Le Miro rubisole (Petroica australis) est une espèce de passereaux. de la famille des Petroicidae, endémique de la Nouvelle-Zélande.
Nom Le Miro rubisole est appelé en anglais (nom qui désigne également l'espèce Miro de Garnot), et toutouwai, en maori. R. P. Lesson et Garnot le qualifient de « rubisole » à cause de la couleur rouge du dessous des pattes..
Habitat Le Miro rubisole est une espèce endémique de Nouvelle-Zélande. Il est, à la fois, natif de cette région et confiné à celle-ci. On le trouve sur l'île du Sud et l'île Stewart (). Sur certaines îles, comme l'île d'Ulva, il a été réintroduit, après son éradication par des prédateurs introduits (chats et rats, par exemple)..
Historiquement, l'espèce habite la majorité des basses terres de Nouvelle-Zélande. Lorsque les colons européens s'installent en Nouvelle-Zélande, l'espèce est présente sur la quasi-totalité du territoire. La distribution est maintenant dispersée, à cause de la perte d'habitat. Dans certaines zones, l'oiseau est fréquent, dans d'autres, il est rare, et dans certaines, il a disparu. Il se rencontre dans les lisières de forêts et, souvent, dans les ceintures vertes des villages. La superficie de l'aire de répartition est estimée entre et ..
Petroica australis australis a résisté légèrement mieux que Petroica australis rakiura à la perte d'habitat. On en trouve deux populations sur la côte est de l'île du Sud.. L'oiseau est relativement commun dans le nord et l'ouest de celle-ci. Petroica australis rakiura est relégué dans trois sous-populations, habitant toutes des brousses marécageuses à Leptospermum. Bien que celles-ci ne constituent pas leur habitat favori, elles sont beaucoup moins peuplées de mammifères prédateurs. Durant un temps, la population totale de l'île Stewart se réduit à moins de 500 individus.. Depuis, certains individus ont été transférés sur des îles dépourvues de prédateurs (rats, hermines, trichosurus), comme les îles d'Ulva, Motuara et Nukuwaiata. Ces introductions ont été relativement réussies (environ 600 individus sur la seule île de Motuara)..
Sur l'île du Sud, Petroica australis a une forte attirance pour les plantations de pin Douglas, par comparaison avec les forêts indigènes (Kunzea ericoides) ou les plantations de pins de Monterey. Il semble que ce soit essentiellement dû à la structure des forêts, plus qu'à la disponibilité de la nourriture ou de sites viables de nidification. Le Miro rubisole préfère les forêts à structure simple, avec des canopées denses et régulières, et au sol couvert de débris de feuilles. On le trouve principalement dans les forêts adultes de hêtres et de Podocarpus et aussi dans les fourrés de kanuka et manuka.
Lors de l'introduction de nouvelles populations sur l'île d'Ulva, on a observé une nidification et une présence accrues dans les végétations côtières à larges feuilles. Bien que la structure de la végétation soit le premier déterminant du choix de leur lieu de résidence, les miros rubisole ont une importante flexibilité dans la détermination des emplacements de nidification.
Conservation Dans la liste rouge des espèces protégées, le Miro rubisole (Petroica australis) est considéré comme non menacé. En Nouvelle-Zélande, c'est une espèce endémique protégée, comme la plus grande partie des oiseaux endémiques de Nouvelle-Zélande. Les populations sont menacées par les pertes d'habitats, dues aux activités humaines, et à la prédation par des espèces introduites. Les actions de protection visent à la conservation des populations existantes et à la réintroduction de l'espèce là où elle a été éradiquée.
La sous-espèce Petroica australis rakiura est vulnérable. Elle a été l'objet de diminution de populations, en raison de la déforestation et la perte d'habitat, ainsi que de l'introduction de prédateurs, tels que les rats, les hermines et les chats sauvages. En raison de cette forte baisse de la population sur l'île Stewart, plusieurs tentatives ont été faites pour transporter Petroica australis rakiura dans d'autres îles proches, où les prédateurs introduits n'existent pas ou ont été éradiqués. Parmi celles-ci, il y a les îles d'Ulva, Motuara et Nukuwaiata. Sur l'île d'Ulva, la translocation a eu lieu en 2000. 21 individus, appelés « fondateurs », sont restés sur l'île. Entre 2000 et 2001, on n'enregistre que deux naissances. La population atteint environ 500 oiseaux en 2010 et il reste encore, à cette date, cinq fondateurs. Tous ces oiseaux sont baguésPas si miro que ça… « Les copains d'abord..
Bon nombre de translocations ont concerné 12 individus colonisateurs ou moins, impliquant que la consanguinité est presque inévitable. Cela a conduit à certains problèmes d'immunocompétence apparente, ainsi que de reproduction. Sur l'île de Motuara, on a observé un taux d'échec élevé lors de la nidification, ainsi qu'un nombre réduit de couvées. En outre, même si les charges parasitaires sont identiques entre ces populations réduites et leurs populations sources, la réponse immunitaire, au niveau cellulaire, n'est pas aussi forte dans la population réduite. Par conséquent, c'est un sujet de préoccupation important que, bien que certaines de ces populations sont effectivement croissantes, il pourrait y avoir trop de consanguinité et le système immunitaire et la reproduction serait compromis. D'autre part, bien que la distribution de Petroica australis australis sur l'île est de plus en plus fragmentée, celui-ci ne montre pas beaucoup de perte de diversité génétique, en comparaison avec les populations historiques.. Ainsi, il pourrait s'en sortir un peu mieux que son homologue de l'île Stewart.
Empoisonnement au fluoroéthanoate de sodium On a enregistré un certain nombre de décès de miros rubisoles, par empoisonnement accidentel au fluoroéthanoate de sodium (1080), à la suite de traitements antiparasitaires.. La plupart de ceux-ci est associée à quatre opérations des années 1980, qui ont utilisé, comme appâts, des carottes de mauvaise qualité.. Ces cas mis à part, les miros rubisoles ont généralement bien répondu aux programmes de lutte contre les ravageurs utilisant des pulvérisations aériennes de 1080. Les couvées ont augmenté, ainsi que le taux de survie des adultes, et la taille des populations a augmenté.. L'étude scientifique, réalisée en 2012 par l'université d'Otago, d'une population marquée, montre que les opérations actuelles d'empoisonnement par le 1080, à l'aide d'appâts de céréales, n'ont aucun impact négatif sur les miros rubisoles et sont susceptibles d'augmenter les populations, en éliminant la menace de mammifères prédateursTVNZ...
Description
Le miro rubisole, alors appelé « gobe-mouche rubisole » (muscicapa toï-toï), est observé dans la Baie-des-Iles, à Aoraki, lors du voyage, en Nouvelle-Zélande, de la Coquille. Il est décrit par Garnot : Le miro rubisole est petit, de la taille d'un moineau. Son corps atteint une longueur de 10 à ., pour une masse de l'ordre de .. L'oiseau se tient sur des pattes verticales, longues et minces.. Le plumage du mâle est gris ardoise à gris foncé, celui de la femelle, gris-brun. Les deux sexes ont la gorge et le ventre beaucoup plus clair, allant jusqu'au crème chez le mâle. Cette tache est à l'origine du nom anglais Robin, par rapprochement avec la gorge brillante des rouges-gorges européens. Les yeux, le bec et les pattes sont noirs, le dessous des pattes rouge.
Les deux sous-espèces et le Miro de Garnot sont très similaires. Ce dernier, ainsi que Petroica australis rakiura, ressemble aux femelles et aux juvéniles de Petroica australis australis, ce qui rend l'identification parfois délicate. Cependant, la provenance géographique est un critère déterminant. Dans chaque sous-espèce, les femelles et les juvéniles sont très similaires. Seuls les juvéniles tout juste indépendants peuvent ne pas encore avoir la gorge plus claire des mâles..
Les mâles de Petroica australis australis sont de couleur gris foncé, avec la partie inférieure de la gorge de couleur blanc jaunâtre. Les femelles et les juvéniles sont d'un gris plus clair, avec une gorge moins distincte. Les mâles de Petroica australis rakiura sont presque noirs, avec une tache blanche au-dessus du bec, et la gorge inférieure blanc grisâtre. Les femelles et les juvéniles tirent plus sur le gris, avec des taches pâles plus variables, sur la gorge et la poitrineListe rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature..
Systématique Le Petroica australis australis (Sparrman, 1788, ) et le Petroica australis rakiura (Fleming, CA, 1950, ) sont maintenant reconnus comme des sous-espèces... Le Miro de Garnot (anciennement Petroica australis longipes, Lesson & Garnot, 1827), étroitement apparenté et vivant dans l'île du Nord, est classé, en fonction des études réalisées, par Miller et Lambert, en 2006, comme une espèce distincte, à cause de la profonde divergence phylogénétique des séquences des acides désoxyribonucléiques mitochondriaux.. Cela n'est pas encore accepté par les principaux organismes de protection de la nature et de recherche biologique.., bien que ce soit le cas du département de la protection de Nouvelle-Zélande..
Deux autres espèces génétiquement proches sont le très rare Miro des Chatham (Petroica Traversi, ), sur les îles Chatham et le Miro mésange (Petroica macrocephala). Le premier semble être un descendant de Petroica australis dans les îles Chatham. La position de l'ancêtre commun le plus proche de Petroica australis et Petroica macrocephala n'a pas encore été déterminée.
Les croisements entre les deux sous-espèces sont possibles, mais ne se produisent pas, à cause de leur séparation géographique. C'est la raison pour laquelle il s'agit de deux sous-espèces. La famille des Petroicidae, à laquelle appartient le Miro rubisole, comporte 44 espèces d'Australie, de Nouvelle-Zélande et de Nouvelle-Guinée, appelées, en anglais, Australo-Papuan robins. Elle n'est pas voisine des North American robin (famille des Turdidae), ni de celle des Eurasian robins (famille des Muscicapidae).
Comportement Le miro rubisole est très confiant et naturellement curieux des humains. Il suit fréquemment les promeneurs, dans l'espoir que ceux-ci dérangent les feuilles tombées au sol, lui permettant de capturer des insectes ainsi mis au jour. Comme il est docile, il peut être facilement apprivoisé.. Ainsi, sur l'île d'Ulva, Ian Jamieson, chercheur à l’université d’Otago, a dressé les miros rubisoles à accourir lorsqu'on claque dans les mains. Le miro rubisole est un oiseau territorial, surtout en période de reproduction. Lorsqu'il est agressif, principalement avec les autres oiseaux, il hérisse les plumes de sa tête. Avec d'autres espèces, notamment les humains, il montre le point blanc sur sa tête. Le miro rubisole occupe la même niche écologique que celle du rouge-gorge en Europe.
Cognition numérique Selon une étude sur la cognition numérique chez les animaux, réalisée par des chercheurs de l'Université Victoria, les miros rubisoles vivant dans la nature sont capables de discriminer différentes quantités de vers. Les miros rubisoles ont démontré la capacité à différencier et hiérarchiser des caches de différentes tailles, jusqu'à douze, au total, sans aucun entraînement. En fait, ces miros ont la plus haute compétence numérique parmi toutes celles enregistrées pour des animaux sauvages. Ils l'utilisent pour retrouver les plus grandes caches d'abord, avant celles qui sont moins gratifiantes..
Alimentation