Louis-Émile Vanderburch, ou Vander-Burch, dit Émile Vander, né le Selon le livre de Charles Vander-Burch Fils, Biographie d'un homme de lettres, Louis-Emile serait né le 31 octobre 1794. à Paris et mort le à Rueil., est un écrivain, vaudevilliste et dramaturge français.

Biographie vignette|Hôtel de ville de La Chapelle-Saint-Mesmin

Les premières années Issu d'une vieille famille de la noblesse flamandeL'un de ses aïeux, François Van der Burch, était archevêque de Cambrai au ., Vanderburch, cousin de la famille Didot, célèbre famille d'imprimeurs, est le petit-fils du peintre Dominique Joseph Vanderburch (1722-1785). Son père, Edouard Vanderburch, ami de Anne-Louis Girodet, de Claude Joseph Vernet et Carle Vernet, peintre attaché à la maison de Bourbon, épouse Louise Marie-Joseph Christine BischElle décédera le 28 décembre 1835 à Paris : , professeure de harpe, fille de Jean Bisch, musicien et auteur d'ouvrages de pédagogie musicale. De cette union, naissent trois enfants: HippolyteHippolyte Vanderburch (1797-1854) deviendra un peintre paysagiste relativement célèbre: , Flore et Louis-Emile. La naissance de ce dernier a lieu au Palais du Louvre à Paris, lieu de résidence des Bourbon. Enfant précoce, tandis que son père tombe gravement malade, il entreprend ses études à l'Institution RuinetLe pensionnat Ruinet, à l'époque, devait dépendre du Collège de Justice, selon les souvenirs de Vanderburch., rue de la Harpe. Durant sa scolarité, il côtoie Germain et Casimir Delavigne, respectivement futurs dramaturge et poète. Le décès prématuré de son père en 1804 contraint sa famille à quitter le palais du Louvre et Louis-Emile à abandonner ses études. En 1805, il se présente à un concours général organisé à l'Hôtel de ville de Paris et présidé par Jean-Antoine Chaptal, ministre du gouvernement, et obtient une bourse entière pour lui permettre de poursuivre ses études au lycée à Orléans, établissement rouvert depuis l'année précédente. Il côtoie, parmi ses camarades de classes : Éloy Ernest Forestier de Boinvilliers, Abel Aubert du Petit-Thouars et Laurent Cotelle.

En 1813, il quitte le lycée et s'en retourne vivre chez sa mère à Paris. Il y occupe diverses activités professionnelles alimentaires tout en se mettant à écrire. Il est appelé sous les drapeaux le et s'engage dans l'armée de Vendée. Il est démobilisé à l'issue des Cent-Jours. Peu après, il est chargé par le Duc Decazes d'organiser les écoles normales d'instituteurs de Bourges et de Nevers.

Sa première oeuvre Un brelan de gascons, jouée le à Paris, connait un certain succès.

En 1817, il épouse mademoiselle Marie-Emilie Biètre-Gervais (née en 1795) et s'installe à Paris où il dispense des leçons d'histoire et de français. Après le décès de son épouse à La Chapelle Saint-Mesmin en 1841, il se remariera en 1860 avec Thérèse Gaessler (1819-1885), comédienne connue plus tard sous le nom de Mme Vanderburch.

En , il est nommé directeur de l'école de l'enseignement mutuel de Bourges où il office au moins jusqu'en .

Ses premiers succès Vanderburch dirige ensuite une compagnie de théâtre de marionnettes tout en continuant de se consacrer à la littérature et plus particulièrement au théâtre. Jusqu'à sa mort, il écrit plus d'une centaine de pièces, dont plusieurs obtiennent un énorme succès. Il tentera de s'affirmer en début de carrière, avec quelques drames mais qui resteront sans lendemain. Il se cantonnera en définitive au vaudeville et à la comédie, avec quelques incursions dans la féérie ou l'opéra-comique, genres dans lesquels sa verve semble intarissable. Ses principaux collaborateurs pour l'écriture ont pour noms: Jean-François Bayard, Pierre-Jean de Béranger, Nicolas Brazier, Léon-Lévy Brunswick, Clairville, Marc-Antoine-Madeleine Désaugiers, Théophile Marion Dumersan, Charles Dupeuty, Mélesville, Auguste Pittaud de Forges, Victorien Sardou, Paul Siraudin, Eugène Scribe, Emmanuel Théaulon, Henri Vernoy de Saint-Georges, Ferdinand de Villeneuve...

Sous Louis-Philippe, il est membre de la Garde nationale en tant que simple chasseur.

C'est sur une idée de l'acteur Hugues Bouffé, en 1835, année où sa verve se situe au creux d'une vague, qu'il co-écrit à Orléans, avec Jean-François BayardLire en ligne l'anecdote journalistique à propos de Jean-François Bayard rendant visite à Vanderburch à La Chapelle : , Le gamin de Paris qui sera son plus grand succès théâtral parisienElle sera jouée plus de 300 fois dans le théâtre du Gymnase et rapportera à son auteur plus de 70.000 francs. Dans une édition du journal La Liberté, l'acteur Hugues Bouffé raconte l'origine de cette pièce : et qui lui vaudra une reconnaissance internationaleA tel point que la pièce fera l'objet d'une adaptation en opérette en Italie en 1913, puis de trois adaptations cinématographiques en 1916, 1923 et 1932 : Il birichino di Parigi, réalisé par Ugo Falena, Le Gamin de Paris (film, 1923), réalisé par Louis Feuillade et Le Gamin de Paris (film, 1932) réalisé par Gaston Roudès.. En 1836, grâce aux recettes exceptionnelles engrangées par les représentations de cette pièce, divisées à parts égales avec Bayard, il fait l'acquisition, pour la somme de , du petit-château de La Chapelle Saint-Mesmin (Loiret), qui héberge l'actuelle mairie de cette commune de , où il résidera jusqu'en 1853 et écrira la plupart de ses oeuvresCharles Vander-Burch Fils, Biographie d'un homme de lettres, Imprimerie veuve Théolier Ainé et Cie, in-8º, 19 pages, Saint-Etienne, 1863Toutefois, Vanderburch conservera un pied-à-terre parisien au n°2 de la Rue Bleue (Paris) à peu près à la même époque : ..

Escrimeur de talent, il lui arrive, lorsqu'il se trouve à Orléans, de croiser le fer avec le romancier Pierre Alexis de Ponson du Terrail, l'homme politique Louis Marie de Lahaye de Cormenin et Edmond Pagnerre, le rédacteur en chef du Journal du Loiret.

vignette|Hippolyte Monpou, dessin d'un auteur anonyme|redresse=0.5|gauche

En , Vanderburch invite à La Chapelle son ami le compositeur Hippolyte Monpou afin que celui-ci retrouve des forces en allant vivre à la campagne; mais il est trop tard; quand il arrive au Petit-Château (La Chapelle-Saint-Mesmin), son état devient si grave, qu'on doit en toute hâte le ramener à Orléans, pour réclamer les secours de l'art. Mais c'est en vain; quelques jours après, le à onze heure du soirSon décès est déclaré en mairie d'Orléans par Vanderburch dont la signature apparait en bas du document : ., Monpou meurt à l'âge de 37 ans.

Entre 1844 et 1847, Vanderburch met son hôtel particulier à la disposition de Marie Sophie LoliveVoir Mlles Lolive, de Beuvry et Cie. qui vient de vendre son château à l'évêché d'Orléans.

En 1845, il fait l'objet d'un article du Journal du Loiret, pour avoir fait oeuvre de charité.

En , Vanderburch est fait chevalier de la Légion d'honneur, grâce au soutien de son ami le maréchal Thomas Robert Bugeaud.

En , la célèbre comédienne Virginie Déjazet, comme d'autres artistes avant elle : Léontine Fay et Elisa Adam-Boisgontier, viendra passer plusieurs jours de repos dans la résidence chapelloise de Vanderburch.

La même année, il sollicite l'appui du cardinal archevêque de Cambrai pour obtenir un poste de bibliothécaire auprès d'Alfred de Falloux, ministre du gouvernement français.

Pendant l'été 1852, Vanderburch invite l'acteur Hugues Bouffé à venir passer quelques jours se reposer dans sa demeure chapelloise. Au cours de cette période, la troupe d'artistes du théâtre d'Orléans, se déplaça à La Chapelle pour venir y répéter la pièce Michel Perrin avec Bouffé avant d'aller se produire pour trois soirées à Orléans. Dans ses mémoires, Bouffé indique que le train de vie de Vanderburch s'est beaucoup ralentiProbablement en raison des débuts de la baisse de l'intérêt de la forme du vaudeville dans les théâtres parisiens..

Les dernières années vignette|Émile Vanderburch à 41 ans, buste de Jean-Pierre Dantan, musée Carnavalet, Paris

À partir du milieu du , la forme du vaudeville s'essouffle et Vanderburch ralentit sa production. Il décide de vendre sa propriété de La Chapelle Saint-Mesmin et en , il déménage à Rueil-Malmaison (à l'époque Rueil dans l'ancien département de Seine-et-Oise) et signera certains de ses écrits : Émile Vander-Burch, le paysan de Seine-et-Oise.

En , à l'occasion d'une critique théâtrale rédigée par Jules Janin à la suite de la représentation au théâtre de La Gaité du mélodrame Le sanglier des Ardennes, parue dans le Journal des débats politiques et littéraires, on apprend que le célèbre vaudevilliste est d'origine noble. Cette assertion sera reprise quelques semaines plus tard dans le Journal du Loiret, puis contredite par Vanderburch lui-même dans un article du Journal du Loiret du . Il n'est pas baron, il est comte.

À partir du , par arrêté impérial, il bénéficie d'une rente annuelle de , pension qu'il touchera jusqu'à son décès.

Le , il se marie. officiellement avec Thérèse Gaessler à Rueil, comédienne plus connue sous le nom de Mme Vanderburch, mariage au cours duquel Émile reconnaît légitimement sa fille Marie-Rosalie.

La même année, au théâtre du Gymnase, il vient assister à l'un des premiers succès théâtraux de son jeune protégé Victorien Sardou : Les pattes de mouche avec lequel il avait coécrit l'année précédente, grâce à l'intervention de Virginie Déjazet, la pièce Les premières armes de Figaro.

vignette|gauche|Virginie Déjazet en 1854, photographe anonyme

En 1861, sa pièce Les trois gamins est représentée au château des Tuileries, par la troupe de Virginie Déjazet, devant Napoléon III. Victorien Sardou ne fera pas preuve d'une grande reconnaissance envers son ancien mentor, cette année-là, la jugeant exécrable« Vous avez adorablement joué et chanté les Trois gamins, ma chère Déjazet, mais je n'en étais que plus triste de vous voir dépenser votre talent à une création que je trouve indigne de vous. La pièce me paraît exécrable, et ce que vous faites et dites dans ce bal de barrière est peut-être bon pour une revue, un Carnaval de Gavarni et roustissures pareilles ; mais, si j'étais Déjazet, je mettrais ma vanité à hausser mon théâtre jusqu'à moi, et je ne consentirais pas à me baisser au niveau de ce théâtre, qui n'est pas celui que nous avions tous rêvé... », ..