Le musée de Normandie est un musée municipal de la ville de Caen dans le département du Calvados en région Normandie. Fondé en 1946, il est ouvert dans l'enceinte du château de Caen en 1963. Initialement consacré à l'ethnographie, le musée s'étend à l'archéologie, avec une salle ouverte en 1968, et des collections qui s'enrichissent avec les nombreuses fouilles archéologiques menées dans le département jusque dans les années 1980. Le musée des Beaux-Arts de Caen s'installe dans l'enceinte du château et ouvre en juin 1970.
Les biens conservés atteignent en 2001 plus de objets. et illustrent l’évolution matérielle et culturelle des populations de la région historique de la Préhistoire au .
Pour accompagner une politique soutenue d'expositions temporaires depuis la fin des années 1970, le musée fait l'objet d'une attention particulière avec la construction, dans l'enceinte du château, des salles dites du rempart au début des années 2000 et la mise en valeur de l'église Saint-Georges comme lieu d'accueil central des musées et du château, ainsi que comme lieu d'interprétation du site. Le musée de Normandie est membre du réseau des musées de Normandie.
Histoire La création du musée de Normandie en 1946 vignette|left|La salle du pilori du musée des antiquaires de Normandie. Cette société savante expose désormais une partie de ses collections archéologiques dans l'enceinte du château.
En 1937, Georges Henri Rivière fonde le musée national des Arts et Traditions populaires à Paris. Il souhaite également mettre sur pied un réseau national de musées régionaux. Pendant l’été 1945, il est membre de la mission d’inspection générale des musées chargée d’évaluer les dégâts occasionnés aux collections publiques pendant la guerre dans les cinq départements normands.. De passage à Caen en juillet 1945, il contemple le 16 juillet la ville en ruine depuis l’esplanade du château avec Michel de Boüard, professeur d'histoire à l'université de Caen juste rentré de déportationJean-Yves Marin et Jean-Marie Levesque (dir.), Mémoires du château de Caen, Caen, 2000, ., et Jean Vergnet-Ruiz, inspecteur général des musées de provinceGeorges-Henri Rivière, Musée de Normandie : Ville de Caen, Caen, 1963, .Collectif, Caen, 1900-2000 un siècle de vie, 2001, .. Il émet alors l’idée de créer un « musée normand », donc d'ethnographie normande, à Caen.
L’universitaire propose le projet au maire, Yves Guillou, qui fait voter la création du musée de Normandie en 1946, mais ne lui attribue ni lieu d'expositions, ni collections. Le musée d'ethnographie et d'histoire de la Normandie, créé le , a rang de « musée classé »Michel de Boüard, « Le musée d'ethnographie et d'histoire de la Normandie », Supplément aux Annales de Normandie, 1951, , , .. Pendant une vingtaine d’années, Michel de Boüard, nommé directeur du musée, sillonne l’ancienne province normande avec une petite équipe et aidé par un réseau d'informateurs, afin de collecter des témoignages des traditions rurales.. En l'absence de locaux permanents, les pièces des collections en devenir sont entreposées dans un baraquement à côté de l’église Saint-Étienne-le-Vieux.. Initialement, le musée de Normandie et le musée des Beaux-Arts de Caen devaient s’installer dans l’abbaye aux Hommes occupée depuis le début du par le lycée Malherbe. La construction d’un nouveau lycée n’étant pas jugée prioritaire, l’installation des musées dans l’abbaye fondée par Guillaume le Conquérant allait devoir attendreLe lycée Malherbe actuel est inauguré en 1961.. Michel de Boüard propose donc, dès 1946, d’utiliser le château en particulier le logis des gouverneurs. En 1949, le maire, qui lutte pour que le château ne soit pas utilisé par l’université de Caen, donne son accord de principe.
En 1954, la municipalité renonce au projet de reconstruction de l’hôtel de ville sur son site d’avant-guerre (à l'emplacement du séminaire des Eudistes de Caen, place de la République) et décide que la mairie occupera les anciens locaux du Lycée Malherbe, mettant ainsi définitivement un terme au projet d’installation des musées. Cette même-année, Michel de Boüard fonde à l’université le Centre de recherche archéologique et historique médiévale. En octobre 1956, le château remis par l'armée aux services des domaines depuis 1949 est cédé définitivement à la villeJean-Yves Marin et Jean-Marie Levesque (dir.), Mémoires du château de Caen, Caen, 2000, .. De 1956 à 1966, Michel de Boüard fouille le château de Caen, mettant en valeur les grands éléments de la forteresse médiévale, en particulier par son dégagement des vestiges du donjon rendu possible par la démolition du dernier bâtiment subsistant de l'ancienne caserne en décembre 1958.
En 1958, il est décidé d’installer le musée de Normandie dans le logis des gouverneurs. Cet édifice, probablement bâti au début du et presque entièrement reconstruit aux , était la résidence du bailli, puis celle du capitaine du château et enfin celle du gouverneur « des ville et château de Caen ». Il est restauré par Jean Merlet, architecte en chef des monuments historiques, qui fait démolir l’escalier monumental sur la façade principale du bâtiment. En 1960, les services prennent place dans le bâtimentJean-Yves Marin et Jean-Marie Levesque (dir.), Mémoires du château de Caen, Caen, 2000, . et le musée ouvre officiellement au public en décembre 1963.
Le musée depuis 1963 vignette|Poterie médiévale issue des fouilles de l'abbé Cochet de Saint-Aubin-sur-Scie en 1853 et déposée au musée.
En 1963, il s'agit essentiellement d'un musée d'ethnographie., principalement avec des objets du . Une salle est consacrée à l'archéologie en 1968.
En effet, les collections du musée se sont étoffées grâce aux dépôts du résultat des fouilles exercées dans la région et surtout grâce au dépôt en 1983Jean-Yves Marin, « Les collections de la Société des antiquaires de Normandie au musée de Normandie de Caen » dans Revue archéologique de l'ouest, 1987, volume 4, , . d’une grande partie des collections de la Société des antiquaires de NormandieL’autre partie a été déposée au musée gallo-romain de Vieux. exposées avant la guerre dans l'ancien collège du Mont au sein du musée des antiquaires de Normandie, émanation de cette société savante. Bien que la collection des antiquaires ait été amputée par des pertes lors des bombardements de la bataille de Normandie et le désordre consécutif, elle reste riche de nombreux objets issus de fouilles archéologiques depuis le , d'un médaillier d'environ monnaies et d'une des collections les plus importantes de France pour le papier monnaie au début de l'ère révolutionnaire. La convention de dépôt de 1983 permet l'accueil du fonds subsistant dans de bonnes conditions ; le musée des antiquaires de Normandie demeure toutefois reconnu officiellement et bénéficie du label « musée de France »Liste des musées de France en application de l'article 18 de la loi 2002-5 du 4 janvier 2002 (liste au 24 novembre 2011), bien qu'il ne dispose plus de bâtiment en propre à la suite de l'abandon en 1963 de l'ancien musée, endommagé lors du conflit et jugé inadapté aux besoins de la muséographie moderneLucien Musset, « Historique sommaire du Musée des antiquaires (1824-1963) », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, (1963-1965), Caen, 1965, ..
Le nombre de visiteurs augmentent régulièrement ( en 1964 ; en 1973)Jean-Jacques Bertaux, « Chroniques d’études normandes – Musée », Annales de Normandie, 1974, Volume 24, , . et la collection s'enrichit de nouvelles piècesJean-Jacques Bertaux, « Chroniques d’études normandes – Musée », Annales de Normandie, 1974, Volume 24, , .. Malgré plusieurs réaménagements partiels des vitrines (1968 et 1974), le musée manque de place tant dans les salles d'exposition que dans les réservesJean-Jacques Bertaux, « Chroniques d’études normandes – Musée », Annales de Normandie, 1974, Volume 24, , .. En 1978-1980, une aile est construite en retour au nord du logis des gouverneurs, et des réserves sont aménagées dans les sous-sols sous la cour entre le logis et le rempart. Une rénovation est menée en 1984-1986.
vignette|left|Armoiries du Dauphin de France découvertes dans les fouilles préalables à la construction des salles du rempart et exposées à l'entrée de ces salles, pierre de Caen, .
Le musée de Normandie commence à l'aube des années 1980 une politique d'expositions temporaires hors du logis des gouverneursCollectif, Caen, 1900-2000 un siècle de vie, 2001, .. Depuis 1980, l'église Saint-Georges, occupée depuis 1964 par la sépulture d'une victime anonyme de la bataille de Caen de 1944La dépouille de la victime civile a alors été transférée sous la pelouse au pied du chevet de Saint-Georges., sert pour ces expositions temporaires. Un jardin médicinal, dit « jardin des simples »Ville de Caen - Environnement - parcs et jardins, est aménagé entre l'église et le logis des gouverneurs, sur le modèle du jardin médiéval du château d'Angers. Depuis 1994, la salle dite de l'Échiquier est également utilisée pour les expositions importantes.
En 1998, un grand projet de restauration du château est élaboré à la suite du classement de cet ensemble comme monument historique le 10 avril 1997. Dans ce cadre, le rempart nord, qui menaçait ruine, est réhabilité. Il est également prévu l’aménagement d’un ensemble muséographique consacré aux mondes normands dans l’Échiquier et sous la terrasse du cavalier adjacente. Depuis mai 2008, les salles dites du rempart, qui constituent le premier monument du de la Ville de Caen, situées dans le volume restitué de la terrasse d’artillerie du Cavalier () et comprenant divers équipements (Centre de documentation, réserves et salles pédagogiques), accueillent les grandes expositions du musée de Normandie. Les fouilles menées en préalable aux travaux de la nouvelle salle d'exposition ayant permis de dégager un ensemble de forges et une maison du qui offrent selon l'Institut national de recherches archéologiques préventives « l'un des rares cas observés en France d'activités métallurgiques dans un site castral à propos duquel on peut suivre l'évolution des techniques du »Rapport au Parlement : mise en œuvre de la loi modifiée du 17 janvier 2001 relative à l'archéologie préventive, 2006, ministère de la Culture et de la Communication, ..
En 2013, le projet d'aménagement du château se poursuit. L'église Saint-Georges est restaurée et aménagée en centre d'interprétation du château de Caen et pôle d'accueil pour les deux musées situés dans son enceinte. Le centre ouvre le Procès-verbal d'affichage du conseil municipal de la ville de Caen du lundi 25 mars 2013...
Le musée de Normandie adhère au réseau des musées de société de Basse-Normandie mis en place par le Centre régional de culture ethnologique et technique (Crécet) et à la Fédération des écomusées et musées de société.
Collections et pièces remarquables vignette|left|upright|Déesse-mère de Saint-Aubin-sur-Mer. vignette|upright|Plan du musée de Normandie, logis du gouverneur. Le musée présente l’histoire de la Normandie illustrée par l'archéologie et l’ethnologie. L'espace de la future Normandie est occupé depuis plusieurs centaines de milliers d’années.
Sont ainsi retracées les étapes de l'histoire de la Normandie jusqu'aux plus récentes découvertes. De plus, le musée présente la vie des hommes et des femmes depuis le paléolithique jusqu’à l’installation des Vikings dans la basse vallée de la Seine à la suite du traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911. Les salles archéologiques du rez-de-chaussée contiennent des armes, bijoux, objets de la vie quotidienne qui sont replacés dans leur contexte. L'étage contient des collections ethnologiques qui évoquent la vie des Normands du à nos jours. Ces collections, qui ont été glanées dans l'ensemble de la Normandie, contiennent des objets usuels mais aussi des chefs-d’œuvre de forgerons, de potiers, de ciriers et aussi des armoires normandes.