Nicolas-Joseph Sélis, né le à Paris où il est mort le , est un homme de lettres français.
Il est d'abord professeur d'éloquence à Amiens, où il épouse la nièce de l'académicien Jean-Baptiste Gresset, puis il se lie avec l'abbé Delille, qui le fait nommer professeur au collège Louis-le-Grand à Paris. Pendant la Révolution, il est professeur de belles-lettres à l'École centrale du Panthéon et examinateur des élèves du Pyrétanée. En 1796, il succède à l'abbé Delille à la chaire de poésie latine au Collège de France, place que Delille reprend à son retour d'exil, quatre mois après la mort de Sélis en 1802.
Nicolas-Joseph Sélis fut notamment l'auteur d'opuscules satiriques. Son Inoculation du bon sens, qu'il rédige à l'époque de la guerre de Sept Ans, est une satire contre le déclin moral de la France et la montée du rationalisme : qu'on ne s'étonne pas, écrit-il, que la France soit devenue la fable des nations dès lors que ses soldats posent des tapis dans les tranchées et ne savent plus distinguer entre la poudre à canon et la poudre de toilette. Sa Relation de la maladie, confession et mort de M. de Voltaire, parue sous le pseudonyme de Jacques Dubois, est un pamphlet contre Voltaire : lorsque le philosophe, après s'être confessé, commence à perdre conscience, le Diable apparaît dans la cheminée et l'emporte pour le faire rôtir en enfer.
Sélis fut par ailleurs l'un des quatre éditeurs, avec Jean-Baptiste-Modeste Gence, Simon-Jérôme Bourlet de Vauxcelles et Dominique Joseph Garat, de la cinquième édition du Dictionnaire de l'Académie française, publiée en 1798.
Principales publications Épitre a monsieur Gresset, 1742 L'Armée romaine sauvée par les prières de la légion fulminante, poème, 1760 L'Inoculation du bon sens, 1761 Relation de la maladie, de la confession, de la fin de M. de Voltaire, et de ce qui s’ensuivit, par moi, Joseph Dubois, 1761 Épître sur les pédants de société, 1771 Épîtres en vers sur différents sujets, 1776 Satires de Perse, traduites en français, avec des remarques, 1776 Petite guerre entre M. l'abbé Le Monnier et M. Sélis, au sujet de la traduction des Satires de Perse par ce dernier, 1777 Dissertation sur Perse, 1783 Lettre à un père de famille sur les petits spectacles de Paris, 1789 Lettre d'un grand vicaire à un évêque sur les curés de campagne, 1790 Lettres écrites de La Trappe par un novice, mises au jour par M**, v. 1790 Lettre au citoyen La Harpe sur le collège de France, 1792
Sources biographiques Louis-Maïeul Chaudon, Nouveau Dictionnaire historique, vol. XII, 1805, p. 442 Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du siècle, vol. XIV, 1875, p. 509
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