Corte Prononciation en français de France standardisé retranscrite phonémiquement selon la norme API. ( ) est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. La ville appartient à la piève de Talcini dont elle est historiquement le chef-lieu et donne son nom à la microrégion du Cortenais.

Occupant une position centrale dans l'île, Corte est la capitale historique et culturelle de la Corse. La « cité paoline » fut en effet choisie par Pascal Paoli comme capitale de la Corse indépendante (entre 1755 et 1769). Sa citadelle abrite depuis 1997 le musée de la Corse. La ville est également le siège de l'université de Corse-Pascal-Paoli, (1765/1769) et sera rouverte en 1981, qui accueille environ .

Géographie

Localisation vignette|La cuvette cortenaise vue de Poggio-di-Venaco. En arrière-plan, les aiguilles de Popolasca. vignette|Vue du quartier vers l'Est autour de la citadelle en l'hiver. Corte est située au centre de la Corse, à de Bastia et d'Ajaccio, métropoles auxquelles elle est reliée par la RT 20, ancienne route nationale 193 et par la voie ferrée Bastia-Ajaccio (gare de Corte du réseau des chemins de fer de la Corse). C'est la principale agglomération de l'intérieur de l'île et notamment du pays du Cortenais auquel elle a donnée son nom.

Communes limitrophes

Géologie et relief vignette|La Restonica au sortir du lac de Melo.|alt=

Géologie Corte se trouve dans le « Deçà des Monts »Le « Deçà des Monts » (en corse Cismonte) est opposé au « Delà des Monts » (Pumonti), moitié de l'île située au sud-ouest des hautes montagnes corses qui s'identifie quasiment avec la Corse-du-Sud, moitié de la Corse située au nord-est des massifs de haute montagne qui la coupent en deux. La commune se trouve dans la « Corse granitique » occidentale ancienne, constituée pour l'essentiel de roches granitiques, comme ordinairement distinguée par les géologues au sud-ouest de l'île, opposée à la « Corse schisteuse » au nord-est. La commune située dans le massif granitique du Monte Rotondo, s'étend depuis une haute ligne de crête au sud-ouest, en direction du nord-est où se situe la ville. Elle se compose : d'un grand secteur occidental, de la Corse Hercynienne ancienne (ou occidentale), composée de granites monzonitiques porphyroïdes ; d'un secteur oriental plus modeste, de la Corse orientale Alpine composée de terrains divers, issus d’un océan disparu appelé liguro-piémontais (océan Thétys dont l’âge est compris entre -170 à -60 Ma) et de ses marges continentales ; d'un secteur central, partie de la dépression centrale de l'île, séparant les deux premiers, présentant une couverture sédimentaire autochtone de la Corse ancienne, nappe océanique de marge continentale (Permien à Eocène). Le Cortenais est composé d’écailles charriées au front des schistes lustrés sur la couverture autochtone Découverte géologique de l'île de Beauté, Centre de géologie de l’Oisans, ..

Les sédiments charriés de la région orientale de la Corse comprennent deux nappes : à la base est une première nappe dite des « schistes lustrés » ou des sédiments métamorphiques, -les schistes lustrés ont pour substratum la protogine, et, reposant sur elle, il y a une seconde nappe ou des sédiments non métamorphiques allant du Houiller au nummulitique inclusivementD. Hollande in Géologie de la Corse, Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse - Éditeur Veuve Ollagnier Bastia, janvier 1917 - ..

Le secteur occidental En Corse, les schistes lustrés ont pour substratum la protogine dont les éléments essentiels sont : feldspath, quartz et mica. La protogine est extrêmement développée le long de la bordure orientale du massif cristallin de la Corse. C'est elle qui forme le Monte Rotondo (), le Monte d'Oro (), et l'on constate sur ces sommets qu'elle est recoupée par des filons de porphyrites et de diabases. Cette roche débute à l'Ouest de Castirla et va jusque sous la chapelle San Pancrazio, au nord de Corte, ce qui lui donne, dans cette région, une épaisseur d'environ . Sur ce parcours elle est traversée par des filons de porphyrites et de diabases. On trouve la protogine à l'Ouest du col d'Ominanda. Elle a été fortement incisée par le Tavignano et la Restonica sur une longueur d'environ . En remontant la Restonica, on relève une série régulière des sédiments des schistes lustrés jusqu'à leur contact avec la protogine, roche que l'on peut suivre ensuite jusqu'au sommet du Monte Rotondo. Par le sentier muletier de la rive gauche du Tavignano pour se rendre dans le Niolo, on traverse à nouveau la série des schistes lustrés jusqu'au contact de la protogine.

Le secteur central Il démarre au nord de la bocca d'Ominanda (), « à cheval » sur Soveria et Corte, et se termine au Sud-est communal à un sommet (altitude ) à l’ouest de la Punta di Tisani. Il comporte au centre le « Rocher de Corte ».

Aux environs de Corte, les dépôts sédimentaires de la première nappe comprennent : 1° Des schistes et des calcaires métamorphiques dits : « schistes lustrés »Sous l'expression de « schistes lustrés », on comprend des roches appelées calcschistes, c'est-à-dire des roches calcaires qui renferment de la séricite, de la chlorite, de la calcite, du quartz, des substances argileuses et même charbonneuses. On y trouve encore des amphibolites, des schistes à glaucophane, des chloritoschistes, des séritoschistes, des talcschistes, des micaschistes, de faux gneiss, le tout avec nombreux éléments accessoires. Il y a aussi des variétés de cipolins, soit des calcaires cristallins rubanés et plissotés ; des schistes amphiboliques également rubanés et plissotés. En réalité, les schistes lustrés comprennent un amalgame de roches pas toujours facile à définir nettement. Il y a cependant une donnée assez caractéristique à citer : c'est la présence de roches vertes dites intrusives qui leur ont fait donner le nom de « Pietre verdi ». En Corse, les sédiments appelés schistes lustrés, bien que correspondant à la série trias-jurassique, ne sont pas situés dans un géosynclinal représentant celui du Piémont.|D. Hollande in Géologie de la Corse, . ; 2° Des sédiments non métamorphiques allant du Houiller au Lias ; 3° Des calcaires avec nérinées, rudistes, etc., appartenant au Crétacé ; 4° Des poudingues, des conglomérats, des calcaires, des schistes et des grès appartenant au Nummulitique ; 5° Des molasses, des sables, des cailloutis, des poudingues appartenant au Néogène ; 6° Des marnes, des conglomérats, des alluvions appartenant au Quaternaire.

Au nord de la ville, par la route menant à la bocca d'Ominanda, on peut étudier les schistes lustrés bouleversés de ce côté par des masses importantes de gabbros et de serpentines ; puis, vers le Pinzalacchio (altitude ) à l’ouest du col, on peut étudier un lambeau de la deuxième nappe.

En direction du col de San Quilico, les sédiments des schistes lustrés dominent. Sont présents en bancs inclinés au Nord-est, des filons de gabbro-serpentine entre lesquels sont des schistes luisants, gréseux, durs et fortement plissés et plissotés, et d'un amas de calcaires d'un gris bleuté à la surface, d'un gris noir à l'intérieur avec filets ou amas d'un jaune ocreux et par place avec placages d'une roche à petits grains de quartz et de calcaires. Ces bancs sont ici à la base de la deuxième nappe. On trouve des masses plus ou moins importantes de schistes terreux, avec calcaires souvent cristallins, d'un gris cendré ou foncé, rubanés et plissotés ; le tout représentant la partie supérieure des schistes lustrés avec d'importants amas de roches vertes intrusives de structure variée. En se rendant vers Santo-Pietro-di-Venaco au sud, l'ancienne route nationale 193 coupe le rocher de la citadelle. Au pont de la Restonica Plus loin, le faciès des sédiments change : À l'Est de la route, se trouve la brèche ; à l'Ouest cette route est taillée dans la protogine qui s'élève vers l'Ouest, recouverte par une masse de schistes et de calcaires cristallins. Enfin, plus à l'ouest encore, apparaît de nouveau la protogineD. Hollande in Géologie de la Corse, Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse - Éditeur Veuve Ollagnier Bastia, janvier 1917 - ..

De ses observations, D. Hollande constate qu'une bande de schistes lustrés, bien développée sur la rive droite de la Restonica et reposant sur la protogine, s'avance vers le sud par la carrière de l'ancien séminaire, le calvaire situé à côté de la RN 193, puis le long de cette route où finalement, quelque deux cents mètres plus loin, apparaît la protogine sur laquelle elle repose également ; mais de ce côté il constate que la protogine ou les « schistes lustrés » sont recouverts par des sédiments de la deuxième nappe.

Le secteur oriental La nappe de schistes lustrés est ici couverte par une seconde nappe de sédiments non métamorphiques qui sont dans un état de broyage extrême, surtout pour ceux du Rhétien et du Lias ; ceux du nummulitique qui les surmontent, le sont moins ; néanmoins, leur plissotement est intense. L'ensemble de ces sédiments dont la caractéristique est la granulite rose, descend de la Punta Auli () à l'est du col de San Quilico, jusqu'au Tavignano. Par la route menant au Bozio, on peut étudier les schistes lustrés, les alluvions anciennes, les sédiments de cette deuxième nappe.

Relief À l'ouest, le vaste secteur du territoire communal englobe la totalité de la vallée de la Restonica et partage la haute vallée du Tavignano avec Casamaccioli. Entre ces vallées, se situe un chaînon secondaire qui s'épaule à la Pointe des Sept Lacs () sur la chaîne principale de l'île. Cette arête montagneuse qui se termine à Punta di Zurmulu () au sud-ouest de la ville, comporte des sommets remarquables, tels les Capitello (), Lombarduccio (), Capu à Chiostru (), Cima San Gavino (), Punta di Castelli (), Forcelle () et encore Punta a u Finellu (). Ce secteur est délimité au nord, à l'ouest et au sud comme ci-dessous :

au nord, la démarcation démarre à la bocca a Reta () et rejoint le lac de Nino () tout proche. Elle suit alors le lit du Tavignano jusqu'à un point situé à d'altitude, à environ « à vol d'oiseau » au sud du refuge de la Sega du P.N.R.C.. De là, la démarcation orientée au N-NE, se dirige sur le Capo Aleri (), puis sur un point situé à d'altitude, « à cheval » sur Calacuccia, Corscia et Corte, dans la forêt territoriale de Melo, rejoint un point à l'altitude de un peu au nord de la Funtana d'Argento, passant par le Capo Nero () puis la Punta Finosa (), déclinant ensuite sur Bocca d'Ominanda () à l'est ; au sud, la démarcation s'oriente vers l'ouest, suivant d'abord une ligne de crête collinaire, s'élevant ensuite graduellement jusqu'à la Punta Cisterna (). À partir de là, la ligne rejoint la Punta di a Gianfena (), se dirige au sud pour grimper au Monte Pianu (), passer au Monte Corbaia (), suivre la haute ligne de crête comportant la Punta Lattiniccia (), le Monte Cardo (), la Punta da i Ciotti (), la Punta Felicina (), Petra Niella (), le Monte Rotondo () culmen communal, la Punta Mufrena (), A Maniccia (), et décliner sur la Punta Muzzella () via le col de la Haute Route (), jusqu'à la bocca a Soglia () ; à l'ouest, de la bocca a Soglia au sud, la démarcation s'oriente au nord-ouest suivant une ligne de crête passant par la Punta alle Porte (), la Pointe des Sept Lacs (), le Capu a i Sorbi (), la bocca d'Acque Ciarnente (), puis remonte le cours du ruisseau de Valle presque jusqu'à sa source, et reprendre une autre ligne de crête passant par Cimatella (), le Capu a e Furcelle () et la bocca a Reta.

Il compte de nombreux sommets d'importance comme le Monte Rotondo (), le Monte Cardo (), la Punta Felicina () et la Punta alle Porte. Dans ce secteur en altitude, sont présents plusieurs lacs d'origine glaciaire : lac de Melo, lac de Capitello, lac de Goria, lac de Nino, lac de l'Oriente, lac de Cavacciole, etc.