La base aérienne 106 Bordeaux-Mérignac (BA 106) de l'Armée de l'air et de l'espace française est située à douze kilomètres à l'ouest de Bordeaux, à Beutre et à Teynac, sur le territoire de la commune de Mérignac, dans le département de la Gironde. Elle partage ses pistes avec l'aéroport civil de Bordeaux-Mérignac. C’est une base opérationnelle de l’Armée de l'air et de l'espace, toutefois les pistes demeurent civiles.

Histoire Origines de la plateforme Comme dans nombre de villes françaises, l’aviation apparaît précocement à Bordeaux. En 1901, l’aéroclub bordelais. propose des vols en aérostats. En 1906, la lande de Beaudésert offre un terrain d'essai aux premiers aviateurs.. Le , des officiers aviateurs et des aviateurs civils se trouvent en compétition pour une grande semaine de l'aviation..

Breveté () le , Marcel Issartier (1888-1914) achète le , 104 hectares au lieu-dit Lartigue sur Mérignac, pour créer l’école d’aviation Deperdussin. Le site voisine le terrain primitif de Beaudésert (ou Beau-Désert)., installé par l'homme d'affaires Adrien Verliac et par le banquier Léopold Piganeau. Des ateliers de construction d’avions SPAD se trouvent à Bordeaux en 1918, nécessitant un terrain d’envol.

En 1917, le terrain de Beaudésert devient un hôpital militaire américainhttp://www.bordeaux7.com/bordeaux-actualites/actu/2017/03/17/lincroyable-histoire-de-lhopital-americain-de-merignac/. La 2nd Artillery aerial observation school américaine, dépendant du camp de Souge, s'installe à la place de l’ancien aérodrome d’Issartier. L’État fait l’acquisition des terrains contigus situés à Teynac...

En 1920, la station aérienne de Bordeaux-Teynac se développe. Un centre d’entraînement militaire pour pilotes civils y prodigue l’instruction nécessaires aux navigants réservistes. Maryse Bastié y passe son brevet de pilote, en 1925.

En 1931, la Chambre de commerce de Bordeaux reçoit la concession de l'aérodrome de Bordeaux-Teynac.

Création de la base En 1935, le ministère de l'Air obtient la transformation en aérodrome mixte civil-militaire pour permettre l'installation d'escadres aériennes. La Chambre de commerce rétrocède à l’État 145 hectares, les travaux commencent immédiatement à proximité du quartier de Beutre, son emplacement actuel, et à Teynac, emplacement abandonné par l'armée à la fin des années 80 qui correspond à la zone de fret actuelle de l'aéroport. De 1937 à 1940, 33 hectares sont rétrocédés à l’État par la Chambre de commerce.

La base aérienne est officiellement créée administrativement le .. L’Armée de l'air française, créée en 1934 (loi du ), utilise ses installations essentiellement comme centre de formation des équipages, ainsi que comme dépôt de bombardiers. Pau, Tours et Châteauroux forment alors les bases principales de la Région aérienne.

Le le Centre aérien régional s’installe, suivi le par la Brigade aérienne. Cette dernière comporte des unités navigantes telles que la et la escadre aérienne. Le Bataillon de l’air est créé.

En 1938, les pistes sont cimentées à la demande d’Air France, pour permettre le transport aérien en toute sécurité. La ville de Bordeaux participe financièrement à la construction de la base aériennehttps://www.villeaeroport.fr/pdf/historique_bordeaux_11_08_2014.pdf.

Seconde guerre mondiale Le l’École de l’air se réfugie à Bordeaux, venant de Salon-de-Provence. En , Bordeaux offre un lieu propice au repli des troupes et des administrations en déroute. De nombreux groupes aériens y transitent, avant de tenter de rejoindre l’Afrique du nord ou l’Angleterre. Le bombardement du se montre rude. Le depuis l'aérodrome de Bordeaux-Mérignac, le général de Gaulle quitte la France pour l'Angleterrehttps://www.aerosteles.net/stelefr-ba106-degaulle en compagnie de son aide de camp le lieutenant Geoffroy de Courcel à bord d'un appareil de la Royal Air Force. Ce dernier est celui du général britannique Edward Spears, représentant personnel en France de Winston Churchill dont il est un ami.

En , l’armée allemande prend possession du site. Elle achève la deuxième piste cimentée et construit un réseau de dispersion d’avions. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Luftwaffe utilise la base pour la reconnaissance maritime. Les avions allemands de cette base patrouillent au-dessus de l'océan Atlantique pour engager les avions de la RAF et de l'USAAF. L'occupant construit une voie ferrée reliant la base à la gare de Cestas-Gazinet.

Les bombardiers Focke-Wulf Fw 200 Condor (escadrilles 1/KG 40 et 2/KG 40) s’envolent ainsi pour des patrouilles au-dessus de l'océan Atlantique à la recherche de navires alliés. Des chasseurs à long rayon d'action Junkers Ju 88 décollent également à partir de cette base, soit pour assurer la protection des sous-marins allemands, soit pour escorter les avions Condors, soit encore pour traquer les sous-marins Alliés. Le golfe de Gascogne devient un lieu de combats ardents.

À partir de 1943, la 8th Air Force de l'United States Army Air Force et la Royal Air Force attaquent les forces allemandes de la base. En puis en , l’aérodrome militaire se voit sévèrement endommagé, notamment le . Les Allemands en déroute détruisent, fin , une bonne partie des installations. Le groupe de bombardement 1/34 Béarn et le groupe de chasse 2/18 Saintonge participent à la réduction de la poche de Royan.

Une fois la paix revenue, l’Armée de l’air française retrouve la base aérienne. La escadre de bombardement lourd s’installe à Mérignac, composée des groupes II/23 Guyenne et I/25 Tunisie.. Air France reprend ses activités commerciales de transport aérien à partir de Bordeaux. La base prend la dénomination de Base aérienne 106 le .

Base américaine

80px|vignette|gauche|Insigne du 126th BW. vignette|B-26B du 180th BS(L) / 126th BW(L). De 1951 à 1958, la base est en partie utilisée par des unités militaires aériennes américaines. Elle est alors connue sous le nom de Bordeaux-Mérignac Air Base. Le , le 126th Bombardment Wing (Light) ( Escadre de Bombardement Léger) des USAFE s'installe. Le Wing se compose du 168th BS, du 108th BS de la Garde Nationale de l'Illinois ainsi que du 180th BS de la Garde Nationale du Missouri. Il est équipé de 48 bombardiers bimoteurs Douglas B-26 Invader et 3 C-47 de transport et de liaison.

Le quitte la base de Bordeaux en . De novembre 1952 à juillet 1953, le 12th Air Rescue Group (81st, 82nd et 83rd Air Rescue Squadrons) stationne sur la base, elle a ensuite une vocation de soutien logistique et d'escale, jusqu'au retrait de l'USAF qui intervient en 1958.

Durant la guerre froide En 1956, le groupe de transport II/63 Sénégal est à Bordeaux, il est dissous l'année suivante.

En 1961, la base accueille la 92e brigade de bombardement, composée des escadrons de bombardement EB I/92 Bourgogne et EB II/92 Aquitaine volant sur Vautour et du Centre d’instruction du bombardement (CIB) en provenance de la Base aérienne 709 Cognac-Châteaubernard, elle-même accueillant l’école de chasse venant de Marrakech.

En 1964, le Mirage IV procure au bombardement français la puissance nucléairehttps://www.aerosteles.net/stelefr-ba106-fas. La 92e brigade devient la 92e escadre de bombardement (92e EB), le CIB prend son autonomie en devenant le Centre d'instruction des forces aériennes stratégiques (CIFAS) qui formera l'ensemble des équipages de Mirage IV. Le Groupe d’entretien et de réparation des matériels spécialisés (GERMaS) est créé, il assurera l'entretien de la flotte de Mirage IV jusqu’à son retrait du service.

Les EB I/92 et II/92 sont dissous en 1974 mais l'existence de la escadre se poursuit jusqu'à sa dissolution sur la base en 1978.

L'escadron de chasse 4/11 Jura réside à Bordeaux de 1979 à 1992.

Le , la base célèbre les obsèques du capitaine Michel Croci pilote de chasse au 4/11 Jura, mort pour la France le . Le , la base reçoit le nom de tradition « Capitaine Michel Croci ».

Créé à Bordeaux le ., le Commando parachutiste de l'air n° 30 (CPA 30.566) stationne à la BA 106 jusqu’en 2016. https://www.opex360.com/2016/07/29/la-reorganisation-des-commandos-parachutistes-de-lair-se-poursuit/. Il est spécialisé dans la sécurité aérienne et la recherche protégée de navigants en difficulté. Un bâtiment de la base portait le nom du sergent Paul-Pierre Mouly, commando de l'air au 31/541., mort au combat le https://www.aerosteles.net/stelefr-ba106-mouly.

Le Groupe Aérien Atlantique des Douanes a résidé sur la base depuis sa création en 1968 jusqu'à son départ vers la zone d'aviation générale en 1989.

De nos jours Une base aérienne opérationnelle thumb|Un AS550 Fennec sur le tarmac en 2012. En 2017, la BA 106 a donc fêté 80 années d'existencehttps://www.aerosteles.net/stelefr-ba106-80ans.

Depuis 1944, une unité d’avions de liaison réside à Bordeaux.. L'Escadron de transport 43 (ET 00.043), selon son appellation depuis 2009., assure le transport de personnels de l’Armée de l’air ou de personnalités. Il est équipé de TBM 700.

Il a reçu le nom de tradition « Médoc » le ; il est jumelé avec la ville de Pauillac depuis 1978.

Un AS550 Fennec assure la mission de Mesures Actives de Sûreté Aérienne (MASA) .

En 2002, le centre d’instruction des réservistes (CIIRAA) ouvre à Bordeaux.

Consécutivement à la dissolution des compagnies d'infrastructure en opérations (CIO) 13.513 de Bordeaux et 13.511 de Metz, le Groupement aérien d'appui aux opérations est créé en 2011 sur la base, en 2021 il devient l'escadre aérienne d'appui aux opérations (EAAO 00.513). Celle-ci contribue aux bases aériennes projetées, plateformes temporaires de combat hors du territoire national.

Le Centre militaire de coordination et de conduite en route (CMCC 85.930) occupe des fonctions de contrôle de la circulation aérienne militaire..

Depuis 2000 elle accueille un Pélicandrome, fréquenté par les CL-415 et Dash 8 de la Sécurité Civile et, depuis 2023, les Air Tractor venus en renfort d'Australie.

En 2013, l'Espace Traditions, consacré à l'histoire des hommes, des femmes et des unités de la base, est inauguré dans les appentis du hangar qui abritait autrefois le 4/11 Jura.

Le siège de commandements thumb|Garde au drapeau de la base aérienne lors du défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Élysées, à Paris en 2008. En 1982, l’état-major de la 3e région aérienne quitte Bordeaux, pour la base aérienne.

La 3ème Région Aérienne devient la Région Aérienne Atlantique le 1er septembre 1991, puis la Région Aérienne Sud le 1er janvier 2000. Sa dissolution à son tour, le 31 décembre 2007, marque la fin des commandement régionaux.

La BA 106 accueille un grand commandement de l’Armée de l’air et de l'espace ainsi qu’un éminent service interarmées : depuis 2008, le commandement du soutien des forces aériennes (CSFA) dont les missions touchent aux infrastructures, à l'information, à la logistique et au soutien de l'Armée de l'air en France comme à l'étranger. Plusieurs nouveaux bâtiments ont été construits pour ses besoins. En 2014, ce commandement a fusionné avec le Commandement des forces aériennes (CFA), qui était basé à Dijon.. Dissous en 2023, il est remplacé par le Commandement territorial de l'armée de l'Air et de l'Espace (CTAAE). depuis 2012, la Structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques de la Défense (SIMMAD) et ses 700 personnes est également implantée à la BA 106. En 2018, la direction de la Maintenance aéronautique (DMAé) la remplace..

La BA 106 occupe une part forte dans le contrôle de la maintenance des moyens aériens militaires français..

Effectif

Elle compte parmi eux 2 300 aviateurs et 28 % de l'effectif est féminin. Militaires de métier

Réservistes

Un groupe d'officiers de la réserve citoyenne de l'Armée de l'air est chargé de planter des épices dans des massifs de la Base en 2020.

Parrain de la base aérienne