La Fée aux choux est un film français réalisé par Alice Guy, qui a connu plusieurs versions dont la première sortie en 1896.
Le film montre une fée qui retire des nouveau-nés de choux. Selon la petite-fille d'Alice Guy, le thème aurait été inspiré par l'invention des couveuses, présentées à l'Exposition universelle de Paris de 1889 puis en au 26 boulevard Poissonnière à Paris.
La Fée aux choux est historique car il s'agit du premier film réalisé par une femmeL'Univers d'Alice Guy, présentation de l'exposition 2011 au musée d'Orsay sur l'œuvre d'Alice Guy. Elle-même se désigne comme . Il s'agit par ailleurs du premier film de la plus ancienne production au monde, Gaumont.
La Fée aux choux est parfois considéré comme la première fiction de l'histoire du cinéma.., mais cette primauté est également attribuée à Louis Lumière pour L'Arroseur arrosé, tourné au printemps 1895, voire à Émile Reynaud et ses premières pantomimes lumineuses, prémices du cinéma d'animation, présentées au public dès ..
Synopsis (film de 1900) Dans un jardin, une fée salue le public (regard caméra) et se penche sur des choux immenses. Elle en sort comme par magie un, puis deux nouveau-nés, puis un troisième figuré par une poupée. Les bébés sont successivement déposés à terre au premier plan et continuent à gigoter, tandis que la fée se déplace en bougeant amplement les bras. Le film illustre la légende du folklore français selon laquelle les enfants naissent dans les choux.
Fiche technique
Titre : La Fée aux choux, ou La Naissance des enfants Réalisation : Alice Guy Société de production et de distribution : Société L. Gaumont et compagnie Pays de production : Genre : fantastique Format : noir et blanc - 58 mm sans perforations (1896) puis 35 mm format Edison (1900 et 1902) - muet Durée : 1896 : inconnue 1900 : (métrage : ) 1902 : et demie Dates de sortie : 1896, 1900 et 1902 Licence : domaine public
Distribution D'après les déclarations d'Alice Guy, ce furent des comédiennes et comédiens amateurs qui tournèrent dans les différentes versions de son film, dont Germaine Serand et Yvonne Serand dans celle de 1902.
Confusion sur deux ou trois versions du film
Alice Guy indique en 1914 dans The New Jersey StarInterview d'Alice Guy dans The New Jersey Star du 8 août 1914, cité par Alison McMahan, Alice Guy Blaché : lost visionary of the cinema, éd. Continuum International Publishing Group, 2002, p. 23, et note 25, p. 252. que son premier film date de 1896 et qu'ayant été détruit (desintegrated), il a été refait au moins deux fois, comme ce fut le cas de tous les grands succès des débuts du cinéma. En effet, les copies des films, demandées par les « tourneurs » forains ou par des particuliers aisés, étaient alors tirées directement d’après le négatif original, et lorsqu'un film plaisait particulièrement au public, son négatif en venait à être rayé, voire cassé à cause des centaines de passages répétés dans la machine de tirage. Si la demande persistait, il ne restait plus au producteur qu'à faire un autre tournage (les films primitifs étaient composés d'un seul plan, donc faciles à retourner) afin de satisfaire sa clientèle. Le plus souvent, le négatif d'origine était détruit (avec récupération des sels d'argent).
Ce fut le cas de La Sortie de l'usine Lumière à Lyon (3 versions) et de L'Arroseur arrosé de Louis Lumière (3 versions), mais les deux frères ont conservé tous leurs négatifs, même détériorés, ce qui a permis leur restauration ultérieure. De nombreux films ont ainsi été retournés en reprenant le même titre ou en en adoptant un nouveau plus accrocheur.
Ainsi, il y aurait eu plusieurs films connus sous le titre de La Fée aux choux. D'abord, en 1896Dietrick, Janelle. La Fée Aux Choux: Alice Guy's Garden of Dreams, Paradis Perdu Press, 2022, , Chapitres 1-10, celui qui a été tourné avec le Biographe, une caméra rachetée par Léon Gaumont à Georges Demenÿ, utilisant de la pellicule non perforée de de large, entraînée par une came battante. .
Ensuite, en 1900, une nouvelle version fut tourné cette fois avec la pellicule perforée mise au point par Thomas Edison, le format 35 mm qui devint le standard des pellicules de cinéma. Ce film met en scène une femme (la fée) et deux bébésVidéo de La Fée aux choux, Alice Guy, 1900 (sans la page de titre), sur en.wikipedia.org..
En 1902, une version longue de et demie, connue sous les titres Sage-femme de première classe ou La Naissance des enfants, met en scène, d'après ses propres descriptions, trois personnages (la fée, la jeune mariée, le jeune marié), ainsi que six bébés et deux poupées, dont une d'un bébé noir, repoussé avec dégoût par le jeune couple ) et qui emprunte également le motif légendaire des bébés sortis des chouxSage-femme de première classe (1902) Alice Guy, sur youtube.com.. Néanmoins, Alice Guy, dans ses témoignages donnés en 1953 et 1963, appelle le film de 1902 La Fée aux choux, ainsi que dans une lettre à Louis Gaumont (l'un des fils de Léon Gaumont) datée de 1954, explicite sur son contenu : . Soit elle le considère tout simplement comme une nouvelle version, soit elle a seulement oublié (peut-être à cause de l'âge) voire ignoré le titre différent, Sage-femme de première classe, indiqué dans le catalogue Gaumont de 1902, . Sur l'enseigne de la fée marchande de bébés on parvient à lire : .
Alice Guy décrit au moins deux scénarios différents sous le même titre : D'une part, dans une conférence de Victor Bachy de 1944 reprenant ses propos : (à moins qu'elle ait omis l'apparition préalable d'une fée, ce serait donc à la jeune fille, qu'en 1944, elle donne ce nom), de même dans une lettre à Louis Gaumont de 1953 : (ce scénario d'un film inconnu correspondrait à une version détruite de 1896), et dans ses mémoires, au sujet de sa première version tournée à Belleville : . On notera le pluriel du mot camarades, car il y a deux personnages masculins adultes dans le scénario de 1896 ; D'autre part, dans son interview de 1963, au vu cette fois des photos du film de 1902 : , ce qui correspond bien au film de 1902, intitulé dans le catalogue Gaumont Sage-femme de première classe, alors qu'y figure la mention Mme Féauchoux sur l'enseigne de la marchande de nouveau-nés. Elle réitère cette affirmation dans une lettre à Louis Gaumont de 1954 :
Par ailleurs, entre les deux, s'intercale le film de 1900, dont la page de titre mentionne : , qui est retrouvé en 1996 seulement au Svenska FilminstitutetAlison McMahan, Alice Guy Blaché: lost visionary of the cinema, éd. Continuum International Publishing Group, 2002, et correspond à celui décrit, là encore sous un autre titre, dans le catalogue Gaumont de 1901 comme : , ce qui démontre que les titres des films peuvent être modifiés dans les catalogues Gaumont et dément au surplus les propos de Maurice Gianati selon lesquels elle n'aurait pas tourné avant 1902. Enfin, si le négatif de 1896 fut détérioré par les tirages de copies, comme l'affirme Alice Guy, cela peut expliquer qu'il ne figure pas dans les catalogues Gaumont de 1901 et 1902.
Dès 1914 et jusque dans ses mémoires posthumes, Alice Guy déclare avoir fait le film en 1896. Léon Gaumont confirme cette dateDans une note manuscrite sur « Les premiers clients », on lit : .BiFi, Fonds Louis Gaumont, thème "Les metteurs en scène", Catalogue collectif des bibliothèques et archives de cinéma, cote LG364-B50 et suivantes.. Alice Guy devrait alors être considérée comme l'autrice du premier film Gaumont.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Sage-femme de première classe
Liens externes
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