L'abbaye Sainte-Marie de FlorièyesL'Abbaye de Florièye, par Gilbert Giraud (à ne pas confondre avec la chapelle portant le même nom sur la commune de LorguesParoisse Catholique de Lorgues, Le Thoronet, Saint-Antonin, Archives pour la catégorie Notre Dame de Florièye. ou encore la Maison d'accueil des sœurs de Bethléem Notre-Dame de Floriège à proximité de l'Abbaye du ThoronetMaison d'accueil des sœurs de Bethléem « Notre-Dame de Floriège ».), est située sur la commune de Tourtour, dans le département français du Var et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Elle se situe le long de l'ancienne voie, dite « romaine »La voie « romaine ».Matourne, La voie romaine, le prieuré de Florieyes. entre Tourtour et Flayosc (Var), aujourd'hui piste K25Guide DFCI 2013 - L'État dans le Var : Protection de la forêt contre l'incendie], Préfecture du Var, Guide des équipements de Défense de la Forêt Contre les Incendies (DFCI) – DDSIS du Var - 2013 : Pistes et routes à usage de DFCI, pages 16 à 18 et Annexe 15 Zone 3 : Haut-Var du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du VarOrganisation du SDIS du Var., et surplombe la Florieye, (ou Florielle, Florieye, Floreya, ou Florièges). petit cours d'eau parfois très encaissé qui se jette dans l'Argens.
Histoire C'est la première abbaye cistercienne de Provence. Elle a été fondée le , grâce à Raymond de St-Gilles, par l'abbé Paulin et une douzaine de moines cisterciens de l'abbaye de MazanLe temporel de l'abbaye du Thoronet au Moyen-Âge, Sainte-Marie-de-Floriège, par Edmond Barbier, , ..
Les recherches effectuées par Guy Désirat ont mis en évidence une occupation suivie qui va de l'époque protohistorique : Âge du Bronze final, premier Âge du Fer, gallo romaine et médiévale.
De nombreux vestiges ont en effet été découverts à proximité de Tourtour, à Arquinaud, et appartiennent au Néolithique. Cinq oppidums et un poste de vigie situés dans la vallée de Florieye attestent une présence humaine durant l'âge du ferGuy Désirat , in Tourtour, Monographie et Vie quotidienne, L'abbaye cistercienne Sainte-Marie-de-Florièyes..
Selon le service régional de l'inventaire, l'abbaye aurait peut-être été fondée sur le territoire d'Arquinaut. Au , la chapelle Notre-Dame-de-Florièye était parfois appelée « Notre Dame d'Arquinaut » , peut-être en référence au site situé sur la colline de calamantran au sein du Domaine des Treilles Bourg castral d'Arquinaut Lieu-dit Calamantran. Dans les cadastres de 1816 et de 1791, l'ancien castrum fait partie du domaine de FlorièyesCalamantran ; Arquinault ; Les Treilles, Vue aérienne du site..
À la suite d'une demande de protection au titre des monuments historiques de l'ancienne abbaye de Florièyes formulée le , .
Une étude de l'archéologie du bâti serait également nécessaire pour identifier précisément les époques des divers vestiges de constructions médiévales subsistant, y compris sur le site d'Arquinaut83 / Tourtour, Plan local d'Urbanisme, Règlement partie écrite Document n°4.1.2 Annexes au règlement du PLU : Entités archéologiques recensées sur le territoire communal, DRAC Paca – Service régional de l'archéologie - Base Patriarche – Etat au 21/03/2019, , ..
Floriège, Florieye, ou encore Florielle est un petit cours d'eau qui se jette dans l'Argens. C'est dans le vallon étroit et pauvre de Florièye que les moines avaient élevé des maisons de bois, avant de dresser les premiers murs de leur abbayeYves Esquieu, L'abbaye du Thoronet, Ouest-France, , mai 1985, 63 pages..
Selon Edmond F. Barbier, les travaux de débroussaillement, nivellement et repérage des carrières du site de l'abbaye du Thoronet ont commencé peu après la confirmation de 1146 par Raimond-Bérenger IIL'abbaye cistercienne du Thoronet au moyen âge.. Ce qui fait dire à Jean Guyou que de 1150 à 1175 le Thoronet ne fut qu'un grand chantierLe Thoronet, naissance, vie, déclin et résurrection d'une abbaye, juin 2005..
C'est donc sans doute peu de temps avant 1157, que la décision est prise de transférer le siège abbatial à Le ThoronetL'abbaye du Thoronet : Chrolologie.. La fondation du Thoronet et le début de la construction du premier bâtiment (futur cellier)1098 : création de l'ordre cistercien ; 1136 : fondation de Notre-Dame de Florielle à Tourtour (Var), fille de l'abbaye de Mazan (1120, Vivarais), elle-même fille de l'abbaye de Bonnevaux (1119, Dauphiné), fille de Cîteaux ; 1157 : donation de salins et pâturages par Raimond des Baux ; 1157-1160 : Transfert et fondation du Thoronet. Début de la construction du (futur cellier), puis de l'église, puis de l'église sont en effet datés entre 1157 et 1160Les Cisterciens et les îles: autour de la tentative manquée d'annexion de Lérins à l'ordre cistercien. L'abbaye du Thoronet, l'une des premières de l'ordre cistercien en Provence, est tantôt désignée par ce nom, tantôt par celui de son site primitif, Floriège, abandonné peu avant 1157, environ vingt ans après la fondation de cette communauté fille de Mazan. Leur installation a ainsi pu se réaliser lorsque les premiers bâtiments du Thoronet furent aptes à accueillir la communauté. L'achèvement de la construction se situe vers 1176.
Les raisons en sont toujours obscures. L'abbaye se situant sur la route menant à la Commanderie du Ruou, une hypothèse est que les moines préférèrent s'éloigner de ses zones d'influence. Or cette piste de réflexion ne semble pas être étayée puisque la commanderie et le monastère disposaient l'un et l'autre de propriétés très étendues, et qu'aucun incident n'a été relevé. Et l'on sait par ailleurs avec certitude que l'abbaye a conservé ses propriétés jusqu'à la Révolution. En effet, selon un procès-verbal de visite établi par l'architecte Laurens Vallon le cf. Etat des bâtiments de l'abbaye de Florièyes le 10 février 1699 (Source : , Notre-Dame-de-Florièyes serait encore occupée par des religieux. Florièyes a par ailleurs gardé l'intégrité de son domaine (avec ses 127 hectares) jusqu'à sa vente comme bien national en 1789Le journal de la Provence médiévale, du Comté de Nice…. à un fermier.
D'autres historiens estiment plutôt que ce serait parce que ce lieu aride et venteux était inadapté au système agraire cistercien..
Les lieux ne seront d'ailleurs pas complètement délaissés puisqu'ils devinrent un prieuré, et les abbés du Thoronet prirent l'habitude d'aller se recueillir dans la chapelle de Notre-Dame de Florielle lors de leur intronisation ; il leur fallait six bonnes heures pour s'y rendre.
Les vestiges de l'ancienne abbaye appartiennent à la SCI agricole du Domaine de FloriellesSCI ET Agricole du Domaine de Floriell..
La voie dite « romaine » qui longe l'ancienne abbaye Non loin de la Via Julia AugustaBranchement de la Voie Aurélienne allant de Forum Julii (Fréjus) à Forum Reii (Riez), les Romains construisirent de nombreux établissements de plaine au quartier Saint-Pierre, à l'Evoue, aux Treilles, au Colombier. Leur présence est attestée jusqu'au ap. J.-C., époque des invasions barbares« Tourtour notre village », site personnel consacré au village de Tourtour : L'histoire de Tourtour : « La voie romaine ». par Bernard Renard : Itinéraire en Dracénie, parcours initiatique en haute Provence..
À trois kilomètres du village de Flayosc, près de la chapelle Saint-Pierre de LavenonSaint-Pierre-de-Lavenon. Sondage 1966. Raymond Boyer. Numéro de rapport RAP04104Saint-Pierre-de-Lavenon, chapelle.Chapelle Saint-Pierre (Lavenon)., de nombreux vestiges gallo-romains ont été découverts (lampes, vases, monnaies, briques…), ainsi qu'une inscription funéraire (cippe funéraire) en hommage à Caius Julius que l'on peut admirer dans le hall de la mairie de FlayoscUne pierre tombale gallo-romaine exposée à la mairie de Flayosc.Voie romaine (Via Julia Aurelia)..
Les vestiges de l'ancienne abbaye Sur ce site, subsistent quelques ruines et une chapelle. Concernant la chapelle, seule l'abside est d'origine () et la nef a été reconstruite plus récemment au moins dans la partie supérieure. La partie d'origine de l'ancien couvent est en grande partie conservée.
Certains murs de la bergerie du , et des écuries et cochonniers du sont en partie conservés.
La bastide qui jouxte la chapelle Sainte-Marie a, elle, été bâtie vers 1792-1793. Cette partie de construction a d'ailleurs été habitée jusque dans les années 1950. La dégradation et le vandalisme ont malheureusement accéléré sa perte.
Le pont médiéval (et non pas romain)Le pont romain (et voie romaine)., parfaitement conservé, sauf le Tablier (pont) plus récent, date de la fin du . Il enjambe la Florieye qui se jette dans l'Argens.
Les abbés et prieurs de Floriège Rappelant que les abbés du Thoronet ont toujours été intronisés à l'abbaye mère de Sainte-Marie de Florièyes. Les différents auteurs s'accordent au moins sur quelques noms d'abbés du Moyen Âge : PaulinDescription historique du. diocèse de Fréjus / manuscrits de Girardin et d'Antelmy, publiés par l'abbé J.-B. Disdier, pp. 133 à 135 (Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)., premier abbé de Floriège en 1136Paul Audibert, Le Thoronet en son temps, édition revue et augmentée, Imprimerie Riccobono, Draguignan, . 1966, . ; Jean, abbé de Floriège en 1149 ; Pons, abbé de Floriège, dont on retrouve son nom dans la Confirmation de la donation de l'église Saint-Pierre-de-Beaumont en 1157, Guilheim, prieur de Floriège (1188-1189) ; Folquet de Marseille, nommé abbé de Thoronet en 1201 ; Jourdan, seigneur de Vidauban, était moine à l'abbaye de Florièyes en 1218Bulletin de la société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan, Varoises, , 1936, Cartulaire de Saint-Victor, charte 910. ; Jean de Pontevès est prieur de Notre-Dame de Florièyes en 1439Selon une enquête effectuée par Pierre Sabatier, notaire à Saint-Maximin. A.D. des Bouches-du-Rhône) sur les biens ecclésiastique..
Voir aussi : la liste des abbés de l'abbaye du Thoronet, appelés fréquemment « abbés de Florieyes ».
Les inhumations à l'abbaye de Floriège On dispose de peu d'informations vérifiables concernant les inhumations.
Ce que l'on sait concernant l'abbaye du Thoronet c'est que, comme à Mazan, il n'y a pas de portail monumental, juste deux portes, simplement couvertes d'un arc en plein cintre. Celle du nord était réservée aux frères convers. Celle du sud était la « Porte des Morts » : les moines défunts étaient sortis par cette porte après la messe pour être portés au cimetière derrière le chevet, où ils étaient enterrés en pleine terre. Le long du mur sud, on peut observer un dépositoire, qui recevait les corps avant leur inhumation.
Dans les sites d'Arquinaut et de Florielle, des recherches font état de la découverte de tombes gallo-romaines et de tombes à inhumation sous tuilesFig. 1 -5 Tombes gallo-romaines ; On a découvert des tombes à inhumation sous tuiles dans le quartier du lieu-dit Le Villart et dans trois autres lieux (sources : Un habitat médiéval inédit : Arquinaut, Commune de Tourtour), ..
Une tombe en bâtière de type nécropole paléochrétienne des / siècles est visible au niveau du chevet de la chapelle de Florièyes. Découverte au début du , elle a été également signalée par Guy Désirat.
La présence d'ermites, qui ont été les gardiens des lieux, ne semble pas avoir laissé de tracesLe , l'ermite s'appelle Honoré Sisteron, la commune lui donne 5 livres (note 615, A.T.C.C.38); Le , à l'occasion de la procession, 5 sols sont donnés à l'ermite qui servait de gardien (Tourtour, Monographie et vie quotidienne par Guy Désirat, note 616, A.C.T..C.C.28) (Tourtour, Monographie et vie quotidienne par Guy Désirat, . ?
Deux inhumations semblent cependant pouvoir être attestées par les chercheurs : un certain « Sapa », peu après 1209 ; un des premiers moines de Floriège, Guilhem, dont les cendres ont été transférées au Thoronet puis à l'église de Lorgues.
Procession solennelle à l'abbaye de Notre-Dame de Floriège