Jean-Claude "Gaby" Briault, est un homme politique et écrivain néo-calédonien, né le à Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
Des origines multiples
Jean-Claude Briault a des origines européennes, néo-hébridaises, vietnamiennes et indonésiennes Projet de ville de Jean-Claude Briault pour les municipales de 2014 à Nouméa, site Calédosphère, 21/01/2014, p. 3.Fr. DE BOISDEFFRE, Le Livre de famille de Maurice Lesage, éd. Lulu.com, 2009, ..
Son grand-père paternel, Martial Briault (1849-1916), originaire de Tessy-sur-Vire dans le département de la Manche en Normandie, est un marin, aventurier et colon-planteur arrivé dans le Pacifique dans les années 1860. Capitaine de son propre navire, il pratique le cabotage à partir de la Nouvelle-Calédonie et devient un blackbirder, activité pour laquelle il est condamné en 1880 par le tribunal de Nouméa à cinq ans de travaux forcés. Il s'installe alors aux Nouvelles Hébrides où, après encore quelques années de cabotage et d'actions illégales, il fonde une plantation de 2 500 ha sur l'île d'Aore Santo, où travaillent une quarantaine de personnes pour cultiver le café, le cacao et la noix de coco. En 1900, le gouvernement français le nomme officier d'État Civil de Santo, première fonction nouvellement créée.
Sa grand-mère paternelle, Lauralie, est une Mélanésienne de l'île de Santo, issue de la même tribu que Jimmy Stevens. Martial et Lauralie Briault ont eu quatre enfants, dont l'aîné, Charles Briault (1902-1962), est le père de Jean-Claude Briault. Il s'installe avec son frère et ses sœurs en Nouvelle-Calédonie dans les années 1930 après avoir vendu la plantation paternelle et perdu l'essentiel du fruit de la vente dans un mauvais investissement. En 1940, il rejoint les Forces françaises libres via Sydney, avant le départ des premiers volontaires néo-calédoniens du Bataillon du Pacifique. Second maître de manœuvre dans les Forces navales françaises libres (FNFL) à partir de 1941, il est de retour en Nouvelle-Calédonie en 1945 et s'installe à Nouméa, dans la baie de Sainte-Marie.
Son grand-père maternel, Tran Van Phuc, est pour sa part un Chân Dăng, un des travailleurs sous contrat tonkinois arrivés pour travailler dans la mine ou les plantations de coton en Nouvelle-Calédonie en 1891. Ayant obtenu sa résidence, il s'installe comme boulanger vers 1900 à Yaté. Il a épousé Sariem, une Javanaise arrivée pour des motifs similaires en 1896. La mère de « Gaby » Briault, Georgette Tran Van Phuc, est née de leur union à Yaté. Charles et Georgette Briault ont eu ensemble cinq fils : Georges, un des 126 disparus du naufrage du caboteur la Monique au large de Maré en 1953 ; Charles ; Paul ; Yannick ; Jean-Claude.
Jean-Claude Briault a épousé le Chantal Dorpe, enseignante en lettres dans le secondaire, avec qui il a eu un fils, Benoît, né le .
Il est également apparenté, par sa grand-tante paternelle, à Edmond Caillard, résistant durant la Seconde Guerre mondiale et homme politique gaulliste et anti-indépendantiste de l'après-guerre en Nouvelle-Calédonie, à son frère André Caillard qui lui a succédé en politique et a participé à la création du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), mais aussi au fils d'Edmond, Jean-Paul Caillard, pour sa part militant de gauche et indépendantiste.
Fonctionnaire et journaliste Jean-Claude Briault a commencé sa carrière comme fonctionnaire auprès de l'Assemblée territoriale de Nouvelle-Calédonie, puis au ministère de l'Outre-mer à partir de 1973. Il rentre toutefois bientôt en Nouvelle-Calédonie où il est journaliste aux Nouvelles calédoniennes et devient en 1979 le directeur de cabinet de Dick Ukeiwé, le vice-président RPCR du conseil de gouvernement (et donc chef de l'exécutif du Territoire alors) de 1979 à 1982.
Carrière politique
Élu territorial (1984-2004) Anti-indépendantiste, proche de Jacques Lafleur et collaborateur de Dick Ukeiwé, il adhère au RPCR dès sa fondation en 1977, il est élu pour la première fois à l'Assemblée territoriale en 1984, puis également, à la suite de la mise en place du statut Pisani, vice-président de la Région Sud de 1985 à 1989. Il fait partie de la délégation du RPCR qui a négocié les Accords de Matignon en 1988, puis l'Accord de Nouméa en 1998, et est élu en 1989 à la fois à l'Assemblée de la Province Sud et au Congrès, réélu en 1995 et en 1999, mais battu en 2004.
Il devient également président du conseil d'administration de l'Office du Tourisme, et le reste jusqu'en 2004. Considéré alors comme le principal organisateur du tourisme en Nouvelle-Calédonie, il est l'un des artisans de la création de l'organisme de promotion touristique du territoire dénommé « Destination Nouvelle-Calédonie » et du Groupement d'intérêt économique (GIE) « Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud ». Pendant la même période il est aussi membre du conseil de surveillance d'Aircal et du conseil d'administration Aircalin, et a présidé le conseil d'administration de l'École territoriale de musique (ETM) de 2000 à 2004.
De 2001 à 2004, il est coprésident du groupe commun formé par le RPCR avec le petit parti indépendantiste modéré FCCI au Congrès, et préside aussi la Commission du Congrès chargée des Finances et du Budget.
À la Province Sud, il préside la Commission de l'Habitat social de 1999 à 2004, puis en 2001, il devient le de l'Assemblée chargé de l'Intérieur et de la mission d'insertion jeunes, il propose alors un nouveau programme appelé « Un nouvel élan pour la Brousse ».
Membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (2004-2014)
Après la défaite du Rassemblement-UMP aux élections provinciales du et le départ de Jacques Lafleur, il devient l'une des principales figures de la nouvelle équipe dirigeante. Il entre ainsi au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie élu le , et sera sans cesse reconduit dans tous les exécutifs suivants, chargé des finances et du budget dans un premier temps dans le second gouvernement Thémereau de 2004 à 2007 puis du secteur du Transport aérien international et des Communications, également chargé du suivi du Dialogue social et des affaires relatives à la Francophonie ainsi que des relations avec les Communes dans le second gouvernement Martin de 2007 à 2009. Il s'investit tout particulièrement dans le dossier de la Francophonie, étant l'un des membres fondateurs en 2006 de l'Institut pour la Francophonie dans le Pacifique, association à l'origine des Rencontres francophones du Pacifique dont les premières ont été organisées au Vanuatu du 12 au « Solidarités Pacifique : la France, un partenaire actif », Rapport de groupe interparlementaire d'amitié n° 80 (2007-2008) - 7 février 2008, site officiel du Sénat.. Il est à l'origine également de l'organisation, chaque année depuis 2008 à Nouméa, d'un Forum francophone du Pacifique.
Bien qu'il ne soit présent, pour la première fois depuis 1989, sur aucune des listes du Rassemblement pour les élections provinciales du , il est une nouvelle fois avancé par son parti pour être membre de l'exécutif et rejoint donc le le nouveau gouvernement désormais présidé par Philippe Gomès. Il conserve les relations avec les communes et le suivi des questions relatives à la Francophonie, mais est surtout chargé cette fois des questions de la jeunesse et des sports, plus particulièrement de la préparation des Jeux du Pacifique de 2011, de la politique de la ville et des questions relatives à la sécurité civile.
Il est reconduit dans le gouvernement Martin III le (en sur la liste commune au Rassemblement-UMP et à l'Avenir ensemble-LMD qui a obtenu 4 élus sur 11). Il hérite à nouveau le suivant des secteurs de la Jeunesse, des Sports, de la préparation des Jeux du Pacifique de 2011, de la Francophonie et des relations avec les communes, retrouve le Dialogue social dont il s'était déjà occupé de 2007 à 2009, et gagne en plus les Questions de société et les relations avec le Congrès. De plus, il s'occupe, en association avec d'autres membres du gouvernement, de la coordination de la politique du gouvernement avec les Provinces et du suivi des décisions du Comité des signataires, aux côtés de Harold Martin (Avenir ensemble, président du gouvernement), Gilbert Tyuienon (FLNKS-UC, vice-président du gouvernement) et Déwé Gorodey (FLNKS-UNI-Palika). Les secteurs sont de plus, pour la première fois, organisés en 9 « pôles de compétences » (au sein desquels des membres indépendantistes et anti-indépendantistes prennent les décisions en commun) : Jean-Claude Briault fait partie de ceux de l'Enseignement, de la Formation et de l'Éducation, de l'Économique et Social, de la Citoyenneté et des Questions de société, des Relations extérieures et des Relations intercollectivités Délibération n° 2011-16D/GNC du 11 mars 2011 chargeant les membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie d'une mission d'animation et de contrôle d'un secteur de l'administration, JONC n°8614, 14/03/2011, p. 2203..
Ce gouvernement étant démissionnaire de fait le jour même de sa prise de fonction, un nouvel exécutif est désigné le : Jean-Claude Briault y est une nouvelle fois élu, mais la liste Rassemblement-UMP - Avenir ensemble-LMD n'y dispose plus que de 3 membres sur 11. Lors de la répartition des secteurs le suivant, il retrouve les mêmes attributions que neuf jours auparavant, tout en héritant une partie des attributions de Sylvie Robineau, qui n'est plus membre de l'exécutif : la Santé, avec le suivi du Médipôle), la Protection sociale, la Solidarité et le Handicap. Il est de plus associé pour le Dialogue social à Georges Mandaoué du Parti travailliste. Jean-Claude Briault est réélu pour la huitième fois consécutive au gouvernement le et, le suivant, du fait du retour de Sylvie Robineau, il lui redonne les attributions qui étaient les siennes initialement (la Santé avec le suivi du Médipôle, la Protection sociale, la Solidarité et le Handicap). Et, dans le même temps, en raison au contraire de la non réélection d'Yvon Faua, il prend en charge en plus de ses secteurs désormais traditionnels l'Enseignement (primaire public) et la Fonction publique, tout en partageant désormais les questions liées à la Francophonie avec Anthony Lecren.
Lorsque le de Nouvelle-Calédonie est élu le , qui n'est pas cette fois démissionnaire de fait dans la foulée de son installation, Jean-Claude Briault est encore une fois reconduit comme membre de l'exécutif. Le , il retrouve de plus les mêmes secteurs d'animation et de contrôle, à l'exception de la fonction publique qu'il cède à Philippe Dunoyer et des relations avec le Congrès qui reviennent à Gilbert Tyuienon. Puis, le suivant, dans le cadre d'un réajustement visant à renforcer les attributions des membres Calédonie ensemble dans un souci d'apaisement, il abandonne le secteur de l'Enseignement primaire public au profit d'Hélène Iekawé.