vignette|upright=1.5|Illustration possible des inégalités : aucune femme n'est présente lors des négociations pour un accord de pêche entre la Mauritanie et l'Union européenne (2011).
Les inégalités hommes-femmes ou inégalités femmes-hommesIl existe plusieurs autres variantes selon les sources. Il est par exemple possible d'écrire au singulier : homme-femme ou femme-homme. On peut aussi trouver des sources qui utilisent une barre oblique : hommes/femmes ou femmes/hommes. D'autres sources écrivent « entre (les) hommes et (les) femmes », également appelées inégalités de genre voire plus rarement inégalités de sexeLà aussi, il existe des variantes possibles selon les sources : « inégalité entre les genres (ou sexes) », « inégalités des genres (ou sexes) »., sont l'ensemble des disparités sociales et juridiques qui défavorisent un sexe par rapport à un autre. Ces écarts de traitement et de droits, majoritairement en défaveur des femmes, et qui les empêchent de se réaliser se retrouvent aussi bien dans des théories scientifiques, philosophiques ou religieuses que dans les faits, dans de nombreux domaines. Ces inégalités s'observent dans différents pays du monde que ce soit dans les médias, dans les arts, dans l'économie, les études, la politique, les salaires et les retraites mais aussi dans la sexualité, la justice, les mariages.
On constate une réduction des inégalités entre les femmes et les hommes au cours des dernières décennies. En matière d’éducation, de participation à la vie professionnelle ou politique de nombreuses évolutions ont été remarquées. Cependant l'égalité est loin d'être atteinte. Différents types d'inégalités, telles que les différences de salaire, les disparités en matière de sanctions pénales ou les déséquilibres dans le partage du travail domestique, persistent. Les inégalités de genre sont considérées comme des obstacles majeurs dans le développement humain. C'est le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui les mesure avec l'indice d'inégalité de genre (IIG).
Origines d'une évolution
Le mouvement d'égalisation des droits entre les hommes et les femmes est assez récent. Il s'est notamment généralisé dans les sociétés occidentales dans les années 1960, avec les mouvements féministes qui s'y sont notamment développés dès la fin du , avec des avancées marquées pour la période des années 1970-1990, mais faibles ou en déclin depuis.
Ce mouvement est plutôt resté circonscrit aux sociétés occidentales. Mais on peut voir des mouvements en faveur des droits des femmes se diversifier dans le monde entier. On peut ainsi citer le congrès sur le féminisme musulman à Barcelone du 3 au , ou encore une série de lois indiennes dont la première date du , ayant comme objectif de modifier une part importante du droit de la famille dans un sens égalitaireL'Inde bouleverse ses lois sur le mariage dans Courrier International, 4 décembre 2006..
Malgré des initiatives des organisations supranationales en vue de résorber les inégalités en défaveur des femmes, via l'amélioration de la condition féminine, une part importante de la population ne considère pas cette évolution comme allant de soi, ces inégalités étant fortement ancrées dans les normes sociales. Dans l'enquête mondiale sur les valeurs 2016, seuls un homme sur dix et une femme sur sept ne manifestent pas .
Théories Approches scientifiques
Le discours scientifique a, dès l'Antiquité, tenté d'expliquer des inégalités culturelles par des causes naturelles..
Depuis le , il existe des recherches pour déterminer les origines innées ou acquises de ces différences. Ainsi, certains scientifiques ont déterminé qu'il existait des différences cognitives entre les hommes et les femmes dès les premiers mois de la vie. quand d'autres ont avancé que la différence des sexes est peu ou pas marquée avant deux ansGaïd le Maner-Idrissi (psychologue), in Féminin, masculin - mythes et idéologies, Belin, 2005..
Le discours scientifique, traditionnellement masculin conserve cependant beaucoup da prioriPascal Picq (paléoanthropologue), Féminin, masculin - mythes et idéologies, Belin, 2005..
On voit aujourd'hui une certaine recrudescence des discours scientifiques tentant d'établir des différences biologiques entre les femmes et les hommes. C'est le cas notamment des études sur les comportements différenciés et les réactions cérébrales (dimorphisme psychologique). Souvent en les prenant hors de leur contexte, on vulgarise ces études en disant notamment que les femmes sont plus émotionnelles que les hommes car elles ont l'hémisphère gauche du cerveau plus développé, tandis que les hommes, eux, usant plus de l'hémisphère droit, seraient plutôt scientifiques. Selon Catherine Vidal, ces observations sont très relatives, dans la mesure où les différences comportementales entre hommes et entre femmes sont bien moins importantes que celles entre deux sujetsCatherine Vidal (dir.), Féminin, masculin - mythes et idéologies, Belin, 2005.Aurélie Tavernier, « Colloque « Masculin/Féminin. Mythes scientifiques et idéologie » », Mots. Les langages du politique, n° 78, 2005, lire en ligne..
Un champ d'études se développe depuis plusieurs années concernant les sciences et les inégalités de genre. Il s'agit de la philosophie féministe des sciences.. Ce domaine de recherche, encore peu développé en France., est interdisciplinaire ; il étudie les rapports entre sciences et genre.
Approches philosophiques La philosophie des Lumières occidentale a posé, au moins dans ses principes, et par certains de ses membres, l'égalité entre hommes et femmes, appartenant au même genre humain : François Poullain de La Barre dans De l’égalité des sexes considère que l'infériorité féminine résulte d'un simple préjugé ; Claude-Adrien Helvétius dans De l'esprit, défend l'idée d'un cerveau égal pour les hommes et les femmes, et préconise, aux antipodes d'un Jean-Jacques Rousseau, une éducation identique pour les deux sexes ; en 1790, Nicolas de Condorcet dénonce le rôle de l'Église sur l'asservissement des femmes dans Sur l’admission des femmes au droit de cité. Il y décline l'humanisme des Lumières, et affirme à son tour la nécessité Condorcet, Les Cinq mémoires sur l’instruction, premier mémoire, chapitre 6, 1792. dans Les Cinq mémoires sur l’instruction.. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ne distingue pas hommes et femmes. Certains critiques ont vu dans ces idées une laïcisation de la vision chrétienne d'égalité des âmes et des personnes.
Au contraire, certains philosophes se sont opposés à l'égalité des sexes. Par exemple, Friedrich Nietzsche juge que l'idée d'égalité entre hommes et femmes est un préjugé chrétien qui témoigne d'un manque de profondeurFriedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, Flammarion, 2000 (paragraphe 238)..
Approches religieuses Christianisme : les articles Ministères féminins dans le christianisme, Place des femmes dans l'Église catholique, Ordination des femmes. Islam : Rapport entre hommes et femmes dans l'islam Judaïsme : Femme rabbin Hindouisme : Place des femmes dans l'hindouisme
Observation actuelle
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) mesure ces inégalités avec l'Indice d'inégalité de genre (IIG). Cet indice repose sur trois aspects : le taux de mortalité maternelle et le taux de fertilité des adolescentes, qui représentent la « santé reproductive », la part de sièges parlementaires occupés par des femmes et la part de femmes et d'hommes adultes âgés de 25 ans et plus ayant atteint au moins un niveau d'éducation secondaire (cela concerne « l'autonomisation »), et enfin les écarts de taux d'activité de la population active chez les femmes et les hommes âgés de 15 ans et plus, qui identifient le statut économique par la participation au marché du travail. Si les disparités entre les femmes et les hommes sont importantes, l'indice d'inégalités de genre sera élevé.
Dans le monde Ces inégalités ne sont prises en compte au niveau international que tardivement. L'ONU organise la première conférence intergouvernementale sur les femmes au Mexique en 1975. La seconde a lieu à Copenhague en 1980, la troisième à Nairobi en 1985 et la quatrième conférence mondiale sur les femmes à Beijing en 1995.. Lors de cette dernière, les 189 États ont adopté la qui fixe des objectifs de réduction d'inégalités dans douze domaines (droits fondamentaux, éducation, place des femmes dans l'économie).
Une partie de ces objectifs est atteint en 2015 : le droit de vote des femmes progresse, de même que le taux de scolarisation des filles. Toutefois, l'inégalité des revenus s'est accentuée (en 2006, les femmes dans le monde gagnaient en moyenne dollars par an contre dollars pour les hommes ; en 2015, elles gagnaient dollars contre dollars pour les hommes) Financing the unfinished business of gender equality and women’s rights: priorities for the post-2015 framework, rapport de l'OCDE, mars 2014..
La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes adoptée en 1979 et ratifiée par 189 États en 2015, les oblige à rendre compte de leurs progrès mais cet accord international a une portée limitée car les États ont la possibilité d'émettre des réserves au nom de leurs traditions, religions ou cultures. Les femmes restent ainsi les premières victimes du trafic d'êtres humains dans le monde..
Le forum économique mondial publie depuis 2006 le Global Gender Gap Report, rapport annuel censé donner un panorama des inégalités « de genre » dans le monde à l’appui de quatre grands indicateurs : l’accès à l’éducation, la santé et l’espérance de vie, l’empowerment politique, la participation et les opportunités économiques. Cette étude qui permet de classer les pays doit être relativisée de par le caractère superficiel et trompeur des résultats d’ensemble d’une telle entreprise statistique, ainsi que des usages politiques qu'en font les pays..
En 2018, le Canada à l'initiative de Justin Trudeau met en place le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes au G7, de façon que l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes soient pris en compte dans les délibérations du G7...
En Inde En Inde, les femmes disposent d'une position sociale faible dans le milieu familial, cela cause un frein à leur scolarisation. Leur éducation est contrariée par la position sociale, la confession ou encore l'ethnie auxquelles elles appartiennent. Selon la famille, éduquer une fille est considéré comme inutile puisqu'elle est destinée à se marier afin de remplir son rôle au sein du foyer..
En France
Dans la vie quotidienne L'analyse de noms de rues à partir de jeux de données ouvertes met en évidence dans certaines villes une représentation plus importante des noms d'hommes par rapport aux noms de femmes, publié le 15 décembre 2014 par Armand Gilles sur data.gouv.fr (Open-data)..
Géographie urbaine sexuée