LAnglo-Persian Oil Company (APOC) a été fondée en 1909 à la suite de la découverte d'un vaste gisement pétrolier à Masjed Soleiman, en Iran, le R. W. Ferrier, J. H. Bamberg, The History of the British Petroleum Company, vol.1, Cambridge University Press, 1982 . Elle a été la première société à exploiter les réserves pétrolières du Moyen-Orient. L’APOC conclut un nouveau contrat de concession avec l'Iran en 1933 et fut renommée Anglo-Iranian Oil Company (AIOC) en 1935 – la Perse étant devenue l’Iran la même année. En 1954, après le mouvement nationaliste et la conclusion d’un consortium avec la NIOC, la société devint la British Petroleum Company (BP).
Histoire de la fondation Jacques de Morgan En 1892, Jacques de Morgan publia un rapport sur ses voyages en Perse. Il visita les travaux d'excavation de Marcel et Jane Dieulafoy. Il fit une étude géologique d'une région frontalière entre la Perse et la Mésopotamie ottomane où on lui avait signalé la présence de sources de naphte exploitées par la population kurde locale, près de Qasr-e Chirin. Il publia son étude dans la revue Les Annales des mines en 1892. Le rapport de Morgan intéressa Antoine Kitabgi Khan, ancien directeur général du service douanier persan, retraité à Paris. Kitabgi Khan entra en contact avec Sir Henry Drummond Wolff, l'ancien ambassadeur britannique en Perse, et lui demanda si Wolff ne pouvait pas trouver quelqu'un qui pourrait s’occuper de l'exploitation des champs pétroliers persans. Wolff rencontra à Londres William Knox D'Arcy, qui avait fait sa fortune en Australie avec une mine d'or.
La concession D'Arcy gauche|vignette|210x210px|William Knox D'Arcy vignette|La concession D'Arcy L'homme d'affaires britannique William Knox D'Arcy entreprend en 1901 de financer la recherche de gisements pétrolifères en Perse. Les premières prospections sont conduites par Sir Henry Drummond Wolff, Antoine Kitabgi et Édouard Cotte. D'Arcy, sûr de son fait, envoie à Téhéran son homme de confiance Alfred Marriott qui négocie le avec le shah de Perse Mozaffareddine Chah une concession cédant au Royaume-Uni le contrôle des réserves pétrolières iraniennes pour une durée de contre la somme de sur une zone de . Sont exclus de la concession les provinces du nord de l'Iran, alors sous le joug économique de la Russie. La concession stipulait que D'Arcy devrait financer tous les coûts d'exploration. En retour, on lui donna le droit de tenir 90 % des actions de la « première société de gestion collective. » 10 % des actions revenaient à l’État iranien. D’Arcy empochait 84 % des bénéfices tandis que 16 % revenaient à l’État iranien. D'Arcy perdit également des bénéfices de la société avec la perception de l'impôt iranien sur le revenu. Après l'expiration de la concession en 1961, l'ensemble des actifs immobiliers de la société de gestion collective devaient revenir à l'État iranien. Atabak reçu également une récompense pour sa médiation : pour former des actions de la société.
Une équipe de forage conduite par George B. Reynolds se mit alors à l'œuvre. Elle commença effectivement en 1902 avec le forage pétrolier à Chia Surkh dans l’Ouest de l'Iran. En 1903, le premier gisement fut découvert, et D'Arcy fonda la First Exploration Co. Ltd. (FEC). Cependant, il s’avéra rapidement que la source fournissait trop peu de pétrole afin de les exploiter économiquement et obtenir un quelconque bénéfice. On déplaça la prospection pétrolière dans une région habitée des tribus Bakhtiaris. Afin d'assurer leur protection, la compagnie signa avec les chefs tribaux un contrat de concession distincte dans laquelle les chefs tribaux s’engageait à fournir une participation de 3 % sur toutes les compagnies pétrolières de leur district, plus un paiement annuel de pour protéger les installations pétrolières et des pipelines à partir de 1905. À la fin de l’année 1905, D'Arcy avait investi dans l'exploration pétrolière sans que des quantités importantes de pétrole aient été trouvées. D'Arcy commença à négocier la vente de la concession à la ligne française des Rothschilds. Sur intervention de la British Admiralty, la Burmah Oil Company fondée en 1896 à Glasgow par Sir David Sime Cargill racheta la concession. D'Arcy vendit aussi ses à la Burmah Oil qui le remboursa en un montant non précisé en espèces.
Burmah Oil Company La Birmanie (le pays est appelé en anglais Burma dans la période victorienne et est aujourd'hui aussi appelé le Myanmar) devint après l'invasion des troupes britanniques en 1886 une partie de l'Empire britannique. La Burmah Oil Corporation avait eu beaucoup de succès dans l'exploration et l’exploitation pétrolière. En 1899, le pétrole issu de l’exploitation était surtout vendu dans la Birmanie, bien que transporté aussi en Inde. En 1905, l'Amirauté britannique conclut avec Burmah Oil un contrat à long terme pour l'approvisionnement en pétrole de la flotte britannique.
gauche|vignette|219x219px|La première activité de forage entreprise à Masjed Soleyman en Perse en 1908.
Burmah Oil accepta de financer l'exploration pétrolière en Iran avec . Au début, la nouvelle compagnie détentrice semble rencontrer le même succès. Trois ans après la reprise de la concession de D'Arcy, on fora le un trou à de profondeur à Masjed Soleiman et on y trouva du pétrole : Burmah Oil avait découvert un des plus grands gisements de pétrole dans le monde.
Naissance de l'APOC vignette|Puits de pétrole à Masjed Soleiman
La Révolution constitutionnelle persane qui commence en 1906, notamment en raison de la vente des concessions commerciales à des pays étrangers.
En , les concessionnaires fondèrent la société Anglo-Persian Oil Company (APOC) qui extrayait, traitait et vendait le pétrole découverts dans les gisements pétrolifères du sud de la Perse. La société eut un capital social de 1 million de livres britanniques et était presque indépendante de la Burmah Oil Company. D'Arcy fut nommé au conseil de l'APOC et occupa ce poste jusqu'à sa mort. Les droits d'exploration, l'extraction, la transformation et la vente de pétrole iranien furent transférés à la « première société de collecte », qui détenait la concession accordée par le gouvernement iranien, contre le paiement d'une redevance de licence par l’APOC. Avec le transfert des droits à l'APOC, l'État iranien n'était plus impliqué dans l'entreprise exploitant son secteur pétrolier. Il ne percevait désormais que 10 % des profits du pétrole extrait, et seulement 16 % des frais de franchise de l’APOC. Avec la mise en place de cette deuxième société, les droits de participation iraniens furent encore plus réduits.
Afin de vendre le pétrole, un pipeline, une raffinerie et une station de chargement pour camions-citernes devaient être construits. L’APOC choisit comme base la ville d’Abadan. Cette zone était gérée par le cheikh Khaz'al de Mohammerah. En 1909, après des négociations entre la résidence du golfe Persique (subdivision coloniale britannique) et le cheikh Khaz'al, un accord fut conclu, qui prévoyait un paiement de par an pendant dix ans, payables à l'avance. En outre, un prêt de fut accordé au cheikh. En outre, les gestionnaires de l’APOC promirent que des membres de la tribu du cheikh seraient recrues pour fournir le personnel de sécurité pour les systèmesZuhayr Mikdashi, A financial analysis of middle eastern oil concessions, 1901-65. New York, 1966, ..
En 1911, à se termine la Révolution constitutionnelle contre le règne despotique des chahs Qadjar. Le suffrage universel direct, pour le moment réservé aux hommes, des 136 membres du parlement, est mis en place.
En 1912, la Burmah Oil Company dirigée par Sir John Cargill refuse de fournir un financement supplémentaire pour l’APOC. Winston Churchill, à l'époque Premier Lord de l'Amirauté, négocie de nouveaux accords avec Burmah Oil. Avec Englische Dokumente zur Erdrosselung Persiens, Verlag Der Neue Orient, Berlin, 1917, , le gouvernement britannique acquiert la majorité de l’ensemble de £ du capital social. En outre, un contrat à long terme pour la fourniture de la flotte britannique est signé avec l’APOC. . En 1913, la production de pétrole peut ainsi reprendre. À ce moment-là, on ignore qu’Abadan deviendra la plus grande raffinerie du monde dans quelques années.
Les investissements de l'APOC L'APOC participa à 50 % entre autres à la fondation de la Turkish Petroleum Company (TPC) par le négociant en pétrole Calouste Gulbenkian, obtenant des revenus dans les bénéfices à venir provenant des puits de pétrole dans l'Empire ottoman. L'investissement dans la TPC se révéla, après interruption de sa production lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), très précieuse pour l'APOC. Le Mouvement constitutionnaliste du Gilân (1914-1921) est le second mouvement renforçant la constitution et la nationalisation. la production pétrolière s'intensifia. La Turkish Petroleum Company fut renommée après la création de l'Irak en Iraq Petroleum Company en 1927.
Afin de soutenir les cheikhs locaux et les chefs tribaux Bakhtiaris, ceux-ci obtinrent de l'APOC qu'elle fonde la Bakhtiari Oil Company, entreprise dans laquelle les chefs tribaux se virent plus impliqués et qui leur distribua un bénéfice correspondant.Scènes de travail à Abadan sur la raffinerie de l'APOC :
Paiements de concession jusqu'en 1918 Du début de l'exploitation pétrolière en 1908 jusqu'à l'éclatement de la Première Guerre mondiale en 1914, les frais de concession annuels au gouvernement iranien s'élevèrent à quelques centaines de livres. Après le début de la Première Guerre mondiale, l'APOC récupéra les frais de concession au gouvernement central iranien. Bien que l'Iran ait déclaré sa neutralité, le pays était occupé par les troupes britanniques et russes. Les paiements de concession de l'APOC à l'Iran furent suspendus pour les cinq prochaines années.
L'accord Armitage-Smith vignette|L'accord Armitage-Smith Après la guerre, l'APOC exigea de la Perse une demande d'indemnisation équivalant à de dollars pour les dommages de guerre aux oléoducs, supposément des actes de sabotage des agents allemands qui avaient été tolérés par le gouvernement iranien. En , le conflit entre le gouvernement central iranien et l'APOC se solda par laccord Armitage-Smith''. Cet accord mit en place un changement significatif dans le calcul des gains qui étaient la base des droits de concession, auparavant au détriment de l'Iran. Ainsi, tous les profits liés au transport pétrolier furent exclus du calcul. Le calcul du bénéfice de la participation de l'APOC fut limité aux sociétés dans lesquelles l'APOC avait une participation majoritaire. Ces importantes déductions de calcul furent approuvées.
Pour compenser les frais de concession des années 1914 à 1920 que la Perse n'avait pas perçu, la Perse reçut sterling comme somme forfaitaire. À titre de comparaison, la Banque mondiale indiqua dans un rapport établi en 1950 qu'en 1919, l'APOC avait réalisé un excédent de de livres sterlingWorld Bank, Nationalization of the Iranian Oil Industry, 1950, .. Si la concession de D'Arcy avait correctement payé le gouvernement perse, l'Iran aurait reçu de livres sterling.