est un air traditionnel mexicain, originaire de l'État de Veracruz, dans l'est du Mexique, au rythme proche de la cumbia. Le genre musical correspondant est le son jarocho (jarocho est le gentilé pour la ville de Veracruz).

La bamba a fait l'objet de nombreuses reprises, notamment celles de Ritchie Valens (1958) et de Los Lobos (1987, musique du film La Bamba, film biographique sur Ritchie Valens).

Origines de la chanson D'après un certain Ramón Río García, qui se base sur des entretiens menés par d'autres avec des anciens de la région de Veracruz, La bamba serait inspirée d'une chansonnette créée par un vagabond joueur de jarana (sorte de guitare) surnommé « El Guaruso ». Celui-ci l'aurait composée dans l'hacienda de doña Beatriz del Real situé à Malibrán en mai 1683 alors que le pirate hollandais Laurent de Graff approchait Veracruz. Les cloches furent sonnées pour signaler l'arrivée des pirates et chacun se prépara à se défendre. La maîtresse des lieux, qui proposait de partir pour se cacher dans les marais, demanda à son majordome ce qu'il comptait faire et celui-ci lui répondit : (). Finalement, le pirate accostera sur une autre plage et l'on n'eut pas à se battre.

La chanson est ainsi :

Quitilan, quitilan, / Ding-dong, ding-dong, que suenan las campanas de Malibrán / que sonnent les cloches de Malibrán qué vienen los piratas que no vendrán... / car les pirates viendront, viendront pas... Quitilín, quitilín, / Ding-dong, ding-dong, que suena la campana de Medellín / que sonne la cloche de Medellín y que suena y suena a rintintín. / qu'elles sonnent et résonnent

Plus généralement, on présume que La bamba a été créée à la fin du . Initialement, la chanson moque les efforts tardifs et inutiles du vice-roi du Mexique pour défendre les citoyens du port de Veracruz contre les pirates.

Origine du mot « bamba »

Une hypothèse est que le mot dérive de « bambarria », action inutile car elle arrive trop tard. Comme indiqué plus haut, la chanson aurait été une chanson satirique qui se moquait des efforts employés pour engager des soldats dans la marine après le siège de Veracruz en 1683 par le pirate hollandais Laurent de Graff, dénonçant ainsi le fait qu'il aurait fallu s'en préoccuper avant.

Le mot « » pourrait aussi venir du verbe espagnol (la langue parlée au Mexique) « bambalear » (« se dandiner », « se balancer »), à moins que ce ne soit l'inverse. Le nom peut également faire référence à une danse d'origine espagnole appelée Bamaba qui était populaire à l'époque.

thumb|Une carte de l'Empire Kongo sur laquelle figurent Bamba et Libongo (à rapprocher de « Lilongo »).

Enfin, « Bamba » était le nom de la capitale d'un duché de l'Empire Kongo s'étendant de l'actuelle République du Congo (Brazzaville) à l'actuelle République démocratique du Congo (Kinshasa) (on trouve dans un couplet « subsidiaire » (Ay LilongoLa chanson était transmise oralement. « Lilongo » est l'orthographe la plus fréquente dans les versions écrites, mais on trouve aussi à la place des variantes : « Aililongo », « Arilongo », « Guillongo », etc., el sombrero me lo quito y me lo pongo) le mot « Lilongo » qui pourrait être aussi un toponyme du Kongo (un toponyme voisin, « Libongo », est attesté). Une danse locale porterait ce nom et aurait été importée au Mexique par les esclaves.

La danse Les paroles étaient improvisées en fonction des circonstances. Il existe d’innombrables variantes, mais la plupart parlent d'une danse populaire et les paroles commencent ainsi : ().

Le « clou » de cette danse réside dans le fait que l’écharpe (rouge en général) d’un des danseurs est jetée sur la piste de danse et transformée avec grâce en nœud par un jeu de pieds du danseur. Comme apothéose, ce nœud est jeté en l’air. En général, il y a une compétition entre les danseurs pour savoir lequel a noué et lancé l'écharpe avec le plus d'agilité et de grâce.

Premiers enregistrements La chanson trouve son origine dans l'État de Veracruz, au Mexique. La plus ancienne version enregistrée connue est celle d'Alvaro Hernández Ortiz, qui a enregistré la chanson sous le nom de El Jarocho. Son enregistrement est sorti au Mexique par Victor Records en 1938 ou 1939 et a été réédité en 1997 sur une compilation du label Yazoo Records, The Secret Museum of Mankind Vol. 4. En 2019 il a reçu le Grammy Hall of Fame Award.

Selon un article paru en 1945 dans le magazine américain Life, la chanson et la danse qui lui est associée ont été de Veracruz par le chef d'orchestre américain Everett Hoagland, qui les a présentées dans la boîte de nuit Ciro's à Mexico. Devenue populaire, le candidat à l'élection présidentielle mexicaine de 1946 Miguel Alemán Valdés avait utilisé l'air de la chanson pour sa campagne. Plus tard, en 1945, la musique et la danse ont été présentées au Stork Club de New York par Arthur Murray.

Version de Ritchie Valens

Ritchie Valens a appris la chanson dans sa jeunesse, de son cousin Dickie Cota. En 1958, il enregistre une version rock 'n' roll de La bamba en face B du single Donna sur le label Del-Fi. Il était accompagné de Buddy Clark (basse), d' (piano), de (guitare baryton à six cordes Danelectro), d'Earl Palmer (tambours et claves) et de la guitariste Carol Kaye de l'équipe Wrecking Crew de Phil Spector. Rien qu’aux États-Unis, quelque cent cinquante artistes vont l’imiter.

La chanson se présente sous la forme d'un simple couplet et d'un refrain. Le chanteur, qui était fier de son héritage mexicain, a d'abord hésité à associer La Bamba avec le rock and roll, avant d'accepter. La chanson s'est classée à la place des 100 plus grandes chansons de rock and roll de VH1 en 1999, et à la place des 100 plus grandes chansons de danse de VH1 en 2000. En outre, l'enregistrement de la chanson par Ritchie Valens a été intronisé au et a reçu en 2000 le Grammy Hall of Fame Award.

La chanson a été classée au numéro 354 des 500 plus grandes chansons de tous les temps par le magazine Rolling Stone, seule chanson non anglophone à figurer dans ce classement. Elle est également incluse dans la « discothèque de base » (Basic Record Library) de Robert Christgau des enregistrements des années 1950 et 1960, publiée dans le Christgau's Record Guide: Rock Albums of the Seventies (1981). Ritchie Valens a été intronisé à titre posthume au Rock and Roll Hall of Fame en 2001. En 2018, la version de Ritchie Valens est sélectionnée par la Bibliothèque du Congrès américain pour être conservée dans le Registre national des enregistrements en raison de son . Elle figure également sur la liste du Rock and Roll Hall of Fame des 500 chansons qui ont influencé la formation du rock and roll.

Classements + Classements pour la version de Ritchie Valens Classement (1959–1987) Meilleureposition (Kent Music Report)87 (CHUM Chart)1

Version de Los Machucambos

En 1960, le groupe de chanteurs folkloriques Los Machucambos popularisa cette chanson en France, leur disque devenant un succès qui lancera la popularité de leurs concerts et nombreux disques à tendance mexicaine ou brésilienne. + Classements pour la version de Los Machucambos Classement (1961–62) Meilleureposition

Version de Los Lobos

Le groupe mexicano-américain Los Lobos reprend La bamba en 1987 qui paraît sur la bande originale du film La Bamba sur la vie de Ritchie Valens.

Le titre a été la première chanson en espagnol à être numéro 1 du Top Singles français et restera pendant onze semaines. Le titre, produit par Mitchell Froom, sera également certifié disque d'or en France. Il a été nommé pour le Grammy Award de chanson de l'année en 1988. La chanson a également été la quatrième chanson entièrement non anglophone à atteindre la première place du classement Hot 100 du magazine américain Billboard.

Les Oilers d'Edmonton de la Ligue nationale de hockey (LNH) ont adopté la reprise des Los Lobos, interprétée après chaque victoire à domicile au Rogers Place, en hommage à Joey Moss, qui a commencé à travailler pour l'équipe en 1985 et qui chantait à tue-tête cette chanson, reprise par l'équipe après chaque victoire, et au jeune partisan Ben Stelter, qui, luttant contre un cancer qu'il a finalement perdu, criait « Play La Bamba, Baby » dès le coup de sifflet final .

Clip vidéo Le clip réalisé par Sherman Halsey a remporté le MTV Video Music Award 1988 de la meilleure vidéo tirée d'un film, il met également en scène Lou Diamond Phillips, l'acteur qui joue le rôle de Ritchie Valens dans le film du même nom que la chanson La Bamba.

Liste des titres

Classements et certifications

+Classements hebdomadaires Classement (1987–1988) Meilleureposition (Springbok Radio)1 (Kent Music Report)1 (Flandre VRT Top 30)2 (100 Singles)1 (Adult Contemporary)1 (AFYVE)1 (Adult Contemporary)4 (Album Rock Tracks)11 (Billboard Hot 100)1 (Hot Country Singles)57 (Hot Latin Tracks)1 (Cash Box)1 (Suomen virallinen lista)1 (IRMA)1 (Musica e dischi)1 (Classements Singles)17 (ZIMA)1

+Classements annuels Classement (1987) Position (Springbok Radio)17 (Media Control)49 (Kent Music Report)2 (Ö3 Austria Top 40)20 (Flandre Ultratop 50)21 (Top 100 Singles)1 (Hot 100)11 (Hot Latin Tracks)15 (Cash Box)11 (European Hot 100)12 (SNEP)3 (Musica e dischi)1 (RIANZ) 2 (Nederlandse Top 40)16 (Single Top 100)26 (UK Singles Chart)18 (Schweizer Hitparade)4

+Certifications Pays Certification Date Ventes (CRIA) (SNEP)1987 (BPI)16/09/2022

Paroles Exemple de version <poem> Para bailar la bamba se necesita / Pour danser la bamba il faut Una poca de gracia y otra cosita / Un peu de grâce et une autre petite chose

Ay arriba y arriba, Y arriba y arriba, arriba iré / Aïe en haut et en haut, et en haut et en haut, en haut j'irai Yo no soy marinero por tí seré / Je ne suis pas marin, pour toi je le serai

Para subir al cielo se necesita / Pour monter au ciel il faut Una escalera grande y otra chiquita / Une grande échelle et une autre petite

Yo no soy marinero, soy capitán / Je ne suis pas marin, je suis capitaine

Una vez que te dije que eras bonita / Une fois où je t'ai dit que tu étais jolie Se te puso la cara coloradita / Ton visage est devenu coloré

Una vez que te dije que eras muy guapo / Une fois où je t'ai dit que tu étais très beau Se te puso la cara color de sapo / Ton visage est devenu couleur crapaud

En mi casa me dicen el inocente / Chez moi on m'appelle l'innocent Porque tengo muchachas de quince a veínte / Parce que j'ai des filles de 15 à 20

Quisiera tener la dicha, la dicha que un gallo tiene / J'aimerai avoir la veine, la veine qu'un coq a De tener muchas pollitas y a ninguna las mantiene / D'avoir plein de poulettes et de n'en entretenir aucune.

Gorilon, gorilon, gorilongo El sombrero me lo quito y me lo pongo / Le chapeau, je l'enlève et je le mets.

Gorilongo es una negrita que se parece al carbón / Gorilongo est une négresse qui ressemble à du charbon No diré que es muy bonita, tiene grácia de a montón / Je ne dirai pas qu'elle est très jolie, elle a beaucoup de grâce.

Gorilongo vamos a misa a que nos bendiga el padre / Gorilongo allons à la messe pour que nous bénisse le père Te vas a casar conmigo aunque no quiera tu madre / Tu vas te marier avec moi bien que ta mère ne le veuille pas.

Ay cupido te pido de compasión / Aïe, Cupidon, je te demande par pitié Que se acabe La bamba y venga otro son / Que La bamba finisse et vienne un autre son </poem>

Autre exemple Que bonita la bamba de madrugar / Quelle jolie bamba de bon matin Cuando todo' la bailan en la enramada / Quand tous la dansent dans le feuillage

Arriba arriba arriba y arriba ire / En haut j'irai Como la palomita volando ire / Comme la colombe j'irai en volant

De La Habana han venido nuevos pintores / De La Havane sont venus de nouveaux peintres Que pintaron La Virgen de tres colores / Qui ont peint La Vierge en trois couleurs

Arriba y mas arriba y arriba iré / En haut et plus haut j'irai La paloma que traiba ya se me fué / La colombe que j'apportai et qui s'en est allée