Le château de Saint-Martin-du-Tertre anciennement nommé château de Franconville aux bois est situé en France à Saint-Martin-du-Tertre dans le département du Val-d’Oise (95270).
Construit à partir de 1876 par Destailleurs pour le duc de Massa, il est le « jumeau amélioré » du château de Maisons-Laffitte dont François Mansart fut l'architecte.
Ayant conservé son parc, avec ses fabriques et statues de fonte, il est inscrit en partie aux monuments historiques depuis le ..
Historique thumb|left|Le château précédent en 1850.
Franconville-aux-Bois vient de Francorumvillam, composé de l'anthroponyme Franco ou Francon et du suffixe -villa. Le nom s'applique initialement à un petit village créé sans doute par les Francs lors de leurs invasions, pendant la seconde moitié du (époque mérovingienne. Sa trace écrite la plus ancienne se trouve dans une charte d'Hilduin datée du , portant sur le partage de la mense conventuelle de l'abbaye Saint-Denis. Le nom du village évolue vers Franconville-aux-Bois ou sous-Bois selon les documents, pour le différencier de Franconville-la-Garenne. Un château est établi dans la seigneurie de Franconville à une date indéterminée. En 1331, cette seigneurie compte 38 feux ; elle est dévolue aux seigneurs d'O au début du .
L'ancien château d'O et de Lauraguais Jeanne Le Baveux, fille unique de Jean Hutin Le Baveux, chambellan du duc de Bourgogne, fut dame de Fresnes, Bazemont, Maillebois, Baillet-en-France (en partie) et Franconville-aux-BoisArchives musée Condé, série C, carton 14 Elle apporte par son mariage (vers 1410) avec Robert VI d'O, les seigneuries précitées dans l'escarcelle de son mari. Mais celui-ci meurt très jeune à la bataille d'Azincourt (1415), sa veuve lui survit pendant 67 ans (elle testa en 1482), et doit affronter seule les derniers ravages de la guerre de Cent ans. La seigneurie reste dans la maison d'O (ligne cadette) pendant trois siècles. Du fait des guerres ou des maladies (variole ou fièvre puerpérale), on note qu'un nombre élevé de ses propriétaires furent orphelins.
Jacques d'O (descendant au 6ème degré de Robert) fit ériger sa seigneurie de Franconville en marquisat par lettres de Expilly, Dict. des Gaules..., (1764), tome 3-513 (Franconville). (pendant l'affrontement qui oppose le jeune Louis XIII à sa mère Marie de Médicis), avec union de Maillebois, Fresnes et Bailletselon Éric Thiou, Dict. des Titres... (2003), p. 124 - mais il ne donne pas de cotes d'archives.. Toutefois, il ne put les faire enregistrer, et Maillebois (s'il a bien fait partie du domaine ?) en fut bientôt distrait pour devenir un marquisat (1621) pour Claude Pinart. Son fils René-Claude d'O en rend hommage en 1679Babelon, Nouveaux Hommages... (1988), n° 1697 (et suivants). sous le titre de châtellenie, et vendit cette terre en 1698 à son cousin, de la branche des seigneurs de Villiers.
Celui-ci, Gabriel-Claude d'O (1655-1728), avait perdu son père à quatre ans et sa mère à dix ans. ; il meurt en 1728, lieutenant général des armées navales en 1702, en n'ayant servi que treize ans, mais il avait épousé en 1687 Marie-Anne de Lavergne, fille de Gabriel de Guilleragues et amie de Mme de Maintenon, et comme il était "dévot comme un pharisien" (St SimonSaint-Simon, Mémoires (éd Chéruel /J. de Bonnot), 1-362 ss. ; il raconte le mariage et la bonne fortune du couple, qu'il n'aimait guère et jalousait à cause de ses entrées privilégiées à la Cour.), il plut à la nouvelle favorite et devint la même année gouverneur de M. le comte de Toulouse (dernier bâtard légitimé de Louis XIV et de Mme de Montespan) ; celui-ci avait été nommé Amiral de France à cinq ans ; il s'attacha à son "mentor" en matière maritime et le protégea toute sa vie. D'O acheta aussi Courdimanche, Génicourt, Nantouillet, etc, et obtint confirmation du marquisat (avec ces nouvelles terres ?) par lettres du 10Woelmont, Notices 7-717 [voir aux AN, O1 143, f° 243]. (ou 16) juillet 1699. thumb|Blason de la famille D'O. Son fils Simon-Gabriel (1698-1734) épouse en 1715 Anne-Louise de Madaillan de Lassay, une "galante qui finit folle (en 1723) ; c'était la faim et la soif" ; séparé de sa femme avant d'être veuf, il meurt prématurément en 1734, brigadier des armées du Roi. Le titre s'éteint avec lui.
D’O : D’hermine au chef denché de gueules. Supports, 2 lévriers (ou : une licorne et une pucelle).
Sa fille (unique survivante), Adélaïde Félicité Geneviève d'O (1716-1735), lui succède ; "belle comme le jour" (St Simon), elle avait été tôt mariée (en 1731, à quinze ans) à Louis de BRANCAS (1714-1793), de Lauraguais puis 6e duc de Villars-Brancas (en 1760), ayant été richement dotée par son oncle le marquis de Lassay (Armand de Madaillan). Mais la marquise meurt le , âgée de 19 ans, en mettant au monde son second fils Antoine-Buphile. Leur fils aîné Louis-Léon, comte de Lauraguais, ne peut se prévaloir du titre de marquis de Franconville, ce titre n'étant pas transmissible par les femmes ; il tombe alors en quenouille, mais après la vente du domaine il sera "relevé" par Claude-Jean-Baptiste d'OWoelmont, Notices généalogiques, tome 7-720 (1930).
Le comte de Lauraguais (1733-1824, il fut aussi duc mais n'en porta pas le titre avant la mort de son père), aussi brave qu'insouciant et fantasque, mène grande vie ; d'abord officier, blessé à Crefeld (1758), il se consacre alors au théâtre, à des expériences scientifiques ruineuses (il deviendra membre de l'Académie), et à ses coûteuses maîtresses, entre autres Sophie Arnould, une excellente cantatrice, qui lui donnera quatre enfants. Il habite le bel hôtel de Lassay à Paris, mais il est contraint de le mettre en vente en 1768, ainsi que plusieurs seigneuries.
Brancas : D’azur au pal d’argent chargé de trois tours de gueules, et accosté de quatre pattes de lion d’or mouvant des flancs, les deux à dextre en barre et les deux à sénestre en bande (ou : posées en chevron), l’une sur l’autreOlivier, Hermal et Roton, Manuel de l'amateur de reliures armoriées françaises, 7e série, n°738-39 (le père) et n° 740 (le fils). ; tenants, 2 anges.
Le château des Gerbier, Thélusson, Amiot et Leroux Le : "Vente de la terre et seigneurie de Franconville, par Louis-Léon-Félicité de Brancas, comte de Lauraguais, à Pierre-Jean-Baptiste Gerbier (de la Massilays), écuyer, avocat au Parlement, conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, et à Marie Martin, son épouse"Archives Nationales, MC/ET/LXVIII/527 (cité par Charlotte Faucherand sur Roglo.eu). D’origine bretonne, il est avocat auprès du Parlement Maupeou (1771-1774), mais il est durement attaqué après sa chute, à l’avènement de Louis XVI. Certains auteurs lui attribuent la construction d’un nouveau château à partir de 1775, mais vu les circonstances, il serait plutôt dû à son successeur. Ses affaires vont mal : le , c'est la "vente du fief du Viveray et autres héritages dépendant de la terre de Franconville, par Pierre-Jean-Baptiste Gerbier, secrétaire du Roi, seigneur de Franconville, au Président Choart" (Gabriel Choart de Touteville, pdt à la cour des Aides ?)Archives Nationales, MC/ET/LXXXVIII/765, avec plans. Cité par Charlotte Faucherand sur Roglo.eu. thumb|Blason de la famille Gerbier. De son épouse, Marie-Perpétue Martin (vers 1760), il avait eu une fille unique, Madeleine Gerbier de Francheville (ou plutôt Franconville ?), qu’il marie alors à Paris (St Sulpice), le , avec Jean-Louis de Chanaleilles, comte de la Saumès (1743-1822)Chastellux, Notes prises à l'état-civil de Paris... (1875), p 133.. Celui-ci était veuf de Marie-Rose du Vidal de Montferrier, épousée en 1778, morte dès l'année suivante, peut-être en couchesNobilaire du Velay, 2-38. Il est possible que sa seconde épouse ait connu le même sort, ce qui expliquerait la vente de Franconville par son père en 1782 ? Ou bien le nouveau château s’était avéré ruineux. En tout cas, ils n’eurent pas d’enfants, et le château fut vendu.
Gerbier (de Vologé) : D’azur à trois gerbes d’orJ-B Rietstap, Armorial général (1884).
Paul-Louis de Thellusson (ou Thélusson, 1757-1801), un officier suisse au service de France (fils aîné de Georges-Tobie, baron de Coppet, riche banquier d'origine genevoise, et de Marie-Jeanne Girardot de Vermenoux), ayant hérité de ses parents, se rend acquéreur du domaine en 1782, avec Saint-Martin du Tertre, terres qui furent érigées en « marquisat de Thellusson de Franconville » par lettres (enregistrées ?) les et Gabriel Girod de L'Ain, Les Thelusson, Histoire d'une famille, Neuilly sur Seine, L'Auteur, 1977, 340 p, cité par Éric Bungener sur Roglo.eu . Il est propriétaire (avec ses deux frères) du fastueux hôtel Thellusson, 30 rue de Provence à Paris, construit pour sa mère par l'architecte Ledoux et achevé par J-B. Jallier de Savault (démoli en 1826) ; il connaît bien le ministre Necker, ancien associé de la banque de son père.
C’est à lui que l’on peut attribuer avec vraisemblance la reconstruction du château, ou peut-être simplement l’ajout des deux pavillons saillants couverts à l’impériale et garnis d’oculi, d’une facture plus originale que le corps central ; la haute toiture de ce dernier plaide pour une date antérieureVoir : Bertrand du Vignaud, Les Théllusson, une dynastie de grands amateurs d’art, éd. In Fine, 2021, 208 p, 150 ill, Mais Franconville n’est pas au sommaire.. Mais il le cède dès 1788 à Louis-Aspaïs Amiot. ; en 1791, il achètera la moitié du domaine de Dormans (Marne) où il est inhuméÉric Bungener, sur Roglo.eu. thumb|Blason de la famille Théllusson.
Théllusson : D’or à un arbre terrassé de sinople, la cime chargée d’un écusson posé en bande, portant de gueules à 3 larmes d’argentOlivier, Hermal et Roton, Manuel de l'amateur de reliures armoriées françaises, 11e série, n°1122 (armes de son père, Georges-Tobie)..
Louis-Aspaïs Amiot (1730-1801), fils d'un maître-tailleur de Melun, épouse (1750) Marie-Anne Grenet ; il fut échevin de Melun, mais c’est probablement son fils, autre Louis-Aspaïs Amiot (Melun, 1751 - Franconville, 1825), marié à Suzanne Le Hoc, qui fut Secrétaire du Roi et acheta le château. Il fut créé baron Amiot et de l'Empire par LP du avec majoratRévérend, Armorial du Premier Empire (1894) 1-11 (non terrienLe majorat consistait en 167 actions de la Banque de France, présentant un revenu de 8.351 francs (Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, suivi de la liste des membres de la noblesse impériale, Paris, Tallandier, 1986, page 203). Ce majorat a pu évoluer depuis, sous la Restauration.), confirmé baron héréditaire par ordonnance royale et LP du Révérend, Titres, Anoblissements et Pairies de la Restauration (1901) 1-31, membre du collège électoral de Seine-et-Marne et maire de St Martin du Tertre.
Ils sont les parents de Louis-Jacques Amiot (1778-1828), avec transmission du titre de baron et du majorat par ordonnance du , maître des requêtes au Conseil d'État, mort à Milan (Italie), ayant épousé fin 1801 Aglaé-Louise Page (+e 1833), dont 1 fils et 1 fille.
Alexandre-Gustave-Aspaïs Amiot (1811-1869), fut confirmé à la mort de son père (à 17 ans) avec transmission du majorat par ordonnance du . Il fut inspecteur général des télégraphes, officier de la Légion d'Honneur, et resta probablement sans alliance.
Amiot : D’azur au chevron d’or chargé d’un croissant de gueules, accompagné en chef de deux trèfles d’or, et en pointe d’une étoile du même ; au franc-quartier sénestre des barons électeurs (de gueules à la branche de chêne d'argent mise en bande, qui fut abandonné après l'Empire). thumb|Blason de la famille Amiot.