vignette|Kémi Séba en 2016. Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, né le à Strasbourg (Bas-Rhin), est un activiste suprémaciste noir et panafricaniste béninois. Également né français, il est déchu de cette nationalité en .

Initialement membre de la branche francophone de Nation of Islam, Kémi Séba se fait connaître en France en tant que fondateur ou porte-parole de plusieurs groupuscules, notamment la « Tribu Ka », réservée exclusivement aux personnes noires, dissoute par décret pour incitation à la haine raciale, et le Mouvement des damnés de l'impérialisme, associant des militants panafricanistes avec des néonazis et des islamistes radicaux.

Il est considéré comme un suprémaciste noir ainsi qu'un militant racialiste et antisémite. Il est aussi un admirateur de la Russie de Vladimir Poutine. En collaboration avec des groupes identitaires d'extrême droite, il prône un projet mondial de séparation des races.

Il s'installe ensuite en au Sénégal, où il poursuit son militantisme politique, d'abord en tant que chroniqueur politique sur la première chaîne de télévision privée du Sénégal, à savoir la 2sTV. Cette nouvelle activité lui assure une nouvelle popularité en Afrique francophone.

Il mène à partir de l'année 2017, à la tête de son organisation Urgences panafricanistes, une lutte contre le . Il dénonce le franc CFA et le manque de souveraineté monétaire qui touche les pays utilisant cette devise, à travers des manifestations politiques dans l'ensemble des pays d'Afrique francophone. La même année, il est expulsé du Sénégal et s'installe au Bénin.

En 2025, Kémi Séba exprime son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2026 au Bénin. En , il apporte son soutien à une tentative de coup d'État visant à renverser le président béninois Patrice Talon. La tentative échoue et la justice béninoise émet un mandat d'arrêt international contre lui. Exilé au Niger où il possède un passeport diplomatique depuis 2024, il est arrêté et incarcéré en Afrique du Sud en avril 2026. Les autorités béninoises réclament son extradition vers le Bénin afin qu'il puisse y être jugé.

Biographie Origines et famille Stellio Gilles Robert Capo Chichi naît le à Strasbourg de parents béninois naturalisés français. Son père est médecin. À la suite du divorce de ses parents, il est élevé par sa mèreStephen Smith et Géraldine Faes, Noir et Français !, 2006...

En 1995, âgé de 14 ans, il déménage avec sa mère et son frère en Île-de-France, où il découvre la culture hip-hop.

Nation of Islam Il s'initie à la politique en 1999, en devenant membre de Nation of Islam lors d'un séjour à Los Angeles.... Lors de son retour à Paris, il poursuit sa formation au sein de la section française de l'organisation durant un an et demi auprès de Karim D. Muhammad, représentant de la Nation of Islam à Paris.. Il acquiert durant cette période ses bases militantes, doctrinales, idéologiques et surtout ses capacités d'orateur...

Conformément aux enseignements de l'organisation, il prône la « revalorisation de la race noire », qui passe selon Elijah Muhammad le guide de la Nation of Islam par la « séparation » des Noirs et des Blancs (que Séba nomme « leucodermes ») « descendants d'esclavagistes colonisateurs » et qui selon lui, pour beaucoup, pratiquent encore le rejet des Noirs. Alors que son intérêt pour l'Égypte antique croît, il s'éloigne de la Nation of Islam et la quitte en 2001.. Il redevient en 2010 membre de la Nation of Islam avant de la quitter à nouveau en 2013..

Parti kémite Après un voyage en Égypte dans les années 2000, il renie la doctrine de Nation of Islam et les religions abrahamiques et se convertit au kémitisme..

Alliant panafricanisme et kémitisme, il participe à la fondation du groupuscule noir radical Parti kémite en 2002, dont il est pendant deux ans le porte-parole national. Il finit par le quitter, trouvant le parti trop intégrationniste étant donné son acceptation des Noirs de toutes confessions et son refus du prosélytisme. Toujours en 2002, il adopte le pseudonyme « Kémi Séba », transcription francisée d'un terme d'égyptien ancien signifiant « Étoile Noire »« Kémi Séba, leader de Tribu Ka : “On me traite de nazi noir” », L'Obs, 30 octobre 2008.. En , il fonde une scission du Parti kémite, la Tribu Ka, un mouvement politico-mystique d'obédience kémite (Ka signifiant kémitisme atonien).

Tribu Ka

La Tribu Ka est un mouvement français, créé par Kémi Séba en , se présentant comme le défenseur du , attribuant aux populations noires, dans un discours s'inscrivant dans la mouvance du kémitisme, la fondation de la civilisation égyptienne et prônant la ségrégation raciale. Il en est le dirigeant...

Il appelle les personnes de la diaspora africaine à aller vivre en Afrique, à ne pas se métisser, ni s'intégrer dans la société française.. L'organisation rejette le judaïsme, l'islam, le christianisme, le vaudou et l'animisme, et promeut un monothéisme africain à travers la vénération du dieu Aton de la mythologie égyptienne. Ce projet ne séduit que très peu de personnes, le nombre d'adeptes reste minuscule, mais est fortement médiatisé. Il reçoit à cette époque le soutien de Dieudonné..

En , Kémi Seba déclare lors d'un entretien : .

En , après le meurtre d'Ilan Halimi, organisé par Youssouf Fofana, Kémi Séba s'adresse en ces termes à plusieurs associations juives : . Le Figaro évoque alors des « délires antisémites »..

Séba apparaît sur la scène médiatique française en en réalisant, dans le cadre d'un affrontement physique voulu avec la Ligue de défense juive et le Betar, une descente dans le quartier juif historique de la rue des Rosiers à Paris () en étant accompagné des militants de son groupuscule.... Il justifie cette action par le fait que la Ligue de défense juive et le Betar avaient agressé des Noirs en marge de la manifestation en la mémoire d'Ilan Halimi.

Le mouvement est dissout par décret présidentiel le , en se fondant sur la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées, procédure engagée à l'initiative du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy qui estime que Tribu Ka incite à la haine raciale..

Multiples reconstitutions de la Tribu Ka de 2006 à 2009 vignette|Kémi Séba, le 19 février 2008, à son arrivée au tribunal correctionnel de Paris.

Le , Kémi Séba tient une conférence à Tours dans laquelle il annonce la création de son nouveau groupe Génération Kémi Séba formé afin de succéder à la Tribu Ka.. Ce nouveau groupe reprend la même doctrine que la Tribu KaMourad Guichard, « L'ex-Tribu Ka de retour sur la même ligne » , Libération, .. À cette occasion, il déclare :

Le groupe envisage durant un temps de présenter un candidat aux élections municipales de 2008 à Sarcelles.

Le , Kémi Séba est condamné pour avoir tenté de recréer illégalement la Tribu Ka sous l'appellation Génération Kémi Séba. Il écope d'une peine de six mois de prison dont deux ferme ainsi que d'un an de privation de ses droits civiques, civils et de famille..

Nonobstant cette première condamnation, Kémi Séba fonde le groupe Jeunesse Kémi Séba. Là encore, Kémi Séba et ses sympathisants sont poursuivis pour reconstitution illégale d'une ligue dissoute, à savoir la Tribu Ka.. Le nouveau groupe est dissous par décret le ..

Mouvement des damnés de l'impérialisme En , Kémi Séba crée le groupe Mouvement des damnés de l'impérialisme (MDI), dont il est à la fois le secrétaire général et président. Contrairement aux précédentes organisations qu'il a fondées, l'adhésion à ce mouvement n'est pas limitée aux personnes noires. Effectivement, Kémi Séba déclare avoir abandonné l' pour l'idéal plus du panafricanisme. Dès sa création, l'organisation se rapproche des mouvements islamistes et de l'extrême droite, dans ce que le politologue Jean-Yves Camus qualifie d'Dimanche +, 30 novembre 2008, Canal+..

Les objectifs politiques du MDI sont qualifiés par les politologues Stéphane François, Damien Guillaume et Emmanuel Kreis d'antisémites et complotistes. En effet le MDI se donne pour objectif de rassembler les peuples contre l'« impérialisme sioniste » et les Illuminati ; sa communication est relayée par les sites communautaires musulmans et par la droite radicale et nationaliste. Kémi Séba exprime à cette époque son admiration pour le Hamas et le Hezbollah, ainsi que pour le Front national.

Boris Le Lay, antisémite notoire, militant français d'extrême droite, est chargé des relations avec l'Europe.. Salim Laibi, chirurgien-dentiste, complotiste et islamiste algérien, est à la fois chargé de mission aux loges occultes. et responsable de l'antenne PACA..

Le groupe se dote d'un site internet et diffuse des vidéos sur des sites de partages de vidéo comme YouTube ou Dailymotion..

En , Christophe Cornevin (du Figaro) relève que, depuis mai, une organisation d', dénommée la Droite socialiste, a . Selon le journaliste, Kémi Séba ..

En , Kémi Séba se reconvertit à l'islam après un séjour en prison et affirme avoir abandonné ses références « suprémacistes » au profit d'une vision « ethno-différencialiste », ne pensant plus que « l'homme blanc est le diable ». Dans une interview accordée au site Saphirnews, il déclare que la pensée de René Guénon a été importante dans sa conversion.

En , Kémi Séba est accueilli par le centre Zahra de Yahia Gouasmi..

Fin , Kémi Séba est invité par Dieudonné à participer à sa liste constituée pour les élections européennes de 2009 mais il refuse, ses idées étant en contradiction avec l'anti-communautarisme invoqué par Dieudonné et Alain Soral (également sur la liste). Toutefois, plusieurs colistiers de Dieudonné rejoindront le MDI après l'élection..

Dans une interview pour le site Hardcoremotion, décrivant Hitler comme un mais dit , et disant citer Malcolm X : ..

Le MDI cesse son activité en 2010.

New Black Panther Party

Le , Kémi Séba est nommé « ministre francophone » de l'organisation qui est basée à Washington, et représentant du prédicateur extrémiste noir Khalid Abdul Muhammad. Il reçoit à cette occasion le nom de « Kemiour Aarim Shabazz »... Il quitte la présidence du MDI, et se consacre la branche française du mouvement afro-américain durant 1 an, avant de rejoindre le continent africain.

Le , il annonce le lancement du Black Pempers Center, un centre de loisir pour les enfants noirs en France.

Installation au Sénégal puis au Bénin et recentrage de son activisme en Afrique francophone vignette|Kémi Séba à Dakar en août 2011. En , Kémi Séba quitte la France pour rejoindre le Sénégal. En , il est engagé comme porte-parole de l'Alliance panafricaniste, association dirigée par le ministre-conseiller chargé du panafricanisme Amadou Lamine Faye. Cette nomination crée la confusion, plusieurs médias relatant faussement que Kémi Séba était devenu porte-parole au sein du gouvernement sénégalais. Deux mois plus tard, il quitte ce poste. Amadou Lamine Faye explique ensuite se sentir floué, estimant que . Kémi Séba juge quant à lui avoir été utilisé par le ministre-conseiller à des fins de politique intérieure..

En 2011, il est représentant de la société Afrikan Mosaïque, une entreprise sénégalaise qui indique avoir investi près de dans des projets locaux.

Lors de la pandémie de Covid-19, il tient des propos complotistes au sujet de la vaccination en Afrique, qu'il qualifie de crime contre l'humanité, et fait la promotion de l'Apivirine et de remèdes à base de plantes contre le Covid-19..

Selon une enquête de France Info, Kémi Séba fait partie d'un panel d' ciblés par l'agence de désinformation israélienne Percepto afin de leur faire propager à leur insu des infox dans des buts de propagande..

Médias africains En 2013, Kémi Séba est engagé comme chroniqueur politique sur la première chaîne privée du Sénégal, la 2sTV, dans l'émission Le Grand Rendez-vous. Au sein de ce programme, il se fait connaître auprès du public sénégalais ..