulaire. On y accède par une tour-porche à deux étages, prolongée par une flèche pyramidale. Il se situe, rue Henri Aubry.
Économie De nombreux commerces sont implantés tout le long de la rue de Jolimont ainsi que dans les rues alentours.
Transports Transports en commun: la localité est desservie par le bus 30 Anderlues, Morlanwelz, La Louvière, Strépy-Bracquenies et Thieu.
Notes et références
Bibliographie
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