Epsilon Aurigae (ε Aur / ε Aurigae), également nommée Almaaz, est une étoile binaire à éclipses de la constellation du Cocher. Sa luminosité varie entre les magnitudes +2,92 et +3,88 sur une période donnée de (~). Sa distante reste sujette à débat, avec les mesures de parallaxe annuelle par le satellite Gaia qui la placent à du Soleil.
Nomenclature, histoire et mythologie vignette|gauche|La figure de مممسك العنّان Mumsik al-ᶜInān dans le ciel gréco-arabe (d’après le traité de ᶜAbd al-Raḥmān al-Sūfī, 1606, St-Péterbourg). ε Aur y est nommée العنز al-ᶜAnz, « la Chèvre ». ε Aurigae, latinisé , est désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de .
Du ciel grec et arabe à l'UAI Almaaz est le nom aujourd’hui approuvé pour par l’Union astronomique internationale (UAI).. Il vient de l’arabe المعز al-Maᶜz, « les Chèvres » (nom collectif) dans le cadre du ciel gréco-arabe, c’est-dire le ciel grec adopté par les astronomes arabes au IX siècle. Dans sa traduction du یجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437), Thomas Hyde livre la transcription ’AlMaâz’ (1665)., reprise sous la forme ’Al Ma‘az’ par Richard Allen (1899)., ce qui lui permet de passer dans les cataloguesRoland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 181..
Al Anz est un autre nom de . C’est l’arabe العنز al-ᶜAnz, « la Chèvre », employé pour cette étoile dans des catalogues tardifs, notamment celui d’al-TīzīnīRoland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 182.. Mais on le trouve déjà dans l’édition du traité d'al-Qazwīnī (XIII s.) par Christian Ludwig Ideler (1806) sous la transcription ’El-anz’(ar/de) Ludwig Ideler, Historische Untersuchungen über die astronomischen Beobachtungen der Alten, Berlin : C. Quien, 1806, p. 95., ce que reprend Richard Allen (1899) sous la forme ’Al ‘Aanz’Richard Hinckley Allen |titre=Star-names and their meaning, op. cit., p. 90.. Cela lui permet de passer comme nom propre dans les catalogues avec Jack. W. Rhoads.Roland Laffitte, Héritages arabes..., op. cit., p. 181..
En Chine est 柱一, soit la 1 étoile de l’astérisme 柱, pinyin Zhù, « le Pilier », constitué par le groupe ε, ζ et Sun Xiachun Sun & Jacob Kistemarker, The Chinese Sky During the Han, Leiden / Köln : Brill, 1997, pp. 71 et 74. Entrée « Al Anz (ε Aur) », dans ..
Observation Trouver l'étoile n'est pas difficile : elle constitue l'apex du triangle isocèle constituant le « nez » de la constellation du Cocher, et elle est visible tout l'hiver dans l'hémisphère Nord, à proximité de l'étoile jaune et brillante Capella.
Système Étoile binaire à éclipses La composante visible est une supergéante de type spectral A9a. Son diamètre est égal à environ 100 diamètres solaires. L'autre composante (éclipsante) n'est pas visible. Un des phénomènes observés durant l'éclipse est que le niveau d'obscurcissement de l'étoile A par la compagne diminue brièvement, comme s'il existait un trou dans cette dernière. L'hypothèse 1 était qu'elle soit constituée d'une ou deux petites étoiles avec un anneau de poussière opaque à proximité immédiate, produisant les éclipses observées d'une durée de . L'hypothèse 2 était qu'elle soit immense, mais de faible densité et donc semi-transparente, ce qui en aurait fait le plus grand objet connu de l'univers. Hypothèse 3 : ce système a été un candidat précoce susceptible de contenir un trou noir mais ce modèle a été écarté et
L'éclipse de 2009-2011 a permis à l'équipe de Brian Kloppenborg, de l'université de Denver, d'étudier Epsilon Aurigae avec l'interféromètre californien CHARA Array. Les images révèlent un disque de poussière de de kilomètres de diamètre, vu par la tranche, et contenant une petite étoile massive. Cela confirme l'hypothèse 1 : Epsilon Aurigae est donc un système binaire atypique.
Composantes optiques Les catalogues d'étoiles doubles et multiples recensent un grand nombre d'étoiles accompagnant Epsilon Aurigae, mais Eggleton & Tokovinin (2008) ne recensent que la binaire à éclipses dans le système, toutes les autres étoiles semblant être des doubles optiques. Dans le Catalogue des composantes d'étoiles doubles et multiples. de Jean Dommanget et Omer Nys, () est accompagnée par quatre autres étoiles, à savoir : , C et D ainsi que (ε Aur E).
Le Catalogue d'étoiles doubles de Washington recense au sein du système () de () six étoiles supplémentaires, désignées ε Aur F à K..
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste d'étoiles du Cocher
Liens externes
The coming eclipse of epsilon Aurigae by Professor Stencel. Epsilon Aurigae Web site by Hopkins Phoenix Observatory (HPO)
Catégorie:Constellation du Cocher Catégorie:Binaire spectroscopique Catégorie:Étoile variable de type Algol Catégorie:Étoile de type spectral AI Aurigae, Epsilon Aurigae, 07 Catégorie:Objet du Bonner Durchmusterung 031964 023416 1605 Aurigae, W5