thumb|right|250px|Loup européen Le Loup gris, une sous-espèce de Canis lupus plus simplement appelé localement loup, est un des animaux les plus emblématiques d'Europe. Il était à l'honneur durant l'Antiquité chez la totalité des anciens peuples européenshttp://www.e-monsite.com/louploup/rubrique-1014153.html La vie des Loups - le loup en détail - la place du loup pour les différentes culture indo-européennes.
Les mythologies européennes, depuis les côtes de la Méditerranée jusqu'au nord de la Scandinavie, n'ont eu de cesse de relier le loup à la fécondité, à la protection, à la destruction, à la punition, au soleil et aux divinités héroïques qui incarnaient ces valeurs comme Apollon ou Belen.
L'aspect particulier de l'approche des peuples indo-européens par rapport aux Amérindiens du Nord est que le loup symbolise à la fois la protection et la destruction. Il existe donc à l'origine une dualité dans le culte ou la vision de cet animal.
Le loup occupe une place dans toutes les religions d'Europe même monothéistes, il est respecté, vénéré ou craint.
Cette symbolique du loup se retrouve aussi chez les peuples turcs et mongols, originaires des steppes. L'hypothèse kourgane (majoritaire chez les spécialistes, elle reste controversée) place l'origine des Indo-Européens dans la steppe pontique située au Nord de la mer Noire et de la mer Caspienne. La concurrence forte entre le loup et l'Homme dans ce biome peut être présumée.
Avant le développement de l'agriculture et de l'élevage, de nombreux peuples d'Europe se disaient descendants des loups et vouaient ainsi un culte au dieu-loup ancêtre.
Dans l'Antiquité, voir un loup avant le début d'une bataille était aussi présage de victoire, le loup étant l'animal symbolique du chasseur et du guerrier.
Paléolithique et Néolithique En Europe, les premières interactions confirmées entre le loup et l’Homme datent du Paléolithique. Plus tard, des loups sont domestiqués pour donner naissance au chien actuelhttp://www.vetopsy.fr/histoire/domest_cn.php Domestication du chien à partir de loup sans que le premier ne disparaisse de l'imaginaire des hommes.
Au Paléolithique, les artistes gravaient des loups sur les parois des caverneshttp://donsmaps.com/frenchcavesfr.html Grottes et abris sous roches Français et Espagnols - gravures de loups.
La plus ancienne trace de cohabitation entre les deux espèces date d'il y a .
Des traces d'association entre les espèces humaines et canines ont été découvertes en Rhénanie, à Oberkassel aux alentours de Bonn Die Wildsäugetiere in der Umwelt des Menschen von Oberkassel bei Bonn und das Domestikationsproblem von Wolfen im Jungpaläolithikum. Elles datent d'environ , c'est-à-dire avant la révolution néolithique et avant la domestication d'autres espèces. Le loup est donc le premier animal domestiqué par l'Homme.
Également en Europe, dans les couches magdaléniennes () de la Kniegrotte (« caverne du genou ») en Thuringe (Allemagne), plusieurs ossements de canidés ont été trouvés. D'après l'archéozoologue tchèque Musil, ce canidé se distingue du loup du paléolithique supérieur européen par sa taille plus petite, mais aussi par le resserrement des dents jugales. Il ne ressemble pas au chien actuel. Le chien domestique apparaît donc avec des caractères propres à l'issue d'une longue cohabitation avec l'Homme.
Le loup est le symbole de la puissance de la nature (un peu à l'image du lion en Afrique), qui tantôt protège, tantôt détruit, une sorte de roi de la faune européenne. Il est également l'unique prédateur organisé capable de concurrencer l'homme dans l'environnement européen. En effet, le loup vit en meute, comme l'homme vit à cette époque en tribu.
Chez les chasseurs-cueilleurs, il était donc l'adversaire et l'exemple, en raison de son organisation sociale supposément hiérarchisée (la théorie de la meute hiérarchisée est maintenant remise en question et révisée) et de sa capacité à utiliser toutes les ressources de la meute pour chasser et pour assurer la survie du clan.
À cette époque, les loups sont beaucoup plus nombreux que les hommes en Europe et ces derniers en rencontrent fréquemment.
Monde celtique Le loup était un symbole pour les Celtes. Lug, dieu suprême de la mythologie celtique, est représenté accompagné de deux loups, ce qui s’explique probablement par la ressemblance indo-européenne entre *leuks « lumière », qui est peut-être la base du nom de Lug, et *lukwos (ou *wlkwos) qui signifie « loup ».
Les Volcae sont une confédération de tribus celtes établies en Gaule et le long du Danube. Volcae pourrait signifier « les loups », mais d'autres étymologies ont été proposéesPierre-Yves Lambert, la langue gauloise, errance 1994..
Chez les Gaulois Dans la tradition celtique bretonne, bleiz (« loup » en breton moderne, bleid en ancien breton) est un des derniers grands druides, il est l'instructeur de Merlin l'Enchanteur, futur guide spirituel du roi Arthur. Il vivait comme un ermite dans la forêt avec les animaux qu'il soignait, entouré de loups. Le loup étant un des animaux attributs du Dieu Belen, son protecteur, Bleizhttp://www.rhedae-magazine.com/Bleiz-l-Initiateur_a105.html - Bleiz l'initiateur - Rhedae magazine, était de ce fait considéré et surnommé « l'homme-loup ».
, certains soldats gaulois allaient même jusqu’à recouvrir leur casque d’une tête de loup après avoir mangé leur cœur en rituel Loup au Moyen Âge - Site du Haut-Koenigsbourg - château-fort alsacien. Cela dans le but de s'attribuer les qualités du loup. Le chien a peu à peu remplacé ce dernier dans le culte celtique, y ajoutant quelques attributs.
Mythologie germanique et nordique thumb|left|200px|Pierre runique représentant le loup Fenrir, Östergötland, Suède thumb|right|200px|Représentation de Fenrir right|200px|thumb|Fenrir arrache la main de Týr.Manuscrit SÁM 66, 1765, Copenhague, Bibliothèque royale. Quand Odin trônait dans son palais du Walhalla, il était représenté avec deux grands loups qui étaient couchés à ses pieds, comme dans le cas de Lug chez les Celtes.
Dans la mythologie germanique, Fenrir le loup, le « Destructeur » est celui à qui incombe la destruction de l’ordre du monde, c'est l’exécuteur du Destin. Avant la fin du Monde, deux autres loups (Managarm) devaient également dévorer le Soleil et la Lune, ce qui serait le signe de la fin du monde et de l'affrontement final. Il semble que l'on retrouve ces thèmes dans la mythologie gauloise puisqu'un statère en or des Unelles représente un loup qui semble prêt à avaler une roue solaire. De même, une monnaie des Sylvanectes représente un personnage difforme dont le bras gauche est enfourné dans la gueule d'un monstre qui est vraisemblablement un loupPatrice Lajoye, Mythes et légendes scandinaves en Normandie, OREP éditions, Cully, 2011, ..
Fenrir était le fils de Loki et d'une géante. Il fut élevé par les Ases (dieux), mais il grandit si vite et devint si fort que ces derniers durent l'enchaîner.
Dans l'ancienne Germanie, comme chez les Gaulois, les guerriers se nourrissaient de loups pour acquérir ses qualités que sont la force, la rapidité et l'endurance. Ce rituel permettait de donner du courage aux combattants en les plaçant sous la protection des loups.
De nombreux anthroponymes germaniques (incluant les prénoms nordiques) sont composés avec l'élément vieux norrois ulfr, autrement ulfR, vieil anglais wulf, vieux haut allemand wolf (souvent réduits à -ulf, -olf comme deuxième éléments d'un composé) signifiant tous « loup », par exemple : Gundulf, Arnulf, Rodulf, Hariulf, Wolfgang, Wulfram, Wulfila (ou Ulfila), Askulf, Thorulf, Ragnulf, Oddulf, Ingenulf, Haulf, Adolf, Thiudulf, Landulf, Pandulf, Gisulf, Wulfgar, Wulfstan
La plupart de ces anthroponymes sont tombés en désuétude en tant que prénom, mais il reste assez fréquents comme patronymes (cf. en Normandie : Renouf, Ingouf, Ouf, Surcouf, ) ou dans la toponymie.
Selon l'historien français Jean-Pierre Poly la comptine enfantine Am stram gram est issue d'un rituel chamanique germanique, ayant pour but d'invoquer le loup céleste Mana Gram (que l'on pourrait rapprocher des Managarm)Jean-Pierre Poly, « Am stram gram… la chevauchée des chamanes », L'Histoire, , 29 décembre 2005, ..
Chez les Grecs anciens Le loup était appelé lycos (rac. Λυκw terminée par une labio-vélaire évoluant en k- en gr. et p- en lat.). Dans la langue grecque primitive, les deux termes utilisés pour désigner la lumière et le loup étaient si proches qu'ils finirent parfois par se confondre : Apollon Lycien, selon les interprétations, désigne soit le dieu de la lumière, soit le dieu-loup. Le loup étant également l'emblème du dieu solaire Apollon pour ses actes justiciers.
Zeus marié à Héra eut une aventure avec Léto qui était enceinte de celui-ci. Pour protéger Léto, Zeus la transforma en louve et la mena sur l’île de Délos, où elle mit au monde leurs deux enfants : Apollon et Artémis.
Ayant une louve pour mère, ils furent surnommés Artémis Lycaea et Apollon lycien.
Dans Apollo the Wolf-godJournal of Indo-European Studies, vol. 8, 1991, Daniel E. Gershenson voit en Apollon un dieu d’origine indo-européenne, dont les attributs principaux seraient rassemblés dans l’expression Apollon dieu-loup. Cet auteur s’inscrit dans la lignée des travaux de Louis Gernet Dolon le loup et de Henri Jeanmaire Couroï et Courètes.
Par là, il faut entendre non pas le culte de l’animal en lui-même, mais de son symbolisme de loup mythique, pouvoir duquel est exercé par le vent considéré tant par ses vertus bénéfiques que destructrices. Les vents, comme Zéphyr le vent-loup, peuvent être favorables aux semences, mais sont aussi tenus pour issus des cavernes et cette origine souterraine les met en relation avec les Enfers. Le vent est ainsi le passage entre le chaos et le cosmos.
Ceci explique le rôle de la divinité comme tuteur des éphèbes, de jeunes guerriers qui accomplissent leur initiation d’adultes, sa fonction de protecteur du grain semé et enfin sa qualité de dieu de la prophétie qui révèle les mystères et initie les musiciens et les poètes. Le Lycée, créé par Aristote, est placé dans un gymnase jouxtant le temple d’Apollon Lykeios. Apollon Lykeios, le dieu-loup, serait le maître des passages, dieu qui transforme les forces chaotiques des confréries de loups-garous de l’adolescence vers l’âge adulte, qui dévoile par la prophétie ou la Pythie le monde caché vers le découvert.
Gershenson présente de nombreux témoignages dans le monde européen qui pourraient montrer que ce dieu-loup et dieu-vent remonte à une période antérieure à la séparation des peuples européens qui ont pénétré en Europe centrale et méridionale. Ses déductions ont été confirmées plus tard par Bernard Sergent, un auteur qui a notamment souligné le lien d'Apollon avec les loups et son rôle joué dans les initiations, ainsi que son origine indo-européenne. Apollon est particulièrement associé à Borée, le Vent du Nord. Lug, son équivalent celtique, est un « chevaucheur de tempêtes ». Sergent a cependant accusé Gershenson de donner une vision trop réductrice d'Apollon, ce dieu ayant une personnalité beaucoup plus riche que celle décrite dans cette thèse
À Delphes, le temple d'Apollon était gardé par un loup de bronze, en souvenir d'un vrai loup qui aurait protégé les trésors du temple contre un voleur.
Dans la mythologie grecque, le dieu Hadès, maître des Enfers apparaît également vêtu d'une peau de loup.
Chez les Troyens Dolon, le Loup décrit par Homère, était un guerrier troyen qui s'habillait avec une peau de loup et qui imitait ce dernier. Toutefois, d'après les récits, Dolon ne parviendra jamais à accaparer les qualités guerrières de cet animal.
Chez les Étrusques thumb|left|130px|Carte de l'Étrurie à son expansion maximum