Simone Cantarini connu aussi sous le nom de Simone da Pesaro ou encore Il Pesarese, né le à Pesaro dans l’actuelle région des Marches, et mort à Vérone en 1648 à l’âge de 36 ans, est un peintre et un graveur baroque italien de l'école bolonaise.

Biographie La biographie du génie rebelle a été rédigée par Carlo Cesare Malvasia en 1678 qui l’a connu personnellement et le représente ainsi : Il était très hautain, et satirique, moins par son instinct propre ou par nature, qu'en raison de l'influence de ses flatteurs.Il naquit en , à Pesaro ville de la Marche d'Ancône dans les États pontificaux et fut baptisé le suivant.

Simone Cantarini est l’élève notamment du peintre maniériste de Pésarais Giovanni Giacomo Pandolfi et du peintre vénitien Claudio Ridolfi ; il étudie alors les œuvres accessibles de Federico Barocci ainsi que celles d'Orazio Gentileschi et Giovanni Francesco Fossombrone.

vignette|gauche|Portrait de Guido Reni par Simone Cantarini. (1636)|225x225pxVers 1635, il se rend à Bologne, où il entre dans l'atelier de Guido Reni jusqu'en 1639.

Et s'il reste alors très influencé par la peinture maniériste tardive des Marches ainsi que par la manière caravagesque d’Orazio Gentileschi, le placement dans la cathédrale de Pesaro du grand retable de la Vierge à l'Enfant avec saint Thomas et saint Jérôme (aujourd'hui au Vatican) de Guido Reni sera pour le jeune pésarais un événement décisif dans son développement artistique.

Son éducation se complètera par des éléments naturalistes qui, à partir de 1640, s’ajoutant aux connaissances classiques, celle-ci transforme alors Cantarini en un "petit-maître » d’une très haute sensibilité culturelle et stylistique.Carlo Cesare Malvasia rapporte encore (II, p. 374) qu'initialement Cantarini prétendant "... faible et scolaire ... trop humble, et docile, et des pâtes les mieux composées et les plus maniables du monde", eut caché sa capacité et à son professeur et à ses camarades, mais qui, avec le temps et se sentant plus sûr de lui, changea d'attitude. Il devint extrêmement critique de son maître, et en même temps, exprima des jugements démolissants le travail du Dominiquin et Albani. Telle était sa présomption qu'en l'absence du maître Reni, il osa même corriger le travail de ce dernier devant les autres élèves. De plus, des difficultés surgirent concernant la réalisation de gravures de Cantarini d'après les dessins de Reni. Ses œuvres les plus significatives furent celles liées à la période de quatre années qu’il passa à Bologne, citons à ce titre : l’Immaculée avec Saints, La sainte Famille, Le repos en Égypte, La Transfiguration et Loth avec ses filles ;

Finalement, après une série d'épisodes désagréables où l’orgueil infâme de Cantarini et sa langue débridée ont aliéné le maître et tout l’atelier, Cantarini abandonna l'étude du Guide (vers 1635-1637, selon Emiliani).

D'un document toujours rapporté par Emiliani, il ressort que Cantarini est retourné à Pesaro, au moins pour une courte période, à l'occasion du mariage de sa sœur, en 1639.

Dans les premières années de la cinquième décennie, Cantarini a très probablement vécu à Rome où il semble s’être intéressé avec beaucoup d'application à la sculpture antique et aux décorations murales de Raphaël.

Il est alors en contact avec la variante néo-vénitienne du classicisme, présente dans l'entourage des Barberini..

Suivirent une série de peintures parmi lesquelles : le Miracle de l’infirme et la Salomè qui reçoit la tête du Baptiste exposée à Cesena en 2010. vignette|375x375px Il a alors pour élèves Lorenzo Pasinelli, Flaminio Torre, Giulio Cesare Milani, Giovanni Peruzzini, Girolamo Rossi, Giovanni Maria Luffoli et Giovanni Venanzi.

Juste après de la mort de Guido Reni en 1642, Simone Cantarini retourne à Bologne où son langage devient de plus en plus naturaliste.

Après 1642, la situation devient plus favorable pour l'activité d'autres maîtres. Cantarini ouvre son propre atelier dans une maison appartenant à la famille patricienne où il poursuivra son activité avec profit jusqu’à sa fin prématurée.

En effet, il meurt à Vérone à l’âge de seulement 36 ans.

Le Malvasia raconte les événements des derniers mois de la vie de Cantarini : appelé à Mantoue pour faire le portrait du duc, il se conduisit manifestement mal, critiqua les tableaux de la collection ducale et surtout les œuvres de Giulio Romano; De plus, l’exécution du portrait s’éternisait au point que le duc lui-même "le moquant se mit à le conseiller de quitter l’entreprise", qui fut finalement effectivement confiée à un autre peintre. L’humiliation affligea tellement Cantarini qu’il en tomba malade; son médecin lui conseilla de changer d’air en se rendant à Vérone, et il y mourut peu après, le , mais les soupçons selon lesquels il aurait été empoisonné par un autre peintre de la cour de Mantoue, toujours selon Malvasia ne manquent pas non plus.

Simone Cantarini fut sans discussion le meilleur élève de Guido Reni et le seul peintre de son entourage capable de formuler un style très personnel : son riche « pictorialisme", ses couleurs légèrement dégradées et les nouvelles inflexions dans les poses des personnages contribuèrent à introduire une des plus délicates et intimes manières de peindre au cours de ces dernières décennies du .

Son influence est perceptible notamment dans l'œuvre de son élève doué Lorenzo Pasinelli, et chez le jeune Donato Creti.

Œuvres et Catalogues C’est certainement la fulgurance qui caractérise Simone Cantarini qui eut, dans sa courte vie, et contrairement à ce que laisse sous-entendre Malvasia, une production exceptionnellement abondante.

Son aisance et son inventivité sont manifeste dans le corpus de dessins(A. Emiliani, in Ancient and Modern Art, 1959 ; R. Cocke, P. F. Mola, Oxford 1972, ad Ind ..

Il fut aussi un excellent graveurCatalogue de ses gravures : A. Bartsch, Catalogue raisonné des estampes gravées..., Vienne 1795, pp. 51-73 ; et Le peintre graveur, Vienne 1819, XIX, pp. 127- 146).. centré|vignette|275x275px|Sainte Famille avec saint Jean-Baptiste et sainte Elizabeth, Musée national pouchkine, Moscou

Peintures Œuvres conservées en Italie

Rome Repos pendant la fuite en Égypte (1603-1604), huile sur toile, Galerie Doria-Pamphilj Repos pendant la fuite en Égypte, Rome, Galleria Colonna. Transfiguration (1645), chapelle Pauline au palais du Vatican, Rome Jupiter, Neptune et Pluton sur le blason du Cardinal Borghese (œuvre la plus connue) Sofonisba (1637-1639), Fondazione Sorgente Group, Rome

Lombardie Repos pendant la fuite en Égypte, Pinacothèque de Brera, Milan Transfiguration, pinacothèque de Brera, Milan Allégorie de la musique, collection G. Pasquinucci, Milan Couronnement de la Vierge avec Saints, Gandino près de Bergame Emilie-Romagne Adoration des Mages, Pinacothèque nationale de Bologne Suzanne et les Vieillards, Pinacothèque nationale de Bologne Immaculée, Pinacothèque nationale de Bologne Saint Jean Baptiste, Pinacothèque nationale de Bologne Portrait de Guido Reni, Pinacothèque nationale de Bologne Atlas et Hippomène, collection Dell’Acqua à Ferrare La Gloire de l’Art, Pinacothèque de Rimini Saint Romuald, Casa Paolucci, Rimini

Les Marches L’Enfant Jésus apparaissant à saint Antoine de Padoue, huile sur toile, Galleria Nazionale delle Marche à Urbino Madone à l’Enfant en Gloire avec sainte Barbe et saint Térence, huile sur toile, Galleria Nazionale delle Marche à Urbino Marie-Madeleine, Pesaro Christ en croix avec Marie-Madeleine et François d'Assise, Santa Veneranda, Pesaro Saint Antoine, Cagli Madone de la Rose (dont il existe deux autres versions dans des Coll.privées), Fondation Caisse d’Epargne de Fano Saint Pierre guérissant les malades, S. Pietro in Valle, Fano La Vierge à la Ceinture, Pinacothèque civique de Fano La Vierge avec Saint Thomas of Villanova, Pinacothèque civique de Fano

Florence Saint André (1699), huile sur toile, , Galerie Palatine, Florence

Palerme Saint Jean l’Évangéliste, Musée Civique de Palerme

Œuvres conservées en France et dans le monde

En France Sainte Famille (première version), musée du Louvre, Paris Sainte Famille (deuxième version), musée du Louvre, Paris Repos pendant la fuite en Égypte (variations), musée de Grenoble Agar et l'Ange, musée des Beaux-Arts de Pau

Œuvres conservées dans le monde La Vierge appose le manteau à sainte Thérèse en présence de saint Joseph, Saragossemusée Goya colección Ibercaja Sainte Famille, collections du Marquis d'Exeter, Burghley House, Stamford, dans le Cambridgeshire, en Angleterre. Sainte Famille avec saint Jean offrant des fruits, Kedleston Hall, dans le Derbyshire Épouse de Joseph et Putiphar, Gemäldegalerie de Dresde Mars, Vénus et Cupidon, Musée des Beaux-Arts de Rio de Janeiro

Dessins et Gravures Paris, Beaux-Arts de Paris : La Naissance de la Vierge, sanguine. H. 0,268 ; L. 0,199 m. Verso : Études de jambes, de femmes et d'un enfant à la sanguine. Cette composition est typique des dessins de premières pensées de Simone Cantarini aux lignes puissantes et aux formes adroitement modulées par le jeu différencié des hachures. La beauté gracieuse et l'agencement général de la composition permettent de penser que le dessin fut exécuté après le séjour à Rome de l'artiste, soit au début des années 1640, époque pendant laquelle il réalise des dessins aux caractéristiques semblablesBrugerolles, Emmanuelle, van Tuyll, Carel, Le Dessin à Bologne, Carrache, Guerchin, Dominiquin …, Chefs-d’œuvre des Beaux-Arts de Paris, Paris, Beaux-Arts édition, 2019, p. 91-93, Cat. 21. . Six études de femmes, deux enfants, sanguine. H. 0,184 ; L. 0,222 m. Cette feuille date probablement également des années 1640, années pendant lesquelles l'artiste peint de nombreuses Saintes Familles. Il met l'accent sur le caractère intimiste du sujet; suggéré par l'expression de la tendresse maternelle, qui atteste sa dette envers les œuvres de Raphaël découvertes au cours de son séjour à RomeBrugerolles, Emmanuelle, van Tuyll, Carel, Le Dessin à Bologne, Carrache, Guerchin, Dominiquin …, Chefs-d’œuvre des Beaux-Arts de Paris, Paris, Beaux-Arts édition, 2019, p. 91-95, Cat. 22. .

Notes et références

Annexes Bibliographie

M. Cellini, Disegni du Simon da Pesaro : L'Album Horne, Milan, 1996. A. Emiliani (dir.), Simone Cantarini detto il Pesarese : 1612-1648, Bologne, cat. exp. Pinacoteca Nazionale, Accademia di belle arti (1997 - 1998, Milan) A. Emiliani, A. M. Ambrosini Massari, M. Cellini, R. Morselli, Simone Cantarini nelle Marche, Pesaro, cat. exp. Palazzo Ducale (1997, Venise) F. Jiméno, « Faux Goya vrais Cantarini », La Revue de l’art, n° 196, 2017-2, p. 69-73. M. Mancigotti, M. Valsecchi, Simone Cantarini, Il Pesarese, Milano, 1975. F. Scannelli, Il microcosmo della pittura (1657), a cura di G. Giubbini, Milano 1966, ad Indicem; L. Scaramuccia, Le finezze de' pennelli italiani… (1674), a cura di G. Giubbini, Milano 1965, ad Indicem; C. Malvasia, Felsina Pittrice (1678), Bologna 1841, I-II, ad Indicem; Id., Vite di pittori bolognesi (appunti inediti), a cura di A. Arfelli, Bologna 1961, ad Indicem; F. Baldinucci, Notizie de' professori del disegno..., Milano 1812, IX, pp. 357 ss.; G. P. Zanotti, Nuovo fregio di gloria... nella vita di L. Pasinelli, Bologna 1703, pp. 16-21, 94-97, 102-104; G. P. Zanotti, Dialogo in difesa di Guido Reni..., Venezia 1710, [p. 2]; Biblioteca Apost. Vaticana, cod. Capponi 257: N. Pio, Le vite di pittori...,Roma 1724, p. 214; G. A. Lazzarini, Catalogo delle pitture... nelle chiese di Pesaro, Pesaro 1783, ad Indicem L. Lanzi, Storia pittorica della Italia, V, Pisa 1816, pp. 120-23; G. Giordani, Sei lettere pittoriche, Nozze Hercolani-Angelelli, Bologna 1836, p. 26 (una mezza figura attr. al C. nella collez. Angelelli); A. Bolognini-Amorini, Vite de' pittori.. bolognesi, Bologna 1843, V, pp. 273-84 G. A. dell'Acqua, « Disegni inediti... di Brera », in L'Arte, XL, (1937), pp. 146 s.;