Cernay-la-Ville est une commune française située dans le département des Yvelines en région Île-de-France.

Géographie Localisation Situé sur la D 906 entre Rambouillet et Chevreuse, le village est inclus dans le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse (PNRHV) sur la limite nord-est de la forêt domaniale de Rambouillet et du plateau de la Beauce. Il est situé en bordure du bassin parisien () en jointure des forêts domaniales de Rambouillet () et Versailles/Saint-Germain-en-Laye ().

Le centre du bourg est organisé autour de l'intersection entre la D 906 menant à Rambouillet allant vers Chartres et du D 24 menant à Limours. Cernay-la-Ville est en situation privilégiée au centre du PNRHV. à proximité de lieux touristiques historiques (Vaux de Cernay, châteaux de Dampierre, Chevreuse, Rambouillet, Versailles, Breteuil… etc.) ainsi que des grands bassins d'emploi contemporains des Yvelines (Saint-Quentin-en-Yvelines, plateau de Saclay ou Vélizy-Villacoublay).

Communes limitrophes Vers le nord Senlisse par ou , vers l'est Choisel par , vers le sud-est Bullion par , vers le sud La Celle-les-Bordes par et vers l'ouest Auffargis par .

Hydrographie Le village est situé un peu avant le confluent du ruisseau de Prédecelle (ou Rouillon) et ru des Vaux, affluents de l'Yvette qui traverse la commune sur . et se jette dans l'Étang de Cernay/Abbaye (travail initial des moines suivi des curages réguliers contemporains). Ce ruisseau, qui s'écoule d'ouest en est sur une dizaine de kilomètres, reçoit les émissaires des étangs de Hollande et de l'étang du Perray, pour se jeter dans l'Yvette à Dampierre-en-Yvelines.

Géologie et relief En face du plateau (extrémité nord-ouest de la Beauce) où se situe le village, se dressent d'imposantes collines forestières qui débouchent sur un autre grand plateau. Leur importance et leur caractère escarpé nuancent avec le paysage relativement plat du reste de l'Île-de-France. Le lieu est prisé depuis le pour la randonnée par les touristes, peintres ou photographes. On désigne souvent la plus haute sous le nom de Pic du CarrierHippolyte Cocheris, Anciens noms des communes de Seine-et-Oise, 1874, ouvrage mis en ligne par le Corpus Etampois., car elle mène à une ancienne carrière, la carrière des Maréchaux., située sur la commune de Senlisse. Elle fut exploitée jusqu'en 1930. pour l'extraction de blocs de grès et le taillage de pavés expédiés par train vers les chantiers parisiens (gare des Essarts). On y extrayait aussi la pierre meulière qui a été utilisée pour la construction de maisons individuelles. La carrière a longtemps été le premier employeur de la région, plus de travaillaient sur ce site. Sous le grès et la meulière, le sous-sol est constitué de sables, argiles plastiques et craies en profondeur. On peut aussi emprunter le col de la Vallée (appellation cernaysienne locale) par un sentier qui serpente sur le flanc occidental de cette vaste colline.

Voies de communication et transports Le village se trouve un peu à l'écart des réseaux ferroviaires, qui le contournent soit par le nord-ouest (ligne de Versailles à Chartres avec une gare SNCF à Rambouillet), soit par le sud-ouest (ligne de Palaiseau avec une gare RER B à Saint-Rémy-lès-Chevreuse). La commune est desservie quotidiennement par les lignes du réseau de bus Centre et Sud Yvelines.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Trappes à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Cernay-la-Ville est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire regroupe ...

Occupation des sols simplifiée Le territoire de la commune se compose en 2017 de 90,49 % d'espaces agricoles, forestiers et naturels, 3,92 % d'espaces ouverts artificialisés et 5,59 % d'espaces construits artificialisés..

Occupation des sols détaillée Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land CoverCorine Land Cover (CLC) est produite selon une méthodologie européenne commune, pour garantir la comparabilité et l’homogénéité des informations entre les pays de la communauté. Elle est issue de l'interprétation visuelle d'images satellitaires, avec des données complémentaires d'appui, avec l'identification de zones d'au moins 25 ha et de 5 ha pour les évolutions, de 100 m de large et homogènes du point de vue de l’occupation des sols. (CLC)..

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 5,0 %50Terres arables hors périmètres d'irrigation 49,0 %491Systèmes culturaux et parcellaires complexes 6,1 %61Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 0,4 %4Forêts de feuillus 39,6 %397Source : Corine Land Cover Le territoire de la commune se compose donc en majeure partie (environ ) d'espaces agricoles, forestiers et naturels, comme le confirment les études autour du plan local d'urbanisation (PLU) de 2017..

Plan local d'urbanisation Les extensions pavillonnaires, typiques à partir des années 1970, sont maintenant contraintes pour protéger les surfaces agricoles et les orientations du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse. En effet, à partir des années 1970, les programmes immobiliers pavillonnaires ont modifié la structure traditionnelle du village. Ils font suite à une demande de propriété des générations baby-boom « primo-accédants » (dans le sillage d'une période favorable à ce type d'immobilier sur le plan national depuis l'après-guerre). Plusieurs programmes ont été réalisés sur cette période avec les lotissements comme « le Hameau », « les Cottages », « Jardins de Chevreuse », suivis de programmes plus modestes tels que celui des « Graviers », « Jean Baptiste Corot », les « Peupliers » et les « Pommiers ». Sur 10 ans, il y a donc eu triplement de la population (histogramme ci-dessous).

Mais à partir des années 2000, la baisse de population fera suite au départ vers d'autres lieux des étudiants, jeunes adultes ou certains retraités vers la province avec peu de nouvelles constructions (la loi du relative à la solidarité et au renouvellement urbain ne concerne pas la commune). Le dernier PLU. anticipe donc une densification des bâtis sur les petites parcelles foncières (programmes « bimby »diminutif de "Build in My Back Yard" ou "Construire dans mon jardin": projet de recherche & développement initié en 2007 par Benoit Le Foll et David Miet. BIMBY. Ces dispositions étaient déjà mises en application depuis 1945 dans de nombreuses grandes communes des Yvelines en résolvant les indivisions testamentaires)) pour devancer une éventuelle demande immobilière sans empiéter sur les surfaces foncières destinées à la production agricole ou à la protection des zones naturelles.

Lieux-dits, écarts et quartiers La commune comprend deux hameaux : Saint Robert (sur la en allant vers Rambouillet) et labbaye des Vaux-de-Cernay (partagé avec Auffargis), dans la vallée, qui est en fait un prolongement de la Vallée de Chevreuse. La route vers l'ouest permet de rejoindre un vaste étang dit « de l'Abbaye » mais aussi « de Cernay ». Cette grande pièce d'eau a été créée au par les moines du moment (à la pelle) à partir d'un marécage.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Sarnetum en 768., Sarnaium au , Serneium en 1218, Sarnium, Sarnaia, Sarnaiacum, Sarnei, Sarnee, Sernay, Sairnay, Cernay en 1793.

L'étymologie est possiblement similaire aux autres de France, comme Cernay-lès-Reims (Marne, Sarnacum en 1103) avec un élément gaulois sarn qui semble procéder d'un primitif *(I)sarnako nom celtique (gaulois) « fer » (par aphérèse de i-) et suffixe localisant *-āko (latinisé -acon, confondu avec -etum dans la forme de 768), signifiant « endroit où il y a du fer », d'où le sens de « lieu ferreux », « ferrière », voire « forge »..

Il est probable que l'on y ait exploité ou travaillé le fer, dès l'époque de La Tène, comme l'indiquent les racines celtiques des noms semblables des localités.

Le complément locatif -la-Ville vient d'un souci de distinction du nom du village vis-à-vis de la notoriété du site de l'abbaye des Vaux-de-Cernay.

Histoire Le village de Cernay est mentionné dès 768 dans une charte de Pépin le Bref. Des « feux » identifiés avant le au début du Moyen Âge témoignent des familles agricoles qui s'installèrent progressivement à la faveur de la mixité des forêts (chasse) et d'un sol fertile (limons). Les habitants défrichent progressivement en entreprenant un élevage rudimentaire autour de pauvres chaumières. La véritable histoire de Cernay-la-Ville commence au début du avec l'édification de l'abbaye de Notre-Dame des Vaux-de-Cernay de l'ordre de Cîteaux (voir la monographie L'Abbaye des Vaux de Cernay sous la direction de Marcel Aubert).. La compilation et l'étude des cartulaires. nous apprennent que l'abbé Artaud (ou Arnaud) fut chargé par saint Godefroy, moine supérieur de l'abbaye de Savigny, d'installer le une douzaine de religieux dans l'étroit vallon marécageux de Bric-Essart à la suite d'un don de Simon III de Nauphle-le-Château (familier de LouisVI) et de sa femme Ève.. Ils y fondent l'abbaye des Vaux-de-Cernay. D'abord construites en bois, les premières constructions furent lentement consolidées en pierres à partir de 1145 (proches carrières de grès) après un éprouvant travail d'assainissement et d'irrigation autour du ruisseau des Vaux. La première attestation de l’appellation Vaux-de-Cernay se trouve dans un acte de Louis VII daté de 1142.