La province de New York (en néerlandais : Provincie New York) était une colonie britannique qui incluait un peu plus que l'actuel État de New York entre 1664 et 1783. La province doit son nom à Jacques, duc d'York (futur Jacques II), propriétaire de la colonie, et frère du roi Charles II en 1664, quand la colonie de Nouvelle-Néerlande (en néerlandais : Provincie Nieuw-Nederland) a été prise aux Provinces-Unies.

Géographie Outre l'actuel État de New York, la province comportait aussi originellement l'État du New Jersey, du Delaware et du Vermont, et quelques portions du Massachusetts et du Maine.

Comtés

La province de New York a été divisée en douze comtés le : Comté d'Albany : Toute la région que se trouve actuellement au nord et à l'ouest de New York. La zone fut réclamée par ce qui est aujourd'hui le Vermont. De plus il n'y avait pas de véritable frontière ouest à la colonie (mythe de la Frontière), le comté d'Albany s'étendait donc théoriquement jusqu'à l'océan Pacifique. La plupart de ces terres ont été dorénavant cédées aux autres États et celles qui sont restées dans l'État de New York ont été divisées en d'autres comtés. Comté de Cornouailles : une terre qui est actuellement dans le Maine. Cédé à la colonie de la baie du Massachusetts en 1692. Comté de Dukes : les Îles Elizabeth, Martha's Vineyard et Nantucket à l'ouest du cap Cod. Cédé au Massachusetts en 1691. Comté de Dutchess : correspondant aux actuels comtés de Dutchess et de Putnam. Comté de Kings : correspondant à Brooklyn. Comté de New York : correspondant à Manhattan. Comté d'Orange : correspondant aux actuels comtés d'Orange et de Rockland. Comté de Queens : correspondant aux actuels comtés de Queens et de Nassau. Comté de Richmond : correspondant à Staten Island. Comté de Suffolk : l'actuel comté de Suffolk. Comté d'Ulster : correspondant aux actuels comtés d'Ulster et de Sullivan, ainsi qu'à des parties des comtés de Delaware et de Greene. Comté de Westchester : correspondant au Bronx et à l'actuel comté de Westchester.

Le : Comté de Tryon formé à partir du comté d'Albany. Il a été renommé comté de Montgomery en 1784. Comté de Charlotte formé à partir du comté d'Albany. Il a été renommé comté de Washington en 1874.

Histoire

Gouvernement propriétaire (1664-1685)

En , le duc d'York devient le propriétaire de la colonie ce qui inclut la Nouvelle-Néerlande et l'actuel État du Maine. Cette charte incluait une partie du Massachusetts actuel qui la contestait. La charte déterminait les droits de propriété et imposait les quelques restrictions de son pouvoir. En termes généraux, la charte était équivalente à une donation de terre lui conférant les droits de possession, de contrôle, et du gouvernement, sujet seulement à une limitation : le gouvernement devait être conforme aux lois d'Angleterre. Le duc d'York n'a jamais visité sa colonie et exerça un contrôle faible sur celle-ci. Il élut afin d'administrer son gouvernement des gouverneurs, conseils, et d'autres officiers qu'il choisissait personnellement. Aucune disposition n'a été prise pour une assemblée élue.

La Nouvelle-Néerlande fut prise aux Néerlandais le . La prise fut confirmée par le traité de Breda en .

En 1665, le New Jersey a été séparé de New York pour devenir une autre province, mais les frontières ne furent pas déterminées avant 1765 (voir Guerre de New York-New Jersey). En 1667, la moitié est du Connecticut a aussi été séparée afin de rejoindre le reste du Connecticut.

En juillet 1673, une flotte néerlandaise commandée par Cornelis Evertsen le Jeunet et Jacob Binckes reprit New York puis les anciens territoires néerlandais cédés en 1664. Les Néerlandais occupèrent la colonie jusqu'à ce qu'elle soit rendue aux Anglais par le traité de Westminster contre le Suriname en . La seconde concession a été obtenue par le Duc de York en juillet 1674 pour affirmer son titre.

Le premier gouverneur, Richard Nicolls, est connu pour avoir écrit le Duke's Laws qui était la première compilation des lois anglaises en vigueur dans la colonie de New York. Les Britanniques perpétuèrent la politique instaurée par les Néerlandais quant à l'accueil des chrétiens, tel que les huguenots : les fondateurs de La Nouvelle-Rochelle. Le Duke's Laws établissait une Église d'État. Le gouverneur Andros dit, en 1674, que « toute personne de quelque religion que ce soit, pouvait tranquillement habiter au sein de sa juridiction ». Les Britanniques remplacèrent les Néerlandais dans leur alliance avec les Iroquois contre la Nouvelle-France avec un accord appelé la Covenant Chain.

Une Assemblée coloniale a été créée en . New York était la dernière colonie anglaise à disposer d'une assemblée. L'assemblée vota la Constitution de la Province de New York le , la première de ce genre dans les colonies. Cette constitution donnait plus de droits aux New Yorkais qu'aux autres colons dont une protection sur l'imposition sans représentation. Le , le gouvernement fut réorganisé, et l'État a été divisé en 12 comtés, chacun étant divisé en towns. 10 de ces comtés existent encore (voir ci-dessus), mais deux comtés (les comtés de Cornouailles et Dukes) étaient sur des territoires achetés par le duc d'York au Comte de Stirling, et ne sont dorénavant plus au sein du territoire de l'État de New York, mais dans le Massachusetts grâce à un traité, celui de Dukes en 1686 et celui de Cornwall en 1692. Tandis que le nombre de comtés a augmenté à 62, le modèle demeure toujours qu'une town dans l'État de New York est une subdivision d'un comté, similaire à la Nouvelle-Angleterre.

Un acte de l'assemblée en 1683 naturalisa tous ceux originaires d'une nation étrangère alors dans la colonie et chrétiens. Pour encourager l'immigration, il y a également la condition que les étrangers chrétiens puissent, après leur arrivée, être naturalisés s'ils prêtent serment d'allégeance.

Province royale (1685-1783)

New York devint une province royale en quand le duc d'York fut couronné par le roi Jacques II d'Angleterre. Jacques II n'approuvait pas la constitution de New York et déclara sa non reconnaissance en . L'assemblée ne s'est plus rencontrée après 1685.

En , la province devint une partie du Dominion de Nouvelle-Angleterre. En , quand on apprit que le roi Jacques II d'Angleterre avait été renversé par la Glorieuse Révolution, les Bostoniens renversèrent leur gouvernement et emprisonnèrent leur gouverneur. La province de New York se rebella en mai, c'est la rébellion de Leisler. La guerre du roi Guillaume avec la France commença avec l'attaque française de Schenectady. En juillet, New York participa a une attaque avortée contre Montréal et Québec. Un nouveau gouverneur, Henry Sloughter, arriva en . Il arrêta Jacob Leisler et l'exécuta.

La charte de New York et la constitution furent ré-établies en 1691 et devinrent la constitution de la province jusqu'à la création de l'État de New York.

Durant la guerre de la reine Anne contre la France de 1702 à 1713, la province était peu concernée par les opérations militaires, mais avait le bénéfice d'être fournisseur de la flotte britannique. La milice de New York participa à deux attaques sur Québec en 1709 et 1711.

La première vague d'immigration, en 1710, provenait des trois Palatinats allemands. Ils étaient initialement employés dans la production de marchandises navales.

Il y a eu deux révoltes notables d'esclaves à New York, l'une en 1712 et l'autre en 1741. D'importantes importations d'esclaves ont eu lieu des années 1720 aux années 1740.

Guerre du Roi George

Cette province, en tant que colonie britannique, s'est battue contre les Français durant la guerre du roi George. L'assemblée était déterminée à contrôler les commandes pour cette guerre et elle ne donna qu'un appui faible. Quand l'appel vint, pour New York, d'aider à lever des forces d'expédition contre Louisbourg, l'assemblée de New York refusa de lever des troupes et donna seulement 3000 livres. L'assemblée était opposée à un effort de guerre significatif parce que cela aurait interrompu le commerce avec le Québec ce qui aurait entraîné une hausse des taxes. Les Français détruisirent la colonie de Saratoga dans l'État de New York en 1745, tuant et capturant plus de cent personnes. Après cette attaque l'assemblée devint plus généreuse et leva 1600 hommes et livres. New York était la seule colonie dans laquelle quatre compagnies de réguliers stationnaient de façon permanente. Elles étaient peu utilisées et furent démantelées en 1763.

Guerre de Sept Ans

En 1754, le Congrès d'Albany eut lieu à Albany afin de discuter d'un plan d'union des colonies britanniques.

Des scènes de combat se déroulaient hors de la ville de New York durant la guerre de Sept Ans, avec les forces britanniques et françaises qui se disputaient le contrôle du lac Champlain en association avec les alliés amérindiens. William Johnson et d'autres agents ont provoqué la participation des Iroquois.

Les enrôlements forcés dans l'armée se sont passés dans New York en été 1757 quand soldats britanniques entrèrent dans la ville et enrôlèrent près de 800 personnes qu'elles trouvèrent dans des tavernes et d'autres endroits fréquentés par les marins. New York était le lieu de refuge des corsaires. 40 vaisseaux new-yorkais ont été désignés comme corsaires en 1756 et en été 1757 il a été estimé que la valeur des prises françaises apportées à New York était de livres. Vers 1759, les mers furent « nettoyées » des vaisseaux français et les corsaires furent détournés pour commercer avec les ennemis. La fin de la guerre causa une sévère récession à New York.

William Johnson négocia une fin à la rébellion de Pontiac et promut la Proclamation royale de 1763 et le traité de Fort Stanwix pour protéger les Indiens des colonies anglaises.

Partis politiques

Durant le milieu des années 1700, la politique de New York tournait autour de la rivalité entre deux grandes familles, les Livingstons et les DeLanceys. Ces deux familles ont amassé des fortunes considérables. La ville de New York a eu une influence excessive sur la politique de l'État de New York parce que plusieurs des membres de l'assemblée vivaient dans New York plutôt que dans leurs districts. Lors des élections de 1752, les amis et la famille des DeLancey contrôlaient 12 des 27 sièges de l'assemblée. Les DeLanceys perdirent le contrôle de l'assemblée lors des élections de 1761. Le gouverneur Cadwallader Colden essaya d'organiser un parti populaire pour l'opposer aux grandes familles, gagnant de ce fait la haine des élites des deux partis de la ville.

Stamp Act

Le parlement vota le Stamp Act (1765) afin de lever de l'argent pour les colonies. New York avait auparavant voté son propre Stamp Act de 1756 à 1760 afin lever de l'argent pour la Guerre de Sept ans. L'extraordinaire réponse au Stamp Act peut seulement être expliqué par la naissance d'antagonismes sur des questions locales. New York éprouvait une sévère récession qui était un effet de la Guerre de Sept ans. Les colonies éprouvaient les effets d'une politique monétaire stricte causée par le déficit commercial avec la Grande-Bretagne, une crise fiscale en Angleterre resserrant les crédits, et le Currency Act empêchait l'émission de devises sur papier afin de fournir des liquidités.

Cette loi prit effet le . En octobre 31, une foule vint dans les rues menaçant les maisons de sympathisants. Le , la foule détruisit un entrepôt et la maison de Thomas James, le commandant de Fort George.

Quartering Act