vignette|redresse|Edmond Dehodencq, Buste d'Alfred Dehodencq, sépulture Dehodencq, Paris, cimetière de Montmartre. Edme Alexis Alfred Dehodencq né le à Paris et mort le dans la même villeArchives de Paris, acte de décès dressé le , vue 3 / 6. est un peintre et dessinateur français.

Biographie Alfred Dehodencq est le fils de Pierre-Alexis Dehodencq et d’Aimée-Félicité Dutocq. Il épouse en 1857 Marie-Amalda Calderon y SarmientoActe de décès de Marie-Amalda Calderon y Sarmiento sur le site des Archives de Paris , , acte ., une Espagnole de Cadix. Son plus jeune fils Edmond, né et mort à Paris en 1887Musées Midi-Pyrénées Edmond Dehodencq, fut surnommé « le Mozart de la peinture » en raison de sa précocité (dont la carrière fut malheureusement très courte): élève de son père, il exposa pour la première fois à l’âge de 11 ansGrand dictionnaire universel du , Larousse, page 1008..

Elève de Léon Cogniet à l'École des beaux-arts de Paris, il débuta au Salon en 1844. Outre la France (essentiellement Paris), il voyagea et vécut en Espagne et au Maroc. Certaines sources évoquent un voyage en Algérie, mais il n'existe aucune preuve concrète et vérifiable attestant d'un séjour prolongé de Dehodencq en Algérie; notamment la seule source biographique de référence, écrite par un des rares amis intimes de l'artiste, le célèbre critique d'art Gabriel Séailles, ne fait aucune référence à un voyage ou même un séjour ponctuel en Algérie.

En 1850, Alfred Dehodencq part pour l’Espagne qui deviendra l’une de ses principales sources d’inspiration, peignant notamment des scènes de la tradition bohémienne ou de la vie en Andalousie, ou encore divers portraits de notables ou de bohémiens.

En 1853, il fait un premier voyage au Maroc ; il représentera fidèlement ce pays dont il tombe amoureux, illustrant la vie et les traditions des diverses communautés, "Maures, Arabes, Berbères, Noirs du Soudan, Juifs"; jusqu’en 1863, date de son retour définitif à Paris, Dehodencq alternera les séjours en Espagne (à Cadix notamment) et au Maroc (Tanger, Mogador, Safi, Rabat, Tetouan, etc).

Un tableau comme La Justice du Pacha (Bagnères-de-Bigorre, musée Salies) reflète combien Dehodencq a été saisi par le Maroc, ses couleurs, sa lumière et les mœurs de ses habitants. Il dit avoir cru en perdre la tête en découvrant ce pays auquel il allait s'attacher passionnément. De juin à , Dehodencq visite le Maroc. Dès , il s'installe à Cadix en Espagne, tout en faisant des séjours au Maroc.

Inspiré par la vie et la mort de Sol Hachuel, Dehodencq peint Exécution d'une juive (ou L'Exécution d'une Juive) (1860), qui figure parmi ses tableaux les plus connus et pour lequel il fut plusieurs versionsGabriel Séailles, Alfred Dehodencq : L'homme et l'artiste, ..

Les tableaux inspirés de ses séjours au Maroc on fait cataloguer Dehodencq comme peintre orientaliste : il l’est indéniablement, mais cette étiquette est réductrice car dès son retour définitif à Paris en 1863 avec son épouse Maria Amelia, il traite de sujets divers, au travers de plusieurs tableaux importants : historiques, romanesques, religieux, des portraits divers, des scènes de la vie quotidienne… Mais jusqu’à la fin (1881) il trouvera des sources d’inspiration dans ses voyages au Maroc et en Espagne. Il fut reconnu en son temps comme un remarquable portraitiste, même dans ses jeunes années (avant son départ en Espagne), et Gabriel Séailles estime qu'il aurait pu faire une grande carrière comme tel.

Il fut le maître du peintre Georges-Antoine Rochegrosse (fils adoptif de Théodore de Banville, l’un des intimes de Dehodencq) et de son plus jeune fils Edmond. Il est réputé avoir eu une grande influence sur Renoir. Dehodencq est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1870Voir base Léonore dans liens externes.

Remarquable dessinateur, ses nombreux dessins (notamment ses dessins préparatoires pour des tableaux, réalisés ou seulement restés à l'état de projet) sont conservés dans de très nombreux autres musées autour du monde, par exemle au musée d'art Dahesh à New York, au musée des Beaux-Arts de San Francisco, au cabinet des dessins du musée du Louvre à Paris etc.

Une rue et un square du de Paris portent son nom.

Il est inhumé à Paris au cimetière de Montmartre () avec son épouse et son fils Edmond. La stèle est surmontée d'un buste d'Alfred Dehodencq, œuvre de son fils Edmond. Théodore de Banville, ami de la famille, a fait un discours lors des obsèques et a dit un poème, qui maintenant sert d'épitaphe au peintreNotre Alfred Dehodencq est là, sublime artiste. Créateur toujours jeune et prêt à l’action, Il peignit l’Orient de pourpre et d’améthyste, Les combats de l’Histoire et de la Passion.

Jusqu’au dernier moment gardant sa foi première, Il eut en lui le sens de l’humaine douleur, Et pour l’extasier dans la pure lumière Il sut faire pleurer et chanter la Couleur.

Son fils Edmond, en qui revivait son génie, A sculpté, plein d’amour, avec un doigt savant, Cette image où revit sa pensée infinie Et sa tête inspirée et son regard vivant.

Tous deux voient à présent la vie où rien ne change. Ils se sont réveillés dans la clarté des cieux Avec Emmanuel, Armand et ce doux ange La petite Marie aux yeux mystérieux.

Ceux qui restent, le fils, la mère endolorie, Savent qu’ils sont vainqueurs de l’oubli meurtrier Et, fière de ces deux artistes, la Patrie Leur tend, silencieuse, un rameau de laurier..

Distinctions

Collections publiques ; Espagne Madrid, musée Thyssen-Bornemisza : Una cofradía pasando por la calle Génova, Sevilla ; Un baile de gitanos en los jardines del Alcázar, delante del pabellón de Carlos V, 1851.

États-Unis Baltimore, musée d'Art de Baltimore : Petite bohémienne. Washington, National Gallery : Scène à Paris Café.

France Bagnères-de-Bigorre, musée Salies : La Justice du Pacha, 1866. Bordeaux, musée des Beaux-Arts : Le Prince Piscicelli, 1850. Dijon, musée Magnin : Jésus ressuscite la fille de Jaïre, Salon de 1876. Dinan, musée de Dinan : Virginie retrouvée morte sur la plage, 1849. Lille, palais des Beaux-Arts : Mariée juive. Lyon, musée des Beaux-Arts : La Descente des ouvriers. Paris, musée d'Orsay : Les Adieux de Boabdil à Grenade, vers 1869, huile sur toile, . ; Danse des Noirs à Tanger, 1874 ; Bohémiens en marche. Pau, musée des Beaux-Arts. : Course de taureaux à Madrid, 1850Françoise Cachin, Charles S.Moffett, Juliet Wilson Bareau, Manet 1832-1883, Réunion des Musées nationaux, Paris, 1983, .. Poitiers, musée Sainte-Croix : Fête juive à Tanger, 1870Exposé au Salon de 1870.. Reims, musée des Beaux-Arts : Mariée juive au Maroc, 1867; Scène marocaine (travail de recherches pour le grand tableau Scène de danse dans une rue de Tanger présenté au salon de 1874 (Musée d’Orsay, Paris), Danse de nègres. Vizille, musée de la Révolution française : L’Arrestation de Charlotte Corday après le meurtre de Marat, 1853.

Élèves Edmond Dehodencq (1860-1887), peintre et sculpteur. Georges-Antoine Rochegrosse (1859-1938).

Notes et références

Annexes Bibliographie Gérard-Georges Lemaire, L'Univers des orientalistes, Paris, Éditions Place des Victoires, 2000 . . Gabriel Séailles, Alfred Dehodencq : histoire d'un coloriste, 1885 (en ligne sur Gallica). Gabriel Séailles, Alfred Dehodencq : l'homme et l'artiste, 1910 (en ligne sur Gallica). Biographie dans Le Petit Parisien, (en ligne). « Décès d’Alfred Dehodencq », Gil Blas, (en ligne). « Le monument d’Alfred Dehodencq au cimetière Montmartre », Le Gaulois, (en ligne).

Liens externes

Notice biographique sur le site larousse.fr. « Alfred Dehodencq » sur le site repro-tableaux.com.

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