La cathédrale Sainte-Anne d'Apt, placée durant tout le Moyen Âge sous le double patronage de Notre-Dame et saint Castor.., est la cathédrale de l'ancien diocèse d'Apt. Depuis 2009, elle est le siège de l'évêque titulaire d'Apt. Située dans la ville d'Apt, elle est classée monument historique depuis 1846... C'est l'une des plus anciennes églises d'Occident à avoir mis en honneur le culte d'Anne, l'aïeule du Christ. Déjà, au cours du sa fête y était célébrée le au cours d'un office à neuf leçons. Son culte s'établit définitivement au ..

, dès 1370, fit rajouter dans son Missel une messe en son honneur avec une miniature de la sainte. et l'étendit à toute l'Église, en 1382, lors du mariage de avec Anne de Bohême. Enfin , par une bulle du fixa sa fête au ..

Une partie de ses reliques que les traditions disent avoir été rapportée d'Orient par Marie Salomé et Marie Cléophas, les nièces d’Anne, accompagnées de Marie Madeleine, Lazare, Marthe, Sidoine, Maximin et quelques autres au , ou par des chevaliers croisés à partir de la fin du Grand livre des saints : culte et iconographie en Occident de Jacques Baudoin, 2006, p. 31, y est toujours vénérée. Et celles qui se trouvent en Bretagne à Sainte-Anne-d'Auray et Sainte-Anne-la-Palud, à Paris, en Italie ou au Québec proviennent d'Apt. Son culte au était devenu si populaire que la ville changea de nom. Le courrier n'était plus posté pour Apt mais pour « Sainte-Anne d'Apt ». Une lettre datée de 1774 est adressée « À Monsieur le Maire de Saintanadat, à St. Anadat » et sur une autre postée en 1783 l'intitulé est « À Monsieur Sylvestre, juge de Gordes, à Sant-Anna d'Apt »..

Cette cathédrale, qui porte toujours son titre en tant que siège d'un ancien diocèse, a été classée au rang de basilique mineure en 1867 par puis à celui de « basilique du prince des apôtres » le par ..

Historique Antiquité Les différents actes du cartulaire de l'Église d'Apt et les fouilles archéologiques ont mis en évidence les premiers lieux d'inhumation et de réunion de la première communauté chrétienne d'Apta Julia. Situés hors les murs, ils jouxtaient la Via Antiqua Massiliensis., l'entrée du vallon de Rocsalière, au sud-ouest de la ville antique.. Sur cette Terra Sanctuaria, la plus ancienne nécropole chrétienne d'Apt avec ses sarcophages du , se trouvaient une église dédiée à Paul et un baptistère à Jean le Baptiste.

Cette première cathédrale paléochrétienne et la cité furent détruites entre 260 et 280 par une invasion franque. Au début du , ce groupe cathédral Saint-Paul / Saint-Jean fut déplacé intramuros.. Les fouilles ont permis d'apprendre que cette seconde cathédrale ( × ) avait été construite sur le podium d'un temple dont elle avait réutilisé les colonnes, qu'elle comprenait une galerie centrale flanquée de deux collatéraux. et que son emplacement se situait entre le Théâtre et le grand axe est / ouest de la cité Julienne.. Si le nom de l'évêque reste inconnu, on sait qu'au premier concile d'Occident, tenu à Arles en 314, l'Église d'Apt fut représentée par le prêtre Romanus et l'exorciste Victorius..

Il fallut attendre le synode de Nîmes, en 394, pour voir apparaître la signature du premier évêque historique d'Apt en la personne d'Octavius. Sa cathédrale se situait exactement sous l'emplacement de l'actuelle dédiée à sainte Anne et ce fut cette deuxième cathédrale que Castor consacra à la Beata Maria, au cours du siècle suivant et très certainement après les décisions du concile d'Éphèse, en 431.. Au , on connaît mieux l'existence de l'évêché d'Apt, grâce à des textes de saint Jean Cassien, abbé de Saint-Victor de Marseille, écrits à la demande de Castor d'Apt.. À côté du nouveau baptistère, sis sous l'actuelle Tour de L'Horloge et qui resta en service jusqu'au , l'évêque fit construire un oratoire sous le vocable du Saint-Sauveur. Ce fut là, qu'à sa demande, il fut inhumé..

Ultérieurement des évêques aptésiens assistèrent à plusieurs conciles, dont Julius à Riez, en 439, et Clémentius à Orléans, en 549. Puis les grandes invasions burgondes, wisigothes ou ostrogothes, peuples qui se réclamaient de l'arianisme, mirent à bas l'héritage romain. Ce fut ensuite au tour des Lombards descendus des Alpes de ravager le pays d'Apt en 574. Entre l'évêque Innocentus, qui assista au concile de Paris en 614, et Trutbert, qui fut présent au plaid de Sermorens, en 853, aucun document n'existe prouvant la présence d'un évêque à Apt.

Grandes invasions Le cartulaire de l'église d'Apt, même si son premier acte est daté de 835 relate un certain nombre de faits parfaitement connus par ailleurs. En particulier, il fait état des raids menés par les Sarrasins entre 731 et 739 puis à l'intervention des Francs de Charles-Martel qui suivit.. Un siècle plus tard, un acte de Louis l'Aveugle, roi de Provence, indique qu'en 896, une nouvelle incursion des Sarrasins avait anéanti la cité et sa cathédrale..

Vers 975, la destruction avait été telle que l'évêque Nartlod. dut déplacer son siège et s'installer dans l'église Saint-Pierre de l'autre côté de la ville. Cette troisième cathédrale qui jouxtait l'actuelle place Saint-Pierre subsista jusqu'au . et ce fut là, dans ce nouveau siège épiscopal dédiée à sainte Marie, saint Pierre et saint Castor, que, le , l'évêque Teudéric octroya une charte à ses douze chanoines consacrant la fondation d'un chapitre cathédral...

Il fallut attendre 973 et la capture de dom Mayeul, abbé de Cluny, dont la famille était originaire du pays d'Apt, pour voir chasser les Sarrasins.

Deux ans plus tard, la vie pouvait reprendre son cours et le pagus Aptensis commença à se couvrir de castrii, ponts, églises et chapelles. Il fut dès lors question de faire regagner à la cathédrale son siège historique. Mais les ruines de Sainte-Marie et Saint-Castor étaient telles que l'évêque Étienne renonça à les faire déblayerCartulaire, , .. Mais en 1038, il délaissa la cathédrale Saint-Pierre et alla s'installer au Bourg. Il y fit bâtir une nouvelle église pour l'évêché, sur l'emplacement de l'actuelle sous-préfecture, et il dédia cette quatrième cathédrale qu'il venait de faire édifier à Sainte-Marie Nouvelle.. Elle surmontait une crypte à trois nefs dans laquelle l'évêque fut inhumé mais fut démolie au lors de la construction du Palais épiscopal.

Moyen Âge Ce fut Alfant, Aufant, dit d'Agoult, son successeur qui décida le de reconstruire la vieille cathédrale Sainte-Marie-et-Saint-Castor sur son emplacement actuel.. Ce nouveau groupe cathédral, dont l'église était à deux nefs., fut largement soutenu financièrement par les Agoult-Simiane. Le déblaiement des ruines se fit jusqu'au niveau des cryptes et fut l'occasion de l'invention des reliques d'Auspice qui fut dès lors considéré comme le premier évêque de l'église d'Apt..

Les travaux de cette cinquième cathédrale n'étaient pas achevés lors de la visite d' en 1096. Mais il est assuré qu'il séjourna à Apt du au de cette année et qu'il dut consacrer les murs.. Elle servit à nouveau au culte à partir de 1160, date à laquelle Sainte-Marie Nouvelle fut délaissée.. De cette cathédrale du , il ne subsiste que le sol de la nef que les fouilles ont retrouvé deux mètres plus bas que le niveau actuel. thumb|Signature lapidaire d'un des architectes de la cathédrale datée du troisième quart du . Une nouvelle cathédrale fut entièrement reconstruite au cours du sous les épiscopats de (1158-1162) et de Peire/Pierre de Saint-Paul (1162-1182). Grâce à une signature lapidaire sur un des linteaux de la crypte supérieure, on sait qu'un des architectes et appareilleurs fut Hugues, dit VGo. et une analyse attentive de son style par Paul-Albert Février a décelé une influence architecturale venue d'Orient :

En 1179, Pierre de Saint-Paul transféra les reliques de Castor dans la nouvelle crypte de « Sainte-Marie du Siège », puis de nouveaux travaux furent mis en chantier pour le bas-côté méridional sous les épiscopats de Guiran de Viens (1186-1193) et de Geoffroy (1208-1221). Ce collatéral sud comporte les traces de trois grandes campagnes de travaux qui se sont échelonnées du milieu du au début du . En 1272, l'évêque Raimond Centullion consacre les deux autels de la Vierge et de saint Jean..

Il fallut attendre le et l'épiscopat de Hugues de Bot pour de nouveaux aménagements. En 1313, l'évêque fit ajouter une nef septentrionale afin qu'elle servit de sépulture aux membres de sa famille originaire de Saignon. Un demi-siècle plus tard, les ruines de la cathédrale paléo-chrétienne dédiée à saint Paul, à l'entrée du vallon de Rocsalière, furent déblayées par décision du Conseil de Ville d'Apt, en date du , afin de réemployer ces pierres à la construction de nouvelles tours pour épauler les remparts.

Renaissance De nouvelles modifications eurent lieu au milieu du à l'issue d'un jubilé de cinq ans qui avait été accordé, en 1534, à César Trivulce, l'évêque d'Apt. Des indulgences étaient obtenues pour tous les fidèles qui visiteraient la cathédrale et vénéreraient les reliques de l'aïeule du Christ. Il y eut une telle affluence qu'une partie de leurs dons fut affectée, à consolider la voûte, à réaliser un nouveau frontispice pour la grande porte et à faire installer de nouvelles orgues..

Période moderne thumb|Joseph-Ignace de Foresta. En 1643, l'évêque d'Apt Modeste de Villeneuve-Arcs, le chapitre cathédral et les Consuls de la ville décidèrent de faire édifier une nouvelle chapelle en l'honneur de sainte Anne. Une tradition sans fondement en attribuait la conception à François Mansart, on sait maintenant que son auteur est le grand architecte avignonnais François de Royers de la Valfenière.. Commencés en 1643, un temps suspendus par des problèmes de trésorerie, les travaux furent réactivés en 1660 en suite de la visite de la reine-mère de France Anne d'Autriche, venue à Apt le pour remercier sa sainte patronne de lui avoir permis d'être mère. Son pèlerinage accompli, elle fit don de reliquaires en or à l'évêque Modeste Villeneuve des Arcs qui l'avait accueillie et l'incita à faire poursuivre ce qui est aujourd'hui devenu la « chapelle royale ». Mais le don royal promis n'arriva jamais, vraisemblablement détourné par un dignitaire de la Cour. L'évêque combla le déficit et la chapelle fut finalement consacrée le .

Il dut, en même temps, y avoir une restauration de la crypte supérieure puisque lors de sa visite pastorale le , l'évêque Jean de Gaillard constata que celle-ci apparaissait « en aussy bon estat que sy n'avoit esté faicte deouis quelques années »..

Vers 1721, sous l'épiscopat d'Ignace de Foresta, le Chapitre et le Conseil de Ville décidèrent conjointement de faire effectuer les derniers grands travaux dans la cathédrale. Ils consistèrent en la restauration de la grande nef et exhausser la voûte..

Apt et sa cathédrale restèrent le siège d'un évêché jusqu'à la Révolution française. Lors du concordat de 1801 le diocèse fut supprimé et réparti entre les diocèses d'Avignon et de Digne.

Période contemporaine Au milieu du , sous les municipalités Jouve et Jean, une campagne de restauration a permis au collatéral sud de retrouver son aspect initial et de placer un autel roman dans l'absideAugustin Roux, , ..

Description Les extérieurs Le mur extérieur sud comme le prouve une arcature, aujourd'hui occultée, s'ouvrait entre le cloître et les cryptes. Des anciennes baies, à l'est et à l'ouest du porche de la tour de l'Horloge, éclairaient cette façade. Placées peu au-dessus du sol exhaussé, trois enfeus datés des , signalent encore l'ancien cimetière jouxtant l'oratoire Saint-Sauveur..