Conformément à la constitution de 1853, révisée en 1994, l'Argentine est une république fédérale organisée en 23 provinces et une cité autonome érigée en capitale fédérale : Buenos Aires.

Hormis la capitale qui a un statut spécial, l'Argentine est divisée en provinces autonomes, détenant tous les pouvoirs qui n'ont pas été délégués expressément au gouvernement fédéral. Ultérieurement furent créées des régions intégrées, au nombre de quatre, formellement constituées par des traités interprovinciaux. Les provinces sont chargées d'administrer la justice et l'éducation primaire. Elle s'organisent comme elles l'entendent en élisant leurs pouvoirs exécutif et législatif. Les provinces peuvent régler entre elles toutes sortes d'accords de type judiciaire, économique ou social. Le pouvoir exécutif national a seulement le pouvoir d'intervenir afin d'assurer la forme républicaine du gouvernement et de repousser les invasions étrangères.

La majorité des provinces du centre et du nord du pays sont antérieures à l'existence de l'Argentine comme État national. Cependant des provinces avec une grande présence aborigène ou une faible population comme La Pampa, Chaco, Formosa, Misiones, Neuquén, Rio Negro, Chubut, Santa Cruz, la Terre de Feu, l'Antarctique et les îles de l'Atlantique sud étaient à une époque des territoires nationaux dépendant du gouvernement fédéral. En devenant des provinces, elle acquirent le même statut administratif que celles qui existaient déjà. Les derniers territoires à changer de statut furent la Terre de Feu, l'Antarctique et les îles de l'Atlantique sud qui devinrent une province en 1991.

Un des anciens territoires nationaux, le territoire des Andes, ne parvint jamais à se convertir en province. Il fut formé en 1900 et couvrait alors la totalité de la Puna du nord-ouest du pays, mais, en raison d'un développement et d'une population très faibles, il fut dissous en 1943, les territoires étant alors incorporés aux provinces de Jujuy, Salta et Catamarca.

Liste des provinces vignette|300px|Carte des provinces de l'Argentine.

Ci-dessous sont mentionnées, entre parenthèses, la capitale de chaque province. Les provinces sont issues du découpage de 6 grandes régions historiques lors de la conquête espagnole et ayant subsisté après l'indépendance (ces grandes régions historiques ont des frontières légèrement différentes des provinces actuelles, toutefois elles conservent une signification culturelle et en tant que régions naturelles ; toutes n'ont pas été immédiatement des provinces mais des territoires, notamment en Patagonie et dans le Nord-Ouest) :

Dans la région du Nord-Ouest argentin : la province de Jujuy (San Salvador de Jujuy) ; la province de Salta (Salta) ; la province de Tucumán (San Miguel de Tucumán) ; la province de Catamarca (San Fernando del Valle de Catamarca) ; la province de La Rioja (La Rioja). Dans la région du Gran Chaco argentin (aussi appelé Chaqueña) : la province de Santiago del Estero (Santiago del Estero) ; la province du Chaco (Resistencia), anciennement un territoire national ; la province de Formosa (Formosa), anciennement un territoire national. Dans la région de la Mésopotamie : la province d'Entre Ríos (Paraná) ; la province de Corrientes (Corrientes) ; la province de Misiones (Posadas), anciennement un territoire national. Dans la région du Cuyo : la province de San Juan (San Juan) ; la province de Mendoza (Mendoza) ; la province de San Luis (San Luis). Dans la région des Pampas : la province de Córdoba (Córdoba) ; la province de Santa Fe (Santa Fe) ; la province de Buenos Aires (La Plata) ; la cité autonome de Buenos Aires (cité autonome et capitale du pays) ; la province de La Pampa (Santa Rosa), anciennement un territoire national. Dans la région de la Patagonie argentine, toutes anciennement des territoires nationaux : la province de Neuquén (Neuquén) ; la province de Río Negro (Viedma) ; la province de Chubut (Rawson) ; la province de Santa Cruz (Río Gallegos) ; la province de Terre de Feu (Ushuaïa). En dehors de la cité autonome de Buenos Aires, les provinces sont elles-mêmes subdivisées en départements (ou en partidos dans la province de Buenos Aires), eux-mêmes subdivisés en communes.

Démographie ISO 3166-2ProvinceCapitalePopulation (2010)() rangSuperficie(km) rangDensité(/km) rang AR-C — 4 202 24 13 675,56 1 AR-B La Plata 1 307 571 1 44,95 AR-K San Fernando del Valle de Catamarca 367 828 20 102 602 11 3,26 19 AR-H Resistencia 1 055 259 9 99 633 12 9,88 11 AR-U Rawson 509 108 18 224 686 3 1,84 23 AR-X Córdoba 2 165 321 5 18,55 6 AR-W Corrientes 992 595 11 88 199 16 10,56 10 AR-E Paraná 7 78 781 17 14,70 7 AR-P Formosa 530 162 16 72 066 19 6,75 14 AR-Y San Salvador de Jujuy 673 307 14 53 219 20 11,50 8 AR-L Santa Rosa 318 951 22 143 440 8 2,09 22 AR-F La Rioja 333 642 21 89 680 14 3,23 20 AR-M Mendoza 5 148 827 7 10,61 9 AR-N Posadas 1 101 593 10 29 801 21 32,40 4 AR-Q Neuquén 585 126 17 94 078 13 5,04 16 AR-R Viedma 638 645 15 203 013 4 2,72 21 AR-A Salta 8 155 488 6 6,94 12 AR-J San Juan 681 055 13 89 651 15 6,92 13 AR-D San Luis 432 310 19 76 748 18 4,79 17 AR-Z Río Gallegos 273 964 23 243 943 2 0,81 24 AR-S Santa Fe 3 133 007 10 22,56 5 AR-G Santiago del Estero 874 006 12 136 351 9 5,90 15 AR-V Ushuaïa 127 205 24 23 4,75 18 AR-T San Miguel de Tucumán 6 22 524 22 59,43 2

Histoire Provinces au moment de la révolution de Mai vignette|Subdivision territoriale de la vice-royauté du Río de la Plata. Au moment où éclata la révolution de Mai , le , la vice-royauté du Río de la Plata, subdivision de l’Empire espagnol, se composait de 8 provinces (dites intendances) et de 4 gouvernements politiques et militaires (en esp. Gobierno Político y Militar ou Gobernación, parfois traduit par gouvernorat) : l’intendance de Buenos Aires, dont dépendaient : le gouvernement politique et militaire de Montevideo l’intendance des Missions guaranis, qui fut réduite ensuite à une comandancia de armas et qui comprenait les départements de Yapeyú, de Candelaria et de Concepción. Le département de Santiago fut intégré dans le Paraguay en 1805, tandis que celui de San Miguel et une partie de ceux de Yapeyú et de Concepción se trouvaient alors sous occupation portugaise. l’intendance du Paraguay l’intendance de Córdoba l’intendance de Salta del Tucumán l’intendance de Potosí l’intendance de Charcas l’intendance de La Paz l’intendance de Cochabamba Se trouvaient sous la tutelle du président de la Real Audiencia de Charcas : le gouvernement politique et militaire de Moxos le gouvernement politique et militaire de Chiquitos.

Chaque gobernación et chaque intendance était divisée en partidos, tandis que la juridiction de Buenos Aires englobait plusieurs comandancias militaires directement subordonnées au vice-roi, telles que la comandancia de Patagones, des îles Malouines, de Maldonado, de Colonia, de Santa Teresa, ainsi que le presidio de l’île Martín García.

Le , la Grande Junte de Buenos Aires institua les Juntes (commissions exécutives) provinciales, formées d’un gouverneur-intendant et de quatre membres. Le premier triumvirat les abrogea le , pour leur substituer un régime centralisé unitaire.

L’Assemblée de l'an XIII élabora un projet de constitution, lequel énonçait en son article 4 : « Le territoire de l’État comprend les provinces de Buenos Aires, du Paraguay, de Córdoba, de Salta, de Potosí, de Charcas, de Cochabamba, de La Paz, de Cuyo et de la Bande Orientale. »

Provinces ne faisant pas partie aujourd’hui de la République argentine

Les Provinces-Unies du Río de la Plata, en tant qu’État successeur de la vice-royauté homonyme, en reprit à son compte la subdivision administrative en provinces, et prétendait exercer sa souveraineté sur la même étendue de territoire ; cependant, sa tutelle effective sur les provinces du Haut-Pérou ne fut exercée qu’aussi longtemps que dura l’occupation de cette région par l’armée du Nord, et le Paraguay, qui appartenait lui aussi, en tant qu’Intendance du Paraguay, à la vice-royauté du Río de la Plata, ne put jamais être soumis au gouvernements successifs de Buenos Aires. À la fin du , plus spécialement en 1890, l’Argentine eut à résoudre différents contentieux territoriaux avec plusieurs États voisins (Bolivie, Brésil, Chili, Paraguay) simultanément, ce qui explique que le pays, désireux d’éviter une guerre massive contre lui, dut alors se résigner à céder des territoires assez importants.

Paraguay La Grande Junte de Buenos Aires accepta, à travers une note du , l’autonomie de la province du Paraguay, en les termes suivants : « Si telle est la volonté décidée de cette province de se gouverner par elle-même et avec indépendance envers le gouvernement provisoire, nous ne nous y opposerons point ». Le fut conclu entre les juntes d’Asuncion et de Buenos Aires un Traité d’amitié, d’entraide et de commerce, aux termes duquel la province du Paraguay acceptait de faire partie d’une confédération avec les autres provinces du Río de la Plata, mais tout en maintenant son autonomie, et ce dans l’attente d’un congrès général de toutes les provinces. Si ensuite le Deuxième Congrès paraguayen du adopta la dénomination de république du Paraguay, l’indépendance ne fut cependant formellement proclamée que le . La Confédération argentine refusa tout d’abord de reconnaître cette indépendance, considérant en effet le Paraguay comme un de ses provinces, jusqu’à ce qu’elle signât, à Asunción le , l’Acte de reconnaissance de la souveraineté et de l’indépendance de la république du Paraguay par la Confédération argentine, laquelle reconnaissance fut toutefois désavouée plus tard par le Congrès de la Confédération (avec siège à Paraná) en . Un nouveau traité reconnaissant l’indépendance fut conclu le , puis ratifié par le Congrès de la Confédération le et par le gouvernement paraguayen le La mission Guido au Paraguay. Le traité de juillet 1856.

Haut-Pérou Le Congrès général constituant de Buenos Aires déclara, en son décret du , que « nonobstant que les quatre provinces du Haut-Pérou aient toujours appartenu à cet État-ci, c’est la volonté du Congrès général constituant que celles-ci gardent leur pleine liberté de disposer de leur sort, selon ce qu’elles croient convenir à leurs intérêts et à leur bonheur », ouvrant la voie à l’indépendance du Haut-Pérou, qui sera proclamée par l’Assemblée délibérante à Chuquisaca le . Les provinces ainsi rendues indépendantes, et appartenant auparavant au Río de la Plata, étaient : La Paz (anciennement Intendance de La Paz), Charcas (anc. Intendance de Chuquisaca), Cochabamba (Intendance de Cochabamba) et Potosí (ci-devant Intendance de Potosí). L’ancienne Intendance de Santa Cruz de la Sierra, qui comprenait les gouvernorats de Moxos et Chiquitos, et qui prit part également à ladite assemblée, avait été en 1811 séparée d’avec Cochabamba par les royalistes et constituait une nouvelle province, non reconnue par Buenos Aires.

Tarija et Puna de Atacama