La Claie est une rivière du département du Morbihan, en Bretagne, longue de 62 kilomètres. Elle est un affluent de l'Oust en rive droiteFiche de la Claie sur le site du SANDRE. et donc un sous-affluent de la Vilaine. Elle prend sa source à Saint-Allouestre à 115 m d'altitude puis traverse d'ouest en est les Landes de Lanvaux, dont le relief appalachien marque fortement son cours, avant de confluer avec l'Oust à Saint-Congard à 7 m d'altitude. Son bassin versant couvre et s'étend sur un substrat granitique et schisteux dans une région où l’agriculture, notamment la production laitière, constitue la principale activité économique. Malgré cette pression agricole, la rivière conserve une qualité d’eau relativement bonne, attestée par la présence notable de la loutre d'Europe, du saumon atlantique et de la lamproie marine. Les Landes de Lanvaux constituent par ailleurs une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

La Claie présente un régime pluvial océanique caractérisé par un débit irrégulier et de fortes crues. Le débit moyen mesuré à la station de Saint‑Marcel est de 3,84 m³/s.

Le nom de la rivière est attesté pour la première fois en 826 sous la forme Cles et deux chartes du Cartulaire de Redon le mentionnent également au . Sa vallée possède un riche patrimoine témoignant d'une occupation ancienne et d’une histoire mouvementée. L’allée couverte de Kerjagu notamment atteste d’une occupation humaine dès le Néolithique. Le cours de la Claie est jalonné de nombreux châteaux et manoirs qui bordent la rivière ou dominent sa vallée, signe d’une forte implantation seigneuriale le long de ses rives durant l’époque médiévale et moderne. Parmi ces domaines, le château de Kerguéhennec est le plus notable. Plus récemment, les Landes de Lanvaux ont servi de refuge à de nombreux chouans durant la Chouannerie, puis de zone d’implantation de maquis lors de la Seconde Guerre Mondiale (maquis de Saint-Marcel).

La Claie marque également le début de la côte de Cadoudal, à Plumelec, célèbre ascension cycliste empruntée à plusieurs reprises par le Tour de France.

Hydronymie La Claie (en breton : Ar C'hlezRésultats concernant « Claie » sur la base KerOfis, Office public de la langue bretonne. ou KlezNom des rivières en Breton sur Geobreizh.) est attesté pour la première fois en 826 sous la forme Cles. Ensuite, deux chartes du Cartulaire de Redon en font état au . Les formes Cleffs, Cleiffs, Cleix et Cleys sont ensuite mentionnée en 1433, 1445, 1452 et 1461 respectivement. La forme actuelle apparaît en 1826 (Rivière La Claie) puis en 1870 sous la forme simple Claie. Enfin, la même année, elle apparaît sous la forme La ClayeRésultats concernant « Claie » à Bignan sur la base KerOfis, Office public de la langue bretonne..

Géographie

Cours de la rivière vignette|gauche|Carte des Landes de Lanvaux avec la Claie visible au centre. La vallée de la Claie constitue la limite nord des Monts de Lanvaux. La Claie prend sa source à Saint-Allouestre à 115 m d'altitude. Son cours est intégralement situé dans les Landes de Lanvaux. Ceux-ci présentent un relief appalachien (Armorique appalachienne) et se caractérise par des alignements de crêtes peu élevées constituées de roches dures séparées par des sillons creusés dans les roches tendres suivant une direction est-ouest parallèle à la côte. Ainsi, la Claie s'oriente d'abord en direction du sud sur une dizaine de kilomètresDistance vérifiée sur Géoportail entre Bignan et Saint-Jean-Brévelay en franchissant une barre de relief constitué de grès et de granite et en y creusant son lit formant ainsi ce qu'on appelle une cluse. Puis, son cours s'incline vers l'est suivant le sillon constituant le rebord septentrional des Monts de Lanvaux avant de confluer avec l'Oust à Saint-Congard à 7 m d'altitude dans ce même sillon, après un parcours de 61,6 kilomètres. Prise dans un relief escarpé à l'amont de la rivière, la vallée de la Claie s'élargit progressivement vers l'aval pour atteindre une largeur de 9 kilomètres dans la dernière partie du coursLa Claie sur le site du grand bassin de l'Oust.. vignette|gauche|Les étangs du domaine du château de Kerguéhennec sur le cours de la Claie. Au début de son parcours, la Claie alimente également les étangs du domaine du château de Kerguéhennec sur la commune de Bignan.

Malgré ses 62 kilomètres de longueur, la Claie ne traverse aucun centre-ville ou bourg si ce n'est Saint-Allouestre au tout début de son parcours lorsque ce n'est encore qu'un ruisseau et le petit village de Cadoudal sur la commune de Plumelec.

Communes et cantons traversées La Claie arrose les communes de Saint-Allouestre, Bignan, Saint-Jean-Brévelay, Colpo, Plaudren, Plumelec, Trédion, Sérent, Saint-Guyomard, Bohal, Saint-Marcel, Pleucadeuc et Saint-Congard, toutes situées dans le département du Morbihan. Soit en termes de cantons, la Claie traverse les cantons de Moréac, de Grand-Champ et de Questembert le tout dans les arrondissements de Pontivy et de Vannes.

Hydrographie vignette|Le bassin versant de l'Oust dans le cadre de celui de la Vilaine. La Claie y est visible. Le bassin versant de la Claie, situé au centre-est du Morbihan, couvre une superficie de pour un total de 640 km de cours d'eau. Il présente une forme très étirée selon une direction ouest-est comme le bassin voisin de l'Arz, un autre affluent de l'Oust, et compte habitants. Il est constitué essentiellement de granite, de schisteLa Claie sur le site du syndicat mixte du grand bassin de l'Oust. et de roches métamorphiques (gneiss)Livret de synthèse de la qualité de l'eau de la Claie..

La rivière reçoit de nombreux affluents mais il s'agit seulement de ruisseaux de faible longueur, le plus important étant le Lay dont le cours n'excède pas 9 kilomètresFiche du Lay sur le site du SANDRE..

Organisme gestionnaire L'organisme gestionnaire de la Claie est le syndicat mixte du Grand bassin de l'Oust dont l'action se concentre sur l'amélioration de la qualité des eaux de l'Oust et de ses affluents. Ce syndicat est une fédération de huit différents sous-bassins, à savoir ceux de l'Arz, de l'Aff-est, de l'Aff-ouest, de la Claie, du Ninian - Leverin, de l'Oust-aval, de l'Oust-moyen, de l'Yvel - HyvetPrésentation du syndicat mixte du grand bassin de l'Oust..

Affluents Les affluents de la Claie sont, de sa source à sa confluence avec l'Oust :

Ruisseau le Guip (rd) : 1,9 km Ruisseau de Sainte-Anne (rg) : 6,8 km Le Keriolas (rd) : 8,3 km Ruisseau de Kerlen (rg) : 2,5 km Le Lay (rg) : 8,8 km Le Kergueurh (rd) : 5,3 km Ruisseau de Kerhuel (rd) : 3,5 km Le Sclunj (rd) : 4,2 km Le Callac (rg) : 8,3 km Le Grand Breuil (rd) : 4,9 km Le Sérentin (rg) : 7,5 km Le Glouby (rd) : 5,3 km Ruisseau le Moulinet (rg) : 1,6 km Ruisseau de Rocaran (rg) : 3 km

Rang de Strahler La Claie atteint un rang de Strahler 4 à partir de sa confluence avec le Keriolas qui est de rang 3Fiche du Keriolas sur le site du SANDRE..

Hydrologie Le régime hydrologique de la Claie est dit pluvial océanique donc son bassin versant est affecté par un climat océaniqueAtlas de l'environnement : Le Climat, Observatoire de l'environnement du Morbihan.. C'est une rivière très irrégulière, à l'instar de ses voisines de la région du centre du massif armoricain.

Débit de la Claie à Saint-Marcel Son débit a été observé durant une période de 15 ans (2010-2025), à Saint-Marcel, localité du département du Morbihan située à environ 9 km de sa confluence avec l'Oust. La surface ainsi étudiée y est de , soit environ 82 % du bassin versant de la rivière qui s'étend sur .

Le module de la rivière à Saint-Marcel est de /s.

La Claie présente des fluctuations saisonnières de débit fort marquées, comme très souvent en Bretagne. Les hautes eaux se déroulent en hiver et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de /s à /s, de décembre à mars inclus, avec un maximum en janvier (/s) puis en février (/s). Les basses eaux d'été ont lieu de début juillet à fin septembre, entraînant une baisse du débit mensuel moyen allant jusqu'aux planchers de /s au mois d'août et de /s au mois de septembre. Mais ces moyennes mensuelles occultent des fluctuations bien plus prononcées sur de plus courtes périodes ou selon les années.

Étiage ou basses eaux Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque /s (), en cas de période quinquennale sèche, ce qui est relativement sévère.

Crues Les crues peuvent être très importantes puisque les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 26,4 et /s. Le QIX 10 est de /s et le QIX 20 de /s.

Le débit instantané maximal enregistré à Saint-Marcel a été de /s le , tandis que la valeur journalière maximale était de /s le même jour. Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, on constate que cette crue de était un peu moins que vicennale, et donc pas très exceptionnelle, car destinée à se répéter environ tous les 19 ans en moyenne.

Lame d'eau et débit spécifique La Claie est bien alimenté par les fortes précipitations de son bassin. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, ce qui est largement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus (environ ), ainsi qu'à la moyenne du bassin de la Vilaine () ou de l'Oust (). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Débit des cours d'eau du bassin de la Claie Cours d'eauLocalitéDébits en m/sCôte max(m)Max. instant.Max. journ.Lame d'eau (mm)Surface (km²)ModuleVCN3 (étiage)QIX 2QIX 5QIX 10QIX 20ClaieSaint-Jean-Brévelay1,750,09113,220,725,630,33,034536410135ClaieSaint-Marcel3,840,17426,442,653,363,52,496255,2426290

Histoire et patrimoine Les Landes de Lanvaux, délimité par la Claie au nord, sont un territoire riche en monuments mégalithiques. Ainsi, l'occupation humaine le long de la rivière est attesté depuis le Néolithique à travers plusieurs mégalithes tels les allées couvertes de Kerjagu à Colpo et de Trébiguet à Bohal, la Roche de Migourdy à Plumelec ainsi que le dolmen du Stade et le menhir de la Grand-Villeneuve à Trédion.

De plus, trois anciennes voies romaines qui franchissaient le cours de la Claie (deux près de Callac et une vers Saint-Jean-Brévelay) attestent de la présence humaine pendant l'Antiquité.

Le cours de la Claie est également jalonné de châteaux et de manoirs qui bordent la rivière ou dominent sa vallée, témoignant d’une forte occupation humaine au Moyen-Âge et à l'Époque Moderne ainsi que de la présence de nombreuses seigneuries le long de son parcours. Les châteaux de Callac à Plumelec, de Brignac à Saint-Guyomard ainsi que de la Morinais, de la Prévostais et de la Grouais à Pleucadeuc, et les manoirs de Cadoudal à Plumelec, de Quesnouët à Colpo, de Rocarant à Bohal, de la Georgelais à Saint-Marcel et de la Rivière à Sérent en sont des exemples. Le plus célèbre est le château de Kerguéhennec qui est situé au début de son cours.