Le jeu de balle au tambourin est un sport collectif impliquant deux équipes de cinq joueurs. Il est plus souvent appelé tambourin. On parle aussi de balle au tambourin ou jeu de tambourin. En France, c'est un sport profondément ancré sur son territoire : l'est de l'Hérault. Il a une présence identitaire languedocienne forte. Si les hommes furent les premiers à jouer, les femmes ont commencé à jouer en équipe en 1983
La version la plus ancienne du jeu remonte aux années 1860 et se pratique en plein air sur un terrain de sur 18 à cinq contre cinq. À la manière de la paume ou du tennis, les joueurs doivent veiller à renvoyer la balle dans le camp adverse. Les points se comptent comme à la paume, c'est-à-dire 15, 30, 45 et jeu. La première équipe ayant remporté 13 jeux est gagnante.
Depuis les années 1980, une variante en salle se développe : tambourin à trois. Elle se pratique sur un terrain de sur 16m à trois contre trois. Français et Italiens, qui pratiquent depuis plus d'un siècle, dominent les palmarès d'une discipline qui se pratique désormais aussi en Allemagne, Angleterre, Écosse, Belgique, Autriche, Hongrie, Espagne, Irlande, Norvège, Brésil et Japon. La France a remporté le championnat d'Europe en 2016.
Il existe d'autres variantes du jeu, comme le tambeach qui se pratique sur du sable avec un filet séparant les deux camps, ou des versions en plein air sur terre battue comme le tambourelli écossais et le tamboreu brésilien.
Cette pratique est inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France, depuis 2012.
Histoire Le jeu de balle au tambourin est un jeu qui se rapproche du jeu de paume mais sans filet. Il est le descendant direct du jeu de ballon pratiqué dans le Languedoc, entre le milieu du et 1861. Cette année-là, un tonnelier de Mèze fabrique les premiers tambourins (cercle de bois sur lequel est tendue une peau parcheminée)coll., Cent ans de sport dans l'Hérault, Saint-Gély-du-Fesc, Études héraultaises, septembre 2010, 336 p. , « L'histoire singulière d'un sport de « tradition » régionale : le tambourin », , . Les joueurs abandonnent les brassards en bois utilisés dans le jeu de ballon et jouent avec des tambourins. Ils utilisent les mêmes terrains et gardent les anciennes règles. Dans l'état actuel des recherches, le document le plus ancien parlant de tambourin est un texte datant de 1864 des archives municipales de Montpellier, signalant la pratique du jeu sur la place du marché aux bestiauxJeu de balle au tambourin - Infos sur le club de Montpellier, par Michel Sabatéry..
Les Italiens revendiquent la paternité de ce sport typique de l’Hérault (qui compte licenciés) mais également très pratiqué en Italie où le jeu est appelé palla tamburello. Au , les Italiens prétendent que le jeu de balle au tambourin date de l'Antiquité. La filiation entre la sphaerista antique et les jeux modernes de tennis ou de balle au tambourin est réfutée par les historiens du sport en raison de l'existence de nombreux « chaînons manquants ou sans consistance »Bernard Merdrignac, Le sport au Moyen Âge, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002, , . Le jeu, qui est une forme de longue paume se développe de la fin du au début du au nord de l'Italie et dans le département français de l'Hérault sans relations évidentes entre les deux berceaux italiens et français du jeu. 300px|thumb|Match à 4 contre 4 à Pézenas (Hérault) avant la Grande Guerre. L'Italie est la première à mettre en place un championnat national, dès 1896. Les règles italiennes modernes sont fixées depuis 1924Max Rouquette et Charles Camberoque, Le jeu de balle au tambourin, Gignac (34), Bibliothèque 42, 1998, p.9 . En France, où l'on pratique la chasse, formule de jeu plus complexe que la méthode italienne, les tournois restent longtemps la formule de compétition la plus prisée. Ces concours, comme on les nomme alors, sont le plus souvent dotés de prix en espèces. Les deux concours les plus prestigieux sont ceux de Montpellier et de Pézenas (créé en 1909). Ces derniers se tiennent sur plusieurs week-end avec des finales (première et deuxième série) à la fin de l'été. En 1922, le quotidien régional L'Éclair organise et dote la première édition du Championnat du Languedoc mettant aux prises les vainqueurs de ces deux concoursL'Éclair, N°16 761 du 9 septembre 1923, p.4, sur archives.herault.fr. Une première version de la Fédération française de tambourin est alors déjà active, mais l'accès aux concours reste ouvert aux clubs fédérés ou non. Montarnaud, sacré Champion du Languedoc fin L'Éclair, N°16 436 du 26 octobre 1922, p.4, sur archives.herault.fr, ne se constitue en club fédéré qu'en Fiche du club de Montarnaud sur le site de la Fédération française. La Fédération organise un championnat de France également doté de prix à partir de 1923L'Éclair, N°16 652 du juin 1923, p.4, sur archives.herault.fr. 143 équipes répartis entre Narbonne et Marseille y participentcoll., Cent ans de sport dans l'Hérault, op. cit., p. 113. Une baisse de la pratique est notée dès le début des années 1930. La Fédération a disparu, le Championnat du Languedoc de L'Éclair et le concours de Montpellier ne sont plus disputés. Le concours de Pézenas se maintient jusqu'en 1937. Pour pallier cette carence, Max Rouquette fonde une deuxième version de la Fédération française du jeu de balle au tambourin en « Le tambourin d’aujourd’hui en France et à l’étranger Le tambourin d’aujourd’hui en France et à l’étranger », Loupic.com. La guerre met la jeune fédération en sommeil avant le renouveau de l'après-guerre : création d'une Coupe de France en 1949 puis d'un championnat de France en 1952. Les championnats de première et deuxième série existent déjà avant 1952, mais ils deviennent officiellement championnats de France à cette date.
Découvrant l'existence du tamburello italienMax Rouquette précise dans Le jeu de balle au tambourin, op. cit. : « Elle (l'histoire du tambourin) connut alors l'équivalent d'un tremblement de terre avec la découverte du tambourin italien. Nous l'ignorions tous alors. Et eux, de même. C'est à l'occasion d'un voyage touristique que s'opéra la découverte. » en 1954, Max Rouquette initie un rapprochement du règlement des deux côtés des Alpes, et fait adopter aux joueurs français en 1955 le règlement italien dit de « jeu ouvert »« Historique sur le jeu de balle au tambourin » sur le site Loupic.com. Les rencontres France-Italie peuvent débuter. Avec ce nouveau règlement, la Balle au tambourin a abandonné la notion de «chasse» et n'est plus à présent un jeu de gagne-terrain comme précédemment.
Le jeu de la balle au tambourin est resté un sport de village dans l'Hérault alors qu'il est semi-professionnel en Italie malgré son implantation dans des villes de modestes dimensions. Au niveau du palmarès ces dernières saisons, la suprématie italienne sur le jeu est incontestable, même si les Héraultais restent de solides adversaires. À noter la présence, au titre de sport de démonstration, de la balle au tambourin aux Jeux méditerranéens de 1993, disputés en Languedoc.
Depuis peu, certains clubs pratiquent également ce sport d'équipe hors du département de l'Hérault, dans le Gard, en Corrèze à Monceaux sur Dordogne, à Narbonne et dans les Bouches-du-Rhône. Il existe quelques tentatives visant à implanter ce sport hors de sa zone d'origine avec notamment une percée dans le Nord-Pas-de-Calais, à Beuvrages et en Picardie à Saint-Paul, Beauvais et La Chapelle aux Pots. 42 clubsClubs sportifs en France (données 2007) sur le site officiel du Ministère de la jeunesse et des sports sont recensés en France en 2007 pour quelque licenciésLicenciés sportifs en France (données 2007) sur le site officiel du Ministère de la jeunesse et des sports. Allemands et Belges pratiquent également mais le niveau reste encore faible. La Fédération internationale en fondée en 1988 à Mantouecoll., Cent ans de sport dans l'Hérault, op. cit., p. 116.
Si la version en plein air peine à s'implanter en dehors de sa zone d'origine, la version en salle connait un certain succès en Europe notamment à partir de la dernière décennie des années 1990. Italiens et Français restent dominants, mais les formations allemandes, espagnoles ou hongroises, notamment, deviennent solides.
Le Jeu thumb|205px|Balle et tambourin
Équipement Le terrain en extérieur : un rectangle en terre battue, goudron ou synthétique (rare) de de long sur 18 m ou 20 m de large. Dans la longueur, le terrain est coupé en son milieu en deux camps par une ligne dénommée corde. Les lignes de limite de 10 cm de large font partie du terrain. En revanche, une balle qui touche la corde sera toujours jugée faute pour l'équipe qui vient de renvoyer la balle. La variante de ce sport en intérieur utilise un terrain de de long sur de large.
La balle : rouge ou blanche, en caoutchouc, d’un diamètre de et pesant 78 grammes.
Le tambourin : un cercle, autrefois en bois, aujourd'hui en plastique renforcé d'un fil de cuivre sur lequel est tendue une toile synthétique permettant à la balle de rebondir. La tenue en main est permise par une poignée en cuir. Autrefois, on utilisait une peau d’animal tendue, en général de chèvre.
Le battoir : D’un diamètre de et fixé au bout d’un manche de à un mètre. Il est utilisé pour l’engagement de la balle et permet de la lancer à grande vitesse. La tendance actuelle est à l'abandon du battoir : son maniement est assez délicat et peu de jeunes sont sensibilisés à son usage.
La mandoline : c'est un tambourin ayant une forme proche de la goutte d'eau. La poignée se situe à une extrémité, du côté le plus fin. La mandoline n'est utilisée qu'à l'engagement et permet à la fois d'engager plus loin plus facilement et aussi de donner de l'effet à la balle. Elle est très peu utilisée en France ; en revanche, les Italiens l'utilisent fréquemment.
Joueurs rightDeux équipes de cinq joueurs chacune s’affrontent, chacune se tenant sur sa partie de terrain. Les joueurs sont répartis sur le terrain selon trois rôles.
Au plus loin du camp de l’adversaire, deux « fonds » qui renvoient la balle le plus loin possible dans le camp opposé. L’un des deux fonds est le batteur : il met la balle en jeu en utilisant son tambourin, le battoir ou la mandoline puis continue le jeu avec un tambourin.
Au plus près de la ligne divisant en deux le terrain se trouvent deux « cordiers » qui renvoient les balles courtes de l’adversaire, ils sont nommés ainsi car à l'époque la ligne médiane était matérialisée par une corde. Leur rôle est difficile et ingrat : une immense majorité de balles leur passe au-dessus, hors de portée, et ils voient parfois arriver des balles très rapides et très difficiles à renvoyer. Le cas idéal est celui où un fond ou le tiers adverse rate sa frappe. La balle arrive alors assez lentement pour que le cordier se place et prépare un coup irrattrapable par ses adversaires.
Au milieu du demi-terrain, le « tiers » renvoie le plus bas possible les balles que les cordiers n’ont pu reprendre. Il sert également à renvoyer les balles un peu courtes pour les fonds. Idéalement, le tiers ne joue une balle que pour attaquer mais il arrive qu'il joue des coups de défense s'il était mal placé ou s'il était gêné (soleil, vent).
Règles right|300px|thumb|Le tiers renvoie la balle Décompte des points : sachant que la balle peut rebondir une fois avant d’être frappée, une équipe perd un point si : la balle n’est pas renvoyée dans le camp adverse. la balle atterrit en dehors des limites du terrain (les lignes font partie du terrain). Si la balle touche la ligne centrale (la corde), elle est également faute. le joueur touche la balle avec une autre partie du corps que l’avant-bras qui tient le tambourin. deux joueurs de la même équipe touchent consécutivement la balle. un joueur marche dans le camp adverse.