Le musée d’Aquitaine, situé à Bordeaux , regroupe des collections d’objets et de documents consacrés à l'histoire de Bordeaux et de la région Aquitaine, depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine. Il conserve également les collections du Centre national Jean-Moulin de Bordeaux ainsi que celles du musée Goupil. Il accueille depuis décembre 2025 le centre d'interprétation Bordeaux Patrimoine Mondial, espace d'exposition consacré à l'architecture et au patrimoine urbain de Bordeaux.

Historique

En 1960, le musée lapidaire, créé en 1783 par l'Académie de Bordeaux, est regroupé avec le Musée préhistorique et ethnographique et le musée d'armes et d'objets anciens. Sous l'impulsion de Georges-Henri Rivière, il prend le nom de Musée d'Aquitaine : Musée d'Archéologie, d'Histoire et d'Ethnographie en 1962.

Dans un premier temps, le musée est installé en 1962 dans l'aile sud du Palais Rohan donnant sur le cour d'Albert, puisque l'aile nord accueille le musée des Beaux-ArtsMusée d'Aquitaine, Histoire du musée d'Aquitaine, consulté le 27 septembre 2014. Les deux bâtiments ont été réalisés par l'architecte Charles Burguet.

En 1980, la Société archéologique de Bordeaux signe une convention avec la ville de Bordeaux pour déposer la majorité de ses collections au Musée d’Aquitaine. Dans le cadre de cette convention, le musée a pour mission de faire connaître ces collections sans aliéner leur propriété.

Le , le musée emménage dans les locaux de l’ancienne faculté des lettres et des sciences, bâtiment construit dans les années 1880 par l'architecte municipal Charles Durand et implanté à la place des anciens couvents des Feuillants et de la VisitationFrançois Hubert et Anne Ziéglé, Histoire du Musée d'Aquitaine, sur le site de l'Union Scientifique d'Aquitaine, février 2010.

Au début du , le musée d'Aquitaine affiche une fréquentation de en 2003, en 2004, en 2005, en 2006, et en 2007Direction Générale des Entreprises (DGE) - Sous-direction du Tourisme, Veille info tourisme, document de septembre 2008, 107.

Localisation Le musée d'Aquitaine se situe cours Pasteur, au centre-ville de Bordeaux, dans le département de la GirondeMusée d'Aquitaine, Venir au musée, consulté le 27 septembre 2014. Depuis mai 2004, il est desservi par le réseau de tramway de Bordeaux, via la ligne (station Musée d'Aquitaine) et à proximité de la ligne (station Hôtel de Ville).

Collections gauche|vignette|Vestiges antiques de Burdigala. Les différentes collections regroupent plus de . Elles retracent l'histoire de Bordeaux et de l'Aquitaine de la Préhistoire à aujourd'hui. Cinq mille pièces d'arts d'Afrique et d'Océanie témoignent de l'histoire portuaire de la ville. vignette|Salles et esclavage. Le musée héberge des collections permanentes et des expositions temporaires. Les collections permanentes occupent deux étages. Au rez-de-chaussée se trouvent des pièces sur la Préhistoire, la Protohistoire, l'Époque romaine, le Moyen Âge et l'Époque moderne. Au niveau 1, sont présentées des pièces du (commerce atlantique et esclavage), des cultures du monde, des et s (Bordeaux port(e) du monde, 1800-1939)Le musée d'Aquitaine, Plan du musée, août 2014.

En 2009, le musée d'Aquitaine a ouvert de nouvelles salles permanentes, consacrées au rôle de Bordeaux dans la traite négrièreAyoko Mensah, Afriscop : Bordeaux, la traite négrière et l’esclavage. Les salles consacrées au ont été rouvertes en février 2014.

Préhistoire vignette|La Vénus de Laussel. Le musée conserve des collections d’art préhistorique : les bas-reliefs à figuration féminine de Laussel Marquay (Dordogne), avec la Vénus à la corne (Venus de Laussel) ; les miniatures de l’abri Morin (Pessac-sur-Dordogne). Un fac-similé de la « frise des cerfs » de la grotte de Lascaux est exposé.

Le musée conserve le mobilier archéologique de plusieurs grands sites, comme la grotte ornée de Pair-Non-Pair (Gironde), découverte en 1881, et le gisement du Cap Blanc à Marquay (Dordogne), ou la grotte sépulcrale d’Eybral en Dordogne..

Protohistoire La première salle montre les rites funéraires des populations du Premier âge du Fer, entre 800 et 450 av. J.-C. De nombreuses urnes funéraires accompagnées d’armes, quelques-unes brisées volontairement, de fibules, torques ou boucles de ceinture proviennent des tumulus d'Ibos (Hautes-Pyrénées) et de Pau (Pyrénées-Atlantiques).

Le musée expose un poteau anthropomorphe provenant de Soulac-sur-Mer. Daté de 450 av. J.-C., il est l'un des rares témoins de la statuaire protohistorique en bois de France. vignette|Torque du Trésor de Tayac. Le Deuxième âge du Fer, entre 450 et 50 av. J.-C., est illustré par les découvertes du site de Lacoste (Mouliets-et-Villemartin, Gironde), village artisanal et commercial à la frontière entre Gaule celtique et Gaule aquitaine. Le commerce, l’artisanat du fer et du bronze, l’agriculture, la vie quotidienne et la poterie sont présentés de façon thématique ; à côté, un atelier de forgeron gaulois est reconstitué.

De fouilles à Bordeaux ont mis au jour des poteries, des objets de parure, des statues en pierre utilisées dans la société gauloise.

Parmi les pièces rares de cette collection, se trouvent le torque et les monnaies d'or gauloises, découverts à Tayac, près de Libourne et datés de la fin du

L’âge du Fer prend fin avec la Guerre des Gaules, menée par César. La dernière bataille eut lieu en Aquitaine, à Uxellodunum (Saint-Denis-les-Martels, Lot) en 51 av. J.-C. Le musée expose une partie de l’armement des gaulois retrouvé sur ce site.

Antiquité vignette|Stèle funéraire gallo-romaine de la petite fille de Laetus. Les salles présentant l’Antiquité commencent par l’évocation de la ville, de son architecture et de ses décors ; l’Aquitaine est devenue romaine à partir de 56 avant Jésus-Christ. Cette nouvelle administration territoriale est attestée localement par un autel de marbre qui consacre officiellement la cité des Bituriges Vivisques, premier peuple connu de la cité antique de Bordeaux, Burdigala. Une inscription monumentale nous apprend que, sous le règne de l’empereur Claude, dont est présentée une statue de marbre, les adductions d’eau de la ville ont été mises en place par le mécénat d’un certain Caius Julius Secundus.

À partir du Bas-Empire, Burdigala est capitale régionale après Saintes et Poitiers. En témoignent un temple de grande dimension, les Piliers de Tutelle dont il reste des gravures et des fragments architecturaux monumentaux, ou l’importante mosaïque d’une maison du centre-ville.

La ville, implantée à un carrefour à la fois maritime, fluvial et terrestre, se tourne très tôt vers le négoce. La ville devient la plaque tournante d’un commerce redistribuant les marchandises de l’arrière-pays vers le reste de l’empire. La deuxième salle montre les stèles (pierres tombales) d’étrangers ou d’artisans, les monnaies découvertes dans la Garonne, la vaisselle, les outillages et les objets de la vie quotidienne ; vignette|Statue d'Hercule en bronze. Les espaces suivants présentent les divinités gauloises romanisées telles que des statues de Jupiter-Taranis ou Jupiter-Cernunos, et celles du panthéon romain classique, telles que la statue de Jupiter découverte dans un sanctuaire à Mézin (Lot-et-Garonne), qui précède d’un siècle celle d’Hercule (), en bronze, de type grec classique et de belle qualité, découverte en 1832 à Bordeaux.

En 1987, des fouilles archéologiques (site de Parunis au 146, cours Victor Hugo) ont mis au jour l’un des grands mithraea de Gaule (temple consacré au culte à mystères du dieu Mithra). Le musée expose un autel au dieu Mithra du au siècle.

De nombreuses stèles, extraites de la base du rempart romain lors de sa démolition, sont présentées dans l’espace sur les rites funéraires. Elles avaient été extraites des nécropoles situées à l’extérieur de la ville, dont celle de « Terre-Nègre », très étendue au nord-ouest.

Au , la réforme de Dioclétien partage le territoire aquitain en rattachant les peuples du nord de la Garonne à l’Aquitaine seconde, et ceux situés entre Garonne et Pyrénées à la Novempopulanie. Dans le dernier espace, quelques objets comportant des symboles chrétiens et une grande mosaïque dessinant le plan d’une basilique en rotonde évoquent l’époque paléochrétienne. La période mérovingienne est illustrée par les productions d’influence wisigothique dans l’art du métal (plaque-boucles de ceintures), et par les sculptures de l’École d’Aquitaine (sarcophages et chapiteaux en marbre des Pyrénées).

Moyen-Âge vignette|Rosace de l'église des Grands Carmes de Bordeaux. Les collections médiévales présentent successivement les différents thèmes spécificiques à l'Aquitaine dans cette période de six siècles : de 848, date de la destruction de la ville de Bordeaux par les Normands, à 1453, lorsque l'Aquitaine redevient française. Sont évoqués successivement Aliénor d'Aquitaine, le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, l'expansion médiévale sous les rois d'Angleterre, la féodalité et les chevaliers gascons, la culture de la vigne et les échanges commerciaux avec l'Angleterre, la création des bastides, le Prince noir, la vie quotidienne, les troubadours, etc. Des gisants, des plates-tombes et des éléments de tombeaux montrent l’évolution du mobilier funéraire et les préoccupations de cette période.

Dans une deuxième salle, sont présentés la rosace de l’ancienne église des Grands Carmes, ainsi que des exemples de l’art roman et de l’art gothique de Bordeaux (chapiteaux de Saint-André, éléments du portail détruit de Saint-Seurin) et de sa région (Visitation de Guîtres, chapiteaux d’Auzac et de La Brède).

Trois sculptures de Julien Rochereau font une transitionn vers les salles « Renaissance » ; il est l’un des rares sculpteurs connu de cette période.

Époque moderne vignette|Cénotaphe de Montaigne. Les collections des et s commencent par les nouvelles armes de la ville de Bordeaux, après que la Guyenne soit redevenue française, et par la statue de Charles VIII, conçue pour la nouvelle porte Cailhau, après sa victoire à Fornoue.

Grâce au Collège de Guyenne, les humanistes confortent l’emploi de la langue française, mais aussi se convertissent à la Réforme ; Bordeaux s’affirme comme le fer de lance de la Contre-Réforme.

Sont évoqués les hôpitaux (Saint-André, de la Peste, de la Manufacture), le culte des saints et celui des « trois Maries », la vie quotidienne en Aquitaine et l’habitat, le commerce et les relations avec les Iles et l'Amérique. À Terre-Neuve, la pêche morutière est lucrative, et, grâce à Colbert, Bordeaux acquiert un rôle important dans l’économie maritime du royaume.

Cette salle montre le cénotaphe de Michel de Montaigne, les monuments funéraires des ducs d’Épernon et du maréchal d’Ornano, ainsi que le buste de François de Sourdis par Le Bernin.

Bordeaux au , le commerce atlantique et l'esclavage. Le Musée d'Aquitaine comporte un espace de  consacré au et à la traite négrière. Ces salles permanentes, ouvertes en 2009, s’organisent en quatre espaces à la scénographie différenciée.

Bordeaux capitale provinciale Le premier espace témoigne du rôle de la ville de Bordeaux au , en France. La reconstitution muséographique d’une façade bordelaise fait office de support esthétique aux vestiges de la statue équestre de Louis XV ; elle rappelle les transformations urbaines durant cette époque prospère.

Bordeaux, porte océane et port négrier

vignette|Fétiche fon couvert d'anciennes chaînes d'esclaves.|216x216px|gauche vignette|redresse|Maquettes de vaisseaux.