Brindisi (en italien : prononcé , ; en brindisien : Brìnnese), en français Brindes, est une ville italienne d'environ , chef-lieu de la province homonyme, dans les Pouilles.

Son emplacement privilégié sur la côte adriatique a conféré à son port un rôle commercial et culturel de haute envergure pour la majeure partie de son histoire. La ville a occupé la fonction de capitale en tant que siège provisoire du gouvernement du royaume d'Italie entre 1943 et 1944.

Géographie

Brindisi est située sur un port naturel, au milieu d'une anse qui s'avance profondément dans la côte adriatique des Pouilles. Au fond de la baie se trouvent les îles Pedagne, minuscule archipel inaccessible au public en raison de son exploitation à des fins militaires (s'y trouve une base construite par l'ONU lors de l'intervention en Bosnie).

L'ensemble du territoire municipal appartient à la plaine de Brindisi, à forte vocation agricole. La ville occupe l'extrémité nord-est de la plaine du Salento, à environ de la Valle d'Itria et des premiers contreforts des basses Murge. La réserve naturelle nationale de Torre Guaceto est proche du centre-ville. La mer Ionienne se trouve à environ .

Géologie La commune de Brindisi occupe une vaste plaine d'où affleurent des dépôts calcaires et sableux d'origine marine, qui recouvrent eux-mêmes une couche argileuse plus profonde datant du Pléistocène ainsi qu'une couche carbonatée plus récente, composée de calcaires mésozoïques. Le développement de l'agriculture intensive a entraîné une augmentation de la consommation d'eau, mais aussi une utilisation excessive et non raisonnée de celle-ci.

Climat

Toponymie Le nom de Brindisi est dérivé du latin Brundisium, lui-même issu, via le grec ancien (Brentesion), du messapien brention, que l'on peut traduire par « ramure de cerf » (cf. lien phylogénétique avec l'albanais bri, « corne », du proto-albanais *brina), en référence à la forme caractéristique de son port naturel ramifié, qui évoque les bois d'un cerf.

Le toponyme francisé Brindes est également employé, en particulier dans un contexte historique« César investit Brindes avec six légions » Napoléon , Précis des guerres de Jules César, chapitre IXPar exemple, l'auteur Laurent de Brindes (saint, 1559-1619), site de la Bibliothèque Nationale de France, http://data.bnf.fr/11279040/laurent_de_brindes/Persée répertorie 1499 occurrences pour Brindes, cf https://www.persee.fr/search?ta=article&q=brindes. Il sert encore parfois à identifier le célèbre saint de la ville : Laurent de Brindes (Lorenzo da Brindisi).

Histoire

Préhistoire Sur le promontoire maritime de Punta le Terrare, un peuplement regroupé et fortifié de l'âge du bronze moyen () ayant livré des fragments de céramiques mycéniennes a été mis au jour. Hérodote suggère que les habitants de la région étaient d'origine mycénienne. La nécropole de Tor Pisana, au sud de la vieille ville de Brindisi, a livré des vases proto-corinthiens de la première moitié du Ces découvertes attestent de la persistance des relations commerciales entre la Brindisi messapienne avec la rive opposée de l'Adriatique et les populations grecques de la mer Égée.

Antiquité

Période romaine vignette|Tracés de la Via Appia et de la Via Traiana. Brundisium est conquise par les Romains en 267 av. J.-C.Florus, I, 15 ; Eutrope, II, 17, qui en font rapidement leur port de prédilection pour l'embarquement et le débarquement de leurs armées mandatées en Grèce et en Orient. À cette fin, elle est reliée à Rome par les tracés de la Via Appia et de la Via Traiana. Elle vit la naissance de Pacuvius, grand poète tragique latin ; Agrippine y débarqua avec les cendres de Germanicus ; le célèbre poète Virgile y mourut le 21 septembre 19 av. J.-C., à son retour de Grèce.

Moyen Âge Siège épiscopal depuis les débuts de l'époque apostolique, Brindisi représente l'un des centres de l'évangélisation de la région. Après la chute de l'Empire romain d'Occident, elle est prise par les Ostrogoths à la fin du . Conquise par les forces lombardes de Romuald en 674 puis assiégée par les Sarrasins en 838, elle repasse sous la domination de Byzance jusqu'au .

À sa conquête par les Normands, en 1070, elle est intégrée à la principauté de Tarente et au duché d'Apulie, gouvernée par les comtes de Conversano. Elle est faite ville royale sur ordre de Roger II à la suite de la révolte baronniale de 1132 et recouvre une partie de son antique splendeur : le siège épiscopal lui est réattribué, avec l'érection d'une nouvelle cathédrale ainsi que d'un château muni d'un arsenal flambant neuf, tandis qu'elle redevient un port privilégié pour la Terre sainte à l'époque des croisades.

C'est notamment dans la cathédrale de Brindisi que furent célébrés le mariage du jeune prince Roger puis celui de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen avec Isabelle de Brienne le 9 novembre 1225, et ce dernier s'embarqua pour la sixième croisade depuis son port en 1227.

Brindisi est durement affectée par la peste noire, qui dévaste sa population.

Temps modernes gauche|vignette|Carte de Brindisi au , par l'amiral turc Piri Reis. De 1496 à 1509, Brindisi est sous la suzeraineté de Venise avant de passer sous domination espagnole.

Sous le régime des Bourbons, le roi Ferdinand IV de Naples ordonne en 1775 la reconstruction du port de la ville afin de permettre sa réouverture après des siècles de négligence et d'ensablement.

Époque contemporaine Peu après son annexion au royaume d'Italie (1860), l'ouverture du canal de Suez en 1869 lui assure une grande prospérité.

Durant la Seconde Guerre mondiale, de septembre 1943 à février 1944, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III et ses partisans s'y réfugient, faisant de Brindisi le siège provisoire du gouvernement italien.

Monuments et lieux d'intérêt

Architecture religieuse

Médiéval

vignette|L'église San Giovanni al Sepolcro.vignette|L'église Santa Maria del Casale, chef-d'œuvre romano-gothique.L'église San Benedetto, construite vers 1090 pour des moniales bénédictines, possède un clocher et un cloître de style roman. L'église San Giovanni al Sepolcro (Saint-Jean du Sépulcre), de plan circulaire, a été érigée au . Elle est précédée d'un auvent (protiro) sculpté. La cathédrale, construite dans le style roman entre les , ne conserve de cette période que quelques fragments de la mosaïque qui tapissait le sol. L'église de la Santissima Trinità (ou Santa Lucia) date de la fin du mais ne conserve que la crypte de cette période en raison des nombreux remaniements qui l'ont affectée au fil des siècles. L'église San Paolo Eremita. L'église Santa Maria del Casale, bel exemple d'architecture transitoire entre les styles roman et gothique, a été construite entre les . Elle renferme des fresques du .

De la Renaissance à l'unification italienne

vignette|La cathédrale de Brindisi.L'église Santa Maria degli Angeli, construite en 1609 à l'initiative de saint Laurent. L'église Santa Teresa. L'église San Vito. L'église San Francesco d'Assisi. La façade et le clocher de la cathédrale sont reconstruits au après la destruction de l'édifice original par un séisme en 1743. L'église San Michele Arcangelo. L'église San Nicola.

Période contemporaine

L'église du Sacro Cuore. L'église de la Santissima Annunziata. L'église San Leucio.

Architecture civile

vignette|Les colonnes romaines, symboles de la ville.lien=link=https://it.wikipedia.org/wiki/File:Monumento_al_Marinaio_d_Italia.jpg|vignette|Le Monument au Marin vu du port.Les colonnes romaines, symboles de Brindisi, faisaient office de point de repère pour les marins naviguant vers le port. La Fontana Tancredi, antique fontaine située sur la Via Appia, fut restaurée en 1192 par le roi Tancrède. Le portique des Templiers, loggia du palais épiscopal, construit au . Il sert de nos jours d'entrée au musée Ribezzo. La loggia Balsamo (). La Porta Mesagne. Le Monumento al Marinaio (monument au marin).

Architecture militaire

Le Castello Svevo () fut érigé sous le règne de Frédéric II, mais ses quatre tours lui furent adjointes par les Aragonais. Le Castello Alfonsino (ou château aragonais), mieux connu des Brindisiens sous le nom de « forte a mare » (fort de la mer), est construit par le roi Ferrante d'Aragon en 1445 sur l'île de Sant'Andrea, face au port.

Sites archéologiques La zone archéologique de San Pietro degli Schiavoni. La zone archéologique de la via Casimiro.

Espaces naturels

vignette|Flamants roses dans la Salina di Punta della Contessa.Le parc naturel régional Salina di Punta della Contessa : zone humide de qui s'étend entre le Capo di Torre Cavallo et la Punta della Contessa. La réserve naturelle régionale Bosco di Cerano : réserve naturelle protégée entre les communes de Brindisi et San Pietro Vernotico. La réserve naturelle régionale Boschi di Santa Teresa e dei Lucci : réserve naturelle protégée, composée des deux forêts éponymes. La réserve naturelle nationale Torre Guaceto et la réserve naturelle marine Torre Guaceto, principalement situées sur le territoire municipal de Carovigno, sont gérées par un consortium qui comprend les communes de Brindisi, Carovigno et la WWF.

Population et société

Évolution démographique

Migrations Brindisi, comme toutes les villes du sud de l'Italie, a connu une importante émigration au . Cette émigration concernait principalement les classes sociales les plus modestes qui ont quitté les campagnes. Elle se divise en deux grandes vagues. La première, qui a atteint son apogée dans les années précédant et suivant immédiatement la Première Guerre mondiale, avait pour unique destination les Amériques (États-Unis, Argentine, Brésil), puis s'est orientée vers l'Europe centrale et septentrionale, qui est ainsi devenue la principale destination d'accueil de l'émigration des Pouilles. La seconde, après la Seconde Guerre mondiale, a été attisée par le développement industriel de certaines régions du nord du pays : le Piémont et la Lombardie, notamment Milan. À partir des années 1960, avec la construction de la grande usine pétrochimique, qui complétait les industries mécaniques et navales existantes, Brindisi put pourvoir des emplois aux techniciens et aux ouvriers. La ville connut alors une légère immigration régionale, attirant des familles des provinces et régions voisines.

Le dernier grand chapitre important de l'histoire migratoire de la ville fut l'exode albanais de 1990-1991 (qui dura en réalité au moins une décennie), qui a engendré des vagues d'arrivées d'immigrants au port de Brindisi.

Langues et dialectes

Le dialecte brindisien est une variante du salentin dont, malgré de légères variations entre les différentes communes, la racine reste inchangée. Il est parlé non seulement à Brindisi, mais aussi sur le territoire de certaines communes voisines et, avec de petites variations, dans certaines communes de la province de Tarente et du nord de celle de Lecce.

Religions Brindisi, avec Ostuni, est le siège de l'archidiocèse homonyme (Archidioecesis Brundusina-Ostunensis en latin), siège épiscopal de l'Église catholique, suffragant de l'archidiocèse de Lecce et relevant de la région ecclésiastique des Pouilles. Le diocèse fut érigé au ; son premier évêque fut saint Leucio. Au , après la destruction de la ville par les Sarrasins, les évêques élurent résidence à Oria. C'est également à cette époque que fut créé le diocèse d'Ostuni, initialement uni à celui de Monopoli et probablement héritier de l'ancien diocèse d'Egnazia. Le 30 septembre 1986, par décret du dicastère pour les évêques, l'archidiocèse de Brindisi et le diocèse d'Ostuni furent réunis en sede plena pour former l'archidiocèse de Brindisi-Ostuni. Le nouveau diocèse fut reconnu civilement le 20 octobre 1986 par décret du ministère de l'Intérieur.