Le château de Sassenage, aussi dénommé château BérengerSite base d'Isère-patrimoine sur le château Béragner, est château de plaisance datant du , situé dans la commune de Sassenage, dans le département de l'Isère et la région Auvergne-Rhône-Alpes et, autrefois, dans la province du Dauphiné.
Le château, entouré par un domaine arboré de huit hectares, a conservé son mobilier d'époque, ses décors et ses tableaux, ainsi que sa cuisine. Il reste accessible au public pour des visites guidées durant certaines périodes.
Il appartient depuis 1971 à la Fondation de France à la suite d'un legs du dernier membre de la famille, propriétaire du domaine.
Histoire Le premier château, le « castrum de Cassinatico », est attesté au . En ruine au , il existe encore des vestiges dans l'actuel parc du château de Beaurevoir, propriété bâtie à la fin du par Alphonse Terray.
Le château actuel est construit de 1662 à 1669 sur l'emplacement du second château de Sassenage détruit pour l'occasion, par Laurent Sommaire pour le baron Charles-Louis-Alphonse de Sassenage, marquis de Pont-en-Royans et comte de Montélier. Il s'agit d'un château de réception, troisième et dernière demeure construite par les seigneurs de Sassenage à Sassenage.
Sassenage est historiquement le siège d'une des quatre baronnies du Dauphiné et joua un rôle très important dans la construction de cette province. La Maison de Sassenage qui bénéficiait du titre, pourrait être issue des Lusignan-PoitiersHistoire des ducs de Bourbon et des comtes de Forez, tome 1, Jean-Marie de La Mure, 1809.. Selon d'autres auteurs, elle descend des comtes de Lyon et de Forez et donc de la fée Mélusine.
Les bâtiments, le parc et l'allée de marronniers conduisant à l'ensemble du domaine font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du ..
Situation et accès vignette|center|975 px|Photo panoramique de l'entrée du domaine du château de Sassenage en mai 2021.
Situation Le château est situé dans le département de l'Isère, sur le territoire de la commune de Sassenage, à proximité de son bourg central et des cuves de Sassenage, non loin de la route de Valence, ancienne Route nationale 532, aujourd'hui route départementale reliant Grenoble à Valence, et en contrebas du lieu-dit « Les Côtes-de-Sassenage ».
Description Le château vignette|300px|Façade arrière du château. De style classique du , le château est construit en pierre calcaire de Sassenage, l'Echaillon et du Fontanil, ainsi qu'en molasse de Voreppe pour l'escalier. L'ardoise du toit provenait de Besse en Oisans et les tuiles de Saint-Quentin-sur-Isère. Un fronton sculpté représente la fée Mélusine et les blasons des membres de la famille Sassenage.
L'intérieur présente une architecture des . On note l'escalier à balustres et arcades en pierre, la cuisine voûtée organisée autour d'une cheminée, le mobilier estampillé par de ébénistes parisiens et dauphinois, dont les ébénistes grenoblois Hache, ainsi que deux peintures de Louis Cretey. Le château abrite des sièges prétendument offerts par Louis XV à la famille Bérenger-Sassenage, branche qui a pris la suite de la famille de Sassenage au . À noter que le château de Sassenage est l'un des rares châteaux dont les meubles et le décor sont en place depuis la fin de l'Ancien Régime. Ce mobilier, restauré, contient des meubles de la famille Hache, dynastie d'ébénistes grenoblois des , et aussi des meubles portant les estampilles des maîtres ébénistes parisiens du . Au travers des pièces du château, il est possible de voir la variété des collections. Les boiseries Louis XVI du salon de compagnie ont été allégées du vernis jaunis, ce qui a permis de remettre au jour la peinture d'époque de ces boiseries.
Le domaine comprend, outre le château et son mobilier, un parc de huit hectares classé monument historique, des annexes et communs, ainsi que des archives remontant jusqu'au . Ce fonds privé est aujourd'hui déposé aux Archives Départementales de l'Isère. Il est accessible librement sur un site internet dédié.
Les jardins et le parc vignette|gauche|300px|Cèdre du Liban dans le parc du château en mai 2021. Les premiers jardins datent de la fin de la Renaissance et s'inspirent des jardins réguliers italiens ; labyrinthe de buis, grotte, statues en plomb, jeux d’eau. Situé à l'arrière de la demeure sur 1 hectare, lors de la construction de l'actuel château, l'architecte Laurent Sommaire crée un nouveau jardin régulier à la française. A la fin du siècle, ce dernier est remplacé par l'actuel jardin anglo-chinois (jardin à l'anglaise), plus pittoresque et irrégulier. Il comprend des platanes plantés vers 1790. Au milieu du , l'ensemble du domaine clos de murs est aménagé en parc paysager ainsi, près de et arbustes y sont plantés à l'image des cèdres du Liban, des noyers noirs d'Amérique, des platanes et d'autres essence plus communes comme le micocoulier.
Ce site présente également une grande prairie semi naturelle bénéficiant d'un entretien régulier depuis 1669. Restauré en 1999, cet ensemble paysager présente également des espèces issues du milieu aquatique et de nouvelles plantations sélectionnées dans la liste des végétaux achetés autrefois par le marquis Raymond de Bérenger à son pépiniériste grenoblois. Des fleurs et des plantes aquatiques forment la base d'un biotope caractéristique des milieux humides où les plantes annuelles de passage et de petits animaux se sont installés dans un site très bien préservé. Le jardin abrite également de ruches.
Des travaux de restauration du parc ont été entrepris par la Fondation de France, propriétaire du site de l'été 2017 à 2019 en plusieurs phases : abattage des arbres malades, replantation de nouveaux arbustes et arbres et reconstitution de l'architecture du parcSite place gre'net, page sur le projet de restauration du parc du château de Sassenage.
Le legs du château vignette|200x200px|La Fondation de France. En 1971, le château a été légué à la Fondation de France par la marquise Pierrette-Élisa de Bérenger (1894-1971), fille de l’ancien ministre des travaux publics et de la marine, Pierre Baudin et de Françoise Jacqueline Alice Lafargue. Elle épouse en 1922 Raymond de Bérenger (1872-1945), ancien maire de Sassenage et dernier descendant de la famille des Bérenger-Sassenage. Elle est donc la dernière héritière de la famille et du nom.
En créant la fondation Bérenger-Sassenage, sous l'égide de la Fondation de France, la marquise de Bérenger souhaitait que : « Ce legs universel (soit) destiné avant tout à perpétuer et à conserver le nom et la mémoire de la famille de BERENGER et particulièrement la propriété de Sassenage que je me suis attachée toute ma vie à entretenir et à conserver. Elle doit rester le témoin d’une famille qui s’éteint avec moi, qui a beaucoup compté dans l’histoire du Dauphiné particulièrement et dans celle de FranceTestament de Pierrette Baudin Marquise de Bérenger du 10 avril 1971.. »
Conformément aux dispositions de la dernière marquise, le château de Sassenage et ses composantes sont gérés par un organisme tiers. Ainsi, depuis 2012 la gestion du site revient à l'Association de Gestion du Domaine de Sassenage (AGDS). La partie commerciale est déléguée à une entreprise spécialisée dans l'évènementiel ; la société Helpers-Sites.
En 2008, une décision de justice a interdit à la Fondation de France de vendre aux enchères certains éléments du mobilier du château, particulièrement ceux qui sont protégés au « titre des monuments historiques et des meubles d’intérêt régional ». Depuis, le château de Sassenage et ses collections ont fait l'objet de restaurations démontrant ainsi la volonté du propriétaire de transmettre aux générations futures un patrimoine préservé et valorisé.
Raymond de Bérenger et son épouse Pierrette-Élisa (décédée en 1971) reposent dans le caveau de famille au cimetière de Picpus à Paris.
Visites vignette|200px|Danse de la période moderne devant le château de Sassenage organisée par la compagnie locale "Les lames du Dauphiné" en 2018 Propriété de la Fondation de France, par le biais de l'Association de Gestion du Domaine de Sassenage (AGDS) sont organisées périodiquement des visites guidées du château.
Le château dans les arts Littérature Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos
Général d'artillerie plus qu'écrivain, Pierre Choderlos de Laclos passa cependant à la postérité pour un roman qualifié de chef-d'œuvre dénommé Les Liaisons dangereuses et écrit entre 1779 et 1782.
L'auteur, né à Amiens, et militaire de vocation a parcouru tout le territoire français et son inspiration peut être multiple mais l'influence du court roman de Vivant Denon, Point de lendemain, écrit deux années auparavant, a pu être considérée comme prédominante. Il est également établi que le général Choderlos, lors d'un passage dans une garnison de Grenoble, fit connaissance de Déodat Gratet de Dolomieu, « inspirateur » du roman de Vivant Denon durant la période d'écriture des liaisons et s'inspirer là encore de la vie tumultueuse du futur grand savant, descendant de la famille de Bérenger du Guâ, homme très athlétique et séduisant, selon les descriptions même de l'époque pour créer le personnage du Vicomte de Valmont en l'associant avec d'autres figures aristocratiques de son temps, tel que le seigneur d'Allevard, lui aussi dauphinois.
Pour la famille de Sassenage, c'est Marie-Françoise-Camille, dernière marquise de Sassenage (1704-1786) qui semble inspirer Choderlos de Laclos. La dame de Sassenage se distingue à la cour de Louis XV, et intègre le cercle de Madame de Pompadour. Grande esthète, elle passe commande auprès d’artisans renommés. Revenue en Dauphiné vers 1770, elle anime avec éclat la vie mondaine grenobloise. « Libertine », indépendante, elle aurait ainsi inspiré Choderlos de Laclos pour le personnage de Mme de Merteuil dans Les Liaisons dangereuses.
Le Chant des sorcières de Mireille Calmel Ce roman écrit par la romancière Mireille Calmel, auteure de récits de fictions et d'aventures historiques, généralement inspiré de l'époque médiévale est paru en trois tomes et constitue la première partie de la saga de « La Légende des Hautes Terres ». La parution de ces tomes s'est étalé entre les années 2008 et 2009Site de l'éditeur XOeditions, page sur le tome 1 du "chant des sorcières".
L'action de ce roman se situe dans l'ancien château de Sassenage au et évoque, de façon très romancée, la vie à la cour de Philippine-Hélène Béranger de Sassenage en relatant également le passage hypothétique d'un prince turc connu dans l'histoire sous le nom de Zizime et amoureux de son hôtesse, sans oublier l'évocation du personnage de la fée Mélusine.
Personnages et personnalités liés au château de Sassenage Mélusine Mélusine est une femme légendaire, souvent vue comme fée, une image célèbre des contes populaires et chevaleresques du Moyen Âge. Elle est représentée sur la façade du château de Sassenage.
Selon la légende, Raimondin, fils du comte de Lyon et du Forez (l'ancêtre de la famille des Bérenger-Sassenage) et Mélusine se marièrent. Cependant, Mélusine posa une condition, Raimondin devait accorder la permission à sa femme de se retirer seule dans ses appartements du château fort des Côtes de Sassenage tous les samedis et de ne jamais découvrir son secret. Après des années, Raimondin brisa son serment et il surprit Mélusine dans son bain, or celle-ci était sous l'apparence d'un être hybride, mi-femme et mi-serpent. Mélusine étant découverte, elle se transforma en dragon et s'enfuit pour se réfugier dans les grottes de Sassenage qu'elle ne quitta jamais. Elle ne se manifesta pas durant les siècles suivants, sauf pour annoncer la mort des membres de la famille seigneuriale en poussant des cris, ..